CINABRE
bosum), le cei'feuü musqué (Scandix odorata), la phellandrie aquatique (Phellandriuma quaticum). Ces végétaux présentent entre eux des différences assez marquées pour qu’on puisse les distinguer, après un examen attentif, de la ciguë que l’on vend dans le commerce.
La grande ciguë a une tige herbacée, rameuse, glabre, haute de 1 à 2 mètres, cylindrique, légèrement striée, et marquée de taches d’une couleur l’ougeâtre foncée. Elle a des feuilles alternes, très-grandes, à folioles allongées, profondément dentées. Froissées entre les doigts, elles exhalent une odeur herbacée, vireuse, désagréable, que l’on a comparée à celle de l’urine de chat.
La ciguë vireuse a une tige dressée, rameuse, cylindrique, creuse, haute d’un mètre, glahre , striée, verte. Ses 'feuilles inférieures sont grandes, à folioles lancéolées, aiguës, étroites, profondément et irrégulièrement dentées, à pétioles cylindriques, creux et striés longitudinalement ; les feuilles supérieures ont des folioles presque linéaires et dentées.
La petite ciguë a une tige dressée, rameuse, cylindrique, glahre, striée, glauque, rougeâtre inférieurement, creuse, portant des feuilles à folioles étroites, aiguës, incisées, d’un vert foncé, et luisantes ; son odeur est vireuse et nauséabonde.
Le cerfeuil a une tige rameuse, dressée, glabre, cylindrique, un peu striée ; ses feuilles sont â folioles ovales, incisées et dentées, étroites et d’un vert clair, légèrement pubescentes à leur face inférieure.
Le cerfeuil sauvage a une tige rameuse, dressée, cylindrique ; des feuilles pétiolées, à folioles ovales, très-aiguës, d’un vert foncé.
Le pe7'sil a une tige glabre, striée longitudinalement, non glauque, un peu fistuleuse intérieurement. Ses feuilles sont décomposées, à pétioles canaliculés, élargis à la base, à folioles profondément incisées en lobes aigus, glabres et non luisantes (1).
CINABRE : HgS. — Le cinabre ou sulfure l'ouge de ^nercure, cleuto ou bisulfw'e de mei'cure, se présente en masses violettes ou d’un rouge foncé, à cassure brillante et cristalline, se réduisant par la trituration en une poudre d’un rouge vif. Le cinabre est insipide, inodore, insoluble, volatil en vase clos, altérable par la chaleur. L’air est sans action sur lui à la température ordinaire ; mais à chaud, il le transforme en acide sulfureux et en mercure dont la vapeur se condense bientôt en globules métalliques. Il résiste aux acides forts, excepté à l’eau régale qui le dissout. Porté au rouge en présence d’un excès de chaux vive, il fournit des globules de mercure.
Le sulfure de mercure préparé par voie humide est d’un beau rouge vif, et prend alors le nom de vermillon. Obtenu par la trituration du mercui’e avec un excès de soufre, il forme Véthiops minéi'al. (Voir ce mot.)
Usages. — Le vermillon est très-employé en peinture. En médecine, on fait usage du cinabre à l’extérieur contre certaines maladies de la peau et contre les affections vénériennes. 11 sert en fumigations, entre dans la composition de la poudre tempérante de Stahl, des bols l’ouges, de la pommade antiherpétique d’Alibert, etc.
Falsifications. — Le ciuabre, surtout a 1 état de vermillon, est sophistique
(1) Voyez : ; Étude comparée des Ciguës. Thèse. École de pharmacie, I8G9.