CINABRE
avec des substances d’une valeui' moindre, telles que le minium, Voxyde rouge de fer ou colcotkar, la brique pilée, le sang-dragon, le réalgar ou sulfure rouge d'arsenic, le sel ammoniac, le silicate d' alumine (1), le talc, le sulfate de baryte, le chrùmate de plomb bibasique, la céruse (2).
Le cinabre mélangé de minium a un aspect terne ; traité par l’acide nitrique, il se colore en brun par la formation d’oxyde puce de plomb. La liqueur relient du nitrate de plomb facile à reconnaître.
S’il a été mélangé à'ocre rouge, un traitement par l’acide chlorhydrique bouillant dissoudra celui-ci : la liqueur, d’un brun rougeâtre, aura tous les caractères des sels ferriques.
Presque toutes les substances avec lesquelles on fraude le cinabre peuvent être reconnues par l’action de la chaleur : on les retrouve comme résidu, tandis que le cinabre pur n’en laisse pas : le réalgar et le sel ammoniac sont seuls volatils comme lui; de plus, s’il contient une matière organique, telle que le sangdragon, l’action de la chaleur produit un charbon boursouflé. Le résidu fixe, étant traité par l’acide nitrique, se dissoudra complètement ou partiellement; la partie insoluble sera de la brique pilée si elle est rouge, ou du silicate d'alumine, du talc, du sulfate de baryte, si elle est blanche. La partie soluble étant traitée par l’ammoniaque, cet alcali y détermine un précipité jaunâtre d’oxyde de fer, s’il y a de l’ocre dans le cinabre. L’acide azotique ayant pu dissoudre aussi de l’oxyde de plomb si le cinabre contenait du minium ou de la céruse, la liqueur donnerait dans ce dernier cas un précipité blanc avec le sulfate de soude, noirâtre avec l’hydrogène sulfuré. Le cinabre qui contient de la céruse fait, en outre, elfervescence au contact de l’acide nitrique.
Le cinabre est préalablement traité par l’alcool, qui ne dissout que le sangdragon, si cette résine a servi à le frauder.
La présence du réalgar est décelée, soit par l’apparition d’une fumée blanche et l’odeur alliacée qu'exhale une petite quantité de cinabre projetée sur une plaque de fer rouge, soit en faisant bouillir le vermillon avec de la potasse caus-
(1) M. Magontij, de Bordeaux, a trouve jusqu’à 20 p. 100 de silicate d’alumine dans un échantillon de cinabre.
(2) Dans le commerce, certains mélanges, qui n’ont souvent avec le cinabre rien de commun que le nom, sont vendus sous les désignations suivantes ; Vermillon anglais, vermillon français, vermillon d'Allemagne, vermillon factice. Le vermillon dit de la Chine est le seul exempt de substances étrangères.
Les autres vermillons offrent les compositions suivantes, d’après les analyses de MM. Tricard et Pommier :
Cinabre. ,
Vermillon anglais. 95 et 5 de sesquioxyde de fer.
— — 70 et 30 de clirômate de plomb bibasique.
— — -35 et 05 — —
— — . 90 et 10 de sulffite de baryte.
— — 70 et 30 de minium.
— — 70 et 30 de chrùmate de plomb bibasique, avec céruse.
— — 55 et 45 — — —
— — 35 et 65 — — —
— — 95 et 5 de talc.
— d’Allemagne. 85 et 15 —
— — 90 et 10 de brique pilée.
Le vermillon factice n’est que du chrùmate de plomb bibasique, ou sous-chrùmate de plomb, presque toujours mêlé d’une quantité notable de céruse.
CIRE d’abeille.
tique ; le liquide, décanté et sursaturé par l’acide chlorhydrique, donne un précipité jaune de sulfure d’arsenic.
L’addition du sel ammoniac au cinabre pourrait être reconnue par la sublimation, mais on la découvre plus facilement au moyen d’un traitement par l’eau distillée : la liqueur donne avec le nitrate d’argent un précipité blanc, caillebotté, soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans l’acide nitrique. De plus le cinabre ainsi fraudé, chauffé avec un peu de chaux vive, dégage des vapeurs ammoniacales, rendues sensibles par l’approche d’une baguette de verre imprégnée d’acides nitrique ou acétique.
Le vermillon sophistiqué par le chrômate de plomb bibasiqne et la céruse [ve7'~ 7nillon factice), étant soumis à l’action delà chaleur, laisse un résidu dechrômate de plomb qui, traité par l’acide chlorhydrique, lui communique une coloration verte très-intense, en laissant déposer du chlorure de plomb ; les liqueurs provenant de ces réactions présentent les caractères des sels de plomb et de chrome.
Remarque. — Ontrouve aujourd’hui dans le commerce un cinah'e ou vermillon d'anlimome qui n’est autre chose qu’un oxysulfure de ce métal. On le prépare en faisant réagir à chaud l’hyposulfite de soude sur l’émétique. Cette poudre, d’un assez beau rouge, n’est pas volatile. Traitée par l’acide chlorhydrique, elle se dissout en dégageant de l’hydrogène sulfuré et en donnant naissance à du chlorure d'antimoine qu’une solution sulfhydrique précipitera en rouge.
CIRE D’ABEILLE (1). — La cire d'abeille est une substance solide, compacte, d’un jaune plus ou moins foncé, fournie par l’abeille {Apis mellifica), insecte de la famille des Mellifères, ordre des Hyménoptères. C’est la matière qui compose les rayons dans lesquels l’abeille dépose ses œufs et le miel qui doit servir à sa nourriture pendant l’hiver.
La saveur de la cire est presque nulle, son odeur aromatique analogue à celle du miel ; elle est sèche, non grasse au toucher, tenace et cependant cassante ; sa cassure est nette, à surface un peu grenue. La cire jaune fond à 62®, la cire blanche fond seulement vers 65®; elle est inflammable et brûle sans résidu ; sa densité est 0,962.
La cire est insoluble dans l’eau, soluble dans les huiles fixes, dans 20 parties d’alcool et d’éther bouillants, dans l’essence de térébenthine, la benzine.
(1) Les cires sont d’origine animale ou d'origine végétale. On en compte trois parmi les pre-
mières :