‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 122 sur 470 · CIVETTE · texte numérisé non relu

CIVETTE

tsa^es. — Il est employé î\ la préparation de la limonade magnésienne.

Falsifications. — On lui substitue quelquefois le citrate de soude ou le tartrate de magnésie. Le premier ne laisse à la calcination que du carbonate de soude soluble et alcalin ; de plus, ce citrate est soluble et ne précipite pas par le carbonate de soude. Le tartrate de magnésie est très-peu soluble dans l’eau. Répandu sur les charbons ardents, il donne une odeur de caramel. Dissous à chaud, il précipite parle biacétate de potasse en déposant de petits cristaux de crème de tartre.

On trouve depuis longtemps dans le commerce un prétendu citrate de magnésie effervescent qui nous vient d’Angleterre. 11 est blanc, granulé et se disso.ut facilement dans l’eau en produisant une assez vive effervescence. C’est un mélange d’acide tartrique, de bicarbonate de soude et d’un peu de sulfate de magnésie [Draper). Sa solution précipite par le chlorure de baryum acidulé. Elle précipite par le carbonate de soude neutre, et elle dépose des cristaux de crème de tartre par le biacétate de potasse. La composition de ce mélange frauduleux varie assez, puisque sa solution aqueuse est tantôt acide et tantôt alcaline [Bultot).

Le vrai citrate de magnésie ne donne pas l’odeur du caramel pendant son incinération, après laquelle il laisse un résidu de magnésie pure insoluble dans l’eau.

CIVETTE. — Ce qu’on vend dans le commerce sous le nom de civette est une matière semi-fluide, onctueuse, jaunâtre, qui brunit en vieillissant ; elle a une odeur forte et désagréable lorsqu’elle est en masse, suave et agréable lorsqu’elle est divisée. Cette matière se retire, au moyen de cuillers, d’une poche profonde située au-dessous de l’anus de la civette [Vivei'ra zihetha et Vivei'ra civetta), ou chat musqué, mammifère de l’ordre des Carnassiers, tribu des Carnivores digitigrades, qui habite l’Asie et les parties les plus chaudes de l’Afrique. Elle est sécrétée par des glandes situées autour de la poche, laquelle est divisée en deux sacs (1).

Composition. — D’après les recherches de M. Boutron-Charlard, la civette contient : ammoniacque, huile volatile, résine, graisse, matière extractiforme brune et soluble dans l'eau, matière animale insoluble dans l'eau et l'alcool, soluble dans la potasse; carbonate et sulfate de potasse, phosphate de chaux, oxyde de fer. D’après M. Schutzenberger, le corps gras contiendrait de l’oléine et de la margarine.

Usagées. — La civette est stimulante et antispasmodique ; elle est particulièrement employée en parfumerie.

Falsifications. — La civettQ est falsifiée dans le commerce par son mélange avec des corps gras [miel, saindoux, beurre rance, etc.), du sang desséché, de la tei're, du sable.

La civette de bonne qualité ne contient pas de grumeaux durs, elle n’a point de parties opaques ; elle est transparente, parfaitement homogène, de couleur brune ou jaune clair ; elle a la consistance du miel et s’étend facilement sur le papier en répandant une odeur très-forte.

C’est surtout par un examen comparatif avec la bonne civette que l’on juge de la qualité de celle qui est soumise à l’examen.

(1) Voyez ; J. Chatin. Thèse sur les glandes odorantes des mammifères, 1873.

COCHENILLE

CLOU DE GIROFLE. — V. Girofle.

COCHENILLE. — La cochenille est la femelle d’un insecte, le Coccus cacti (Hémiptère homoptère, famille des Gallinsectes), très-riche en matière eolorante rouge qu’on nomme carminé. Elle présente un corps composé de onze anneaux velus, deux antennes filiformes, trois paires de pattes courtes avee un seul article aux tarses, et deux soies courtes et divergentes terminant l’abdomen. Dans le commerce, elle est sous la forme de grains rugueux, polyédriques, de 2 ii 4 millimètres de diamètre, présentant des rides blanchâtres. Sa couleur est d’un rouge noirâtre ou gidsâtre, elle est terne ou luisante, quelquefois à reflets argentés; Sa poudre est d’un rouge carminé assez vif (fig. 59).

La cochenille est originaire du Mexique. Elle se développe â l’état naturel sur une plante grasse womxnéQ nopal [Cactus opuntia et coccinilifet'), au suc de laquelle elle doit sa nourriture. Elle est alors très-petite, légère, recouverte d’un duvetou bourre d’apparence cotonneuse, formant ainsi la cochenille “

^ ^ ’ li, Cochenille femelle. — C, Coche

sylvestre ou sauvage. Le commeree la rejette à nuies desséchées, cause de sa pauvreté en matière colorante.

La cochenille cultivée est, au contraire, très-recherehée. Elle s’est singulièrement multipliée dans les nopaleries qui ont été établies successivement au Mexique môme, puis à Saint-Domingue, aux îles Canaries, à Java, en Algérie, en Espagne, etc. Sa valeur varie suivant le pays d’où elle provient, et d’après le genre de culture et le mode de dessiccation qu’on lui a fait subir: de là, diverses sortes commerciales (Honduras ou Mestèque , Vera-Cruz, Canaries, Java, etc.), qui se subdivisent en plusieurs variétés qui sont :

La cochenille grise ou jaspée, ou argentée, obtenue en exposant pendant quelque temps les insectes à la chaleur d’un four. C’est l’espèce la plus estimée ; elle est couverte d’une poussière blanche adhérente à toute sa surface et ayant un reflet argenté.

La cochenille grise se partage en deux variétés bien distinctes : la première est grosse, pesante, régulière ; on voit encore assez distinctement les onze anneaux qui la composent ; l’insecte a conservé à peu près sa forme, convexe d’un côté et concave de l’autre. La seconde variété est généralement plus pesante ; elle est irrégulière, tout à fait informe ; on y distingue à peine quelques traces des anneaux si bien caractérisés dans la première variété ;

La cochenille noire, ou zaccatille, appelée cascarellia au Mexique. Ayant été desséchée sur des plaques chaudes, sa couleur est le brun noirâtre luisant. Tantôt elle est pesante, eoncave d’un côté, convexe de l’autre ; d’autres fois elle est tout à fait irrégulière, petite, plissée en tous sens. Elle tient le milieu entre la cochenille grise et la cochenille rouge. Suivant Guibourt, elle serait supérieure à la cochenille grise, ce qui est une erreur;

La cochenille rouge ou rougeâtre, la moins estimée, obtenue en trempant les insectes dans l’eau, bouillante et en les faisant sécher au soleil.

Composition. — - Selon Pelletier et Caventou, la cochenille contient les sub-

COCHENILLE

stances suivantes : Caraime nommée aujourd'hui acide carminique, coccine, stéarine, oléine, acide coccinique, phosphates de chaux et de potasse, chlorure de potassium, carbonate de chaux, sel organicque à base de potasse.

L’analyse quantitative que M. Mène a faite de quelques variétés commerciales de cochenilles, lui a donné les résultats suivants :

Cochenilles.

Guatemala.

Canaries.

Dites mortes.

Java.

Eau et perte

Stéarine

Margarine (palmitine)

Matières insolubles dans l’eau

— azotées

— solubles dans l’eau. .

— colorantes

Cendres (P03,Cl,K0,Ca0)

Usag-es. — La cochenille est d’un grand emploi en teinture ; on l’utilise aussi dans diverses préparalions pharmaceutiques.

FalsiiicatiouH. — La cochenille, vu son prix élevé, est sujette à de nombreuses falsifications : on l’imprègne de talc, de céruse, de sulfate de baryte, ùl oxyde de zinc, de margarine pour lui donner du poids et l’aspect d’une bonne cochenille grise. On la roule dans de la plombagine pour la lustrer. On l’additionne de limaille de plomb ou de soudure des plombiers, pour ajouter à son poids. On la gonfle à l’aide de la vapeur (ïeau. Très-souvent, on V épuise de son principe colorant à l’aide de l’alcool ou de l’ammoniaque, et on la livre ensuite telle quelle ; ou bien, après l’avoir épuisée, on la trempe dans une solution colorée de bois de campêche ou de bois de Brésil, pour lui communiquer une teinte factice. On va même jusqu’à recueillir les grabeaux de cochenille naturelle ou \o. poudre de celle qu’on a épmisée, pour les mélanger à des substances étrangères pulvérisées, telles que le campêche, Vorseille, le sang-dragon, la terre argileuse, le sable, le verre pilé, etc. On fait de ces mélanges une pâte au moyen d’un mucilage, et on moule celle-ci en petits grains arrondis qu’on fait passer pour de la vraie cochenille.

La cochenille talquée est de la cochenille rougeâtre passée dans de la poudre de talc ou, plus rarement, dans de la céruse pour en faire de la cochenille grise (1). Les cochenilles sont d’abord gonflées par leur exposition à la vapeur d’eau, puis agitées avec la poudre ; celle-ci adhère à la surface, lui donne un reflet blanchâtre, et augmente en même temps son poids. Si la cochenille est trop blanche, on la noircit avec la plombagine. En frottant cette fausse cochenille grise entre les mains et au-dessus d’une feuille de papier, on peut recueillir la poudre de talc ou de céruse. Dans ce dernier cas, cette poudre noircit par l’hydrogène sulfuré.

On met aussi une certaine quantité de cochenille dans l’eau. La bonne cochenille se gonfle et prend une forme ovoïde aplatie en dessous, ce qui permet de distinguer facilement les onze anneaux qui se trouvent sur le corps de l’insecte.

(1) Cet enrobage de la coclienille dans le talc lui fait prendre jusqu’à 10 p. 100 d'augmentation en poids.

COCHENILLE

Chez la fausse cochenille, les rides s’effacent, le talc ou la céruse tombent au fond du liquide ; si elle a été faite avec des gfabeaux, le mucilage se sépare et la substance devient pulvérulente : on n’a plus qu’un magma.

On rencontre aujourd’hui dans le commerce des cochenilles grises d’un trèsbel aspect, grosses, légères et qu’on croirait de première qualité Lorsqu’on les agite avec de l’eau, dans un tube à essai, elles perdent complètement leur enduit blanchâtre, lequel se dépose ensuite au fond du tube. Cet enduit fixe, insoluble dans l’eau et les acides, n’est autre chose que du sulfate de baryte pulvérulent qu'on a appliqué sur la cochenille en la gonflant et la ramollissant à l’aide de la vapeur d’eau. Aussi est-elle plus hydratée qu’elle ne l’est ordinairement : un échantillon de la plus belle apparence a’donné 11 p. 100 d’eau au lieu de -4 à 6 en moyenne, et 20 p. 100 de sulfate de baryte [Er. B.).

En passant la cochenille au sulfate de zinc d’abord, et à l’alcali ensuite, on parvient à lui donner l’aspect blanc, pulvérulent, que présentent les cochenilles de bonne qualité ; de plus, le poids de la matière est augmenté. Par la calcination à l’air libre, on obtient un résidu jaune à chaud et blanc à froid, à' oxyde de zinc [Durrivell).

En faisant digérer dans l’eau chaude, la cochenille enduite d'un corps gras [margarine), celui-ci s’en détache et vient, après fusion, former une couche huileuse à la surface du liquide.

Celle qui est recouverte de plombagine, laisse des traces noirâtres sur le papier blanc contre lequel on la frotte légèrement.

La falsification au moyen à\\ plomb ou de la soudure des plombiers a été signalée par MM. Uoutigny, Magonty et H. Lepage. Pour la reconnaître, on triture quelques décigrammes de cochenille dans un mortier en porcelaine, on délaye la poudre dans un peu d’eau, on décante et on verse une nouvelle quantité d’eau afin de bien enlever toute la poudre de cochenille, et on trouve au fond du mortier des paillettes d’un brillant métallique. On les chauffe avec un peu d’acide nitrique : si elles ne sont composées que de plomb, elles se dissolvent entièrement ; dans le cas contraire, elles laissent un résidu blanc, insoluble, que l’on sépare par la filtration. La liqueur filtrée précipite en jaune par le chrômate de potasse, l’iodure de potassium ; en blanc, par le sulfate de soude ; en noir, par l’acide sulfhydrique. Le résidu blanc de la première opération, séché et chauffé au chalumeau avec du cyanure de potassium, laisse un petit bouton métallique facilement soluble dans l’acide chlorhydrique ; la dissolution présente tous les caractères des protosels d’étain, c’est-à-dire donne un précipité brun-chocolat par l’hydrogène sulfuré, le précipité pourpre de Cassius avec le chlorure d’or.

Les fausses cochenilles fabriquées avec des grabeaux matières colorantes étrangères s’écrasent facilement entre les doigts, ou se désagrègent complètement au contact de l’eau. Elles colorent faiblement l’alcool ou l’ammoniaque et laissent une cendre abondante à l’incinération. On les mélange toujours en certaines proportions aux cochenilles vraies, mais, ces dernières ne se désagrégeant pas sous l’influence d’une macération suffisamment prolongée dans l’eau, on peut les séparer de la poudre que donnent les premières en les agitant sur un tamis.

M. Monlhiers a observé une falsification de la cochenille qui consiste à la mélanger, dans la proportion de 10 à 20 p. 100, avec une cochenille artificielle

COCHENILLE

que ce chimiste a analysée et qu’il pense avoir été fabriquée avec une laque, au moyen de bois de teinture et û.'alun précipités par le carbonate de soude ; à cette laque on a ajouté des résidus de cochenille, de la terre, àw. sable, Awvet're pilé. Ces deux dernières substances ont été sans doute introduites dans la masse pour lui donner un certain brillant. Le tout a été séché, divisé et passé à un crible suffisamment fin pour extraire d’abord la poudre, puis à un crible plus gros, de manière à donner à la substance la grosseur de la cochenille ordinaire.

Cette cochenille falsifiée avait une couleur d’un rouge violet, une surface lisse, un peu luisante, une saveur sensible ; broyée dans un mortier de cristal, elle rayait les parois à la manière du grès et donnait une poudre cramoisi-violet. Elle a laissé, à la calcination, 43 p. 100 de résidu très-alcalin, faisant, effervescence avec les acides et renfermant 20 p. 100 de matières solubles dans l’acide chlorhydrique : une cochenille pure ne laisse pas plus de 4 Ù6 p. 100 de cendres.

Quant mx cochenilles qui ont épuisées par l’alcool ou l’ammoniaque, on les reconnaît facilement à leur légèreté, à leur poudre terne et grisâtre, et à la faible teinte qu’elles communiquent aux dissolvants de la carminé. Si elles ont été colorées par le bois de Brésil, leur décoction prendra une coloration violette intense par l’eau de chaux, laquelle, au contraire, décolore la décoction de cochenille pure.

F.ssai des cocheuilles. — Les auteurs étant fort peu d’accord sur la préférence à donner à telle ou telle variété de cochenille, le meilleur moyen pour apprécier leur qualité est de recourir à des essais comparatifs ; plusieurs procédés ont été proposés, qui sont : la teinture d'épreuve, l’essaf au calorimètre et les méthodes chimiques.

1° Teinture d’éprcii-re. — Cette méthode, peu pratique dans un laboratoire ordinaire, consiste à teindre successivement plusieurs écbeveaux de laine d’un poids constant (6 gr. environ), jusqu’à épuisement du bain ; on compare les teintes obtenues à celles d’un même nombre d’écheveaux de même poids, colorés à l’aide d’un bain type obtenu avec des cochenilles pures. Ces bains sont généralement préparés en employant 1 gramme de cochenille, is'^,50 de crème de tartre et autant d’alun, en y ajoutant assez d’eau pour pouvoir y tremper les écbeveaux.

2“ Essais colorimétriiiucs. — On peut appliquer à ces essais les divers colorimètres connus. M. Letellier emploie le colorimètre de Houton-Labillardière. Il prend 0®’’,5 de la cochenille à essayer et d’une cochenille choisie comme type. Ces deux échantillons sont traités pendant une heure par un kilogramme d’eau distillée additionnée de 10 gouttes d’une solution d’alun. On remplit ensuite chacun des deux tubes du colorimètre jusqu’au 100“ degré, l’un de la solution type, l’autre de la solution'd’essai, et on compare les teintes. A la plus foncée on ajoute de l’eau jusqu’à ce que les teintes soient identiques, puis on lit sur le tube dans lequel on a ajouté de l’eau le nombre de parties de liquide qu'il contient (fig. 60). Ce nombre, comparé au volume 100 de la liqueur contenue dans l’autre tube, indique le rapport entre le pouvoir colorant et la qualité relative des deux cochenilles. Si, par exemple, il faut ajouter à la solution type 50 parties d’eau pour l’amener à la même nuance que l’autre, la qualité relative des deux cochenilles, proportionnelle à leur pouvoir colorant, sera dans le rapport de 130 à 100.

COCHENILLE

3® lléthortes ciiimiques. — Celle (le Robiquel consiste h décolorer par une solution de chlore des volumes égaux de décoctions de cochenilles différentes, dont l’une sert de type : la qualité de la cochenille est en raison directe de la quantité'de chlore employée pour la décolorer.

Le procédé de M. Antkon donne la valeur de cette matière tinctoriale, lorsqu’on

Kig. 60. — Colorimelrc de Houion-Labillardière . Il présente, à droite, une ouverture circulaire par laquelle l’œil regarde les deux tubes contenant des liquides colorés, éclairés par des ouvertures rectangulaires.

détermine la proportion de carminé contenue dans une décoction de cochenille, en la décolorant complètement à l’aide de l’hydrate d’alumine.

Pedroni fils avait proposé un procédé carminométrique ejui réunissait ces deux modes d’essai.

On a imaginé d’autres méthodes volumétriques. Celle de M. Penny consiste dans l’emploi d’une solution de cyanoferride de ‘potassium., pour opérer la décomposition de la matière colorante rouge et en déduire la proportion, en raison du volume de liquide employé. Celle de M. Merick repose sur l’action que le permanganate de potasse exerce sur la matière colorante de la cochenille, qu’il détruit : à l’aide d’essais comparatifs, on arrive à titrer une cochenille c|uelconque. (Voyez Moniteur scientifique du docteur Quesneville, 1872, page 430.)

Enfin, le procédé de M. Frébaull repose sur l’action que l’iode exerce sur l’acide carminique : en présence d’un alcali, une solution d’iode libre décolore la teinture de cochenille ; et la quantité d’iode absorbée est proportionnelle à celle de la matière tinctoriale. Les principes colorants des coquelicots, du suc de mûres, du vin, de la fuchsine, résistent au contraire à ce métalloïde. L’hématine seule se comporte comme l’acide carminique ; mais il est facile de les distinguer l’un de l’autre à l’aide de l’eau de chaux. (Voir à la page précédente.)

Quant au procédé de titrage d’une solution de cochenille par une liqueur titrée d’acétate de plomb employée jusqu’à décoloration [Bloch], il est peu exact et demande beaucoup de temps. De toutes ces méthodes, l’essai par le chlore et l’essai par le colorimètre doivent être préférés.

Cochenille ammoniacale. — On nomme ainsi le produit qui résulte de l’action de l’ammoniaque sur la cochenille additionnée d’un peu d’alumine eii

COLCOTHAR.

gelée. L’alcali volatil transforme probablement l’acide carminique en un acide amidé que les acides ne font plus virer au rouge jaunâtre et qui donne avec le bichlorure d’étain un précipité violet différent par sa teinte du ponceau que fournit l’acide carminique dans les mêmes circonstances.

Le commerce présente deux sortes de cochenille ammoniacale : l’une en tablettes et l’autre en pâte; celle-ci est moins riche que la première en principe colorant. Elle peut être falsifiée à la manière du carmin. (Voir ce mot.) On peut la titrer par le chlore ou en apprécier la valeur en employant le colorimètre.

CODÉINE : ; 2 aq. — La codéine, alcaloïde découvert dans l’o-

pium par Robiquet, cristallise en octaèdres à hase rectangulaire, incolores et transparents, à 2 équivalents d’eau ; ou en aiguilles orthorhombiques assez grosses, transparentes, blanches et anhydres, lorsqu’elle se dépose d’une solution éthérée. Elle possède une saveur amère, est soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et l’éther, insoluble dans les alcalis, ne rougit pas par l’acide nitrique, ne bleuit pas parles persels de fer.

Usagées. — La codéine est employée en médecine sous forme de pilules, de sirop, ou en dissolution dans les loochs, les juleps. Elle procure aux malades un sommeil doux et paisible.

Falsifications. — M. Z)«c/os a reconnu que la codéine était quelquefois sophistiquée ou remplacée entièrement par le chlorhydrale de morphine^ préparé suivant le procédé de Grégory. Cette prétendue codéine bleuit par les sels de fer, rougit par l’acide nitrique; sa solution aqueuse donne avec le nitrate d’argent un précipité blanc caillebotté, soluble dans l’ammoniaque; avec la potasse, un précipité soluble dans un excès d’alcali ; avec l’ammoniaque, un précipité insoluble dans l’éther.

La codéine a été falsifiée aussi par le sucre candi; la fraude est assez difficile à reconnaître lorsqu’on a affaire à de très-petits cristaux, quoique ce dernier cristallise en prismes rhomboïdaux obliques terminés par des sommets dièdres. Un premier moyen serait de traiter la codéine par quelques gouttes d’acide sulfurique concentré qui colore le sucre en brun ou en noir sans colorer la codéine; ou bien de la soumettre à l’action de la chaleur : on ne tarderait pas à sentir l’odeur caractéristique de caramel.

M. Lepage (de Gisors) a proposé de traiter à chaud, par l’éther rectifié ou par le chloroforme, 0‘=’'',10 de codéine ; si elle est pure, elle se dissout complètement et en quelques instants ; si elle renferme du sucre candi, celui-ci reste sous forme d’une matière déliquescente, que l’on dessèche et que l’on fait houillir pendant une ou deux minutes avec quelques grammes d’eau distillée et quelques gouttes d’acide chlorhydrique concentré ; on rend ensuite la liqueur alcaline en y faisant dissoudre un petit fragmen tde potasse caustique, on y instille quelques gouttes de liqueur de Barreswil (tartrate de potasse et de cuivre), et l’on porte à l’ébullition : on a bientôt un précipité rougeâtre d’oxyde de cuivre. Suivant M. Lepage, on retrouve ainsi moins de 10 p. iOO de sucre dans la codéine.

L’analyse quantitative d’un pareil mélange consisterait à déterminer la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour saturer l’alcaloïde impur; puis, ce sulfate une fois obtenu, à obtenir la fermentation du sucre restant [E. Robiquet).

• COLCOTHAR. — V. O.xydes de fer.

Page 1