COLLE DE POISSON
masse gélatineuse, dont la consistance sera proportionnelle au poids ajouté.
lléthoiie chimique. — Elle consiste, suivant Græger, à faire un dosage de colle forte en solution gélatineuse, à l’aide d’une liqueur titrée de tannin pur, en opérant exactement comme on le fait pour le titrage du tannin au moyen de la gélatine. (Voir Tannin.) Mais les colles fortes, prises à égales quantités de matière, n’ayant pas toutes la même force adhésive, puisque celle-ci peut varier avec la nature et le degré de cuite des substances employées, il en résulte que ce procédé chimique n’est pas plus exact que celui qui consisterait à faire le dosage de l’azote contenu dans ces produits : le collage direct ou la méthode de Lipowitz paraissent fournir des résultats plus exacts.
COLLE DE POISSON. — La colle de poisson, ou ichthyocolle, provient surtout de la vessie natatoire du grand esturgeon [Acipenser huso) et de l’esturgeon commun [Acipenser sturio). Ghondroptérygiens qui abondent dans le Volga et autres fleuves de la mer Noire et de la mer Caspienne. La colle de poisson, principalement préparée en Russie, est d’un blanc légèrement jaunâtre, avec des reflets nacrés, opalins; elle est demi-transparente, fibreuse et tenace, sans odeur, d’une saveur fade ; elle est soluble sans résidu dans l’eau bouillante, et se prend en gelée par le refroidissement. Cette colle, bien pure, solidifie 30 à 43 fois son poids d’eau.
Dans le commerce, la colle de poisson se présente en plaques ou feuilles, en ly7'e o\x petits cordons, en cœuroxx grands cordons.
Les diverses sortes commerciales de colle de poisson sont les suivantes :
1“ La colle de Russie, la plus chère et la plus estimée : elle vaut environ 45 fr. le kilogramme. On en connaît plusieurs variétés provenant d’espèces distinctes de poissons ;
2" La colle de Cayenne. Elle vient en morceaux épais comme la main. On la prépare en feuilles et en cordons, notamment en Allemagne ; elle ne vaut que 14 fr. le kilogramme. Le laminage qu’on lui fait subir pour la mise en feuilles nuit beaucoup à sa solidité ; mais lorsqu'elle est bien préparée, on la recherche, vu l’infériorité de son prix, comparé à celui de la colle de Russie ;
S” La colle en livret, peu soluble et d’un mauvais emploi ;
4® La colle appelée (queue de rat, provenant delà vessie natatoire de la morue ; elle est bosselée, opaque, de saveur salée, se déchirant en tous sens. Elle se divise en grumeaux dans l’eau, y laisse un résidu considérable et ne se prend pas en gelée (1).
On connaît aussi une colle de poisson du Brésil, puis des colles de Chine et de l’Inde, provenant de la vessie natatoire des Polynemus, Bola, Silurus, etc.
La colle en feuilles ou plaques se divise toujours et seulement dans le sens de ses fibres. Lorsqu’on en place une feuille mince entre l’oeil et la lumière, et qu’on la fait mouvoir entre les doigts, on aperçoit une espèce de chatoiement provenant de la décomposition des rayons lumineux au travers des fibres de la feuille. La colle en cordons est d’un gris terne et d’un aspect corné ; l’eau bouillante n’en dissout que la moitié de son poids ; sa' gelée est trouble et de couleur grise ; traitée par l’eau bouillante, elle laisse un résidu hydraté élastique trèsvolumineux.
(1) Les limonadiers l’emploient avec succès pour la clarification du café.