‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 126 sur 470 · COLOMBO · texte numérisé non relu

COLOMBO

Usa^^es. — La colle de poisson sert à faire des gelées de table, le sirop de gélatine, des taffetas aggliitinatifs, le taffetas d’Angleterre. Elle sert à la clarification de liquides tels que la bière.

Altérations. — La colle depoisson blanchie par l’acide sulfureux peut contenir un peu à.'acide sulfurique, de la présence duquel on s’assure en traitant par l’eau chaude une certaine portion de colle, et versant dans la solution du chlorure de baryum ; la production d’un précipité blanc, insoluble dans l’acide, indique la présence de l’acide sulfurique.

Falsiflcations. — Vu son prix élevé, la colle de poisson est souvent fraudée. On trouve de la fausse colle en lyre, faite avec des nerfs de bœuf; elle est insoluble dans l’eau bouillante. La fausse lyre est plus grosse que la vraie ; sa couleur est grisâtre ou d’un jaune sale, son aspect corné. Elle est très- difficile tà diviser.

On trouve également de la fausse colle en feuilles, faite avec des membranes intestinales de veau ou de mouton, en général très-peu solubles. Elle est en feuilles très-minces, longue de 0"',22 à 0”,27, large deü“,0o à 0“,08, bosselée, opaque, d’un blanc terne, non chatoyante et possédant une saveur salée ; elle se déchire facilement en tons sens. Traitée par l’eau froide, elle se ramollit et, au lieu de former une gelée transparente, elle se divise en petits grumeaux qui ont l’aspect d’un précipité caillebotté ; l’eau bouillante n’en dissout que le tiers de son poids.

On substitue souvent des ichtbyocolles de qualité inférieure à la belle icbthyocolle de Russie : telle est celle du Brésil, moins soluble que cette dernière et laissant un résidu insoluble de 20 à 30 p. 100 ; de plus, sa solution est opalescente et d’une odeur forte et désagréable.

La colle de poisson est souvent fraudée à l’aide de lames de gélatine qu’on place entre ses feuilles, puis qu’on tord avec elles ; ou bien on trempe l’ichthyocolle dans une solution gélatineuse concentrée qui la recouvre alors comme le ferait un vernis. On reconnaît cette falsification :

1“ Par l’emploi de l’eau chaude qui gonlle régulièrement la colle de poisson en produisant d’abord une gelée blanchâtre opaline, puis en la dissolvant peu à peu totalement. La gélatine, au contraire, se gonlle irrégulièrement en donnant une solution transparente, mais incomplète ;

2° Au microscope, qui montre Tichthyocolle avec une structure fibreuse trèsprononcée, structure que la gélatine ne possède jamais ;

3“ Par l’incinération : la colle de poisson de^Russie laisse, lorsqu’elle est pure, une très-petite quantité de cendres de couleur rouge (9 p. 1000) contenant un peu de carbonate de chaux. La gélatine fournit une plus forte proportion de cendres (au moins 13 p. lOOü), qui sont blanches et qui contiennent des traces de chlorures et de sulfates.

COLOMBO. — Le Colombo est la racine du Cocculus palmatus de la famille des Ménispermées. Son nom vient de ce qu’on l’apportait autrefois de la ville de Colombo {île de Geylan) ; mais la majeure partie de cette racine provient des côtes orientales d’Afrique, de Madagascar et du continent indien.

La racine de Colombo a la configuration de la racine de bryone, une teinte générale verdâtre à l’extérieur et jaune clair à l’intérieur, une odeur faible, désagréable, une saveur amère; humectée, elle devient d’un brun foncé. Elle est

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