‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 129 sur 470 · CORNICHONS · texte numérisé non relu

CORNICHONS

Usages. — Elle est employée en médecine pour faire des gelées. Elle sert à préparer le sel volatil, l’huile et l’esprit volatils de corne de cerf. Mais on en fait principalement usage pour fabriquer des objets de tabletterie, de coutellerie. Lorsqu’elle a été incinérée au contact de l’air, on la fait entrer dans la composition de la décoction blanche de Sydenham et dans celle de quelques poudres absorbantes.

Falsifications. — La come de cerf entière, ou en cornichons, est difficilement fraudée ; mais la corne râpée est quelquefois remplacée par de la râpure d'os de bœuf, provenant des fabriques de boutons et de manches de couteau. La corne râpée est grise, tandis que la râpure d’os est blanche. On a proposé le moyen suivant pour constater ce genre de falsification : on prend 2 grammes de râpures débarrassées de leur poussière parle tamis de soie, et séchées à 100°. On les fait bouillir dans l’eau pendant une heure. On recueille sur un filtre pesé la partie insoluble qu’on lave et qu'on sèche ensuite à l’étuve: les os râpés perdent au plus 6 p. 100, la corne de cerf pure perd 1-4 p. 100. Si de la perte donnée par l’expérience, on retranche G, et si avec le nombre restant on pose la proportion 8 : 100 : :p — 6 : x, on aura pour x la proportion de corne de cerf contenue dans le mélange.

A la corne calcinée on substitue aussi des os calcinés.

La corne pulvérisée et trocbisquée contient souvent une grande quantité de craie (carbonate de chaux), quelquefois dans la proportion de 25 p. 100 [Peltier, de Doué). Cette corne falsifiée se dissout avec une vive effervescence et presque entièrement dans l’acide chlorhydrique. D’ailleurs la corne de cerf mélangée de carbonate de chaux est plus blanche que la corne pure, qui a une légère teinte gris-bleuâtre. Le toucher peut aussi servir à distinguer la corne pure de celle qui contient de la craie, en broyant sous les doigts une petite quantité de l’une et de l’autre. La quantité de phosphate de chaux contenue dans la corne do cerf, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, peut servir à faire reconnaître si elle a été ou non additionnée de carbonate ou d’os calcinés.

CORNICHONS. — Les cornichons ou fruits du concombre commun, préparés au vinaigre, constituent un assaisonnement très-usité, vendu par les épiciers, les marchands de comestibles, etc. Ceux-ci les préparent ordinairement dans des bassines ad hoc, en cuivre rouge non élamé, afin de leur donner la belle couleur verte que l’on recherche. .

Cette préparation vicieuse des cornichons donne lieu à la production d’nn peu de verdet (acétate de cuivre), qui peut avoir une funeste influence sur la santé des consommateurs (1). Ce métal se reconnaît de la manière suivante : on incinère une certaine quantité de cornichons suspectés ; les cendres, traitées par

(1) Dans le département de la Gironde, un cultivateur éprouva une colique de plomb, déterminée par des cornichons qui avaient séjourné dans un pot de terre verni. Le vernis avait été décomposé presque partout par l’acide acétique; le vinaigre dans lequel les cornicl)ons macéraient était trouble, épais, laiteux; il contenait de V acétate, du carbonate, du sulfate et du ddorure de ylomü.

11 faut donc s'abstenir de reirfermer les cornichons vinaigrés dans des poteries revêtues intérieurement d’un vernis plombeux. Il en est de même des autres substances alimentaires contenant du vinaigre, de Xoseille, des salaisons, du vi?i, du cidre, de la piquette, des confitures, des matières grasses qui ont ranci, et de tous les corps qui attaquent le vernis et se chargent de plomb {A. Ch.).

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