‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 131 sur 470 · COSMÉTIQUES · texte numérisé non relu

COSMÉTIQUES

Certains savons communs sont mélangés non-seulement à des matières insolubles, mais à des matières azotées putrescibles.

Réveil a obtenu de ces’savons, depuis 2 jusqu’à 5,5 p. 100 d’azote. Préparations employées pour noircir les cheveux. — Elles sont de (leux sortes : 1“ des corps gras mélangés à du noir de fumée, du charbon de Tiiége {Mélanocôme) ; 2“ des solutions métalliques &' argent , de cuivre, de plomb, ou bien des poudres dans lesquelles entrent ces métaux. Réveil a analysé un grand nombre de ces préparations. Voici les résultats obtenus :

1“ Eau d'Afrique, pour teindre les cheveux :

Flacon n® 1 . — 3,10 A'azotate d'argent pour 96,90 d’eau distillée.

— n® 2. — 7,60 de NaS anhydre -}- 92,40 d’eau.

— n» 3, — Azotate d'argent = 3,10 -f- eau aromatisée = 96,90.

2® Teinture américaine pour la barbe, par X . :

Flacon n® 1. — Solution alcoolique Ai acide gallique.

— n® 2. — Azotate d'argent ammoniacal associé à une matière organique dénaturée = 9 p. 100 d’azotate d’argent.

Flacon n® 3. — Trisulfure de potassium = 11,7, dissous dans 88,3 d’eau.

3® Mélanogène de X... Teint en châtain, brun ou noir sans colorer l’épiderme. Flacon n® 1. — Solution alcoolique A acide gallique.

— n® 2. — Nit?'ate d’argent ammoniacal et matière organique altérée = 7,3 p. 100 Aazotate d'argent.

4® Chrùmacùme, de X.

Flacon n® 1. — Solution alcoolique A acide pyrogallique.

— n® 2. — Nitj'dte d'argent, 12,00; eau, ammoniaque et matière organique

5® Teinture végétale, de X...

Flacon n® 1. — Solution alcoolique A acide pyrogallique.

— • n® 2. — Solution de sidfure de sodium.

— n® 3. — Azotate d’argent = 9>,Zi. Eau, ammoniaque — 91,69.

6® Eau égyptienne, de X...

.\zotate d'argent = 3,88. Eau = 96,12.

7® Eau du mont Blanc.

Flacon n® 1. — Azotate d'argent = ‘1,^^. Eau, ammoniaque = .

— n® 2. — Sulfure de sodium anhydre = 4,8. Eau = 95,2 .

8® Eau de la Floride, de X...

Acétate neutre de plomb = 2,786 ; soufre = 2,652 ; eau de rose = 94,562. D’après l’inventeur, « cette eau devait rendre à la chevelure sa couleur primitive sans en altérer la nuance et sans causer le moindre inconvénient, car elle nest composée que du suc de plantes exotiques et bienfaisantes. »

9® Eau de Bahama. Fleur de soufre — 2,52. Acétate neutre de plomb, anhydre = 0,75 ; eau aromatisée par l’essence d’anis = 96,75.

10® Eau de X... chimiste :

Flacon n® 1. — Nih'ate d’argent ammoniacal (5,805) et sulfate de cuivre ammoniacal.

Flacon n® 2. — Sulfure de sodium anhydre = 3,71. Eau = 96,29.

— n® 3. — Eau à détacher. C’est une solution assez forte de cyanure de potassium !

11® Sélénite perfectionnée pour teindre les cheveux, de X... Elle provient d’un

COULEURS

mélange de carbonate de sonde et de nitrate de plomb, sels qui par double décomposition ont donné carbonate de plomb et nitrate de soude = 30. Eau = 70. La solution contient de plus un principe mucilagineux.

Épilatoires.

Poudre de La for est : Elle est composée de mercure, 60 ; orpiment pulvérisé, 30 ; lithar,je, 30 ; amidon, 30.

Formide de F. Boudet : sulfure de sodium cristallisé, 3 ; chaux vive en poudre, 10 ; amidon, 10.

Lait antéphélique. — Sur 128 grammes, il contient :

Bichlorure de mercure, 1,073 ; oxyde de plomb hydraté — 4,010 ; eau = 122,713 ; camphre et acide sulfurique, traces.

Fards.

1° Fards blancs avec talc ou craie ;

2® — — avec oxyde, carbonate ou oxalate de zinc ;

3® — — avec oxyde, sous-nitrate ou autre sel de bismuth ;

4® — — avec se/s insolubles.

Fat'ds rourjes. — Ils sont sous quatre formes : 1® rouge en poudre ; 2® rouge en pommade ; 3® rouge en crépons ; 4° liquides.

Les matières colorantes qui entrent dans la composition de ces rouges sont le cinabre, le carmin, la carthamine, etc.

En dehors des matières toxiques que l’on rencontre dans les cosmétiques énumérés plus haut, les excipients qui en font la base sont presque toujours de qualité inférieure, de façon à permettre au fabricant de réaliser des économies aux dépens des clients ; de là l’emploi de mauvais alcools, de vinaigres falsifiés, d’essences à bon marché, de graisses et d’huiles les plus communes, de farines adultérées, etc. Ces compositions doivent donc rester suspectes à tous les points de vue.

COTON. — V. Matières textiles.

COULEURS. — Les couleurs si nombreuses et si variées qu’emploient les arts et l’industrie dérivent de matières minérales ou organiques. Elles sont simples ou composées, suivant qu’elles sont constituées par une seule matière ou par le mélange de plusieurs d’entre elles. En dehors des blancs, des bruns et des noirs, il y a place pour toutes les teintes de l’arc-en-ciel, c’est-à-dire du spectre solaire.

Les matières colorantes sont solubles ou insolubles, vitrifiables ou incapables de subir l’action du feu sans décomposition, toxiques ou inoffensives, solides ou altérables à la lumière, etc. Il en est qui possèdent deux reflets, comme celles qui dérivent de la Iluorescine, etc. Comme un grand nombre d’entre elles possèdent une certaine valeur, elles sont sujettes aux falsifications les plus audacieuses. Les procédés employés pour les distinguer les unes des autres ne pouvant être établis ici, on devra consulter à cet égard, l’excellent article du Manuel pratique d'essai de Bolley et Kopp. Quant aux fraudes qu’on leur fait subir, elles seront indiquées, dans ce dictionnaire, aux articles suivants :

Acide picrique ; azur; blanc de baryte ou sulfate de baryte; blanc de fard ou sous-nitrate de bismuth ; blanc de plomb ou carbonate de plomb ; blanc de zinc ou oxyde de zinc ; bleu de Prusse ; bonbons au carmin ; carmin d'indigo ; cinabre et vermillon ou sulfure de mercure ; cochenille, couleurs d'aniline, extrait de campêche;

COULEURS d’aniline.

fuchsine; gomme-gutte ; indigo ; iodure rouge de mercure ; iodure jaune de plomb ; jaune de cadmium ou sulfure de cadmium ; jaune de chrême ou chrômate de plomb ; massicot et minium ou oxydes de plomb ; orpiment et réalgar ou sulfures d’arsenic; outre-mer ; peinture en bâtiments; rocou, safran, sang-dragon, tissus colorés ; verdet gris ou sous-acétate de cuivre ; vert de Schéele ou arsénite de cuivre, etc.

COULEURS D’ANILINE. — Les magnifiques matières colorantes qui dérivent de l’aniline et de ses homologues, sont aujourd’hui en si grand nombre qu’il serait difficile de les énumérer toutes ici. 11 est bien évident que ces belles substances, dont quelques-unes sont encore d’un prix très-élevé, ne sont pas toutes au même degré de pureté. De plus, elles sont altérées par la présence de mélanges résultant de leur genre de fabrication, et aussi par des additions frauduleuses de substances étrangères.

Les couleurs d’aniline les plus connues peuvent être distinguées les unes des autres à l’aide de quelques caractères saillants que ^.Goldschmidt leur a reconnus. — Nous avons cherché à les réunir ici en tableau :

Caractères différentiels des principales couleurs d'aniline,

d’après Goldschmidt.

Rouges

CA

cS

Violettes. ,

Bleues.

Vertes.

Jaunes.

Jaune-orangé.

! jaune

violet-bleu

précipité jaune,

rouge

se décolore

La solution

alcoolique j décolore. ( et reste

’ .1 ® Dissoudre claire,

de AzlU

devient

\ Dissoudre I alors

[ dans eau 1 se décolore ainmoniacalef et se trouble.

Solution aqueuse incolore : ne bleuit que par un acide

Solution aqueuse ou alcoolique bleue. .

Soluble dans l’eau

- . , . . ... 1.1 l se décolore.

Soluble dans 1 alcool. Alors j

par KGy 1 brunit

Soluble dans l’eau.

Par addition de KCy

La solution l

1 fi

alcoolique (

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