COULEURS D ANILINE
drosulfite de soude que celle qui réduiraiL deux molécules de sulfate de cuivre ammoniacal. En s’appuyant sur ce fait, il a appliqué au dosage de ces matières colorantes le procédé employé par MM. Schützenbergej' et Râler pour le dosage de l’oxygène dissous dans l’eau. L’appareil qui sert à ce titrage se compose d’un petit ballon B fermé par un bouchon percé de trois trous. L’un d’eux est traversé parle petit tube qui termine une burette de .l/o/u- A remplie d’bydrosulfite ; les deux autres trous servent à faire passer dans le ballon, au moyen des deux flacons D et G, un courant d’acide carbonique lavé pour en expulser l’air, dont l’oxygène aurait l’inconvénient d’agir sur la solution à titrer qui y a été versée. Elle y est maintenue à-}- 100", parla chaleur d’un bain de sable sur lequel repose ce ballon (fig. 62).
On prépare une solution de la matière colorante à essayer (un ou deux décigrammes dans un litre d’eau). On en prélève par exemple 10(3“ qu’on verse dans le ballon, et, après en avoir expulsé l’air à l’aide de Tébullition du liquide et du courant de gaz carbonique fourni par l’appareil, on n’aura plus qu’à ouvrir peu à peu la pince qui maintient rhydrosulfite de soude dans la burette de Mohr, pour qu’il vienne décolorer le liquide du ballon. Après plusieurs essais pratiqués de la même façon pour avoir une bonne moyenne, on répète l’expérience sur une solution de la matière colorante pure, prise pour type. De ces deux titrages, il sera facile de déduire la richesse de la couleur soumise à l’essai ; cette richesse sera proportionnelle à la dépense d’hydrosulflte. Ce procédé réussit très-bien, même à froid, pour le titrage de la fuchsine.
Altérations. — Un grand nombre d'auteurs, parmi lesquels MM. Eultnherg et Uo/</, ont fait remarquer que la plupart des couleurs d’aniline étaient toxiques, parce qu’étant préparées le plus souvent à l’aide de composés arsenicaux, mercuriques, zinciques, antimoniques, etc., elles peuvent en retenir une certaine proportion, surtout lorsqu’elles restent à l’état de pâte. Elles le sont encore en raison des mélanges qu’elles reçoivent et de quelques mordants qui servent à les fi.xer.
Dans le canton de Genève, M. Brun a examiné un assez grand nombre de ces matières colorantes ; il y a rencontré fréquemment des sels de mercure, de plomb, &'élain,Gi surtout des arséniales. C’est pourquoi on a proscrit l’emploi de ces couleurs pour la coloration des bonbons, dragées, liqueurs, etc.
Pour rechercher ces métaux, on détruira d’abord la matière organique en chauffant 2 grammes de la couleur su.specte avec un peu d’acide azotique, puis avec 20 grammes d’acide chlorhydrique auxquels on ajoute peu à peu quelques cristaux de chlorate de potasse. Après décoloration (la liqueur conserve une teinte un peu jaunâtre), on évapore assez pour chasser le chlore et l’acide nitrique. On ajoute au résidu de l’eau distillée, puis 0,50 de sulfite acide de soude pour transformer l’acide arsénique en acide arsénieux. On filtre et on ajoute un léger excès d’acide sulfhydrique aux liqueurs. Après douze heures de repos, on recueille le précipité de sulfure sur un filtre, puis, après lavage et dessiccation, on en fait l’examen chimique. L’ammoniaque dissoudra le sulfure d’arsenic ; le sulfhydrate d’ammoniaque dissoudra le sulfure d’étain ; l’acide azotique attaquera le sulfure de plomb. Le sulfure de mercure, résistant à tous ces agents, sera dissous par l’eau régale ou réduit par de la chaux vive à la température rouge.
Fuchsine. — Parmi les matières colorantes de l’aniline, il en est une surtout
COULEURS d’aNILUSE.
qui doit être examinée, et pour son état de pureté, et au point de vue des falsifications qu’on lui fait subir : c’est la fucfisine ou chlorhydrate de 7'osaniline q40hi9Az3,hc1. Cette matière colorante est en tables rhombiques, souvent groupées en étoile, d’un beau vert doré, mais donnant une poudre rouge. Elle est soluble dans l’eau qu’elle colore fortement en rouge, très-soluble dans l’alcool aqueux, un peu moins soluble dans l’alcool absolu, et insoluble dans l’éther.
Usagées. — Très-recherchée comme matière colorante pour la soie, la laine, elle sert aussi à la coloration des bois de vannerie, et, à tort, à celle des liqueurs, des bonbons, du vin, etc.
Altérations. — Soii emploi présente souvent de grands dangers lorsque la fuchsine est introduite dans des produits alimentaires et des boissons, parce qu’elle peut renfermer une certaine proportion de Vacide ai'sénique qui a servi à sa préparation. D’après lUeckher, on y découvrira l'arsenic en traitant la fuchsine par de l'eau, du zinc et de l'acide sulfurique purs. En dirigeant l’hydrogène qui s’en dégage dans une solution d’azotate d'argent, il y a réduction du sel à l’état d’argent métallique, tandis que la liqueur retient de l'acide arsénieux. Si de celle-ci on élimine ensuite l’excès d’argent par l’acide chlorhydrique, on pourra, après filtration, précipiter Tacide arsénieux par l’hydrogène sulfuré, ce qui donnera de l’orpiment facile à doser.
Faiaifications. — La fuchsine est très-souvent additionnée de sucre et de glucose. Alors, au lieu de rester pulvérulente, elle se prend en masse ; quelquefois même elle se décolore sous 1 influence de ce réducteur. On y trouvera ces substances étrangères en épuisant quelques grammes du produit suspect par de l'alcool absolu [et non par de l’éther, comme on l’indique à tort) qui dissoudra la fuchsine et non le sucre. L’alcool amylique qui, d’après lîomeï, dissout bien la fuchsine, pourra également être employé pour cet essai.
Le titrage de la fuchsine est facilement obtenu par le procédé de Stamm. (Voir plus haut.)
Verts d’aniline. — Les ve?'ts d'aniline diffèrent beaucoup en prix et en pureté. Le vert à l’iode est plus pur à l’état cristallin qu'à l’état amorphe. On lui donne des teintes jaunes à l’aide de V acide picrique et des teintes bleues par le bleu d'aniline soluble. Ce dernier se reconnaît en traitant la matière par un peu d’acide picrique (qui précipite la couleur verte) et assez de glycérine, laquelle retient au contraire le bleu d’aniline en dissolution.
Quand les échantillons sont formés par du picrate de la substance verte mêlé de plus ou moins de bleu pour couvrir le jaune, l’eau dévoile cette fraude en dissolvant le bleu sans toucher au picrate. En faisant alors bouillir ce dernier avec un peu de potasse, si l’on ajoute ensuite du cyanure de potassium à la liqueur filtrée, on obtient la belle coloration rouge due à la formation de l’isopurpurate alcalin.
Le vei-t à l’iode peut renfermer du chlore et du brome qu’on retrouvera facilement en calcinant le produit avec la potasse caustique et en analysant le résidu.
acétate de soude, le sucre, le chlorure de sodium, la magnésie, l’oxyde de chrôme, et même du plomb à l’état de picrates, peuvent se rencontrer dans les verts d’aniline. En fixant la matière verte à l’aide de l'acide picrique qui la rend insoluble, il est facile d'en dégager les sels alcalins solubles, ainsi que le sucre. Les