‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 141 sur 470 · DATTES · texte numérisé non relu

DATTES

rend le liquide laiteux lorsqu’il a le contact du sulfure alcalin. On fixe le point de saturation, c’est-à-dire la conversion complète du cyanure rouge en cyanure jaune, à l’aide d’une bande de papier non collé, imprégnée d’acétate de plomb, qui conserve sa couleur blanche tant qu’il reste du prussiate rouge non converti, et qui prend immédiatement une teinte brunâtre dès que la conversion est opérée. L’échantillon de cyanure rouge essayé est d’autant plus riche qu’il faut plus de sulfure alcalin pour obtenir la saturation (1).

Avec le sulfarséniate de soude, la conversion en cyanure jaune est accompagnée d’un dépôt de soufre, avec formation d’arsénite de soude. On fait dissoudre 5 grammes du cyanure à essayer dans CO grammes d’eau distillée ; d’autre part, on mêle 1 gramme de sulfarséniate de soude (2) à 2 grammes ou 2*'', 5 de soude ou de potasse bien/3«;'e (exempte de soufre), dissous également dans une petite quantité d’eau. On porte cette dernière solution dans l’alcalimètre, et on l’étend d’eau de manière qu’elle occupe 400 divisions de l’instrument, et que chacune de ces divisions, contenant 0®’’,0Ü255 de sulfarséniate, corresponde exactement à 1/4 pour 100 de cyanure rouge. On verse alors cette seconde solution dans la première, jusqu’à ce que l’on ait atteint la couleur blanc de lait; ou bien, pour avoir une limite plus tranchée, on ajoute à la liqueur quelques gouttes d’une décoction de cochenille, qui perd sa couleur tant qu’il y a du cyanure rouge non décomposé, et qui la conserve dès que la conversion est opérée.

Avant de procéder à l'essai, on doit faire l’analyse qualitative du cyanure rouge, et rechercher s’il contient du chlore libre, des hypochlorites, des composés métalliques.

M. W. Wa/ace a proposé ultérieurement, pour déterminer la richesse du cyanure rouge, l’emploi d'une liqueur titrée de protochlorure d’étain (O^^Ol ou 0®^02 par division de la burette). En présence du cyanure rouge et d’un excès d’acide chlorhydrique, le protochlorure passe rapidement à l’état de bichlorure, en ramenant le cyanure rouge à l’état de cyanure jaune. Le point d’arrêt de la réaction est pris au moment où le liquide change sa coloration verte contre une teinte violette très-tranchée et qui ne vire pas au vert.

DATTES. — Les dattes sont les fruits d’une espèce de palmier, le Phœnix dactylifei-a, arbre qui croît dans une partie de l’Asie, en Afrique, en Provence, et aussi en Amérique. Les dattes contiennent, d’après l’analyse de Kletzinski:

(1) On aurait une réaction analogue en remplaçant le monosulfure par un iodure alcalin; il se ferait seulement un dépôt d'iode, au lieu d’un dépôt de soufre.

(2) Pour préparer le sulfarséniate de soude, on dissout de l’acide arsénieux dans la soude caustique, à la température de l’ébullition, et on ajoute de temps en temps une solution concentrée de soufre dans la soude caustique ; on continue ces additions jusqu’à ce qu’il ne se précipite plus de soufre, on filtre, on laisse refroidir, on obtient des cristaux d’un jaune pâle qu’on soumet à une nouvelle cristallisation, jusqu’à ce qu’ils soient bien transparents et solubles sans résidu. On les sèche à la température ordinaire ou mieux à 100" au bain-marie; ils perdent 33 p. 100 d’eau de cristallisation. On conserve pour l’usage ce sel pulvérulent et anhydre.

DEXTRINE.

mu, sucre, extrait aqueux, pectine et pectates, cellulose, coumarine et acide citrique, sels minéraux.

On en connaît quatre sortes dans le commerce :

{'‘Dattes d'Égypte; 2"^ dattes de Syrie ; 3® dattes de Barbarie ; 4“ dattes de Provence.

Les dattes d’Égypte, de Syrie et de Barbarie sont regardées comme les meilleures ; elles sont longues, ovoïdes, assez grosses, brunes, tendres, d’un goût agréable et sucré; elles ont une légère odeur de bon miel.

Les dattes de Provence sont plus petites, un peu dures, blanchâtres et styptiques.

Usagées. — Les dattes, comptées au nombre des fruits pectoraux, sont employées avec succès comme béchiques et adoucissantes. Elles ont donné leur nom à Yélectuaire diaphœnix.

Altérations. — Les dattes doivent être choisies nouvelles : par la vétusté, elles se rident, se dessèchent, perdent de leur qualité et se piquent. Ces dernières doivent être rejetées aussi bien que celles qui ont acquis une saveur âpre, rance ou mordicante, ou qui font, comme on dit, la sonnette, c’est-à-dii*'e qui sont creuses, dont la peau n’est que gonflée, et qui sont privées intérieurement de parties charnues.

11 faut aussi faire attention à ce que les dattes soient bien sèches ; car on a l’habitude à'em'ober les vieilles dattes, d’abord en les agitant dans un linge sec, puis dans du sirop, afin de leur donner l’apparence de la fraîcheur.

DAUCUSDE CRÈTE. — Cette semence (1) AqV Athamantha cretensis{Om\ie\lifères) nous vient de l’Égypte, de l’Archipel grec et des contrées méridionales de la France ; elle est légèrement cotonneuse, allongée, d’une saveur forte et aromatique.

Usagées. — Le daucus de Crète est employé en médecine comme excitant, diurétique et antihystérique. 11 entre dans la composition de la thériaque, du sirop d’armoise, etc.

A ce daucus, devenu aujourdui très-rare, on substitue presque toujours le fruit du Daucus carota, qui est moins long, plan d’un côté, convexe de l’autre, strié longitudinalement et hérissé de poils assez longs, bien différents du duvet cotonneux qui recouvre le daucus de Crète.

DEXTRINE : — C’est une substance neutre, pulvérulente ou en

masses gommeuses, ayant une légère odeur et une faible saveur de pain grillé. Elle est très-soluble dans l’eau, qu’elle rend visqueuse, insoluble dans l’alcool fort et dans l’éther. Son nom lui vient de son pouvoir rotatoire dextrogyre égal à -j- 138°, 7. Les acides la transforment en glucose pur ; elle ne réduit pas le réactif cupropotassique et ne prend aucune teinte par l’iode; mais la dextrine du commerce réduit partiellement le premier de ces réactifs, à cause du glucose qu’elle contient, et elle prend une teinte violette au contact de l’iode libre en raison de l’amidon modifié qu’elle renferme encore.

Usagées. — On la substitue souvent à la gomme arabique comme matière

(1) Tous les fruits d'Ombellifères employés en pharmacie reçoivent, fi tort, le nom de Semences. On les nomme souvent Séminoïdes.

Page 1