‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 143 sur 470 · DORURE ET ARGENTURE · texte numérisé non relu

DORURE ET ARGENTURE

Les feuilles de bouillon blanc sont beaucoup plus épaisses, cotonneuses sur les deux faces, bien plus douces au toucher, d’un aspect blanchâtre ou grisâtre, d’une saveur faiblement amère.

Les feuilles de la grande consoude sont dures au toucher, velues et entières, d’une saveur mucilagineuse.

Les feuilles de la conyze squatTeuse ressemblent beaucoup à celles de la digitale ; mais elles sont rudes au toucher, quoique pubescentes ; elles ont leurs bords presque entiers, les nervures secondaires arquées et convergentes au sommet. Elles sont inertes et exhalent une odeur fétide lorsqu’on les froisse.

DIGITALINE. — La digitaline est le principe actif de la digitale pourprée ; entrevue par Zero^er, de Genève, et par Lancelot ; examinée par Planiava, Dulong d’Astafort, Radig, etc., elle fut isolée, pour la première fois, par M. Homolle et Quevenne, puis enfin obtenue à l’état cristallin par M. Nativelle.

La digitaline est blanche, inodore ; elle peut se présenter en petites écailles, ou en masses poreuses mamelonnées, ou en belles aiguilles cristallines d’un blanc argentin. Sa saveur est tellement amère qu’elle peut communiquer une amertume prononcée à 200,000 parties d’eau. Elle est neutre, soluble dans l’alcool, presque insoluble dans l’eau et l’éther, très-soluble dans le chloroforme. Avec l’acide chlorhydrique concentré, elle donne une liqueur d’un beau vert émeraude ; il suffit d’une parcelle de digitaline pour que cet effet soit produit.

Au contact de l’acide sulfurique concentré, elle prend une coloration brune ou rosée selon les proportions du réactif. Sa solution sulfurique traitée par une goutte d’eau bromée, devient d’un assez beau violet.

Usages. — La digitaline a une action très-prononcée sur l’économie, elle diminue l’activité de la circulation. On ne doit l’employer qu’avec une grande circonspection. On l’administre en pilules, en sirop et dans des potions.

Falsiiications. — En 1832, M. Homolle et Quevenne constatèrent qu’il avait été livré, dans le commerce, des granules de digitaline sans digitaline.

Cette fraude fut décelée par le défaut de saveur amère et l’absence de couleur verte par l’acide chlorhydrique, que présentait le produit retiré du traitement alcoolique de ces granules.

Aujourd’hui on connaît dans le commerce trois espèces de digitaline : la digitaline allemande ou digitaléine amorphe et soluble dans l’eau ; la digitaline française, amorphe et insoluble ; enfin la digitaline cristallisée, de Nativelle, la seule qui représente le principe actif de la digitale à l’état de pureté. Cette dernière est complètement soluble dans le chloroforme, tandis que la digitaline amorphe insoluble ne s’y dissout que partiellement. Toutes trois sont colorées en vertémeraude par l’acide chlorhydrique. Toutes trois jouissent d’une prodigieuse activité physiologique ; mais il est certain que la variété cristallisée deviendra la seule digitaline officinale, malgré les appréhensions qu’elle a fait naître.

La digitaline du commerce contient assez souvent du tannin en combinaison. Si on la dissout alors dans de l’alcool à 90", cette solution prendra une teinte noire ou violacée par l’addition d’un peu de perchlorure de fer {Tanret).

DORURE ET ARGENTURE. — Dans la dorure par immersion ou au trempé, les contrefacteurs sont parvenus à ne déposer sur les objets à dorer qu’une couche d’or insuffisante. En devenant si mince et si légère, elle n’a plus

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