‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 144 sur 470 · DOUCE-AMÈRE · texte numérisé non relu

DOUCE-AMÈRE

suffi à préserver les objets en cuivre contre l’oxydation, de telle sorte que ceux qu’on expédiait par mer furent complètement détériorés.

Mais c’est sur l’argenture que les fraudeurs ont principalement dirigé leurs efforts. Ils se sont appliqués à ne déposer qu’une couche d’argent d’une minceur extrême : ainsi, quand pour douze couverts on dépense ordinairement 70 à 72 grammes d’argent (1), le contrefacteur n’en employait que 2 ou 3 grammes, quelquefois 7 à 8 grammes, différence énorme qui procurait à ce dernier un bénéfice cTmsidérable (2).

On peut s’assurer qu’un objet est doré en le touchant avec une solution de bichlorure de cuivre : le point touché doit rester intact, tandis que le réactif ferait naître une tache brune si l’objet était en cuivre [Weber).

On reconnaît la quantité d’or déposée sur un objet en traitant celui-ci par l’eau régale ; on chasse l’excès d’acide, on reprend par l’eau, oi^ filtre, on ajoute une solution de sulfate de protoxyde de fer, puis on recueille et on pèse le précipité d’or obtenu.

Pour l’argenture, on traite par l’acide nitrique pur l’ohjet argenté, jusqu’à ce que la couche d’argent soit dissoute; on évapore pour chasser l’excès d’acide ; le résidu repris par l’eau pure est filtré ; on précipite ensuite par l’acide chlorhydrique ou une solution de sel marin; le précipité de chlorure d’argent est recueilli, lavé et séché ; son poids fait connaître celui de Targent, sachant que 100 de chlorure d’argent représentent 73,32 d’argent ; ou bien on pèse directement l’argent réduit du chlorure.

On peut aussi plonger la pièce argentée à essayer dans un hain dit de désargentîo'e, consistant en un mélange d’acide sulfurique à 66® (3 p.) et d’acide nitrique à 40° (1 p.) ; on chauffe ce bain de 78 à 80®, et on y suspend, à l’aide d'un fil de cuivre, la pièce à désargenter ; l’opération est terminée en quelques secondes. La pièce est ensuite lavée, passée à la sciure de bois, essuyée, desséchée et pesée : la différence de poids, avant et après l’opération, indique le poids de l’argent qui avait été déposé sur la pièce soumise à l’essai.

DOUCE-AMÈRE. — La douce-amère [Solanum dulcamara\ doit son nom à sa saveur amère, puis sucrée. On l’appelle aussi vigne de Judée ou morelle grimpante ; elle a des tiges grêles, ligneuses et grimpantes, lesquelles, à l’état frais, ont une odeur nauséabonde très-désagréable.

La douce-amère doit être choisie bien fraîche, d’une belle couleur verte, à tiges bien pourvues de moelle.

Usag'es. — Elle est employée en pharmacie sous forme de tisane ou d’extrait contre les maladies de la peau, les douleurs rhumatismales, la syphilis, etc.

Falsifications. — Quelquefois on substitue à la douce-amère les tiges du Solanum vulgare, qui sont plus courtes, anguleuses, d’environ 0”,30 de longueur, et possédant une saveur et une odeur qui ne ressemblent nullement à celles de la douce-amère.

(1) Il y a deux titres dans l’argenture : le premier, de 72 grammes; le second de 35 à 45 grammes.

Jusqu’en 184G inclusivement, la maison Ch. Christofle déposait 65 à CO grammes d’argent par douzaine de couverts, soit 4 *'',58 à 5 grammes d’argent par couvert. A partir de cette époque, elle dépose 70 à 75 grammes par douzaine de couverts ; soit 5*'', 83 à G"', 26 par couvert.

(2) Les couverts ne sont alors que blanchis, c’est-à-dire recouverts d’une minime couche d argent qui ne tarde pas à disparaître par le frottement.

Page 1