‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 146 sur 470 · EAU DISTILLÉE · texte numérisé non relu

EAU DISTILLÉE

EAU DE CANNELLE. — L’eau de cannelle employée en pharmacie est préparée avec la cannelle de Ceylan ; mais elle est obtenue quelquefois aussi avec les débris d’écorce provenant de caisses expédiées des colonies; ces débris sont composés indifféremment de cannelle de Chine et de cannelle de Ceylan. Cette fraude ne peut se reconnaître que par le goût et l’odorat.

L’eau de cannelle de Chine a une odeur de punaise et une saveur particulière, tandis que l'eau de cannelle de Ceylan, sans arrière-goût désagréable, exhale un parfum très-suave.

Cette eau distillée de cannelle est laiteuse, à cause de l’huile qu’elle tient en suspension et qui finit par se déposer; en même temps il se forme des cristaux d’acide cinnamique, acide qui donne à l’eau la propriété de rougir le tournesol.

EAU DE COLOGNE. — L’ eau de Cologne, ou alcoolat de citron composé, est un liquide spiritueux, incolore, diaphane, très-aromatique, employé surtout pour la toilette; on le considère aussi comme un tonique léger et comme un excitant.

Souvent, au lieu d’alcool pur à 0,86 (34® Cartier), on emploie, pour préparer l'eau de Cologne, des alcools de grains, de mélasse, de fécule, non épurés. Les essences de bergamote, de citron, de cédrat, de fleurs d’oranger, ainsi que celles des Labiées, etc., qui doivent entrer dans la composition de cette eau, sont remplacées par des essences communes de romarin, de thym, de lavande, et par celles Aurant lacées indiquées précédemment, etc. ; on ajoute ensuite à la liqueur un peu d’essence de vanille ou de roses, pour lui donner l’apparence d’une eau de Cologne de bonne qualité (1).

L’eau de Cologne bien préparée exhale une odeur aromatique agréable, qu’on perçoit facilement en en versant quelques gouttes dans le creux de la main et en l’y laissant s’évaporer.

EAU DISTILLÉE. — L’eau distillée, ou eau pure, provenant de la distillation de l’eau ordinaire, est employée, dans certaines opérations chimiques et pharmaceutiques, pour faire des analyses ou des solutions do substances qui se décomposeraient en partie si on les traitait par l’eau ordinaire, quelquefois chargée de sels calcaires, etc. (2).

L’eau distillée ne doit contenir aucune matière étrangère, et cependant, quand la distillation a été pratiquée avec négligence, elle peut contenir de l’ammoniaque, de Vacide carbonique, des matières organiques, du plomb, du cuivre, provenant des appareils distillatoires. Or, l’eau distillée pure ne doit pas précipiter par le nitrate de baryte ou le chlorure de baryum, par le nitrate d’argent, l’oxalate d’ammoniaque, le sulfhydrate d ammoniaque, l’hydrogène sulfuré, le cyanure jaune, la teinture de noix de galle ; elle doit être neutre au papier de tournesol, c’est-à-dire ne pas rougir le papier bleu de tournesol, et ne pas ramener au bleu celui qui a été rougi par un acide ; elle ne doit laisser aucun résidu par l’évaporation, et ne pas dégager d'ammoniaque. La présence de cet alcali serait

(1) Autrefois on a vendu sur la voie publique une eau de Cologne qui, soumise à l'analyse d’un pharmacien, fut reconnue n'ctre autre chose qu’une dissolution d^acétute de plomb (extrait de Saturne), aromatisée avec de \' essence de thym ou de lavande, puis filtrée.

(2J 11 est bien entendu que c’est l’eau distillée qu’il faut employer pour toutes les analyses ou essais dont nous parlons dans le cours de cet ouvrage.

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