‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 161 sur 470 · ÉCORCE DE RACINE DE GRENADIER · texte numérisé non relu

ÉCORCE DE RACINE DE GRENADIER

ployer l’examen microscopique. La poudre à'angusture vraie présente au microscope des petites cellules irrégulièrement arrondies, accompagnées de nombreuses raphides (fig. 70) ; tandis que la poudre de fausse angusture se reconnaît à ses cellules pierreuses et à ses nombreux cristaux octaédriques d’oxalate de chaux (fig. 69).

Pour résumer les caractères histologiques et histochimiques de ces écorces, M. l*. Cazeneuve a dressé le tableau suivant :

Écorce d'angusture vraie.. .

— A' angusture faime..

Cellules à oxalate de chaux.

Nombreuses.

Absentes

Coloration de l’écorce proprement dite par AzOS, 4(HO) .

Rouge localisée. . .

Rouge généralisée.

Coloration du suber par

Az05, 4(HO).

Nulle.

Vert-émeraude.

En 1873, M. Maisch a rencontré dans le commerce une écorce livrée pour de l’angusture vraie, qui ne se rapportait, ni au Galipea officinalis, ni au Slrychnos nuxvomica. Elle est caractérisée par la forme légèrement incurvée de ses morceaux; ceux-ci ont une enveloppe extérieure grisâtre, avec des places dénudées et orangées; leur surface interne est brunâtre. Ils sont en partie privés de suber, et présentent extérieurement des crêtes longitudinales courtes et trèsirrégulières. Les plaques de suber sont molles et comme farineuses, brun-clair à l’extérieur et rouge-foncé en dedans.

MM. Oberlin et Schlagdenhauffen ont reconnu dans cette écorce celle de l’arbre appelé Esenbeckia febrifuga (Diosmées). Elle paraît renfermer un alcaloïde particulier.

ÉCORCE DE RACINE DE GRENADIER. — Cette écorce est fournie par le grenadier [Punica granatum), petit arbre de la famille des Granatées, qui croît en Afrique et dans le midi de l’Europe. Elle est d’un gris jaunâtre à l’extérieur, d’un jaune clair à l’intérieur, et porte des lignes blanchâtres dans le sens de sa longueur. Elle est inodore, peu épaisse et non fibreuse, d’une saveur astringente non amère ; sa cassure est nette : elle colore la salive en jaune brun, et laisse dans la bouche une matière pâteuse.

Une infusion préparée avec 8 grammes de cette écorce et 30 grammes d’eau, le tout laissé en contact pendant vingt-quatre heures, communique à l’eau une couleur jaune-doré et une odeur de thé ; elle donne, avec la gélatine, un précipité brun abondant {Godefroy) ou blanc-jaunâtre {Latour, de Trie) ; avec la teinture d’iode, une coloration intense, mais transparente ; rien avec le bicblorure de mercure {Godefj'oy), ou un précipité gris-jaunâtre {Latour, de Trie) ; avec l’acétate de plomb, un précipité jaune-serin abondant, la liqueur restant décolorée; avec le persulfate de fer, celle-ci prend une teinte noir-violacé intense, que l’acide nitrique fait disparaître et change en couleur rose ; avec l’alun , elle donne un précipité jaune-verdâtre; la potasse et l’ammoniaque la colorent en rouge pourpre.

L’écorce de grenadier ancienne est d’un gris cendré au dehors, d’un jaune moins marqué à sa partie interne ; elle a une astringence très-prononcée ; elle communique à l’eau une coloration jaune foncé tirant sur le rouge, et lui fait prendre l’odeur de pruneau.

Composition. — L’écorce de la racine de grenadier analysée en France par

ÉCORCE DE WIMER,

Mitouart et plus tard par Latour (de Trie) et par Bonaslre ; en Allemagne, par Wackenroder et par Rembold, contient : tannin ordinaire et acide grenatannique , acide gallique, résine, cire, matière grasse, chlorophylle, mannite (?), et une matière cristalline nommée {Latour, de Trie), ou granatine {Landerei'). La ra-

cine fraîche renferme, en outre, un peu à' huile volatile {Bonastré).

Usages. — L'écorce de racine de grenadier est employée en médecine contre le tænia ou ver solitaire.

Falsifications. — Elle cst quelquefois mélangée ou remplacée par Y écorce d'épine-vinette, ou par rèeo?’ce de buis.

écorce d'épine-vinette {Berberis vulgaris) est mince, grise extérieurement, jaunefoncé à l’intérieur ; sa cassure est un peu fibreuse, sa saveur amère, sans âcreté ni astringence ; elle colore assez promptement la salive en jaune clair. Son infusion aqueuse ne donne rien avec la gélatine et le sulfate de fer ; avec la teinture d’iode, la liqueur se trouble et devient d’un brun sale ; avec le bichlorure de mercure, elle produit un léger précipité jaunâtre ; avec l’acétate de- plomb, un léger trouble, puis un précipité jaunâtre : le liquide n’est pas décoloré. L’alun y forme un dépôt lloconneux grisâtre ; la potasse et l’ammoniaque ne la font pas changer de couleur.

L'écorce de buis est blanche extérieurement, très-amère; son infusé n’est pas précipité parles réactifs précédents.

Souvent il arrive que l’on mélange l’écorce de racine de grenadier avec Vécorce de la tige de grenadier. Cette fraude se reconnaît, à l’aide de la loupe ou du microscope, par la présence d’un grand nombre de végétations cryptogamiques qui se trouvent sur l’épiderme des écorces de la tige, tandis qu’il n’y en a pas sur Lécorce de la racine. D’un autre côté, les écorces des branches et des tiges de grenadier se distinguent de l’écorce des racines par la présence de quelques parties de moelle et d’un bois blanchâtre, que l’on chercherait vainement dans le corps ligneux jaunâtre des racines [Bigout-Verbei't). Le docteur Hart fait remarquer de plus que les cellules de la racine sont de dimensions plus grandes que celles de l’écorce de la tige ; en outre elles ne présentent pas, comme ces dernières, les cellules quadrangulaires du rayon médullaire placées au voisinage de la région du cambium.

Une autre falsification de l’écorce de racine de grenadier serait son mélange avec Vécorce de mûrier noir [Morus nigra, Morées), Celle-ci est jaune-fauve, à reflet rougeâtre prononcé, fortement ridée, tuberculeuse ; sa texture est tenac(> et très-fibreuse; elle a une odeur nauséeuse, une saveur d’abord sucrée, puis fade et mucilagineuse, sans astringence et sans amertume ; elle se réduit, dans la bouche, en une matière filamenteuse qui ne colore point la salive.

Le macéré aqueux de cette racine est rougeâtre, acide au papier de tournesol, n’est pas précipité par les solutions de gélatine et de persulfate de fer, est troublé par l’iodure de potassium, donne un précipité jaunâtre avec le bichlorure de mercure et est décoloré par l’acétate de plomb avec formation d’un dépôt grisâtre {Rigout- Verbert).

ÉCORCE DE WINTER. — L’écorce de Winter vraie est produite par le ürimys Winteri, arbre de la famille des Magnoliacées. Son nom lui vient de celui du capitaine de vaisseau Winter qui, le premier, l’a rapportée du détroit de Magellan, en 1567. Elle a disparu depuis longtemps de la matière médicale.

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