ÉCUME DE MER
L’écorce dite de Winter et vendue aujourd’hui comme telle dans le commerce, provient du Cinnamodendron corticosiwi, de la famille des Cannellacées. Elle se présente en morceaux roulés de0“,30 à 0“,36 de long, épais de 0“',006 à 0“,007, lisses, d’une couleur gris-rougeâtre. Elle est raclée extérieurement et parsemée de taches rouges elliptiques. Intérieurement, elle est quelquefois noirâtre. Son odeur ressemble à celle du basilic et du poivre mêlés. Sa saveur est âcre et brûlante. Sa cassure est compacte, grise à la circonférence, rouge à l’intérieur. Sa poudre a la couleur du quinquina ; elle a une odeur qui ne peut se comparer qu’à celle de l’essence de térébenthine.
L’infusum aqueux préparé avec 4 grammes d’écorce de Winter laissés en macération pendant vingt-quatre heures avec 30 grammes d’eau distillée, a une couleur rouge-brun, une odeur pipéracée, une saveur amère, astringente, trèsâcre à la gorge. Il précipite par le nitrate de baryte et donne un précipité noir avec le persulfate de fer.
Composition. — L’écorce de Winter a la composition suivante, d'après Henry : résine, huile volatile, matière colorante, tannin, acétate et sulfate de potasse, chlorure de potassium, malate de chaux, oxyde de fer.
Usages. — L’écorce de Winter, employée en médecine comme stimulant, fait partie de quelques préparations pharmaceutiques.
Falsiflcatioiis. — L’écorce dite de Winter, c’est-à-dire celle du Cinnamodendron corticosum, a été remplacée, dans le commerce, par la cannelle blanche (I), quelquefois par la fausse anyusture.C>&iie dernière substitution est grave, et peut se reconnaître à l’aide des caractères physiques et chimiques qui différencient les deux écorces.
La cannelle blanche se présente en rouleaux de longueur indéterminée, épais de O"", 003 environ, à surface externe lisse, d'une couleur jaune orangé cendré. Sa cassure est grenue, blanchâtre, marbrée, et présente quelquefois différentes nuances colorées. Sa saveur est amère, chaude et aromatique ; elle possède une odeur d’œillet. Sa poudre est jaune, bien différente de celle de l’écorce de Winter.
Son infusum aqueux a une couleur jaune-paille, l’odeur de l’écorce, et ne donne aucune l’éaction avec le nitrate de baryte et le persulfate de fer.
On a substitué à l’écorce de Winter la grande écorce de cascarille, de manière à rendre la fraude très-difficile à reconnaître à simple vue.
ÉCUME DE MER : 3 (SiO^), 2(IMaO), 4HO. — h'écume de mer ou maynésite est un hydrosilicate de magnésie hydraté qu’on trouve en rognons dans les terrains secondaires et tei’tiaires (Asie Mineure, Piémont, Espagne, France), lüle est généralement très-blanche, terreuse ou compacte, légère et comme spumeuse, happant à la langue. Quoique tenace, elle est très-tendre et prend un beau poli par le frottement. Cette substance blanchit au feu en abandonnant son eau d’bydratation. Au chalumeau, elle fond difficilement en un émail blanc. L’acide chlorhydrique l’attaque en produisant une gelée siliceuse.
Usages. — On en fait des pipes très-renommées.
Falsifications. — On a cherché à préparer de l’écume de mer artificielle en silicatisant de l’hydrocarbonate basique de magnésie, ou en agglomérant les
(0 Quelques auteurs la nomment Wintcrana cannelta.