‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 163 sur 470 · ELLÉBORE BLANC · texte numérisé non relu

ELLÉBORE BLANC

débris de l'écume de mer naturelle à l’aide d’un peu d’eau, d’alun et de plâtre. En mettant en contact du talc avec de la craie, un lait de chaux et du silicate de potasse, on a obtenu une masse imitant l’écume de mer {Wagenmann). En trempant à plusieurs reprises le sous-carbonate de magnésie des officines dans une solution de silicate de soude ou de potasse, on est arrivé à peu près au même résultat {Berlolio). On a même imité l’écume de mer à l’aide d’un mélange de magnésie calcinée, de blanc de zinc desséché avec suffisante quantité de caséine ammoniacale [Wagnei'). Enfin, on connaît une écuyne de mer vieymoise obtenue en mélangeant 100 parties de silicate de soude à 85®, avec 60 parties de carbonate de magnésie et 80 parties d’écume de mer naturelle en poudre ou d’alumine pure.

Tous ces produits d’imitation soumis à l’analyse chimique donneront, outre la silice et la magnésie, des solutions calcaires, alumineuses ou zinciques faciles à caractériser.

ÉLECTUAIRES. — Les électuaires comprennent tous les médicaments officinaux formés de substances organiques, quelquefois de substances minérales, délayées dans un sirop simple ou composé, préparé soit avec le sucre, soit avec le miel.

On a divisé les électuaires en deux grandes classes : les éleclmù'es solides [tablettes, jjastitles), et les électuaires ynous, qui se divisent eu.x-mêmes en électuaires simples [consey'ves, pâtes), et en électuaires mous composés [coyifectmis, opiats).

Les électuaires doivent être conservés dans des vases bien couverts, à l’abri de la chaleur qui les ferait fermenter, de l’air qui les dessécherait, et de l’humidité qui les ferait moisir.

Les électuaires composés sont très-susceptibles d’être falsifiés. Dans le commerce de la droguerie, on les trouve rarement purs ; aussi, engageons-nous les pharmaciens â ne pas faire usage des électuaires des droguistes, et à les préparer eux-mêmes, afin de mettre leur responsabilité à couvert.

11 faudrait comparer les électuaires que l’on soupçonne à d’autres dont la préparation aurait été faite avec soin, et tenir compte de l’époque depuis laquelle ils auraient été préparés.

Dans l’état actuel de nos connaissances, on ne possède pas encore les moyens de constater les sophistications nombreuses dont les électuaires sont l’objet.

ELLÉBORE BLANC. — L’ellébore blanc, ou vay'aire, est la souche radicale du Veraty'uyn albimi, plante de la famille des Colchicacées, qui croît principalement sur les Alpes, les Pyrénées, et sur les montagnes du Jura et de l’Auvergne.

Cette racine nous arrive sèche des contrées alpines ; elle a la forme d’un cbne tronqué de 0"‘,05 à ü“,08 de long et de 0"',03 environ de diamètre, surmonté d’écailles blanchâtres. Elle est blanche à l’intérieur, noirâtre et ridée à l’extérieur. Les radicelles, quand il en existe, sont jaunâtres à la partie extérieure, et blanches intérieurement. Elle est sans odeur; sa saveur est d’ahord douceâtre, puis un peu amère, âcre et corrosive.

L’elléhore blanc contient de la véy'atr'ine et une autre base, la jey'vme, découverte par M. Siyyion.

Usagées. — L’ellébore blanc a été employé en médecine contre certaines affections cutanées, contre le prurigo, la teigne, et pour détruire la vermine.

ELjLÉBORE NOIR.

Falsifications. — La racine d’ellébore blanc est quelquefois mélangée avec la racine d'asperge, qui s’en rapproche beaucdup par ses caractères physiques ; mais elle s’en distingue par sa saveur. En outre, la racine d’asperge est toujours garnie de radicelles plus longues, plus flasques, et rarement sèches ; le corps de cette dernière racine n’est ni conique, ni compacte, comme celui de la racine de l’ellébore blanc.

ELLÉBORE NOIR. — L’ellébore noir [Helleborus niger) est une plante de la famille des Renonculacées, qui croît sur les hautes montagnes de l’Europe méridionale. La racine d’ellébore noir est brun-noirâtre à l’extérieur, blanche intérieurement, charnue, rameuse et comme articulée. Elle se compose de tronçons gros et longs comme le petit doigt, très-irréguliers et couverts de radicelles longues et entremêlées. Son odeur est presque nulle, sa saveur est légèrement styptique, puis âcre et brûlante.

Composition. — La racine d’ellébore noir contient, d’après l’ancienne analyse de Feneulle et Capjron : huile volatile, huile grasse, acide volatil, matière résineuse [elléhorine), cire, principte amer, miuiueux, albumine, gallate de potasse, gallate acide de chaux, sel à base d'ammoniaque.

Usages. — L’ellébore noir est employé comme drastique. Sa décoction a été administrée avec succès contre la teigne et la gale. Les pilules hydragogues et toniques de Bâcher sont à peu près la seule préparation d’ellébore noir encore usitée aujourd’hui : on les emploie comme purgatives dans l'hydropisie, la manie et la mélancolie.

Falsifications. — Dans le commerce, on vend quelquefois, sous le nom d’ellébore noir, Vellébore vert, plante beaucoup plus commune, offrant une racine d’une odeur plus prononcée que l’ellébore noir, et dont la saveur est âcre et amère. Elle est formée de plusieurs tronçons très-irréguliers, d’où partent un grand nombre de longues radicelles ligneuses à l'intérieur.

On falsifie aussi l’ellébore noir avec les racines de l'astrantia, de l'aconit napel, de l'adonis vernalis, de X ellébore blanc, de X ellébore fétide, de l'actée en épis, du b'olle d'Europe et de l'arnica.

La racine d'astrantia est articulée, fusiforme et garnie de tous côtés de ramifications noires, brunes, d’une odeur et d’une saveur un peu analogues à celles du contrayerva.

h' aconit napel, racine extrêmement vénéneuse, a une saveur âcre et amère ; elle se reconnaît à son collet rond et fusiforme, d’où partent de nombreux filaments à trois divisions, de 0“,08 à 0"’,13 de longueur et de la grosseur d’une plume à écrire ; lorsqu’ils sont secs, ces filaments sont gris-noirâtre, non ligneux, cassants et friables.

Les racines de l'adonis printanier se distinguent à leurs filaments qui partent immédiatement du collet ; ceux-ci sont plus nombreux, plus charnus, d’une couleur plus noire à l’extérieur et plus blanche à l’intérieur ; leur saveur est plus sucrée et leur odeur beaucoup plus désagréable.

La racine ^'ellébore fétide porte beaucoup moins de filaments ; ceùx-ci sont courts, ligneux et renferment de la moelle.

La racine de l'actée en épis est fusiforme, articulée, noire à l’extérieur, d’un jaune de buis à l’intérieur, et son extrémité se divise en un grand nombre de filaments ligneux [Guibourt-Bentley).

Chevalmeh et Baudrimont, 5® édit.

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