ÉPONGES
cannelle ou de (jmgenibre, ou bien encore un mélange de piment taba(jo,(jin(jembre, cannelle et laurier. Ce mélange, très-aromatique et très-sapide, lorsqu’il est pur, est le plus souvent affaibli par l’addition frauduleuse de matières étrangères. On y ajoute surtout ce qu’on nomme des épices cl" Auvergne.
Sous ce nom, on a vendu à Paris une poudre composée de graine de chenevü,
. de fécule de ptommes de terre et de pellicules de poivre; ou bien un mélange de fécule grise ou fleurage de pommes de terre, avec des tourteaux de navette ou de colza, ou de faînes, auxquels on ajoute quelquefois de la farine de haricots. On y introduit également et souvent des grabeaux de poivre. On y ajoute aussi des matières colorantes, comme le curcuma et le santal rouge. On a même quelquefois substitué à toutes ces matières de simple terre pourrie. L’examen au microscope et l’incinération sont nécessaires pour découvrir de semblables fraudes.
ÉPONGES. — Les éponges sont classées dans le règne animal, dont elles occupent le dernier échelon {Zooplujtes).
Ce sont des masses sans forme déterminée, creusées de canaux, qui vivent dans la mer, fixées aux rochers, et qui n’offrent aucun signe ni de sensibilité, ni de contractilité.
Elles sont soutenues par une charpente solide, composée tantôt d’aiguilles {spiculés), calcaires ou siliceuses, tantôt de filaments cornés, plus ou moins élastiques, toujours très-ténus, eti’evêtus d’une espèce de tissu mou, dont l’intérieur présente une multitude de lacunes qui communiquent entre elles de façon à constituer un système de petits canaux ramifiés, s’imbibant d’eau avec facilité dans l’état sec, et enduits, à l’état vivant, d’une matière gélatineuse.
On pêche les éponges dans l’Amérique du Sud, le long des côtes de l’Afrique et de l’Asie Mineure, dans la Méditerranée, l’Archipel grec, la mer Ionienne, autour des échancrures étroites des côtes où les eaux sont tranquilles.
Espèces coiiimerciaics. — Les éponges sont l’objet d’un commerce considérable. On en connaît un très-grand nombre d’espèces. On les distingue en harponnées et en plongées, suivant la manière dont on les récolte. Dans les entrepôts du Levant, on les classe en trois groupes : les éponges super fines, les fnes-dures appelées aussi chimousses, et les grosses dites Venise.
Les principales espèces commerciales se distinguent d’après leur forme et la finesse de leur tissu. La plus estimée est X éponge fine douce de Syrie, exclusivement réservée pour la toilette. Elle est infundibuliforme, jaune-fauve, légère, fine, veloutée, douce au toucher et perforée d’un grand nombre de trous égaux entre eux. Après elle vient Véponge fine dure ou éponge grecque; puis les éponges blondes de Sy^'ie, dites de Venise, l’éponge blonde de l'Archipel, l’éponge brune de et l'es éponges de la /éayane ou de Bahama, etc.; toutes caractérisées par leur form.e, leur couleur plus ou moins foncée, leur volume et leur plus ou moins grande finesse, ce qui détermine leur classement comme qualité.
Composition. — L’éponge {Spongia officiiialù) est composée d’une matière animale que l’on a comparée à l’albumine et au mucus. On l’a crue identique à la fibrome de la soie; mais, d’après Stædeler, elle constituerait une espèce distincte qu’il nomme spongine. Celle-ci est soluble dans la potasse et dans les acides sulfurique, chlorhydrique et nitrique ; ces dissolutions sont précipitées par la noix de galle.
D’après les recherches analytiques de M. Croocheivit, l’éponge renferme du