INDICE C
rotatoiip.
de réfraction.
AmanHn.s amèros .
Aspir. pnrn .
Bergamotte
Camomille
Cannelle de Chine
— de Ceylan
Carvi
Cédrat
Citron
Copahu
Fenouil
Genièvre
Giroflée
Lavande
Menthe poivrée anglaise
— française
— pouliot
Muscade
Néroli
Fleurs d'oranger (Paris)
— (Midi)
Orange
Petits grains
Romarin
Santal citrin
Sassafras
Sauge
Térébenthine
Thym
réfraction, le pouvoir rotatoire sont autant de propriétés persistantes et caractéristiques des huiles volatiles (2).
11 est donc nécessaire d'avoir recours à de pareilles déterminations ; mais elles demandent une habitude d’expérimentation des plus délicates. Voir plus haut les tableaux qui résument les recherches de Buignet d’une part (1861) et de M. Gladstone de l’autre (1865), relativement à ce sujet.
On peut déterminer facilement le poids des essences eiXenv point
d'ébullition au moyen des appareils suivants :
La figure 81 représente un petit flacon pour prendre la densité des liquides. Étant pesé vide d’abord et parfaitement sec, puis plein d’eau distillée, à-(- lo®, jusqu’au trait que porte le petit bouchon de verre qui le termine, on a, une fois
(1) Voyez : Journat de pharmacie, année 1861.
(2) Fliickiger prétend que les propriétés physiques et chimiques des liuiles essentielles, et en particulier de celles qui sont liquides, sont plus sujettes à des changements considérables que beaucoup d'autres substances organiques. 11 en conclut que le pouvoir rotatoire des essences ne peut servir à les faire reconnaître. En effet, il en est quelques-unes qui sont inactives par rapport au plan de la lumière polarisée ; il en est d’autres qui, agissant inversement, peuvent donner des mélanges inactifs par neutralisation ; de telle sorte que leur examen au polarimètre ne saurait rien décider.
ESSENCE d’amandes AMÈRES.
pour toutes, le poids de celle-ci (en en retrajiclaant, bien entendu, le poids du flacon vide). Si alors on en rejette l’eau et qu’on le sèche, puisqu’on le remplisse d’essence jusqu’au môme trait et à la même température, on aura facilement le poids de ce nouveau liquide.. En divisant ce dernier poids par celui du même volume d’eau, déjà obtenu, on aura \q poids spécifique de l’essence.
A l’aide d’un bon thermomètre ajusté à l’appareil de la figure 82, on déterminera également bien le point d’ébullition d’une essence quelconque. En suivant avec attention la marche du thermomètre et en changeant le récipient (éprouvette à pied) de temps en temps, on pourra même opérer une suite de distillations fractionnées, si l’on avait affaire à un mélange de deux ou plusieurs huiles essentielles.
ESSENCE D’AMANDES AMÈRES : C‘^H602. — L'huile volatile d’amandes amères prend naissance en distillant avec de l’eau les amandes amères, les feuilles de laurier-cerise, les jeunes branches et les noyaux du Persica vulgaris, l’écorce et les feuilles du Pninuspadus, ainsi que celles d’autres variétés de Prunus et à’Amygdalus. Elle est produite, dans les amandes amères, par une sorte de fermentation {fermentation amygdalique), aux dépens de Tamygdaline, sous l’influence de l’eau et de la synaptase, qui agit comme ferment. L’essence brute ainsi obtenue est jaunâtre et marque 11“ à l’aréomètre deBaumé; elle contient de l’acide cyanhydrique (8 à 10 p. 100), dont on peut la débarrasser par la distillation, après y avoir ajouté de l’eau, de l’hydrate de chaux et du chlorure de fer. C’est cet acide cyanhydrique qui donne à l’essence brute ses propriétés toxiques.
L’essence pure, ou hydrure de benzoile, aldéhyde benzoïque, est un liquide huileux, incolore. Elle réfracte fortement la lumière, possède une odeur très-vive, analogue à celle de l’acide cyanhydrique ; sa saveur est brûlante et aromatique ; elle bout à 180*. Sa densité est 1,043; elle marque 10“ à l'aréomètre de Baumé. Sa vapeur brûle avec une flamme blanche et fuligineuse; on peut la faire passer à travers un tube incandescent sans la décomposer (1). Elle est soluble dans 30 p. d’eau à lo“, et en toutes proportions dans l’alcool et l’éther.
L’essence d’amandes amères s’oxyde à l’air, en donnant de l’acide benzoïque. Mise en contact avec une dissolution faible de potasse, elle se change, au bout d’un mois environ, en une matière solide isomérique, désignée sous le nom de benzoïne.
Usagées. — L’essence brute d’amandes amères est un médicament très-énergique, dont les propriétés médicales sont analogues à celles de l’acide cyanhydrique, et qui ne doit être employé qu’avec la plus grande circonspection.
On l’emploie aussi dans la parfumerie pour aromatiser les savons, les pommades; elle sert dans la confiserie et la liquoristerie.
Altérations. — L’èssence d’amandes amères du commerce renferme toujours une plus ou moins forte proportion A! acide cyanhydrique, et souvent aussi de V acide benzoïque. De plus, il est rare qu’elle passe entièrement à la distillation, à la température de 180". Agitée avec une légère solution de potasse et de chlorure ferrosoferrique, elle donne un dépôt de bleu de Prusse.
(1) Cependant elle se dédouble en benzine et en oxyde de carbone lorsque le tube est rempli de fragments de pierre ponce.
ESSENCE d’amandes AMÈRES.
Falsiflcations. — L'essence d’amandes amères est falsifiée par Vessence de mirbane ou nitrobenzine ; elle peut l'être également par V alcool.
Pour y découvrir la mirbane ou nitrobenzine, on a projiosé un certain nombre de procédés. Celui de Maisch repose sur la transformation de celle-ci &nazoxybenzide, sous l’influenced’une solution alcoolique dépotasse. On dissout 1 gramme de l’essence à essayer dans 1:2 fois son volume d’alcool additionné lui-même de 0",7o de potasse caustique; en chauffant le tout de manière à réduire les liqueurs de 1/3 de leur volume, on reconnaît qu’elles brunissent un peu, mais sans déposer de cristaux, lorsque l’essence est pure. Il s'y forme au contraire, pendant le refroidissement, des cristaux bruns d’azoxybenzide, insolubles dans l’eau et caractéristique de la nitrobenzine.
D’après Dragendorf, si l’on prend 15 gouttes d'essence additionnées de 4 à 5 gouttes d’alcool et d’un fragment de sodium, il en résulte un liquide brun, épais, s’il y a de la nitrobenzine, et quelques flocons blancs seulement, si l’essence est pure.
On peut rechercher préférablement cette falsification en ajoutant à l’essence un peu de limaille de fer et d’acide acétique pour transformer la mirbane en aniline, laquelle donnera ensuite une belle coloration violette en l’agitant avec une solution d’hypochlorite de chaux ; mais cette réaction n'a lieu que lorsque la nitrobenzine contient un peu de nitrotoluène.
M. Jacquemin rend cette réaction encore plus sensible en opérant de la manière suivante : on dissout 1 ou 2 gouttes de l’essence à essayer dans 20 à 40'° d’alcool à 50®; on fait bonillir le liquide pendant 2 ou 3 minutes en présence d’un peu de zinc et d’acide, ou mieux encore avec un peu de protochlorure d’étain additionné de soude caustique en léger excès pour redissoudre le précipité d’oxyded’étain qu’elle y avait formé d’abord. En ajoutant au liquide refroidi une goutte de phénol, puis de l’hypocblorite de soude, il se développe une belle conleur bleue d’érytbrophénate de soude, pour les moindres traces de mirbane.
Le meilleur procédé de recherche a été imaginé par M. Wagner (18G8) : il repose sur la différence de densité entre les deux produits mélangés, et sur la facile combinaison de \ aldéhyde benzoïque (essence d’amandes amères) avec les bisulfites alcalins.
La densité de l’essence d’amandes amères du commerce varie de 1,040 à 1,014 ; celle de la mirbane varie de 1,180 à 1,201 :
5 cent, cubes d’essence pure pèseront donc 5®'', 29
5 — — mélangée de 1/4 mirbane pèseront 5 ,39
5 — mirbane pure pèseront 5 ,90
Qu’on mesure 5" d’essence dans un tube gradué, qu’on l’agité avec 35" d’une solution concentrée de bisulfite de soude à 28® Baumé ; qu’on ajoute assez d’eau pour faire 50", alors la mirbane viendra surnager ce liquide plus dense qu’elle, et l’on en appréciera facilement le volume. Lorsqu’on fait cet essai, il est bon d’ajouter à l’essence 5" de benzine pour mieux réunir la mirbane ; on en défalque ensuite le volume de benzine employée. D’après M. Douryoin, il serait préférable de reprendre la mirbane à l’aide de l’éther, puis de chasser celui-ci par évaporation et de peser le résidu.
ESSENCE d’aNIS.
A ces caractères, dont quelques-uns avaient été signalés dès 18oo par Van den Corput, ce chimiste avait ajouté l’absence ou la diminution de proportion de l’acide cyanhydrique, suivant les quantités de mirbane ajoutées et la diflèrence entre le point d’ébullition de celle-ci (213°) et celui de l’essence d’amandes amères.
L’essence d’amandes amères est quelquefois allongée d'alcool, ce qui lui fait perdre un peu de sa densité. Cette addition, qu’on peut constater à l’aide des moyens décrits précédemment : eau, chlorure de calcium, acétate de potasse, fuchsine, etc. (Voy. Essences), est reconnue, suivant M. Redwood, par l’acide nitrique d’une densité de 1,42 ; si on en mêle 2 p. en volume avec 1 p. d’essence privée d’alcool, il se forme, au bout de trois à quatre jours, des cristaux d’acide benzoïque, et tout finit par se prendre en une masse cristallisée d’une belle couleur vert-émeraude. Si l’essence renferme 8 àlO p. 100 d’alcool, l’acide nitrique, après quelques minutes de contact, réagit sur l’alcool ; il se produit une forte effervescence, avec dégagement de vapeurs nitreuses.
L’essence d’amandes amères à laquelle on aurait ajouté du chlo7'o forme , abandonnerait facilement celui-ci à la distillation ; il serait aisé de le reconnaître ensuite (voir page 374).
ESSENCE D’ANIS. — Cette huile volatile s’extrait des semences de l’anis {Pùnpùiella am'sum. Ombellifères), ainsi que des fruits de l’anis étoilé {Illmum anisatiim, Magnoliacées). Elle est incolore ou légèrement jaunâtre, d’une saveur aromatique, suave et douceâtre. Elle se concrète à -f- 10“, ne se liquéfie qu’à t8‘’et bout à 222®. Sa densité varie de 0,982 à 0,985. Elle est soluble en toutes proportions dans l’alcool anhydre ; l’alcool plus faible en dissout moins.
L’essence d’anis est composée de deux huiles : l'une solide, et l’autre liquide. Le stéaroptène, qui forme environ les 4/3 du poids de l’essence, est blanc: il cristallise en lamelles très-éclatantes, friables surtout à 0°, fusibles vers 18®, et bouillant à 224®.
Les meilleures essences d’anis se tirent d’Espagne et d’Allemagne ; celles de France ne les égalent pas en cpalité, leur odeur étant plus faible.
Uoag^rs. — L’essence d’anis est surtout employée comme correctif et comme aromate.
Falsifications. — L’essence d’anis étant d’un prix assez élevé, on a cherché à la fabriquer de toutes pièces.
M. Dubail a trouvé une essence composée avec 3 p. d’essence d'anïs, 10 p. d’essence de savon (1) et 83 p. d'alcool à 34® ou 35® : le tout était recouvert d’une couche d’essence pure, afin de mieux tromper l’acheteur. Nous-même avons eu à examiner une essence d’anis composée avec 5 p. d’essence, 10 p. de savon animal à base de soude et 83 p. d'alcool à 33® {A. Ch.).
Pour reconnaître ces fraudes, on n’a qu’à traiter l’essence suspecte par l’eau distillée : on a une solution de savon mousseuse, qui donne un précipité blanc de savon insoluble avec un sel soluble de chaux ou de plomb ; ou bien la solution précipite, avec la teinture de noix de galle, l’alcool, réactions qui indiquent la présence de la gélatine.
(I) La proportion de savon a été portée à 20 p. 100 dans un éciiantillon qui renfermait, en outre, do la r/élatine eu solution aqueuse.