ESSENCE DE CITRON
ESSENCES DE CANNELLE. — H y a deux essenfces de cannelle : l’une est obtenue de l’écorce du Cinnamommn zeylanicum, c’est l’essence de cannelle de Ceylan, qui est la plus estimée ; l'autre s’extrait de l’écorce du Cmnamomum aromaticum, c’est l’essence de cannelle de Chine, appelée aussi essence commune, essence de cassia.
L’essence de Ceylan est d'un jaune clair; son odeur est suave; sa saveur, douceâtre et très-aromatique. D = 1,033.
L’essence de Chine est d’un jaune brun rougeâtre; son odeur est désagréable et rappelle celle de la punaise. D = 1,0G4.
Ces deux essences brunissent rapidement à l’air; il en résulte une matière résineuse qui colore l’essence en jaune et même en rouge brun ; on a, en outre, un dépôt abondant d’acide cinnamique. Elles réfractent fortement la lumière. Elles sont très-solubles dans l’alcool. Une petite quantité d’acide sulfurique les colore en rouge pourpre. L’acide chlorhydrique leur communique une couleur violette [Queller).
Faisiiicationg. — L'essence de Ceylan ayant un prix très-élevé (1), on la trouve fraudée par l’essence de Chine, ou par une essence préparée soit avec les débris de cannelle de mauvaise qualité, soit avec les feuilles de cannellier, ou par l’essence de girofle.
En faisant un e.xamen comparatif des propriétés physiques et organoleptiques de l’essence suspectée avec une essence pure, on peut reconnaître cette adultération. L’essence des feuilles a une couleur brune et une odeur peu suave. On remarquera que l’iode et le chrômate de potasse agissent plus rapidement sur l’essence de Ceylan que sur l’essence de Chine. Cette dernière donne un produit mou avec l’acide sulfurique, tandis que la première se prend en masse solide à son contact.
L’essence de gmofle s’y reconnaît, d’après Ulex, par quelques essais particuliers. En en chauffant quelques gouttes dans un verre de montre, elle émet une vapeur piquante, qui excite la toux. L’acide azotique fumant qui, à froid, fait prendre l’essence de cannelle pnre en masse cristalline, produit une effervescence avec l’essence de girofle qui laisse alors une huile brun-rouge. La potasse solidifie le mélange des deux essences et non celle de cannelle. Enfin, le perchlorure de fer colore en brun la solution alcoolique de cette dernière, tandis qu’il colore le mélange en bleu ou en vert.
ESSENCE DE CITRON. — Cette essence s’extrait de l’écorce du citron {Citrus mediccù), soit par expression, soit par distillation ; de là, deux sortes distinctes d’essences dans le commerce. Celle qu’on obtient par expression est jaune, limpide, très-fluide, d’une odeur forte et très-agréable de citron, d’une saveur épicée. Sa densité est de 0,8-40 à 0,830. Elle tache la soie et s’altère facilement. — L’essence retirée joar distillation est incolore, plus fluide et plus limpide que la première ; mais elle possède une odeur moins suave. Distillée ou non, elle explosionne avec l’iode, aussi rapidement que l’essence de térébenthine.
Ce produit nous vient de la France et de l’Europe méridionale.
Usages. — L’essence de citron est le plus ordinairement employée comme aromate.
(1) L’essence de Ceylan se vend de 25 à 40 fr. les 30 grammes ; l’essence de Chine coûte 36 h 40 fr. les 500 grammes.
ESSENCE DE FLEURS d’oRANGER.
Falsiiicaiions. — On la mélange souvent, dans le commerce, avec l’essence de térébenthine ; en en frottant alors un peu dans la main, il se développe une odeur très-sensible de térébenthine, qui décèle la fraude.
On lui a 'ajouté quelquefois des huiles fixes, de la paraffine, du pétrole bien rectifié. En chauffant ces mélanges dans des appareils à distillation fractionnée, le pétrole passera avant l’essence qui n’entre en ébullition qu’à 173“ ; au contraire, les huiles grasses et la paraffine resteront dans la cornue. On séparerait du reste celte dernière de l’essence de citron au moyen de l’alcool froid qui dissout l’huile volatile sans toucher à la paraffine.
ESSENCE D’EUCALYPTUS. — Cette essence, nommée encore eucahjptol, est extraite, par distillation, de V Eucalyptus globulus (Myrtacées). C’est un liquide très-fluide, à peine coloré, doué d’une odeur aromatique analogue à celle du camphre. Il bout vers 173“ {Chez), en donnant l’eucalyptol à l’état de pureté. Sa densité est alors de 0,903, et sa composition représentée par C^^H'^^O^.
Falsifications. — D’après M. Duquesnel, on peut rencontrer dans l’essence d’eucalyptus de V alcool, une huile fixe, de l'essence de térébenthine et de l’essence de copahu.
L’alcool y sera reconnu en agitant l’essence avec de l’eau qui, en dissolvant le premier, diminue le volume du liquide qui le contenait. On peut employer aussi la fuchsine qui ne colore pas l’essence pure, mais qui la rend d’un beau rouge en se dissolvant dans l’alcool.
En évaporant l’essence sur un papier ou en la distillant avec de l’eau, on rendra manifeste la présence de l’huile fixe. En l’essayant par l’iode pulvérisé (0«^ I3 pour 3 .ou 4 gouttes d’essence), celui-ci n’agit pas sur l’essence pure, tandis qu’il y détermine une explosion d’autant plus forte qu’elle renferme plus d’essence de térébenthine : il est préférable de l’essayer alors par de l’alcool à 73“. Il ne faut que I““,6 de ce liquide pour dissoudre 1““ d’essence pure; mélangée à l’autre essence, la dissolution devient beaucoup moins facile. Ces deux moyens peuvent servir à reconnaître l’essence de copahu.
ESSENCE DE FLEURS D’ORANGER. — L’essence de fleurs d’oranger, ou néroli, ou essence de néroli, s’obtient en distillant la fleur d’oranger avec l’eau. Récemment préparée, elle est jaune; mais elle ne tarde pas à se colorer en rouge orangé par l’action directe des rayons solaires ou d'une lumière diffuse un peu vive. Elle est très-fluide, plus légère que l’eau, et possède une odeur aromatique suave, différente de celle de la fleur.
On la tire du midi de la France et principalement de Grasse, en Provence.
Usages. — On l’emploie en pharmacie et dans la parfumerie.
Faisificatious. — Le néroli est fréquemment falsifié avec de l'alcool, avec de l’essence de petit grain, avec le néroli de fleurs douces. Le premier mélange se reconnaît à l’aide de divers procédés que nous avons déjà indiqués. (Voy. Essences.) Le deuxième mélange ne peut être décelé que par sa comparaison avec du néroli pur.
L’essence de petit grain, ou orangette, obtenue avec les fruits non mûrs et les feuilles de l’oranger, a une odeur moins agréable que celle du néroli. En outre, si l’on dissout dans l’eau un morceau de sucre imprégné de néroli mélangé, il communique à ce liquide une saveur amère que ne donne point le néroli pur. Hager essaye le néroli en en dissolvant 3 gquttes dans 30 gouttes d’alcool rec-