‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 173 sur 470 · ESSENCE DE GÉRANIUM · texte numérisé non relu

ESSENCE DE GÉRANIUM

tifié. On y ajoute peu à peu assez d’acide sulfurique à i,83 de densité pour équivaloir à 1/3 du volume du mélange. Il développe alors dans l’essence pure une coloration brun-foncé rougeâtre d’autant plus vive que celle-ci est plus récente. Les sortes inférieures et leurs mélanges ne produisent, dans ce cas, qu’une teinte ocreuse, d’autant plus claire que le produit étranger est plus abondant.

Si l’huile est falsifiée à l’aide d’une petite quantité A'huile de 7'icin, le mélange se fonce en couleur au contact de l’acide sulfurique. La chaleur en chasserait l’essence et laisserait le corps gras qu’on pourrait du reste retrouver en suivant les procédés généraux exposés précédemment.

D’après MM. Violet et Guenot, on peut, à l’aide du pèse-essences, distinguer le néroli obtenu de la distillation des fleurs d’oranger (variété amère), du néroli provenant des fleurs d’oranger (variété douce) ; celui-ci marque I0“,o à cet aréomètre, et le premier 7”, 5.

Si l’essence d’orange était sophistiquée par Yessence de téi'ébenthine, on pourrait le reconnaître à l’aide du procédé de M. W. Grevüle, qui repose sur la différence d’action qu’exerce chacune de ces essences sur le papier d’acétate de plomb, préalablement bruni par son exposition au-dessus d’un flacon de suifhydrate d’ammoniaque. Une goutte d’essence d’orange est versée sur ce papier et approchée du feu pour en accélérer l’évaporation : si l’essence est pure, il ne se manifeste aucun changement ; si elle est mêlée seulement de 1 ou 2 p. 100 d’essence de térébenthine, la coloration est détruite d’une manière presque aussi tranchée qu’avec l’essence pure de térébenthine (1).

ESSENCE DE GENIÈVRE. — L’essence de genièvre s’obtient en distillant avec l’eau les baies du genévrier {Juniperus comtnunis, Conifères). Elle a une teinte légèrement citrine ; rectifiée par une distillation avec de l’eau, elle est parfaitement blanche, très-fluide, d’une odeur participant à la fois de celle du genièvre et dubois de pin. Sa densité est 0,911. Elle est peu soluble dans l’alcool, miscible en toutes propoi'tions avec l’éther anhydre.

On la prépare principalement en Allemagne et en France (départements de l’Est).

Usagées. — On l’emploie dans l’art vétérinaire.

Falsifications. — L’essence de genièvre est souvent mélangée d’essences d'aspic, de lavande ou de térébenthine. Cette dernière se décèle à l’aide des moyens ci-dessus indiqués. (Voy. Essences.) Quant aux autres mélanges, on ne peut les reconnaître que par comparaison.

ESSENCE DE GÉRANIUM. — Elle est extraite des Pélargonium odoratissimum, capitatum, roseum, etc., de la famille des Géraniacées. Cette essence est liquide. Elle renferme un stéaroptène cristallisé en aiguilles fusibles à IS** {Géraniol de Jacobsen). Une fois fondu, il ne se solidifie pas, même à -j- 1S“.

L’essence de géranium a une odeur de rose, une densité de 0,833. Elle bout à 232-233®. Elle ne s’altère que lentement à l’air. Le géraniol dont elle est presque entièrement formée est isomérique avec le bornéol : sa formule est C20H18O2.

(1) Les essences de menthe, de lavande, d’ambre, détruisent aussi la coloration brune du papier réactif au plomb.

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