ESSENCE DE GIROFLE
M. Jacobsen a trouvé que cette essence, qui sert à la falsification de l’essence de rose, contient quelquefois du cuivre, ainsi que de Valcool ou une huile grasse oxygénée. Ges'substances étrangères se retrouvent facilement à l’aide des procédés déjà décrits. (Yoy. Essences.)
ESSENCE DE GIROFLE. — Cette essence s’extrait des clous de girofle, ou boutons des fleurs du giroflier des Moluques [Cai'yophyllus aromaticus). On la reçoit d’Angleterre et de Hollande. A l’état de pureté, elle est incolore, diaphane, assez fluide, brunissant peu à peu à l’air ; elle est douée d’une odeur pénétrante et d’une saveur âcre et caustique. Elle est encore liquide à — 18“; sa densité varie de 1,053 à 1,060. Elle est très-soluble dans l’alcool, l’éther, l’acide acétique concentré et les huiles grasses. C’est une des essences les moins volatiles et les plus difficiles à distiller. Elle se colore en brun rougeâtre par l’acide nitrique. Une petite quantité d’acide sulfurique la colore en bleu foncé, tandis qu’une plus forte proportion de cet acide la change en une masse solide d’un rouge de sang.
Une goutte d’essence de girofle tenue en suspension dans un peu d’eau, se colore en violet au contact successif d’une solution de carbonate d’ammoniaque et d’un petit cristal de sulfate ferreux. En mélange avec l’acide sulfurique concentré mis à volume égal, cette essence se colore en rouge intense. Au contact de ce mélange, l’éther devient remarquablement fluorescent s’il est vu en couche mince.
La solution alcoolique d’essence de girofle se colore en bleu au contact du perchlorure de fer.
Toutes ces réactions, dues à l’eugénol, ne peuvent être attribuées à l’acide toluylique, puisque l’essence n’en contient pas [Klange).
Usagées. — Cette essence est employée dans la parfumerie et dans la préparation de quelques médicaments.
Falsifications. — On la mélange avec Y alcool, les huiles fixes, la teinture alcoolique de girofle, ou avec le phénol.
Le premier mélange peut être décelé par le procédé de M. Oberdoi'ffer. (Voy. Essences.) Ce chimiste a réussi de cette manière à signaler 1 à 2 p. 100 d’alcool dans l’essence de girofle.
Le second mélange se reconnaît à l’aide de l’alcool, qui laisse l’huile fixe pour résidu ; ou par la potasse, la soude, qui saponifient l’huile fixe ; ou par l’eau, au fond de laquelle l’essence pure se précipite, tandis que l’huile fixe surnage.
Le troisième mélange est décelé par la diminution de volume que présente l’essence suspecte, lorsqu’on la délaye avec de Teau.
En Allemagne, on lui ajoute quelquefois du phénol.
Au procédé de M. Flückiger, qui recherche le phénol dans ce mélange à l’aide de l’eau chaude, de l’ammoniaque et de l’hypochlorite de chaux, ce qui développe une coloration hleue, M. Jacquemin préfère le mode d’essai suivant :
A une ou deux gouttes d’essence à examiner, on ajoute une fraction de goutte d’aniline et 5 à 6" d’eau ; après agitation, on y verse quelques gouttes d’hypochlorite de soude sans remuer le mélange ; il se produit une coloration violette instable, si l’essence est pure ; tandis qu’on obtient une belle coloration bleue persistante, s’il y a du phénol. Ce procédé est sensible à 1/lüO de phénol.
(’.HfcIVALLiEH ET BaUDIUMONT, 5® cdit.