‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 176 sur 470 · ESSENCE DÈ MENTHE POIVRÉE · texte numérisé non relu

ESSENCE DÈ MENTHE POIVRÉE

à nu le corps gras. D’ailleurs celui-ci abandonnerait sur le papier une tache indélébile. De plus l’essai par l’alcool pourrait laisser passer inaperçue l’huile de ricin que l’essence peut contenir.

L’essence de térébenthine sur laquelle on fait jouer l’haleine présente à sa surface des stries nuageuses. Ce caractère, d’une grande sensibilité, se reproduit lorsque cette essence est mélangée à celle de la menthe poivrée; au contraire, lorsque cette dernière est pure, l’haleine y produit des globules comme des gouttelettes en chapelet.

Suivant M. St. Martin, l’essence de menthe se colore en hrun par l’acide azotique chaud, mais sans s’épaissir ; si elle renferme de l’essence de copahu, la réaction de l’acide azotique est alors des plus vives (éviter les projections), et le liquide se solidifie ou> au moins, se prend partiellement en masse.

Pour y reconnaître l’essence de moutarde, il suffit de la traiter à chaud par un peu de potasse caustique : on obtient un sulfure qui noircit ensuite par les sels de plomb.

L’essence de menthe des États-Unis a été trouvée falsifiée au moyen d’huile de ricin et d’alcool. Elle contenait 32,72 d’essence de menthe, 38,18 d’huile de ricin et 29,10 d’alcool. Elle avait presque la densité de l’essence pure (0,894 à -1- 15"), se dissolvait complètement dans l’alcool à 83" centésimaux {Shuttleworth). On a pu en isoler l’alcool et l’essence par distillation fractionnée; l’huile de ricin est restée comme résidu fixe.

L'essence de menthe poivrée prend une belle coloration rouge au contact de l’hydrate de chloral. Cette teinte, qui se fonce de plus en plus d’elle-même, est encore augmentée par l’addition d’une goutte d’acide sulfurique. La matière colorante rouge est soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme : elle n’est pas détruite par l’éhullition [Yehn).

Les essences de térébenthine, de citron, de bergamote, de genièvre, de romarin, de girofle, d’anis, de fenouil, et même l’essence de menthe crépue, ne donnent pas cette même réaction.

En pratiquant ce même genre* d’essai sur des essences de menthe d’origines différentes, M. Yehn a pu constater les résultats suivants :

L’essence de menthe poivrée française donne une coloration rouge ; l’essence allemande donne une coloration jaune-brun ; avec l’essence anglaise, la coloration est encore plus faible.

Les autres essences, oxygénées ou non, ne donnent pas cette réaction, qui reste caractéristique de l’essence de menthe poivrée.

Le procédé Hager, appliqué à ces trois sortes d’essences, a démontré que l’essence anglaise, mêlée avec l’acide sulfurique et l’alcool, donne un mélange trouble, jaune-brun tirant sur le verdâtre. Le liquide filtré est rouge-brun.

L’essence allemande est moins trouble que les deux autres; le mélange est rouge-framboise clair, le liquide filtré est de la même couleur.

L’essence française se trouble fortement, se colore en brun ocracé; le liquide filtré est brun.

En mélangeant 5 parties d’essence de menthe poivrée avec 95 parties d’acide acétique cristallisable, Roucher a reconnu que le mélange prenait une coloration bleue par transmission et rougeâtre par réflexion. Cette coloration n’est pas stable; sous l’influence du temps et delà lumière, elle passe au vert, puis au

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