ESSENCE DE ROMARIN
jaune. Les essences de térébenthine et de citron, ainsi que le camphre, ne donnent rien de semblable.
Hager a reconnu que cette coloration se manifeste d’autant plus rapidement que l’essence est plus vieille. Les essences nouvelles, non -seulement se colorent moins vite, mais de plus, donnent un trouble opalin.
ESSENCE DE MOUTARDE NOIRE ; CSH^AzS^. — Cette huile volatile ne préexiste pas dans la moutarde noire ou Sinapis nigra (Crucifères) ; mais elle est le résultat de la réaction du ferment nommé myro&ine sur la matière fermentescible qui constitue le myronate de potasse. Cette essence est un composé chimique bien défini, le sulfocyanure d'allyle C®H^,C2AzS2. Elle est incolore, d’une odeur qui excite fortement le larmoiement, d’une saveur excessivement caustique; sa densité est de 1,015 à -[- 20“. Elle bout vers 143“. Elle est soluble dans l’alcool et dans l’éther. La potasse la colore en brun en se transformant en sulfure et en carbonate alcalins : une goutte de nitroprussiate de potasse y développe alors une belle coloration violette.
FalsiOcations. — En deliors.^de sa falsification par Valcool, si facile à reconnaître, on lui ajoute encore de l'hinle de ricin., de l’essence de girofle, de la benzine, du pétrole rectifié et du sulfure de carbone.
Hhuile de ricin laisse sur le papier une tache grasse indélébile, mais soluble dans l’alcool.
L’acide sulfurique sert à dévoiler la présence des deux hydrocarbures et de l’essence de gù'ofe. En effet, en agitant 5 gouttes d’essence de moutarde pure avec 50 gouttes d’acide sulfurique concentré et incolore, il y a dissolution sans coloration ; tandis qu’une nuance rouge ou brune assez intense se développera par la présence de la benzine ou d’autres huiles hydrocarbonées. Le pétrole rectifié, il est vrai, ne se colore pas; mais n’étant pas soluble dans l’acide, il surnage celui-ci.
D’après M. Luck, on peut facilement y rechercher le sulfure de carbone en chauffant 1““ d’essence au bain-marie, dans un petit appareil distillatoire dont le récipient doit contenir quelques gouttes d’eau ; le sulfure de carbone s’y dépose en gouttelettes, si sa proportion dépasse 5 p. 100. Lorsqu’il est en moindre proportion, on lave le conduit du récipient, après distillation, avec un peu de solution alcoolique de potasse caustique; en ajoutant de l’acide acétique, puis un peu de sulfate de cuivre, on obtient alors un précipité jaune de xanthate de cuivre, ce qui n’a pas lieu lorsque l’essence est pure.
ESSENCE DE ROMARIN. — L’essence de romarin provient du Rosmarinus officmalis (Labiées). Elle est limpide comme de l’eau, répand une odeur forte, pénétrante, et présente beaucoup d’analogie avec l’essence de térébenthine ; sa saveur est aromatique et camphrée.
L’essence du commerce a une densité de 0,911, qui devient 0,885 par la rectification ; elle bout alors à 166“. Elle est soluble en toutes proportions dans l’alcool à 0,83. Conservée dans des vases mal bouchés, elle laisse déposer un stéaroptène dont la quantité peut s’élever jusqu’à 1/10 du poids de l’huile. Ce stéaroptène est en tout semblable au camphre du Japon, quoique d’un pouvoir rotatoire moindre ; aussi a-t-on cru quelquefois à la falsification de cette essence par le camphre ordinaire.