ESSENCE DE ROMARIN
Elle est préparée principalement dans le raidi de la France.
U8ag:es. — On l’emploie en pharmacie et en parfumerie.
Falsiflciitions. — On l’a falsifiée avec de l’essence de térébenthine, dont la présence est décelée par la saveur, l’odeur et la comparaison avec une essence pure. De plus, mélangée avec son volume d’alcool absolu, elle laisse se déposer l’essence de térébenthine que l’alcool ne dissout pas.
M. St. Martin a trouvé une essence de romarin fraudée par addition de camphre ordinaire ; soumise à une distillation ménagée, elle a abandonné celui-ci sous la forme d'un dépôt cristallin. Épongé à l’aide d’un papier buvard, il a été facile de reconnaître sa nature.
ESSENCE DE ROSES. — L’essence deroses s’extrait des pétales des diverses variétés de roses [Rosa centifolia, moschata, damascena, sempervirens, etc.). Elle a une couleur légèrement citrine ; elle est épaisse, de consistance butyreuse à la température ordinaire. Elle fond à des degrés variables suivant qu’elle est plus ou moins riche en stéaroptène. Les essences de Turquie se liquéfient entre 16 et {8“ ; celles du midi de la France, entre 21 et 23“ ; celles du nord, entre 29 et 32“. L’odeur de cette essence est suave ; sa saveur, aromatique. Sa densité est de 0,832 à 0,837. Elle est peu soluble dans l’alcool froid et ne se combine pas avec les alcalis.
Elle est formée par le mélange d’une huile liquide oxygénée avec un stéaroptène blanc, cristallin, fusible à 35“, très-soluble dans l’étber et dans les huiles essentielles. Il est privé d’oxygène.
La meilleure essence de roses vient de Turquie (Andrinople et Constantinople). On la prépare aussi dans les Indes orientales, en Asie Mineure, sur les côtes de Barbarie.
Usagées. — On l’emploie surtout en parfumerie.
Faisiflcations. — Le prix excessivement élevé de cette essence (1) la fait falsifier constamment dans le commerce avec Valcool, les huiles gràsses, le blanc de baleine (2), Vessence de santal, l'essence de bois de Rhodes, l'huile grasse d'andropogon, et, plus souvent, avec l’essence de géranium. C’est un produit qu’il faut to.ujours examiner avec attention.
Quelquefois, comme l’a signalé M. Dubail, on vend, sous le nom d’essence de roses venant d’Alger, des flacons remplis jusqu’au col de gélatine tremblante, recouverte d’une couche d’essence pure, pour mieux tromper l’acheteur. Mais cette fraude se reconnaît par la chaleur seule de la main, qui fait fondre l’essence de roses concrète et ne peut liquéfier la gélatine.
L’essence de santal, l'huile volatile d'andropogon, rendent l’essence de roses très-fluide.
Les huiles fixes, le blanc de baleine, se reconnaissent lorsque l’essence est saponifiable par les alcalis; ce qui n’a jamais lieu avec l’essence pure. L’emploi de l’alcool chaud permet de retrouver le blanc de baleine ; on dissout, à l’aide de ce véhicule, les stéaroptènes ; on décante la solution encore chaude ; le blanc de
(1) 40 francs les 30 grammes
(2) M. Audouard, de Béziers, a constaté dans une essence de roses la présence de 50 p. 100 de blanc de baleine ; M. Boutron a aussi rencontré le blanc de baleine dans une essence de roses demi-concrète, demi-liquide.