‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 183 sur 470 · ÉTAIN · texte numérisé non relu

ÉTAIN

le replie sur lui-même, il fait entendre un bruit particulier, nommé o'i de l'étain, qui est plus ou moins fort, selon que le métal est plus ou moins pur. Sa densité est 7,29. Il fond à 228“ ; c’est le plus fusible des métaux usuels. Il est susceptible de se réduire en feuilles par l’action du laminoir. Quoique peu tenace, il l’est plus que le plomb. L’étain exposé à l’air perd de son brillant et prend une couleur noirâtre.

L’étain le plus pur que l’on trouve dans le commerce est celui de Malacca (Indes orientales), dit étain en chapeau. Viennent ensuite l’étain de Banca (Indes orientales), l’étain anglais, l’étain de Saxe et celui de Bohême.

Ce métal est le plus ordinairement livré en baguettes.

lJaag:cB. — L’étain est employé dans une foule de circonstances. Il sert à l’étamage des vases de cuivre, et entre dans la composition d’un grand nombre d’alliages. Allié avec le cuivre, il forme le métal des cloches, le bronze statuaire, le bronze monétaire. Uni au plomb, il constitue la soudure des plombiers, l’oxyde connu sous le nom potée; en feuilles très-minces, il prend le nom de paillon, et sert dans l’étamage des glaces.

Allié au fer, il constitue le fer-blanc; allié à l’antimoine, il forme les alliages désignés sous les noms de métal d'Alger, métal anglais, minofor. On l’emploie à faire de la vaisselle, de la poterie dite d’étain, et divers instruments utilisés dans l’économie domestique. En médecine, l’étain en limaille ou en poudre est usité comme anthelminthique : on le prescrit de préférence contre le ténia.

Etant imperméable, le papier d’étain ou étain en feuilles sert avec le plus grand succès à la conservation d’un nombre assez considérable de substances alimentaires ou autres : saucissons, pâtés, nougats, tabac, beurre de cacao, chocolat, etc. Il peut même s’opposer à la dessiccation de certains fruits (oranges, citrons, etc.), pendant un temps assez prolongé : de là un moyen facile de conservation de ces produits [Er. B.).

Altérations. Falsifications. — L’étain du commerce peut renfermer plusieurs métaux étrangers : cuivre, plomb, fer, arsenic, antimoine, bismuth et zinc. La proportion de plomb peut y être considérable : c’est une véritable falsification qui enlève à l’étain une grande partie de sa valeur.

En 1859, M. Maisïere a constaté au centre et dans l’axe d'une masse d’étain, l’existence d’un lingot de plomb. Cet étain fourré était ensuite laminé, de telle façon que le plomb y était assez bien dissimulé.

En 1862, M. Baldock analysé divers étains en feuilles du commerce. Tous contenaient du plomb en très-fortes proportions. Il avait été ajouté à l’étain soit pour en faciliter le laminage, soit pour pouvoir en abaisser le prix. Les résultats de ces analyses sont exprimés dans le tableau suivant :

Étain. Plomb.

1“ Feuilles d’ctain du commerce 13,06 86,93

2° — — repoussées pour ornements 23,42 76,57

3“ — — servant d’enveloppe pour paquets de thé 11,34 88,66

4“ — — qualifiées pures 65,62 34,37

5° Capsules d’étain pour bouteilles 15,46 84,56

La recherche du plomb dans l’étain est tellement importante, à cause des dangers qu’il fait courir à l’économie par ses propriétés toxiques, que, vers 1870, M. Bobierre a imaginé spécialement pour ce genre d’analyse, un petit nécessaire qu'il a nommé cherche-plomb. 11 se compose de deux petits flacons

Page 1