EXTRAITS
EXTRAITS. — On appelle extrait, en pharmacie, le produit obtenu d’une substance végétale ou animale, à l’aide d’un véhicule approprié à sa nature, et amené ensuite, par l’évaporation, en consistance sèche ou en consistance pilulaire.
Les extraits sont tantôt assez mous pour céder à la pression du doigt, tantôt assez durs pour pouvoir être réduits en poudre.
Parmi les extraits, il en est qui se ramollissent par une conservation prolongée ; d’autres, au contraire, se solidifient ; ceux obtenus des sucs des végétaux se ramollissent et se détériorent en se couvrant de moisissures ; ils attirent, pour la plupart, l’humidité de l'air, soit parce que la matière végétale jouit ellemême de cette propriété, soit parce qu’ils contiennent des sels déliquescents. On doit les conserver dans des pots bien couverts, ou mieux, fermés exactement avec un bon bouchon de liège. M. Redwood conseille d’appliquer sur l’extrait, après avoir rempli entièrement les pots, une feuille d’étain scellée sur les bords avec de la cire à cacheter. Ces pots d’extraits doivent être placés dans des lieux très-secs. 11 faut les visiter souvent pour s’assurer qu’ils ne s’altèrent pas.
Les extraits secs sont placés dans des flacons bien fermés.
Un extrait bien préparé doit avoir une surface lisse et brillante, se dissoudre dans l’eau sans la troubler, et laisser une marque profonde lorsqu’on le presse avec le doigt, auquel il ne doit pas adhérer.
Usages. — Les extraits sont très-employés dans l’art médical, et font partie d’un grand nombre de médicaments ; ils offrent l’avantage de contenir, sous un petit volume, les principes médicamenteux des plantes ou des animaux, sans leur faire éprouver aucun changement sensible dans leur nature.
Falsifications. — La composition des extraits varie avec la nature de chacun d'eux, c’est-à-dire suivant la composition chimique des plantes qui servent à les préparer. 11 en est depuis les plus inertes jusqu’aux plus actifs. En dehors des matières inactives communes à tous {matières albuminoïdes, amylacées, sucrées, grasses; chlorophylle, etc.), il en est d’autres qui deviennent caractéristiques de chacun d’eux en particulier {moi'phine dans l’opium, quinine et cinchom'ne dans le quinquina, digitaline dans la digitale, etc.); de telle sorte qu’elles peuvent servir à les faire reconnaître.
11 est souvent très-difficile de constater les fraudes qu’on leur fait subir; pour y arriver, il faut surtout recourir à l’examen de leurs propriétés organoleptiques.
La couleur, la consistance et l’aspect des extraits sont caractéristiques. Les extraits de monésia, de ratanhia, sont solides, cassants, lisses, d’un rouge noirâtre, etc. ; ceux éL'opium, de quinquina, sont lisses et solides sans être secs ; celui de belladone est grumeleux et peu consistant, etc. Placés en couche mince entre deux lames de verre, ils ne doivent jamais offrir une couleur noire. L’odeur sert à tes distinguer mieux encore que la couleur, ainsi qu’on peut le constater pour les extraits de valériane, de fiel de bœuf, de seigle ergoté, de ciguë, à'opium. Quelques-uns, particulièrement les extraits narcotiques {morelle noire, strarnoine, laitue vireuse, belladone, jusquiame, ciguë, etc.), se reconnaissent à l’odeur de la plante d’où ils proviennent, odeur qui se développe lorsqu’on ajoute à une solution aqueuse de ces extraits un vingtième d’acide sulfurique étendu. Ce procédé, indiqué par M. Giovanni Righini, peut servir à distinguer un extrait d’un autre ; mais il est loin de suffire pour constater sa pureté