EXTRAITS
absolue ou son mélange avec un autre extrait (I) ; car, dans ce dernier cas, l’extrait impur ne perd pas l’odeur qui lui est propre, elle présente seulement moins d'intensité. On ne parvient à découvrir le mélange que par comparaison avec un extrait pur; mais ce genre d’épreuve exige une grande habitude. Combiné avec les sens de la vue et de l’odorat, celui du goût ajoute encore aux caractères précédents.
Leur solution est rarement limpide, surtout la solution aqueuse des extraits alcooliques et celle des extraits de plantes exotiques. Il en est de même de ceux qui n’ont pas été dépurés [extraits de Storck). Ceux qui proviennent de feuilles abandonnent facilement leur chlorophylle à l’éther, à la benzine, à l’alcool amylique qu’ils colorent en vert lorsqu’on les traite par cinq à six fois leur poids de ces véhicules. Il est des extraits à réaction acide [belladone, aconit), d’autres à réaction alcaline [ciguë).
Lorsque les extraits sont à hase d’alcaloïdes ou de principes actifs définis, il est facile de mettre ces substances en liberté pour en reconnaître ensuite les propriétés les plus saillantes. Pour cela, on les délaye dans leur volume d’eau contenant un di.xième de potasse ou de soude caustique ; on agite le mélange avec quatre fois son volume de chloroforme dans un flacon à l’émeri ; après vingt-quatre heures, on chauffe légèrement au hain-marie, si le chloroforme ne s’est pas rassemblé nettement au fond du vase. Ensuite on le décante ; une nouvelle dose de chloroforme sert à traiter le résidu une deuxième fois, de la même façon. On distille enfin la liqueur chloroformique ; puis on traite par l'acide sulfurique faible le résidu qu’elle a laissé ; on précipite la solution par l’ammoniaque, puis on filtre et on reprend le précipité par l’alcool fort et bouillant pour l’obtenir cristallisé par le refroidissement: il devient possible alors d'en rechercher les propriétés caractéristiques [Gundermann, 1860).
Pour arriver au même hut, on peut également avoir recours à la dialyse ; mais ce procédé délicat et très-sensihle, à la vérité, demande à être manié habilement.
On peut également, comme l’a conseillé M. Lepage en 1866, dissoudre un gramme de l'extrait à essayer, dans le double de son poids d’eau distillée en opérant dans un tube à essais ; on y ajoute en remuant 0,25 de bicarbonate de potasse ; l’effervescence ayant cessé, on additionne la liqueur de 4 à 5 fois son volume d’éther pur à 64®, en agitant pendant quelques minutes. Après repos, on décante dans une capsule la solution éthérée devenue bien limpide et on la laisse s’évaporer spontanément. Le faible résidu qui en résulte est dissous dans quelques gouttes d’acide chlorhydrique étendu, puis essayé par les réactifs généraux des alcaloïdes : iodure de potassium et de mercure, tannin, etc.
Les extraits sont généralement fraudés à l’aide de la fécule. La falsification de certains d’entre eux [exti-ait de genièvre, extraits secs de quinquina, de réglisse, etc.) par la fécule se découvre en traitant, à plusieurs reprises, l’extrait suspect par l’eau froide ; le dépôt obtenu est d’abord examiné au microscope ; ensuite, il est soumis à l’action de l’eau bouillante: s’il y a assez de fécule, on obtient une espèce d’empois qui se colore en bleu par l’eau iodée. Mais,
(I) M. Stanislas Martin a trouvé de l’extrait de monésia fait avec les extraits de réglisse et de ratanhia, et de l’extrait de salsepareille qui contenait de l’ extrait de saponaire.