‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 189 sur 470 · EXTRAIT DE CAMPÊCHE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE CAMPÊCHE

comme quelques extraits contiennent naturellement de la fécule, on juge de la falsification par la quantité de dépôt que donne l’eau froide et par 1 intensité de la coloration bleue qui se manifeste au contact de l’eau iodée.

Quelques extraits contiennent du cuivre niélallique ; pour s’en assurer on en dissout une partie dans l’eau, que l’on décante ensuite, et l’on traite le résidu par l’acide nitrique, qui transforme le métal en sel ; sa présence est décelée alors soit par les réactifs, soit par une lame de fer, ou mieux par des aiguilles ordinaires bien décapées ; elles ne tardent pas à se couvrir de cuivre, si l’extrait en contient.

On a trouvé du cuivre métallique dans des extraits de belladone, de quinquina, de ratanhia, dans des extraits secs de réglisse, etc.

Il est certains extraits astringents qu’on pourrait quelquefois confondre les uns avec les autres ; tels sont ceux de bistorte, de cachou, de monésia, de ratanhia et de tormentille. Voici un tableau qui résume leurs caractères différentiels :

RÉACTirS.

CISTORTB.

CACHOi;.

MONÉSIA.

TATANKL*..

TOr.MEXTILLE.

’oulcur de la solution.

Brun jaunâtre.

Rouge foncé.

Brun foncé.

Brun rouge.

Rouge vif claire.

Agitation.

Rien.

Écume persistante.

Id.

Mousse instable.

Id.

Acides azoti-

Pas de trou-

Se trouble de

Se trouble a-

Se trouble, la

Trouble lent à

que, chlorhydrique, sulfu- 1 rique.

ble.

suite.

près quelques heures.

liqueur devenant roug«-

se produire.

il’erchlorure de

Coloration

Liqueur gris

Coloration

Précipité gris

Coloration

fer.

noire avec dé-

sale avec

noire avec dé-

brunâtre.

noire avec dé-

pôt.

précipité.

pôt.

pôt. r

EXTRAIT DE CAMPÊCHE. — En traitant le bois de campêche {Hæmatoxylon campechianum. Légumineuses), préalablement divisé, par des lixiviations méthodiques et successives faites à l’eau chaude, puis en évaporant le liquide, soit dans le vide, soit à 1 air avec agitation soutenue, on obtient, sous une forme concentrée et facile à utiliser, la matière colorante de ce bois, ainsi que celle de tous les autres bois de teinture.

Falsifications. — D’après M. Houzeau, on ajoute souvent à ces matières colorantes, et particulièrement à l’extrait de campêche, pour les falsifier, des matières inertes, d’origine organique ou minérale, telles que le sable, la terre argileuse, la sciure de bois, la terre épuisée, la mélasse, etc. Dans ces conditions, l’incinération pour la recherche des substances minérales, et l’essai par teinture avec épuisements successifs, fournissent des indications suffisantes et sûres. Mais il n en est plus de même lorsque l’on additionne ces extraits colorants d autres substances de moindre valeur commerciale, comme le sumac, X extrait de châtaignier, les gallons ou résidus de galles, etc. ; les astringents corrigent en partie 1 affaiblissement du pouvoir colorant dû à la présence des substances inertes. On y dose encore facilement la mélasse, mais non ces principes tanniques qui se mêlent à ceux qui existent normalement dans le campêche.

Cependant, on peut arriver à une appréciation suffisamment exacte de leur

EXTRAIT DE MOXÉSIA.

présence et de leur proportion, à l’aide du procédé imaginé par M. Houzeau. Pour cela, il faut, d’après ce chimiste, épuiser par de l’éther absolu un gramme de l’extrait suspect, préalablement desséché à 110'^; chasser ensuite l’éther par évaporation et prendre le poids des matières qu’il avait dissoutes. La partie de l’extrait qu’il n’a pas attaquée est, à son tour, reprise par de l'alcool absolu, jusqu’à complet épuisement; on évapore les liqueurs alcooliques et on pèse leur résidu. La comparaison de ces divers poids avec ceux qui sont fournis, dans des conditions semblables, par un extrait authentique, soumis au même examen, suffit pour faire suspecter la fraude.

On complète ces premières indications par un essai de teinture par épuisements successifs: sous le même poids, les produits solubles dans l’alcool et dans l’éther fournis par chaque extrait, doivent teindre d’une manière semblable la même surface de calicot, s’ils ont la même composition.

EXTRAIT DE CASSE. — Cet extrait, préparé avec la casse en bâtons, est employé comme laxatif. Mais, dans la droguerie, on lui substitue quelquefois la pulpe de pruneaux, dont les propriétés laxatives sont bien inférieures.

L’extrait de casse est noir foncé ; il a une saveur douce et sucrée, accompagnée d’une légère amertume.

La pulpe de pruneaux est rougeâtre, et ne laisse aucun goût amer dans la bouche.

EXTRAIT DE CHIENDENT. — Les extraits de chiendent et de pissenlit bien préparés sont doués d’une consistance de miel épais, laissant une couleur jaune sale sur le papier blanc ; ils possèdentune saveur agréable etdouce comme le raisiné ; aussi sont-ils quelquefois fraudés par l’addition de V extrait de moût de raisin.

Leur solution rougit alors fortement le tournesol, et précipite abondamment par le sous-acétate de plomb. Le précipité, recueilli, lavé et traité par un courant d’acide sulfbydrique, laisse alors dans le liquide où il est délayé, une certaine quantité d’acide tartrique facile à caractériser [Sourisseau).

EXTRAIT DE GENIÈVRE. — L’extrait de genièvre a une saveur douce, légèrement amère. On l’administre comme tonique stomachique et comme diaphorétique carminatif.

Cet extrait mal préparé a une saveur âcre, désagréable, due à une ébullition trop prolongée ; il est grenu et possède une odeur empyreumatique très-prononcée. On a cherché à corriger ces défauts par une addition de mielei àe sucre; mais cet extrait, mis dans la bouche, laisse bientôt l’arrière-goût âcre et désagréable qui caractérise l’extrait mal préparé.

On le mélange aussi avec du suc de réglisse; la saveur de ce dernier permet de reconnaître facilement la fraude.

M. Recluz l’a trouvé falsifié avec de la fécule. En traitant un poids connu de l’extrait par l’eau distillée froide, il se dissout, et la fécule mêlée de résine reste pour résidu. On traite par l’alcool qui dissout la résine; on sèche et on pèse la fécule.

EXTRAIT DE MONÉSIA. — L’écorce de monésia [Chrysophyllum glycyphæuni, Sapotées) contient divers principes solubles qui se retrouvent dans son

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