‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 197 sur 470 · FER · texte numérisé non relu

FER

Depuis quelque temps, on trouve également dans le commerce plusieurs espèces de fer trèsrdivisé dont quelques-unes ont une origine toute différente : 1° le /(?;• du Tyix)l ou /er limé d' Allemagne ; obtenu par la lime, il est en poudre trèsténue ; 2° le fer de Henry ; provenant de la calcination du pyrolignite de fer, il contient du charbon ; 3“ le fer de Bischoff, préparé en réduisant un oxyde de fer naturel dans un four à flamme ; 4® le fer Collas, déposé sous l’influence d’un courant électrique. 11 faut y ajouter le fer réduit par l'hydrogène.

Altérations. — Aucune de ces espèces pas plus que les précédentes ne constitue du fer pur. En effet, la limaille de fer contient souvent du cuivre, de Vacier, du zinc, de la terre, de la sciure de bois, du sable, de Voxyde de fer, des matières ymsses-De, plus, elle renferme presque toujours en combinaison du carbone, du soufre, du phosphore, de l’orsenfc, du silicium et du manganèse. Ces corps étrangers, s’y trouvant en proportions des plus minimes, ne l’altèrent pas de façon à ce qu’il soit nécessaire d’en tenir compte. Mais, quant aux autres matières, il est important de s’assurer de leur présence ou non dans la limaille^ surtout lorsqu’elle est destinée aux usages internes (t). A cet effet, un moyen souvent employé consiste dans la séparation mécanique à l’aide du barreau aimanté; la limaille est étalée en couches minces sur une feuille de papier ; on y promène un aimant qui la ramasse et dont on la détache ensuite. Cette manb pulation doit être répétée plusieurs fois de suite. Le résidu de chaque opération renferme les impuretés {cuivre, sciure de bois, etc.) ; mais la séparation complète est très-difficile: le cuivre, le sable, le bois, l’oxyde de fer, peuvent être entraînés mécaniquement par le fer. Ainsi Gobley a observé que, même après cinq opérations successives, la limaille de fer contenait encore quelques parcelles de cuivre. De plus, si l’on a affaire à des brasures, Henckel a établi qu’un alliage de 66 cuivre et 33 fer était encore attirable à l’aimant. La séparation devient même impossible, si on opère sur de la limaille de fer porphyrisée.

On constate la présence du cuivre en traitant la limaille par l’ammoniaque. Celle-ci, au bout de quelque temps, se colore en bleu, et cette couleur est d’aulant plus foncée que la limaille contient une plus grande quantité de cuivre. On peut aussi employer l’acide chlorhydrique pur et bouillant, ou mieux, l’eau régale, pour dissoudre la limaille ; une lame de fer bien décapée, jtlongée dans la dissolution acide, se recouvre d’une couche légère de cuivre métallique. Si l’on sursature la dissolution par l’ammoniaque, il s’y forme un précipité rougeâtre de peroxyde de fer hydraté, complètement insoluble dans l’ammoniaque, et ne la colorant pas, au cas où la limaille est pure; un précipité de couleur sale, mélangé de peroxyde de fer et d hydrate de bioxyde de cuivre verdâtre, au cas où la limaille contient du cuivre. L’addition d’un excès d’ammoniaque, en redissolvant le bioxyde de cuivre â l’exclusion de l’oxyde de fer, produit une solution bleue d’ammoniure de cuivre.

La limaille d'acier se reconnaît, d’après le procédé de Berthier. en la traitant par l’iode et l’eau (2) ; le fer disparaît, sans résidu, à l’état d’iodure inco-

(1) Dans des expériences faites sur des limailles de fer prises dans onze maisons de droguerie ou de produits cliimiques et dans vingt-cinq pharmacies, Gobley en a trouvé trois seulement exemptes de cuivre ; dans les autres, la quantité de cuivre était très-variable et .s’élevait, depuis quelques parcelles, jusqu'à 2 p. 100; la quantité de substances étrangères variait aussi depuis 10,56 jusqu’à 1-3 p. 100.

(2) Il est préférable de substituer le brome à l’iode pour cette opération.

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