‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 199 sur 470 · FEUILLES DE FRÊNE · texte numérisé non relu

FEUILLES DE FRÊNE

le réduire, et enfin il peut retenir jusqu’à 12,5 p. 100 d’oxygène à l’état d’un sous-oxyde Fe^O. M. Dusa7't, qui l’a découvert, attribue sa formation à la vapeur d’eau qu’entraîne l’hydrogène. Il en résulte que le fer réduit, qu’on considérait comme l’un des fers les plus purs, est, au contraire, un de ceux qui renferment le plus de matières étrangères ; aussi ne titre-t-il au plus que 86,5 p. 100 ; son titre peut même descendre jusqu'à 55 p. 100 {Dusat'l). C’est en déterminant sa richesse au moyen d’une solution titrée de caméléon violet ou en mesurant le volume d’hydrogène qu’il dégage au contact des acides, qu’on peut se faire une idée de son degré de pureté (1). D’ailleurs, tout fer réduit qui se dissout dans l’acide sulfurique étendu en dégageant un hydrogène odorant qui noircit le papier d’acétate de plomb, et en laissant un résidu insoluble, n’est pas pur. Ainsi que l’ont conseillé Deschamps etM. Dusai'l, on devrait en rejeter l’emploi.

Falsifications. — D’après M. Liéna7't, on introduirait quelquefois de la plumbagme ou g7-aphite dans ce médicament. La présence de ce corps est facilement décelée par l’action de l’acide sulfurique qui enlève le fer et laisse indissous le graphite qui peut être ensuite recueilli, lavé, séché et pesé.

On a substitué quelquefois le /er porpJuji'isé au fer réduit. Ce dernier prend feu comme de l’amadou au contact d’une allumette enflammée, ce que ne fait pas toujours le premier. Vu au microscope, le fer réduit se montre en morceaux spongieux, comme boursouflés par l’action d’un gaz, tandis que le fer porphyrisé a les contours déchirés.

Cependant, il est un mode d’essai qui doit être préféré au précédent. C’est celui que M. J. C7'euse a mis en pratique pour comparer entre eux les divers fers médicamenteux du commerce au point de vue de leur pureté relative. On pèse O*', 50 ou 1 gramme du fer à essayer ; on le roule dans un papier à cigarettes, et on l’introduit sous une cloche graduée pleine de mercure et bien purgée d’air. On y fait parvenir ensuite à l’aide d’une pipette courbe 15 à 20 grammes d’acide chlorhydrique pur, étendu de la moitié de son poids d’eau. Aussitôt le fer seul est attaqué en dégageant un volume d’hydrogène égal à 308'%54, mesurés à 0“ et à 0”,76 pour 1 gramme de fer pur. Quand la poudre grisâtre du métal a disparu, quand le dégagement de gaz a cessé, on en mesure exactement le volume dans l’éprouvette graduée ; on ramène, par le calcul, ce volume à 0° et à 0“,76, et une simple proportion donne la quantité de fer qui l’a fourni. On peut calculer sur 400" de gaz par gramme de fer, pour la température ordinaire.

On doit à Deschamps (d’Avallon) un travail très-étendu sur la recherche de la valeur médicale des diverses espèces de fer. Il résulte de ses e.xpériences qu’il faut préférer la lùnaille de /e?- du Be7'7-y à toutes les autres, même au fer réduit par l’hydrogène, et surtout au fer provenant de la réduction, par la chaleur, de l’oxalate et de l’acétate de ce métal. L’iodure de potassium ioduré est la pierre de touche de ces différents produits que ce composé attaque de moins en moins facilement à mesure qu’on descend l’échelle tracée ci-dessus.

FEUILLES DE FRÊNE. — Le frêne ordinaire {F7'axinus excelsior, Jasminées) fournit à la matière médicale ses feuilles purgatives, lesquelles sont composées de 9-l3folioles opposées, saufl’impaire. Ces folioles sont glabres, ovales.

(1) On fait une autre épreuve en traitant le fer réduit par l'acide azotique, évaporant, calcinant et pesant le sesquioxyde de fer obtenu.

FÈVE PICHURIM OU PICHURINE.

lancéolées-atguës, régulièrement dentées un peu au-dessus de la base jusqu’au sommet. De leur nervure médiane partent de nombreuses nervures secondaires obliques se subdivisant en deux rameaux s’anastomosant régulièrement avec les voisines. Elles sont âcres et amères.

Les frênes cultivés présentent des feuilles à folioles plus grandes, ovales, qui ne sont jamais exactement lancéolées : elles sont moins dentées, et quelquefois glauques, blanchâtres ou pulvérulentes à leur face inférieure.

M. Timbal-Lagi'ave a trouvé mêlées aux feuilles de frêne ordinaire : 1® celles

U vernis du Japon {Ailanthus glandulosa), dont les folioles sont très-grandes, ondulées, ovales, avec le sommet très-long, inégalement et grossièrement dentées; 2® celles du redoul {Con'ai'ia mgrtifolia, Coriariées), dontlesfolioles ovales ou elliptiques, sont glabres, entières, avec deux nervures latérales partant, ainsi que la nervure médiane, de la base du limbe, pour partager sa surface en quatre parties distinctes.

FEUILLES DE NOYER. — Les feuilles du noyer [JvgJans regia), arbre de la famille des Juglandées, sont ovales, presque sessiles, plus ou moins dentées en scie. Bien séchées, elles possèdent une odeur particulière, et font voir sur leur face postérieure, dans les angles formés par les nervures secondaires avec la nervure principale, des corps glanduleux ou petites verrues. L’infusion de feuilles de noyer présente une couleur brun verdâtre, comme le vert de vessie, et colore le papier en brun jaunâtre; traitée par une solution de sulfate de peroxyde de fer, elle se colore en brun noirâtre foncé.

Usag:c8. — Les feuilles de noyer sont employées en médecine contre les affections scrofuleuses. A l’extérieur, elles servent pour faire des injections ; à l’intérieur, on les emploie sous forme de tisane, d’extrait, de sirop. Elles ont été aussi considérées par quelques personnes comme un spécifique contre l’ictère.

Falsifications. — M. Vridag-Zynen, de la Haye, a signalé une falsification des feuilles de noyer par des feuilles étrangères dont il n’a pas fait connaître le nom. Ces feuilles étaient oblongues, acuminées, la plupart pétiolées, irrégulièrement incisées et dentées en scie. Bien sécbées, elles n’exhalaient aucune odeur, même quand on les frottait entre les mains. Leur infusion était jaune sale et colorait le papier en jaune de soufre ; traitée par une solution de sulfate de peroxyde de fer, elle prenait une couleur plus somhre.

FÈVE PICHURIM OU PICHURINE. — Les fèves pichurim ou pichurines sont le fruit de deux espèces de XdiWxxev {Ocotea pichurim et cymbarum) qui croissent au Brésil. Ce fruit a aussi été désigné, dans le commerce, sous les noms de pichcnin, pichola et pichora, noix de sassafras, fève muscade.

Il a été employé pour remplacer la muscade.

Dans le commerce, on distingue deux sortes de fèves pichurines : la première sorte, ou noix de sassafras de VOrénoque, de Para, semence pichurine vraie, est la plus estimée ; elle se compose de lobes conformés comme ceux des semences du laurier ordinaire, mais beaucoup plus gros, isolés et entièrement nus. Ces lobes ont 0“,027 àO“,C45 de long, et C“,013 à0“,C20 de large. Leur forme est elliptique, oblongue, convexe d’un côté, concave de l’autre, avec un sillon longitudinal ; ils sont brunâtres, unis ou légèrement rugueux à l’extérieur, d'une couleur de cbair et marbrés à l’intérieur, à peu près comme dans la noix mus-

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