‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 211 sur 470 · GINGEMBRE · texte numérisé non relu

GINGEMBRE

GÉLATINE. — V. Colle forte.

GENTIANE. — La racine de gentiane est fournie par le Gentiana lulea, plante de la famille des Gentianées, qui croît en grande abondance, en France, dans le Jura, les Vosges, les Cévennes, les Alpes, les Pyrénées, dans les montagnes de l’Auvergne et de la Bourgogne. Ce genre nous donne encore les Genliana rubra eipurpurea employés en Allemagne.

Cette racine est sèche, longue, ramifiée, d’une grosseur médiocre, très-rugueuse ou ridée transversalement, jaune intérieurement, d’une texture spongieuse, d’une odeur non aromatique et d’une saveur excessivement amère.

Il faut choisir celle qui est de grosseur moyenne et qui n’est point cariée par les larves des insectes, accident auquel elle est très-sujette.

La racine de gentiane contient, d’après les observations de Henry, Caventou, Leconte, Trommsdorff, etc. ; principe odorant fugace, principe amer cristallisable [gentiopicrin) glu, huile volatile, matière huileuse verdâtre, lévulose (1), gomme, acide pectique, matière colorante jaune cristalline [gentisin), ligneux, sels.

Usages. — La racine de gentiane est très-employée en pharmacie comme tonique excitant, comme fébrifuge et anthelminthique. On l’administre sous forme de poudre, de tisane, d’extrait, de sirop, etc.

Faisiücations. — La racine de gentiane, souvent accompagnée de celle des Gentiana purpurea, punctata ei pannonica, est quelquefois mêlée avec les racines à'aconit, de belladone, &'ellébo7'e blanc, àe patience : \a. simple vue suffit pour déceler ces mélanges.

La racine d’aconit est napiforme ; celle de belladone est d’un brun noir; celle d’ellébore blanc, en forme de cône tronqué, est noire à l’extérieur, ridée, blanche intérieurement. La racine de patience a une couleur jaune sale, et est dépourvue de saveur amère.

La poudre de gentiane’ a été falsifiée par Vocj'e jaune. M. Peltier, de Doué, en a trouvé qui en contenait de 2o à 50 p. 100, et M. Davallon, de Lyon, 50 p. 100. Par l’incinération, le poids et la nature chimique des cendres, on reconnaît aisément cette fraude ; traitées par l’acide chlorhydrique, elles donnent une dissolution qui forme, avec le cyanure jaune, un précipité de bleu de Prusse trèsabondant.

En 1851, M. Houdhine, pharmacien à Niort, a trouvé de la poudre de gentiane falsifiée par 60 à 70 p. 100 environ de poudre de gayac. Ce mélange épuisé à froid à l’aide d’un appareil à déplacement, fournit un extrait qui ne fut que le dixième au lieu d’être le quart du poids de la poudre employée. Une partie de celle-ci, mise à macérer, pendant quelques jours, dans 6 parties d’alcool à 40®, donnait une teinture alcoolique présentant toutes les propriétés de celle de gayac.

Cette même poudre contenait aussi toutes les impuretés que l’on rencontre dans le gayac râpé et, entre autres, de la limaille de cuivi'e, qui y existe presque toujours en plus ou moins grande quantité.

GINGEMBRE. — Le gingembre est le rhizome du Zingiber officinale {kmomées). On en connaît deux variétés principales :

(I) Magne-Lahens, Dissertation sur la gentiane. École de pharmacie, 1868.

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