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AMMONIAQUE sur lüO.
(I) Pour empêcher les marchands cupides d’exploiter l'ignorance des gens de la campagne, la Chevallier et Baudrimont, 5' édit. 33
Tableau représentant la composition chimique de divers guanos {Girardin, de. Rouen).
GUANO
l’addition de sciure de bois, de craie, à.e, jjlâtre cru ou cuit, de terre jaune, de sable, de coprolithes, etc.
On a trouvé des guanos épuisés par les alcalis dans le but d’en extraire l’acide urique (I).
Pour reconnaître la sciure de bois, il suffit de jeter l’engrais suspect dans de l’eau saturée de sel marin, ou simplement dans de l’eau ordinaire. Les matières légères, comme la sciure de bois, surnagent pendant un certain temps, tandis que le guano pur tombe au fond de Teau.
Tous les autres corps étrangers au guano étant plus denses que ce dernier, il est évident qu’une quantité donnée de guano falsifié pèse plus que la même quantité de guano véritable (2). C’est pourquoi on prend habituellement le poids d’un décilitre de guano, pour avoir une idée de son degré de pureté. En effet les bons guanos pèsent, en moyenne, 70 grammes le décilitre ; ceux qui sont fraudés à Laide de sables siliceux et ferrugineux ont alors une densité plus considérable, et leur poids, dans ce cas, dépasse de beaucoup 70 grammes.
En dehors de ce caractère, M. Ern. Baudrimont a indiqué autrefois, d’après un grand nombre d’analyses de guano qu’il avait faites, un ensemble de moyens propres à faire apprécier approximativement leur qualité. Ces moyens reposent sur la comparaison de quelques-unes de leurs propriétés physiques et chimiques.
1“ Couleur des guanos. — La teinte café au lait est ordinairement celle des bons guanos. Trop gris, c’est qu’ils sont terreux. De plus en plus bruns jusqu’à la couleur bistre, c’est que la quantité d’eau y est de plus en plus considérable.
Société centrale d’agriculture de la Seine-Inférieure, sur la proposition de M. Girardin, a prié le préfet du département de promulguer un arrêté pour réglementer le commerce du guano et des autres engrais commerciaux (poudrette, tourteau, etc.), à l'imitation de ce qui a été fait dans les départements de la Loire-Inférieure et de Seine-et-Marne. Dans ce projet d'arrêté, il est dit que :
« Pour le guano, on devra indiquer le lieu de provenance; pour les tourteaux, on indiquera « l'espèce de graine oléagineuse dont ils proviennent. L’omission de ces indications, pour l'un et <1 l'autre de ces engrais, sera considérée comme une fraude.
« Le nom de chaque espèce d’engrais sera écrit sur les enseignes et écriteaux intérieurs, sans « abréviations, en lettres d’une grandeur uniforme et de 0",10 au moins de hauteur, de manière à « être lu facilement et à ne pouvoir être confondu avec aucun autre.
« Indépendamment du nom de l’engrais, l’écriteau fera connaître la composition chimique quan- « titative de la marcliandise, c’est-à-dire les quantités respectives en centièmes : de Veau, du phos- « phate de chaux, de V azote, des matières salines insolubles dans l'eau, autres que le phosphate, « des matières siliceuses insolubles dans les acides.
« Les chiffres indiquant les proportions relatives de ces différentes substances, sur 100 parties « en poids, seront de la même grandeur que les lettres portées sur l’écriteau. »
(1) M. F. Jean a analysé une matière servant à falsifier le guano (1875). Elle était constituée par un mélange de deux tiers de sulfate de chaux avec du phosphate de chaux, un peu de carbonate calcique et de chlorure de sodium. Elle contenait de plus près de 2 p. 100 de matière organique azotée paraissant provenir de chiffons de laine rendus solubles par l’action de la vapeur d'eau sous forte pression.
(2) D'après des calculs fondés sur l’expérience, il est établi que les bons guanos pèsent généralement de 621 à 778 grammes, soit, en moyenne, 700 grammes le litre ; tandis que le poids des guanos falsifiés s’élève, en moyenne, à 79'1 grammes le litre. L’engrais, préalablement desséché au bain-marie, donne moyennement 600 grammes au litre, lorsqu’il est pur, et 722 à 1,262 grammes lorsqu’il est mélangé de matières étrangères.
GUA^O. 515
2® Saveur. — Plus la saveur des guanos est salée, piquante ou caustique, plus ils sont riches en sels ammoniacaux.
3® Odeur. — L’odeur des guanos ne peut guère servir comme moyen de comparaison , car elle varie avec leur degré de sécheresse ou d’humidité. Cependant une odeur fortement et franchement ammoniacale est un bon signe.
4“ Consistance. — Un bon guano est ordinairement onctueux au toucher ; il est en petits grains ; souvent même il est pelotonné. S’il est très-riche en urates, les gros pelotons étant rompus en deux fragments offriront une cassure brillante et cristalline. Quand un guano est de qualité médiocre, il est terreux et pulvérulent. Il est de mauvaise qualité s’il renferme beaucoup de pierres et de graviers.
5® Flamme. — Une petite pincée d’un bon guano, placée sur une lame mince de platine qu’on fait rougir sur la flamme d’une lampe à alcool, se boursoufle beaucoup, brûle avec une longue flamme et laisse un résidu charbonneux assez volumineux. Les guanos brûlent et se charbonnent d'autant moins qu’ils sont plus pauvres en matière organique.
G® Essa par la chaux vive. — Une pincée de guano triturée avec une pincée de chaux vive dégage une odeur ammoniacale d’autant plus prononcée que le guano est plus riche en ammoniaque. Ce mélange, chauffé dans un tube à essais (fig. 106), produit assez d’alcali volatil pour bleuir fortement un papier rouge de tournesol, placé dans le haut du tube, alcali qui répand d'abondantes fumées blanches à l’approche d’un agitateur imbibé d’acide azotique.
7® Premier essai par V acide azotique. — Une pincée de bon guano mise dans un tube fermé par un bout et additionnée d’un peu d’eau, puis d’acide azotique, ne doit produire qu’une légère effervescence. Celle-ci serait très-prononcée si le guano renfermait beaucoup de carbonates terreux.
8° Deuxième essai par F acide azotique. — Une pincée de bon guano mise dans une capsule en porcelaine, puis arrosée d’un peu d’acide azotique, doit se colorer en rouge vif par l’évaporation au bain-marie. Le résidu, imbibé d’un peu d’ammoniaque caustique, prend une teinte rouge encore plus foncée sous l’influence de ce réactif. Cette coloration rouge est d’autant plus intense que le guano renferme plus d’acide urique.
Le moyen le meilleur et le plus rapide d’apprécier la pureté et la valeur d’un guano est de savoir la quantité d’eau, de matières organiques, de matière active (sels ammoniacaux, ou azote) qu’il renferme.
Analyse d’un gpuano. — Do3age de l’eau. — Pour essayer un échantillon de guano, on doit déterminer la proportion d’eau qu’il contient en l’humectant légèrement avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique, prenant un poids fixe de ce guano, et le séchant à 100®, dans une capsule de porcelaine ou, mieux encore, dans un tube traversé par un courant d’air sec, chauffé à -f- 100®
Fig. 106. — Essai d’un guano par la chaux vive.
GUANO
(fig. 107); de cette manière, la poudre perd toute son eau, sans trace d’ammoniaque.
Dosage des matières organiques. — Par l’incinération de 10 grammes de guano dans une capsule ou dans un creuset de platine (voir page 361', figure 78), on connaît la quantité brute des matières organiques et des sels ammoniacaux.
Fig. 107. — Appareil pour dessécher à 100®, dans un courant d’air sec. Eu ouvraïd le robinet du ftacou bitubulé, l’eau qui s’en échappe force l’air extérieur à passer successivement par les tubes d r et d' . Les deux tubes d et d' sont remplis de chlorure de calcium fondu. Le tube r, qui contient la substance à dessécher, est plongé dans l’eau bouillante. Le thermomètre t donne la température.
Si, de cette quantité, on soustrait le poids de l’eau trouvé par l'expérience précédente, on obtient la proportion des matières détruites par la chaleur. Cependant, ces résultats seraient souvent inexacts, si l’on ne prenait la précaution, indiquée par M. Al. Baudrimonl., d’arroser les cendres laissées par le guano, avec line solution de carbonate d’ammoniaque pour ramener la chaux à l’état de carbonate. On évapore à siccité à -j- 100° et l’on pèse de nouveau.
Dosage des sels solubles. — Les cendres sont ensuite lessivées avec de l’eau bouillante ou très-chaude pour avoir les poids respectifs des sels solubles et des sels insolubles. Pour cela ou met ces cendres dans un filtre placé sur un entonnoir, au-dessus d’un vase récepteur, et on les injecte peu à peu d’eau très-chaude, soit à l’aide d’une pissette (voir page 360, figure 73), soit en ajustant au-dessus du filtre un iqqmrdlà lavage continu (fig. 108). Celui-ci se compose d’un ballon dont le col porte un bouchon muni de deux tubes : l’un a, qui dépasse d’un ou de deux centimètres le niveau intérieur du bouchon, descend au contraire extérieurement un peu au-dessous de l’orifice également extérieur du tube b, lequel se prolonge, à travers le bouchon, jusqu'au fond du ballon. Par cette disposition, l’orifice extérieur du tube a étant situé unpeu au-dessous du bord du filtre, suivantla position indiquée par la figure 108, le liquide s’écoule
GUANO
dans le filtre par le tube a, pendant que l’air pénètre dans le ballon par le tube b ; mais, lorsque le niveau de l’eau atteint l’ouverture de celui-ci, dans le filtre, l’écoulement cesse jusqu’à ce que ce niveau se soit abaissé par la filtration. Alors, une bulle d’air pénètre aussitôt par le tube b pour permettre un nouvel écoulement ; et ainsi de suite jusqu’à épuisement du liquide du ballon.
Les liqueurs aqueuses devront ensuite être rapprochées par évaporation et additionnées de deux fois leur volume d’alcool fort, pour précipiter le sulfate de chaux qui pourrait avoir été entraîné. On le réunirait à la partie insoluble et on évaporerait enfin à siccité, pour peser le résidu et y doser la potasse par le chlorure de platine acidulé, s'il en était besoin (1).
Dosage des sels insolubles et, en particulier, des phosphates. — On fait enfin bouillir le résidu insoluble avec de l’acide chlorhydrique qui enlève et dissout les phosphates ainsi que les sels calcaires et magnésiens, les oxydes de fer et d’aluminium. La partie des cendres qui résiste à l’action successive de l’eau bouillante et de l’acide chlorhydrique représente le sable et les cailloux siliceux.
Autrefois, on précipitait les liqueurs acides par un excès d’ammoniaque, et l’on avait ainsi un précipité de phosphate de chaux mélangé de sulfate de la même hase, puis d’oxyde de fer et d’alumine : on portait le tout au compte du phosphate de chaux. 11 en résultait de graves erreurs. Et d’abord on lui ajoutait ainsi tout le fer oxydé et toute l’alumine du produit. De plus, il arrivait quelquefois que l’insuffisance des sels calcaires rendait incomplète la précipitation de l’acide phosphorique. De là la recommandation faite par M. Al. Baudrimont, d’essayer toujours les eaux mères par un sel de magnésie ; et, lorsqu’il en résultait une précipitation de phosphate ammoniaco-magnésien, la nécessité de recommencer l’opération du traitement acide des cendres en ajoutant à la fin un sel calcaire soluble, avant l’addition d’un excès d’ammoniaque aux liqueurs. Aujourd'hui, il est préférable d’avoir recours aux procédés de dosage des phosphates, qui ont été régularisés avec un soin extrême par M. Joulie. On suivra donc, pour cela, la marche indiquée à.l’article : Puosi’uaïes de chaux.
Cependant, on peut également recourir aux procédés suivants, en tenanthien compte des causes d’erreurs qui y sont signalées :
Quand les cendres d’un guano ou d’un engrais ne sont pas ferrugineuses et qu’elles ne laissent aucun résidu dans l’acide azotique, on peut doser facilement l’acide phosphorique qu’elles renferment par le procédé suivant dû à
(1) La potasse peut encore être déterminée en épuisant un poids connu de guano par l’eau bouillante ; filtrant, neutralisant la liqueur par l’acide chlorhydrique ; additionnant d’alcool, concentrant jusqu’aux deux tiers, filtrant pour séparer le sulfate de chaux qui, dans quelques guanos, est en proportions assez fortes, et précipitant la potasse au moyen du chlorure de platine. Le précipité, recueilli sur un filtre et bien lavé à l’alcool, est ensuite desséché à 100° et pesé.
GUANO
M. ^1/. Reynoso. On traite une quantité déterminée A' étain métallique pur, en présence de la substance à analyser, pai\un excès d’acide nitrique bouillant. Quand le métal est entièrement transformé en acide stannique, on lave le précipité, soit par décantation, soit sur un filtre; puis on le sèche, et on le calcine à l’abri de tout corps réducteur. On le pèse ensuite rapidement, car il est très-hygroscopique. En défalquant de son poids le poids calculé d’acide stannique qu’a dû produire l’étain (1), on a celui de l’acide phosphorique contenu dans l'engrais.
D’après M. Chancel, il est possible de doser très-exactement l’acide phosphorique contenu dans une substance quelconque à l’état de phosphate, en le convertissant en phosphate de bismuth, à la condition que la solution phosphatique ne renfermera ni chlorures, ni sulfates, ni sel de peroxyde de fer. Or il est toujours facile d’éliminer ces trois substances.
On prépare d’abord le réactif bismuthique en prenant 5 grammes de sousazotate de bismuth pur et parfaitement desséché. On les fait dissoudre dans 20 grammes d’acide azotique pur, à 1,42 de densité ; puis on ajoute à la solution 150 grammes d’eau distillée. On fait bouillir le tout et l’on filtre les liqueurs si elles ne sont pas limpides. Elles ne doivent pas se troubler quand on leur ajoute soit de l’eau distillée, soit de l’eau faiblement acidulée contenant des azotates en dissolution.
D’un autre côté, ou doit dissoudre la substance phosphatée, la cendre de guano, par exemple, après en avoir enlevé les sels solubles pour se débarrasser des chlorures et sulfates qui peuvent s’y trouver, dans de l’acide azotique pur, étendu de quatre fois son volume d’eau distillée. Mais ce dernier ne doit pas être ajouté en excès ; il faut le faire réagir peu à peu, à l’ébullition, de manière à dissoudre la substance, et, quand le liquide reste franchement acide au papier de tournesol, on le décante ; on lave le dépôt par décantation; on réunit ces liqueurs ; on s’assure, par le nitrate de baryte d’une part et par le nitrate d’argent de l’autre, qu’elles ne contiennent ni sulfates ni chlorures (autrement on s’en débarrasserait par ces réactifs) ; on les chauffe à 60®, et on les précipite par un excès de réactif bismuthique. On porte le tout à l’ébullition ; on laisse déposer ; on s’assure par quelques gouttes de réactif que celui-ci ne donne plus de précipité de phosphate ; alors on recueille le phosphate de bismuth sur un fdtre; on le lave avec de l’eau bouillante aiguisée de quelques gouttes d’acide azotique, puis avec de l’eau pure, puis on le sèche, on le détache du filtre qu’on brûle à part ; on calcine enfin et on pèse : le poids obtenu, multiplié par 0,79, donne celui de l'acide phosphorique du phosphate de bismuth (2).
Dosage de l’azote. — On dose l’azote total (3) : en volume, par la méthode ordinaire ; ou en poids, par tes méthodes de MM. Varrenlrapp et Will, de Bineau ou de M. Péligot.
{° En volume : 1’='^ moyen. — Pour doser l’azote en volume, on introduit dans un tube à combustion en verre peu fusible de P”, 10 de long et de 0'", 010 à
(1) L’équivalent de l'étain = 59 ; celui de l’acide stannique SnO- est égal à 75 : 1 gramme d’étain pur produit d’acide stannique.
(2) Quand le phosphate à doser est mélangé d’un sel ferrique, on ramène ce dernier 5 l’état de sel ferreux par un courant d'hydrogène sulfuré dont on chasse ensuite l'excès par un courant de gaz carbonique, et on continue le dosage comme il a été dit plus haut.
(a) C'est-à-dire l’azote qui provient, tant des sels ammoniacaux que des matières organiques azotées.
GUAMO.
0“,01d de diamètre, dont une extrémité est fermée et arrondie à la lampe, une certaine quantité de bicarbonate de soude (ou de carbonate de plomb, ou de carbonate de cuivre) que l’on recouvre d’une couche de bioxyde de cuivre pur ; on introduit ensuite un mélange intime de la substance à analyser (de 0®%50 à i gr.) avec une nouvelle dose de bioxyde de cuivre, et on le recouvre d’une couche de ce même oxyde et de tournure de cuivre préalablement grillée, puis réduite par l’hydrogène. A l’orifice de ce tuhe, on ajuste à l’aide d’un b'on bouchon un tube à gaz, à trois broches, dont la partie inférieure plonge sous une éprouvette graduée, remplie de mercure (fig. 109). On chauffe alors la partie du tube qui contient le bicarbonate, pour en dégager assez de gaz carbonique, afin de chasser complètement l’air de l’appareil dansl'éprou-
Fig. 109. — .\ppareil pour doser, à l’état de gaz, l'azote total d’un guano ou d’un engrais quelconque.
vette à mercure. Quand on voit le gaz qui s’y rend se dissoudre complètement dans une solution de potasse caustique qu’on y a introduite à l’aide d’une pipette recourbée, on cesse de chauffer le bicarbonate ; mais on porte aussitôt le tube au rouge, en commençant l’application de la chaleur par la partie antérieure du tube à combustion, et de proche en proche on place des charbons incandescents autour de ce tube, en avançant vers l’extrémité fermée où se trouve le bicarbonate de soude. Par la réduction de l’oxyde de cuivre, le charbon de la substance à analyser est converti en acide carbonique, l’hydrogène en eau, et l’azote, devenant libre, se dégage avec eux : les gaz restant dans le tube à la fin de l’expérience sont chassés par l’acide carbonique du bicarbonate, que l’on chauffe de nouveau, en dernier lieu, après la combustion de la substance. L’azote dégagé est recueilli dans l’éprouvette graduée, renversée sur le mercure et faisant fonction de gazomètre, tandis que l’acide carbonique est absorbé par la potasse qu’elle contient. Du volume de l’azote restant, correction faite delà température extérieure, de la pression barométrique et de la tension de la vapeur d’eau, on déduit son poids, sachant qu’un litre d’air pèse 1®",293 [Régnault], et qu’un litre d’azote pèse sa densité étant 0,971 [Régnault).
(Voy. pour plus de détails, les traités spéciaux d’analyse organique.)
2® moyen. — On peut opérer autrement et faire suivre le tube à combustion
GUANO
d’un tube à gaz, de 0”,80 de long, qui a son extrémité inférieure recourbée et plongée dans une cuve à mercure; il communique avec une petite pompe pneumatique avec laquelle on fait le vide dans l’appareil avant la combustion, jusqu’à ce que le mercure monte dans le tube de 0™,80 à une hauteur presque égale à la hauteur barométrique (fig. 110) ; alors on chauffe la partie du tube à combustion qui contient le carbonate. Lorsque l’acide carbonique commence à sortir de l’appareil, on fait de nouveau le vide, puis on dégage encore un peu d’acide carbonique, et on répètej:es opérations jusqu’à ce que le gaz dégagé soit complètement absorbable parla potasse ; l’appareil étant alors bien purgé d’air, on commence la combustion, comme il a été dit plus haut.
Par l’un ou l’autre de ces procédés on obtient la totalité de l’azote (celui de l’ammoniaque, des azotates et des matières organiques) à l’état de liberté.
2° En poids. — D’après la méthode de MM. Will et Varrenirappy on dose à l’état d’ammoniaque tout l’azote, moins celui des azotates, lesquels doivent être
appréciés à part. Ce procédé consiste à chauffer au rouge la matière à analyser au milieu de la chaux sodée. (Mélange desséché de 2 p. de chaux caustique et de 1 p. d’hydrate de soude.) On prend un tube en verre vert de O"", 55 à 0",60 de longueur sur 0"’,012 à 0“,015 de diamètre intérieur, et fermé à l’une de ses extrémités (fig. 111). On y introduit d’abord 1 à 2 grammes d’oxalate de chaux exempt d’amoniaque (1) ; puis on le remplit, jusqu’au premier tiers, de chaux
(1) On peut remplacer ce sel par un mélange de 1/3 d’acide oxalique avec 2/3 de sable blanc et calciné : il en faut mettre de 3 à 5 grammes {Er. B.).
GUANO
sodée réduite en fragments très-menus. On fait tomber par-dessus celle-ci le mélange préalablement préparé de la matière à analyser (de 0s'',20 à 1 gr. suivant la quantité d’azote) avec de la chaux sodée, mélange qui doit être fait très-rapidement pour éviter le dégagement de l’ammoniaque du guano, sous l’influence de l’alcali qu’on lui ajoute : il devra occuper le deuxième liers du tube. On recouvre ce mélange de fragments de chaux sodée, en laissant, dans le haut du tube, un petit espace qu’on garnit d’un tampon d’amiante. Enfin, on
l'ig. III. — Appareil de JI.M. Will et Yarrentrapp pour le dosage de l’azote, par la chaux sodée.’
ajuste à cet appareil, à l’aide d’un bon bouchon, un tube à trois boules contenant 10 centimètres cubes d’acide sulfurique à 49/1000, c’est-à-dire contenant 49 grammes d’acide pur monohydraté dans assez d’eau pure pour en faire un litre. On a préalablement entouré le tube droit d’une lame de clinquant maintenue sur lui à l’aide de fils de cuivre. Ceci fait, on le place sur une grille à analyses organiques. On interpose un écran entre le tube droit et le tube à boutes pour éviter l'action de la cbaleur sur le bouchon qui les réunit l’un à l’autre ; puis on chauffe graduellement et lentement en allant de la partie antérieure du tube droit jusqu’à sa partie postérieure. Son premier tiers, qui ne contient que la chaux sodée, doit être au rouge sombre avant que la chaleur atteigne le milieu où est la matière azotée. On chauffe enfin au rouge le reste de ce tube et la partie qui renferme l’acide oxalique ou l’oxalate de chaux, afin d’en dégager de l’oxyde de carbone qui chasse les dernières portions d’ammoniaque dans la liqueur acide. Aussitôt qu’on voit cesser le barbotement du gaz dans le liquide, on enlève le tube à boule avec son bouchon et on en verse le contenu dans un verre à pied. On lave le tube à plusieurs reprises avec de l’eau distillée ; on réunit les eaux de lavage à la liqueur acide du verre à pied ; on lui ajoute 3 ou 4 gouttes de teinture de tournesol ; puis, à l’aide d’une liqueur alcaline de soude caustique, saturant l’acide titré à volume égal (autant que possible) et mise dans une burette graduée, ou dans une burette à robinet (V. page 58, fig. 11), on neutralise peu à peu la portion d’acide sulfurique qui ne l’a pas été par l’ammoniaque dégagée du guano. On est guidé dans cette opéra-
GUANO
lion par la teinte du tournesol qui ne redevient bleue que lorsque la dernière trace d’acide libre a été saturée par une dernière goutte de liqueur alcaline. Arrivé à ce point, on lit sur la burette le nombre de divisons de soude employé pour faire cette saturation, afin d’en déduire la proportion d’ammoniaque abandonnée par le guano. Supposons donc qu’il ait fallu 6“,3 de liqueur alcaline pour saturer l’acide sulfurique dont t0'° avaient été employés au début. Ces 10" d’acide avant l’opération exigeaient 10" de soude : s’ils n’en exigent plus que 6", 3, cela veut dire que 100 — 63, c’est-à-dire les 37 centièmes de l’acide, ont été saturés par l’ammoniaque du guano. On pose alors la proportion suivante : 100 : 37 : : 0,14 : x. Ce chiffre 0,14 représente la quantité d’azote qui, à l’état d’ammoniaque, saturerait les 0s\49 d’acide sulfurique monohydraté que contiennent 10" de liqueur acide titrée. On obtient alors, pour x, le nombre O^^OSIS : il représente la quantité d’azote correspondant au poids de guano soumis à l’analyse. Si, par exemple, ce poids est égal à 1 gramme, il suffira de le multiplier par 100 pour avoir la richesse de ce guano en azote, richesse qui serait ici de 5,18 p. 100. En posant ensuite la proportion 14 : 17 : : 5,18 : x, on aurait cet azote formulé en ammoniaque.
On peut aussi évaluer l’ammoniaque d’après le procédé de M. Denham Smith, en faisant bouillir le guano avec une solution de carbonate alcalin : il se forme du carbonate d’ammoniaque, que l’on condense et que l’on traite ensuite par le nitrate de baryte, puis par un excès d’acide carbonique ; le carbonate de baryte précipité correspond exactement, équivalent pour équivalent, à la proportion d’ammoniaque contenue dans le guano soumis à l’essai.
Celle-ci se détermine encore en introduisant rapidement 1 gramme de matière pour les bons guanos, 5 et même 10 grammes pour les mauvais, dans une fiole en partie remplie d’une solution concentrée de chlorure de chaux : le gaz azote, provenant de la réaction qui s’effectue à la température ordinaire, est reçu dans un tube gradué en centimètres cubes. Son volume, mesuré après une heure de contact, ou après cessation de tout dégagement gazeux, donne celui de l'azote contenu dans les sels ammoniacaux (Melsens).
Du dosage de l’azote, on peut déduire \' équivalent du guano, c’est-à-dire la quantité de cet engrais nécessaire pour fumer la superficie d’un hectare, en prenant pour terme de comparaison le fumier de ferme d’une composition moyenne déterminée, et représentant par 10,000 la quantité de ce fumier nécessaire pour fumer un hectare. Ces deux opérations constituent le titrage du guano.
Voici, d’après Payen, un tableau synoptique des dosages d’azote et des équivalents de plusieurs engrais dont la valeur se rapproche de celle du guano :
TABLEAU
GUANO
AZOTE POUR tOOO
ÉQL'IV.MENT