‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 224 sur 470 · HUILES ESSENTIELLES OU VOLATILES · texte numérisé non relu

HUILES ESSENTIELLES OU VOLATILES

poudre impalpable avec 40 grammes de lilharge finement pulvérisée. Le mélange est introduit dans un creuset de terre ; et l’on met par-dessus 20 à .30 grammes de lilharge pure. Lorsque la fusion de la matière est complète, on couvre le creuset de charbon et l’on donne un coup de feu, pendant dix minutes environ, pour que tout le plomb puisse se rassembler en une seule masse. Après le refroidissement, on pèse le culot de plomb métallique ; plus ce poids est fort, plus le combustible essayé a de valeur, puisqu’alors il y a eu plus d’oxygène enlevé par son carbone et son hydrogène (t). Mais ce procédé n’est qu’approximatif, car il est sujet à plusieurs causes d’erreur (perte des principes volatils des combustibles bitumineux, perte de plomb dans les scories, etc.).

Les fraudes exercées dans le mesurage et dans le poids varient suivant que l’acheteur est présent ou non à l’opération. Si l’acheteur n’est pas présent lors de la livraison, il reçoit à domicile 400 kilogrammes au lieu de 500 ; ou si c’est à la mesure, une voie de 13 hectolitres au lieu de 13. Si l’acheteur, pour être plus certain de la livraison, est présent au mesurage ou à la pesée, les vendeurs ont à leur disposition plusieurs moyens de tromper son attention ; ainsi, la houille est-elle vendue au poids, un des hommes préposés à l’opération attire l’attention de l'acheteur sur l’exact parallélisme des deux becs de la bascule, et .ajuste d’une main, tandis que de l’autre il appuie habilement sur le dossier de la bascule ; à cette augmentation factice de poids, il faut ajouter le coup de genou donné sur le charbon par un autre préposé, qui semble seulement être là pour attendre que la pesée soit finie ; d’autres fois, une planche pesant de 12 à 13 kilogrammes, et diminuant d’autant la quantité de charbon, est glissée adroitement sur le plateau de la bascule.

Quand la houille est vendue à la mesure, on se sert de demi-hectolitres estampillés, mais au fond desquels l’acheteur n’aperçoit pas une couche de ciment mêlée de charbon qui y a été mise avec intention, et dont l’épaisseur est de 0'”,03 au milieu, et vers la circonférence. Pour rendre cette fraude plus difficile à découvrir, quelques marchands ont deux séries de mesures : l’une, conforme en tous points au règlement, servant au transport des bateaux dans le magasin ; l’autre, employée à la vente et garnie, au fond, de cette couche trompeuse qui diminue d’autant la mesure réelle.

Enfin, dans cette industrie, il n’est pas jusqu’.au charretier qui ne trompe à la fois l’administration et le consommateur, en livrant à celui-ci du charbon brisé, au lieu de le lui remettre beau et gros ; arrivé près des barrières, il monte sur sa voiture et brise avec une pioche le dessus du chargement, afin d’en diminuer le volume. Il fait ensuite payer à l’acheteur 4^*', 50 de droit d’entrée par voie ou par 1,000 kilogrammes, tandis que l’octroi ne perçoit que 3''',7U. On ne peut jamais obtenir le bulletin de l’octroi, qui est toujours perdu ou laissé entre les mains d’un camarade avec qui le charretier est entré ; ce bulletin n’en est pas moins rapporté fidèlement au vendeur, et le consommateur a été trompé.

HUILES ESSENTIELLES ou VOLATILES. — V. Essences.

(I) On estime, parle calcul, que le carbone produit, avec 1a litliarge pure, 3i fois son poids de plomb, et l’hydrogène 103,7 son poids, c’est-à-dire un peu plus de trois fois autant que le carbone. En multipliant le poids du plomb obtenu par 230, on obtient approximativement la valeur du combustible en calories.

HUILES FIXES OU GRASSES

HUILES FIXES ou GRASSES. — Les huiles fixes ou huiles grasses sont des produits naturels qui se rencontrent le plus ordinairement dans les cellules des semences et des fruits d’un grand nombre de végétaux, d’où on les extrait par expression, et dans le tissu adipeux des animaux, d’où on les retire aussi par expression et par liquéfaction.

Les huiles sont liquides ou solides. Leur odeur est généralement peu prononcée ; leur saveur, douce; leur couleur, très-variable. Elles sont plus légères que l’eau ; leur densité varie, à -|- 15®, de 0,907 [huile de suif ou acide oléique du commerce) à 0,961 [huile de 7'icin). A une basse température, elles se solidifient plus ou moins complètement. Elles sont fixes à une température assez élevée, et n’entrent en ébullition (apparente) qu’à 300 ou 320®. A cette dernière température, elles commencent à se décomposer, se colorent en dégageant des produits liquides [acroléine) et gazeux, facilement inflammables [cai'bio'es d'hydrogène).

Les huiles sont insolubles dans l’eau, fort peu solubles dans l’alcool (excepté les huiles de ricin, de croton tiglium), très-solubles dans l’éther. Elles tachent le papier et le rendent translucide ; la tache persiste malgré l'application de la chaleur. Elles sont sans action sur le papier de tournesol.

Les huiles sont très-dilatables par la chaleur; et, dans la vente de ces liquides à la mesure, il est important de remarquer qu’en été la mesure d’huile, qui devrait contenir 500 grammes, n’en renferme, en moyenne, que 428 grammes.

Exposées à l’air, les huiles en absorbent l’oxygène, deviennent plus visqueuses ou moins fluides. L’oxygène absorbé rend active la matière azotée parenchymateuse que l'huile contient en minime proportion ; il en résulte une sorte de fermentation qui produit la rancidité.

Cette absorption dioxygène, lente d’abord, se fait ensuite avec une grande rapidité; si l’huile est en notable quantité et qu’elle présente une grande surface, il peut arriver que la chaleur produite soit assez considérable pour déterminer son inflammation (1).

On divise les huiles fixes en deux grandes classes : 1® les huiles grasses siccatives., qui sèchent à l’air, s’épaississent en se recouvrant d’une couche transparente, jaune, flexible, et finissent par se solidifier entièrement comme le feraient certains vernis. Telles sont les huiles d'œillette, de chènevis, de lin, de noix, etc., 2® les huiles gi'asses non siccatives qui ne sèchent pas à l’air, qui deviennent moins combustibles, et enfin rancissent sans se solidifier. Telles sont les huiles d'olive, de colza, d’amandes douces, de ricin, de navette., d'œufs, de pieds de bœuf, etc.

Les huiles grasses se mêlent généralement en toutes proportions avec les essences; elles dissolvent les matières résineuses, le camphre, le phosphore, le soufre, l’iode.

Composition. — Elles sont généralement constituées par le mélange, enpro-

(I) On sait, en effet, que des incendies ont été causés par l’inflammation spontanée de chanvres, de cotons, de laines, de toiles à prélart, imprégnés d’huile ; de draps non dégraissés. En 1783, un pharmacien de Lille, Caretlc, signala, le premier, l’inflammation spontanée d’un marc de fleurs de mille-pertuis cuites dans l’huile. Le même fait a été observé, depuis, par Boissenot, de Chalonsur-Saône; par Lepage, de Gisors ; Boulongne, d’Orléans; C. Ménière, sur le résidu provenant de la préparation du baume tranquille ou de l’onguent populéum. Les pharmaciens ne sauraient donc trop se prémunir contre le danger qu’ils courent en abandonnant, dans leurs laboratoires, des masses semblables.

ClIEVALLlEll ET Baudrimont, 5' édit.

HUILES FIXES OU GRASSES

portions très-variables, de plusieurs corps gras neutres ou éthers à base de glycérine ; tels sont : Voléine ou oléate de glycérine^ la margarine ou margarate de glycérine^ la stéarine ou stéarate de glycérine, etc. Les corps gras sont d’autant plus fluides qu’ils contiennent davantage d’oléine.

Uii:i^et«. — Les huiles ont des applications nombreuses et variées dans l’économie domestique, les arts et la pharmacie (1). Les unes servent pour la table, l'éclairage, la fabrication des savons ; d’autres (huiles siccatives), pour la peinture ; en pharmacie, quelques-unes servent à préparer certaines huiles médicinales, des émulsions, etc.; d’autres sont employées comme purgatifs (2). Les huiles animales servent au corroyage des cuirs.

AUérations. — Nous avons dit que les huiles s’altéraient à l’air; on doit les conserver dans des vases en poterie, dans des dames-jeannes, des jarres ou des réservoirs en pierre, placés dans un lieu frais, et surtout à l’ahri du contact de l’air.

Les huiles peuvent être altérées par la présence de substances métalliques, telles que le cuivre, le gjlumb, provenant des vases où elles auraient séjourné. Pour en reconnaître la présence, on agite pendant quelque temps l’huile avec deux fois son poids d’acide nitrique; on sépare ensuite l’acide, et on verse de l’ammoniaque : s’il y a du cuivre, il se développe une belle couleur bleue ; la liqueur acide, neutralisée par la potasse, donne, si elle l’cnferme du plomb, un précipité blanc avec la potasse, l’acide sulfurique ou le sulfate de soude ; un précipité brun-noirâtre avec l’hydrogène sulfuré ; un précipité jaune avec l’iodure de potassium et le chrômate de potasse.

Falsifications. — Les huües sont souvent l’objet de falsifications nombreuses, qui consistent à les mêler soit avec d’autres huiles inférieures en qualité et en prix, soit avec des graisses ou avec des huiles animales, sojt avec des huiles minérales, des huiles de résine, des résines elles-mêmes, etc.

Quand elles sont fraudées par ces dernières substances, l’analyse est, jusqu’à un certain point, facile. Mais lorsque les huiles grasses sont mélangées entre elles, comme leur composition est presque semblable, on éprouve les plus grandes difficultés à établir la nature de ces mélanges ; aussi, malgré le nombre considérable de procédés proposés par d’habiles chimistes, pour ce genre d’analyse, on doit avouer qu’il n’en est pas un seul qui résolve la question d’une manière absolue. Cependant, tous les efforts de ce genre méritent d’être connus, parce que s’ils ne donnent pas la vérité tout entière, ils en dévoilent au moins une bonne partie. Nous chercherons donc à exposer aussi méthodiquement qu’il est possible l’analyse des travaux considérables entrepris sur cette matière, notamment ceux de MM. Caületet, Calvert, Chateau, Massie, etc. Nous citerons surtout les résumés de l’excellente thèse que M. Chatin [François] a présentée en 1872 à l'École de pharmacie sur Y Essai des huiles, thèse qui embrasse toutes les publications faites sur ce sujet.

Ces travaux ont pour but de permettre de déterminer, d’abord, la nature d'une huile considérée à l’état de pureté; ils donnent ensuite les moyens de reconnaître les divers mélanges qu’on leur fait subir pour les frauder.

Comme pour toutes les recherches difficiles, il est nécessaire ici de mettre

(1; A Paris seulement, on consomme annuellement près de cent mille hectolitres d’huiles de toute espèce.

(2) Les huiles rancies doivent être rejetées de l’emploi médical.

HUILES FIXES OU GRASSES

en relief l’ensemble des propriétés organoleptiques, physiques et chimiques des corps à étudier. Pour les premières, on devra tenir compte de l’état, de la couleur, de l’odeur, de la saveur.

Propriétés org'anoleptiques. — État. — Les huiles sont toujours liquides, mais elles son^t plus ou moins fluides, et il peut en résulter des indications assez importantes comme on le verra plus loin {Fluidité. — Figures de cohésion).

Couleur. — Elle varie du jaune clair [H. d’œillette) au jaune orangé vif {H. de coton) et au jaune verdâtre {H. d’olive). \Jhuile de ricin est presque incolore.

Odeur. — Quelques commerçants sont assez habiles pour reconnaître une huile à l’odeur qu’elle dégage en en frottant quelques gouttes entre les mains ; ils peuvent même apprécier par là la nature de certains mélanges huileux. On y arrive assez bien lorsqu’on expose l’huile dans une petite capsule, à la flamme d’une lampe à alcool, en agissant comparativement avec d’autres espèces d’huiles reconnues pures. Clarke a remarqué que l’odeur se dégageait mieux aussi par l’addition d’acide sulfurique.

Saveur. — Elle est quelquefois suffisamment caractéristique pour persister dans quelques mélanges; aussi il est des dégustateurs d’huiles qui reconnaissent avec habileté leur plus ou moins grande pureté.

Propriétés physiques. — Fluidité. — D’après M. Massie, la fluidité des huiles est en raison inverse de la quantité de margarine qu’elles renferment. Il en résulte qu’elles peuvent s’écouler plus ou moins rapidement par l’extrémité d’un tube effilé. Quand on compare leur temps d’écoulement pour une même température, à celui d’un égal volume d’eau, prise pour unité, on en retire quelques indications utiles.

Figures de cohésion. — On nomme ainsi les différentes dispositions qu’affecte une goutte d’huile placée à la surface de l’eau contenue dans un vase à large surface (verre ou capsule). M. Tomlinson et M. Fr. Chatin, qui ont étudié chacun ce phénomène, y trouvent pour quelques huiles et même pour leur mélange, des caractères tellement tranchés, qu’on pourrait, au dire de ces expérimentateurs, en reconnaître la nature à la simple vue. C’est ce dont on peut se rendre compte d’après la figure 112, page 532.

Densité. — Oléométrie. — Toutes les huiles n’ont pas le même poids sous le même volume, pour une même température; elles se distinguent donc les unes des autres par leur densité, toujours plus faible que celle de l’eau. Mais les chiffres qui représentent cette propriété physique sont quelquefois tellement rapprochés les uns des autres que la confusion devient possible entre elles, surtout si l’on remarque que toutes ces huiles n’ont pas un même coefficient de dilatation : il en résulte qu’une huile plus dense qu’une autre à -|- 15°, par exemple, deviendra plus légère pour une température plus élevée. Quoi qu’il en soit, on peut tirer de bonnes indications du poids spécifique des huiles, en opérant toujours à -|- 15°, température moyenne communément adoptée. (Voir au tableau des propriétés physiques des huiles, pages 554 et 555.)

Pour évaluer ces densités, on a imaginé des aréomètres spéciaux dits Oléom'etres : ce sont ceux de Lefebvt'e, de Laiœot, de Gobley. On peut se servir aussi à cet effet de V alcoomètre de Gay-Lussac dont les degrés correspondent à des densités déterminées, ainsi que cela a été établi par M. Schubler et par M. Eug. Marchand. M. Massie s’est servi également d’un «/ensfmè/re très-précis. Dans ces

HUILES FIXES OU GRASSES

derniers temps, M. Pinchon, pharmacien à Elbeuf, a imaginé un aréomètre thermique, dont l’emploi sera décrit plus loin.

Oléomètre Lefebvre. — L’aréomètre particulier imaginé, en 1839, parZe/eii-re d’Amiens, et auquel il a donné le nom ^oléometre à froid (fîg. 113), a la forme d’un aréomètre ordinaire ; seulement le réservoir cylindrique est très-grand et la tige très-longue. Celle-ci porte une échelle graduée partant du degré 9,000, qui est marqué seulement 00 (le premier et le dernier chiffre étant sous-

Fig. U 2. — Fùjures de cohésion. Pour les obtenir, il faut déposer légèrement une goutte d’huile à essayer, à la surface d’une couch’ d’eau au repos, contenue dans une soucoupe. A la figure I, donuée d’abord par Vhuiîe d’œillette, succède la figure 2 du même produit (i).

Fig. 113. — Oléomètre de Lefebvre.

entendus, i\ cause de la difficulté de les écrire sur l’échelle), et se terminant au degré 9,400, marqué 40. Donc, 9,000 et 9,400 sont les limites entre lesquelles sont renfermées les densités des diverses huiles commerciales, comparées, à -f- 13®, à celle de l’eau distillée prise pour unité, et représentée par 10,000. A la gauche de l’échelle, et en face de la densité, se trouvent les noms des huiles, plus une couleur à peu près semblable à celle que prend chaque espèce sous l’inlluence de l’acide sulfurique concentré, d’après les observations de M. Heydenreich . L’oléomètre à froid a été gradué à -f- 13® ; les essais doivent donc être faits à cette même température, pour éviter les corrections, car la densité des huiles varie avec celle-ci. Cependant, pour faciliter les observations, Lefebvre a dressé des tables qui donnent les poids des différentes huiles à l’hectolitre pour des

(1) Voir thèse de Fr. Chatin {loco citalo).

HUILES FIXES OU GRASSES

températures comprises entre -f- 30® et — 6®. Lorsqu’on opère avec l’oléomètre à une température supérieure à + 15®, la différence dans la densité est de 0,001 en plus ou en moins pour 1®,5 au-dessous ou au-dessus de 15®, et, par conséquent, de 0,002 pour 3®. Ainsi à -f- 18® il faut augmenter de 2 millièmes la densité trouvée, et diminuer de 2 millièmes la densité trouvée à -|- 12®.

Nous donnons ci-après le tableau de la densité des huiles que Lefebvre a déterminée au moyen de l’oléomètre (I) :

DENSITÉ à-M5», celle de l’eau étant 10,000.

POIDS

<Ie

L^HECTOUTnc.

POIDS

du

LITRB.

Huile du corps du cachalot

kil.

gt*-

— de suif ou oléine

— de colza d’hiver

— de navette d’hiver

— — d’été

— de pieds de bœuf

— de colza d’été

— d’arachide

— d’olive ..

— d’amandes douces

— de faîne

— de ravison

— de sésame

— de baleine, filtrée

— d’œillette (21

— de chènevis

— de foie de morue

— — de raie

— de caméline

— de coton

— de lin

Il est à remarquer que beaucoup de mélanges d’huiles ne peuvent durer que pendant très-peu de jours, lorsque ces liquides sont laissés en repos : Lefebvre a reconnu que les huiles les plus lourdes ne tardent pas à se déposer presque complètement. Ainsi, un mélange d’acide oléique avec toute autre huile de graines ne subsiste pas deux jours, parce que l’huile pesante va occuper le fond du vase, et l’huile légère reste à la partie supérieure (3).

Oléomètre Laurot. — V. Huile de colza.

h' élaiomètre de Gobley et l’emploi de X alcoomètre de Gay~Lussac seront décrits à l’article : Huile d'olive.

Densimètre de Massie. — Le densimètre de précision, employé par M. Massie,

(1) Ces densités s’appliquent à des huiles récemment obtenues, et que Lefebvre a extraites luimème, afin de les avoir dans un grand état de pureté. Il faut observer que, lorsque les huiles vieillissent, leur densité augmente toujours sensiblement; l’augmentation ne porte toutefois que sur les deux dernières décimales.

Mais l’oléomètre de Lefebvre est impuissant à déceler les mélanges, et lorsqu’il indique une fraude, il ne peut faire connaître la nature de l’huile ajoutée.

(2) Une fraude, qui paraît se pratiquer quelquefois sur les huiles d’œillette, consiste à les vendre à l’hectolitre dans des tonneaux de petite jauge, à fond de bois épais, et qui, au lieu de dépoter 92 kil., ne dépotent que 82 à 90 kil. Cette tromperie démontre une fois de plus l’avantage qu on retirerait de l’emploi de barils estampillés et jaugeant un volume connu en litres.

(3) Cette séparation explique la différence que l’on remarque dans des huiles destinées à l’éclairage et qui sont prises dans le môme baril ; en effet, les unes brûlent bien, les autres brûlent mal.

HUILES FIXES OU GRASSES

porte 75 divisions correspondant aux densités 0,900 jusqu’à 0,975. La lecture des divisions obtenues pour la température de + doit se faire en haut du ménisque. Les chiffres qu’il donne correspondent exactement à ceux que l’on obtiendrait par la méthode des pesées. Les voici disposés en tableaux :

Huile

de suif (acide oléique) . .

Huile d’amandes amères

de moutarde blanche. ...

de faîne 0,920 à

de colza

de sésame

de navette

de coton blanche

d’olive vierge..

de pavot blanc (U® expr.)

— ordinaire.......

— (2' expr.)

— (3' expression) . .

de chènevis

de noisette

de cameline

de pied de mouton

de graine de soleil

— de bœuf

de noix

d'arachide

de coton brune

de lard

de foie de morue brune

de moutarde noire

de lin

d’amandes douces

de ricin

Dans une communication assez récente.

M. Stilhvell a établi par des

expé-

riences la densité d’un certain nombre d’huiles, prises à-j-15®. Malheureusement, les chiffres qu'il produit ne concordent pas absolument avec les précédents. Ils sont inscrits dans le tableau suivant (1) :

Blanc de baleine 0,8815

Élaïne 0,9011

Huile de palme.. . 0,9046

Suif 0,9137

Huile de pied de bœuf 0,9l42

— de colza blanche 0,9144

— d’olive jaune verdâtre 0,9144

— de noisette 0,9154

— d’olive vierge pâle 0,9163

— de colza jaune foncé 0,9168

— d’olive foncée 0,9169

Saindoux 0,9175

Huile de loup marin 0,9199

— de morue 0,9205

— de coton brute 0,9224

— — raffinée 0,9230

Huile de morue Labrador 0,9237

— de pavot 0,9245

— de phoque naturelle ... 0,9246

— de coco 0,9250

— de baleine naturelle 0,9254

— — blanchie 0,9258

— de foie de morue pure 0,9270

— de phoque exprimée. . . 0,9286

— de coton blanche 0,9288

Menhuden 0,9292

Huile de lin brute 0,9299

Porgy 0,9332

Huile de lin bouillie 0,9411

— de castor, à froid 0,9667

— de résine 0,9887

(Dilatation pour 1“ = 0,00003.)

Aréomètre thermique de M. Pinchon. — Cet instrument est disposé de telle façon qu’il y a toujours concordance entre les degrés indiqués par l’aréomètre et celui que marque le thermomètre qu’il contient ; mais il faut pour chaque espèce d’huile un aréomètre qui lui est spécial ; c’est là le côté défectueux de cette invention. De plus, le défaut de concordance entre l’aréomètre et le thermomètre ne fait pas connaître la nature de la fraude ; mais il a le grand avantage de mettre de suite l’acheteur en garde contre le produit qu’il essaye, en lui signalant une anomalie que ne présente jamais l’huile pure par rapport à l’instrument.

(I) Voir aussi le tableau de la Densité des huiles grasses établi par M. Cloez (Dictionnaire de chimie, Wurti, t. II, p. 40).

HUILES FIXES OU GROSSES

Celui-ci se compose d’un grand aréomètre ayant une tige graduée longue, mince et plate C, portant des graduations A qui sont liées à celles du thermomètre et qui font toute la valeur de cet instrument. Derrière ces graduations figurent en B les densités du liquide aux diverses températures. Cette tige se rattache à un gros flotteur qui se termine lui-même par une boule contenant du lest. Au-dessus de celui-ci, et dans l’intérieur du flotteur, se trouve fixé un petit thermomètre dont la tige recourbée s’applique contre la paroi interne du flotteur (fig. H4). En plongeant cet aréomètre dans l’huile qu’on veut essayer, laquelle est contenue dans une éprouvette à pied de grandeur suffisante, il ne faut que 1/4 d’heure à 1/2 heure pour que le thermomètre ait pris la température du liquide dans lequel il est plongé. En même temps, l’aréomètre qui le contient s’y enfonce plus ou moins, suivant la densité de ce liquide et suivant sa température. Alors, on fait la lecture, et du degré qu’indique le thermomètre, et de celui où s’arrête le niveau de l’huile sur la tige de l’instrument : les deux chiffres obtenus seront semblables si l’huile est pure. Ainsi l’aréomètre marquant 17", par exemple, le thermomètre doit également marquer 17" (à un demi-degré près); s’il y a discordance, si, par exemple, l’un marque 18" et l’autre 20", et surtout si l’écart est encore plus grand, on peut affirmer que l’huile essayée n’est pas pure. Qu’importe la nature delà falsification? On sait seulement que la livraison n’est pas conforme à la demande. IIIHIIIIII

Des aréomètres de ce genre ont été construits déjà pour l’examen des huiles à.' olive, à' arachide, An colza, à' amandes douces, de lin; pour les acides oléiques et pour les glycérines.

Malgré le talent bien connu du constcucteur, on doit toujours en faire la vérification au moyen d’un échantillon bien pur des huiles auxquelles on doit les appliquer.

Procédé oléométrique de M. Donny. — Ce procédé trèsingénieux consiste à colorer d’abord l’huile à essayer d’un peu d’orcanette ou de coralline et à en porter avec précaution une goutte, au moyen d’un tube effilé, au milieu d’une certaine quantité d’huile type contenue dans une éprouvette à pied. Suivant que cette gouttelette colorée reste stationnaire, ou qu’elle s’élève ou qu’elle descend, on en conclut que sa densité est égale, ou inférieure, ou supérieure, à cell.e à laquelle on la compare, toutes deux prises à la même température. thermiqiiedeM.Finchon(l).

Il est évident, qu’en dehors de tous ces procédés, on peut prendre le poids spécifique d’une huile grasse par la méthode des flacons, maisles moyensprécédentsontété imaginés pour rendre l’expérience plus rapide.

(I) Les divisions marquées dos à dos dans l’intcrieur de la tige plate C, ont été placées ici latéralement et au dehors pour aider à la description de l’instrument.

HUILES FIXES OU GRASSES

En résumé, la connaissance du poids spécifique d’une huile grasse peut aider à en établir la nature ; mais elle n’est pas suffisante, et ne saurait être employée d’une manière exclusive à cette détermination.

Congélation. — On a proposé de distinguer les huiles grasses en observant leur point de congélation, lequel varie avec leur nature. Ce procédé manque peutêtre de précision. Le tableau suivant indique la température de congélation de quelques-unes de ces substances :

Huile

d'olive pure

Huile

de colza

d'arachide

de noisette

de foie de morue

de chènevis, de lin

de pied de bœuf

de graines de soleil, de rai-

— de mouton

sin

de lard

dft faîne . ...

de moutarde noire

de cameline , d’œillette, de

de coton

ricin

de dauphin

d’amandes d’abricots

de navette

— douces

de sésame

de noix

de suif (acide oléique)

de pin

Chaleur dégagée au contact de V acide sulfurique. — M. Maumené, puis M. Fehling, ont mis à profit l'élévation de température produite par le mélange d’une huile avec l’acide sulfurique pur, pour apprécier, dans certains cas, la pureté des huiles du commerce.

Voici les résultats obtenus par M. Maumené avec 50 grammes de chaque huile mêlée à 10'“ d’acide sulfurique à 66°, et par M. Fehling avec 15 grammes d’huile seulement (1) :

Élévation Élévation

de température (2). de température.

[Maumené. )

(Fehling.)

Degrés.

Degrés.

Huile d'olive

d’œillette

de colza

d’amandes douces. .

de navette

de pavot

de navette

de lin

de faine

ïi

de sésame

de ricin

de noix

de chènevis

de foie de raie

de foie de morue. . ,

d’arachide

(1) Dans ces dcrniers»temps (1875), M. Maumené a fait une curieuse remarque : il a vu que l’acide sulfurique récemment bouilli, développait plus de chaleur avec une même quantité d’huile, que. le même acide n’en produisait après deux mois de conservation. Ce dernier, avec l’huile d’olive, ne donnait que 34°,5 alors que le premier faisait monter le thermomètre jusqu’à 4 2“.

(2) On entend ici par élévation de température la différence entre la température initiale de l’huile et celle qu’elle présente après son mélange avec lacide.

1 (3) L’acide sulfurique employé n’est pas pur, il est à 90 p. 100.

HUILES FIXES OU GRASSES

M. Fehling a observé, pour certaines huiles, comme l’huile d’olive mêlée d’huile d’œillette, que l’élévation de température est en rapport direct avec la quantité d’huile d’œillette qui existe dans le mélange. (Voy. art. Huile I d’olive.)

Pour d’autres huiles, comme l’huile de lin mêlée d’huile de navette, l’élévation ! de température est inversement proportionnelle à la quantité d’huile de navette j que contient l’huile de lin ; ainsi :

5 p. lOO d'huile de navette donnent une élévation de température de 73"

Electricité. — Diagomètre de Rousseau. — Il sera décrit à l’article Huile d’olive.

Lumière. — Indices de réfraction. — Dans une thèse présentée à l’École de pharmacie en 1863, M. Ch. Torchon a utilisé la détermination des indices de réfraction comme moyen d’analyse qualitative et quantitative des huiles. Ce procédé, d’une pratique assez difficile, peut rendre cependant quelques services et conduire à des résultats précis, lorsqu’il s’agit d’une huile pure ; mais il n’offre plus les mêmes avantages lorsqu’on veut l’appliquer à l’étude de certains mélanges. Nous renvoyons donc à la thèse elle-même, pour ce qui concerne ce moyen d’analyse.

Dissolvants. — Les huiles grasses sont insolubles dans l’eau et dans l’alcool. Seules, les huiles de ricin et de croton se dissolvent dans ce dernier véhicule ; mais toutes sont solubles dans l’éther, la benzine, le sulf ure de carbone. Peutêtre présentent-elles quelques différences entre leur degré de solubilité dans ces divers agents ; mais on n’a entrepris encore aucun travail bien régulier tendant à le prouver.

Propriétés chimiques. — Action de l’air. — L’air, par son oxygène, altère les huiles avec plus ou moins de rapidité ; il les rancit, c’est-à-dire, les rend acides en leur communiquant de l’odeur et une certaine coloration ; mais les unes restent fluides, tandis que les autres s’épaississent et se solidifient. On désigne ces dernières sous le nom dihuiles siccatives: ce sont les huiles de lin, de soleil, de chènevis, de pavot, de noix, de cameline, de moutarde noire, de navette et de faîne. Les huiles non siccatives sont celles d'amandes douces, d'amandes amères, de noisette, d'olive, d'arachide, de lard, de sésame, d'amandes, d'abricots, de moutarde blanche, de colza, de coton, deipied de bœuf, de pied de mouton, de ricin et de foie de morue.

Les huiles non siccatives sont solidifiées par les vapeurs nitreuses, tandis que les huiles siccatives restent fluides en présence de cet agent.

Action des réactifs. — Les huiles grasses dissolvent le soufre, le phosphore, mais absorbent chimiquement le chlore, le brome et l’iode.

L’acide sulfurique, l’acide azotique soit seul, soit combiné au mercure, les mélanges d’acide azotique et d’acide sulfurique, tous réagissent sur les huiles en produisant avec elles des colorations diverses et caractéristiques, suivant le mode d’expérimentation. De là les procédés d’analyse si nombreux qui seront décrits plus loin sous le nom de leurs auteurs.

HUILES FIXES OU GRASSES

Les alcalis produisent avec ces corps gras une prompte saponification qui peut quelquefois servir à déterminer leur nature spéciale, etc., etc.

Procédés chimiques pour l’analyse des huiles grasses. — Après l’emploi deS caractères physiques pour établir la nature d’une huile donnée, il est un grand nombre de procédés chimiques auxquels on doit avoir recours pour compléter les indications qu’on a pu obtenir. Tous n’ont pas la même valeur ; mais ils s’ajoutent les uns aux autres pour rendre ces déterminations certaines.

Procédé Poutet (1819). — V. Huile d’olive.

Procédé Boudet(1832). — En étudiant le procédé Poutet, M. Félix Boudet reconnut que Y acide hypoazotique et non Y azotate de mercure agissait sur les huiles non siccatives en les solidifiant. Gette action, due à la transformation de leur oléine liquide en élaïdine solide, sous l’influence des vapeurs nitreuses, est plus ou moins rapide suivant la nature du corps gras en présence. En mettant à profit les colorations produites et la mesure du temps employé à cette solidification, il est possible de distinguer certaines huiles les unes des autres. Pour cela on fait réagir Qs'', 06 d’un mélange d’acide azotique à 3o“ Baumé (3 parties) et d'acide hypoazotique (1 partie) sur .6 gr. d’huile, en opérant à la température ordinaire (-j- 17“). Le tableau suivant donne le résultat de ces recherches :

COLORATION qu'elles prennent immédiatement après leur mélange avec le réactif.

NOMBRE de minutes écoulées avant leur

solidification.

RAPPORT des nombres de minutes, celui de l'huile d'olives étant pris

pour 10.

Huile d’olive

Vert bleuâtre.

— d’amandes douces

Blanc sale.

ICO'

amères

Vert foncé.

ICO'

— de noisette

Vert bleuâtre.

— de noix d’acajou

Jaune soufre.

— de vicin

Jaune doré.

— de colza

Jaune brun.

— d’œillette

Légèrement jaune.

— de faîne

Rose.

— de noix

Rose.

Il résulte de ces expériences que, sous l’influence de Tacide hyponitrique, les huiles non siccatives sont solidifiables.

Procédé Fauré. — En 1839, M. Fauré a proposé l’action de l’ammoniaque : suivant ce chimiste, les couleurs et les consistances variables que cet alcali donne aux huiles peuvent servir à reconnaître des mélanges. Voici un tableau indiquant les expériences comparatives que M. Fauré a faites sur différentes huiles, avec l’ammoniaque et l’acide hyponitrique :

TABLEAU

HUILES FIXES OU GRASSES

AMMONIAQUE

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