‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 226 sur 470 · I.’aCIDE SL’I.FIRIQUE · texte numérisé non relu

I.’aCIDE SL’I.FIRIQUE

l’acide SCLI'UniQUE

sans agitation. '

après agitation.

Huile de colza

— de navette

Auréole bleu verdâtre, avec

quelques stries d’un brun jaunâtre clair au centre.

Bleu verdâtre (2).

— de moutarde noire.

Bleu verdâtre (1).

Bleu verdâtre.

— de cameline

Jaune passant à l’orangé vif.

Gris jaunâtre (3).

Jaune avec des stries brunes

au centre.

— d’olive

Jaune pâle, puis jaune ver-

dâtre.

Jaune plus ou moins sale

— d’œillette

— d’amandes douces..

Jaune-serin, puis jaune terne.

ou grisâtre.

— d’arachide

Jaune gris sale.

— de chènevis

Vert-émeraude.

— de lin

Rouge brun foncé, puis brun

Brun noir (4J.

noir.

— de sésame

Rouge vif.

— de suif

Brun.

Brun foncé sale.

Rouge vif passant au violet.

Rouge brun très-vif pas-

morue

sant au brun foncé et au violet.

Quand on a reconnu, par l’intervention de l'acide sulfurique, l’espèce d’huile ajoutée à celle que l’on examine, on peut, pour compléter l’essai, déterminer la densité de l’huile, comme l’a proposé M. Heydenreich, à l’aide de l’alcoomètre de Gay-Lussac, en prenant l’eau pour unité, et partant de l’huile la plus légère [l'huile de suif), dont la densité est 0,900, ce qui correspond, sur cet instrument, au 66® degré, puis descendant jusqu’au 34® degré, correspondant à 0,961, densité de l’huile la plus lourde (l’huile de ricin). On se sert de la table suivante des densités des huiles, dressée par M. Schüblet' (page 341).

Procédé Behrens. — M. Behrens, pharmacien à Sainte-Croix (canton de Vaud), a proposé un procédé assez sensible pour reconnaître la falsification des diverses huiles au moyen de V huile de sésame (3).

L’essai se pratique en mettant en contact 10 grammes de l’huile à essayer avec 10 grammes d’un mélange, à poids égal, d’acide sulfurique et d’acide nitrique du commerce; on observe à, l’ instant la coloration produite, car, au bout d’une ou deux minutes, le mélange brunit, puis devient tout noir.

Voici les colorations qui se manifestent par le contact des huiles et du réactif :

Huile de sésame, coloration vert-pré foncé.

— d'olive, — jaune clair.

(1) Il faut doubler la quantité d'huile, et en employer 25 à 30 gouttes.

(2) Si, au lieu d’une goutte d’acide, on en met 5 ou G, toute la masse prend une couleur rougeâtre, peu intense, et reste seulement verte sur les bords.

(3) Si, au lieu de lü gouttes, on en met une trentaine, il y aune légère coloration en vert bleuâtre, qu une goutte d'acide de plus change aussitôt en gris; 5 ou 6 gouttes d’acide colorent cette huile en orangé très-vil".

(4) Avec 5 ou G gouttes d'acide, cette huile forme une masse résmeuse noire cojisistante.

(5) La falsification des huiles d’olive, d’amandes, de ricin, par l’huile de sésame, peut se faire avec profit, à Marseille surtout, où l’huile de sésame arrive d’Égypte, exonérée de droits; hors de Paris, on pourrait aussi falsifier l’huile d’œillette ; mais à Paris, tous droits payés, ces deux huiles reviennent à peu près au même prix.

HUILES FIXES OU GRASSES

Huile de sésam&, coloration vert-pré foncé.

de lin, d’amandes, de ricin, de colza, d’œillette.

rouge-brun, rose-fleur-de-pècher.

peu changée, brun rougeâtre, rouge-brique.

Avec ce réactif, on reconnaît 25 pour 100, et, d’après Guibourt et Réveil, 10 pour 100 d’huile de sésame dans l'huile d’olive.

M. Roth a indiqué un essai à peu près semblable, qui consiste à faire réagir sur une huile, un acide sulfurique saturé de vapeurs nitreuses. Dans un autre procédé, il mélange parties égales d’huile et d'acide sulfurique concentré ; après agitation, il projette le tout dans de l’eau où le savon se divise en grumeaux diversement colorés suivant la nature des huiles employées.

Procédé Calvert (1854). — Calvert est parvenu à distinguer les unes des autres les huiles les plus usitées, en se servant d’acides étendus et de lessives alcalines diluées. Les caractères distinctifs sont donnés par les différences de coloration et de fluidité; quelques-uns sont assez tranchés pour permettre de découvrir 10 p. 100 et même 1 p. 100 d'huile étrangère à celle que l’on soumet à l’essai. Les réactifs employés sont les acides sulfurique et nitrique, à

Tableau de la densité des huiles {Schùbter).

DENSITÉ

celle de l'eau étant prise pour unité.

DEGRÉS

de

l'alcoomèlre centésimal qui y correspondent.

Huile de suif

— de noyaux de prune {prunus domestica). . . .

— de navette {brassica napus oteifera)

— de colza {brassica campestris o/eifera)

— de brossica prœcox (de Decandolle)

— du chou-navet 6rc/.Mtc« napo-brassica)

— de moutarde blanche {sinnpis alba)

— de rabioule ou turneps {brassica rapa)

— de moutarde noire (sinapis ingra)

— d’olive (o/ea ewropœa)

— d'amandes douces {arr,ygdalus coinmunis). . .

— de raifort cultivé (raphanus salivus)

— de raisin {vitis vinifcru)

— de faîne (jfogus sylvatica)

— de baleine filtrée

— de citrouille (cucurbita pepo)

— de tabac [nicotiana tnbucum)

— de cresson alénois [lepidium sativum]

— de noisette {con/tus avetlana)

— de pavot ou d’œillette {popaver somniferum).

— de belladone {otropa belladone)

— de cameline {myogrum satioum)

— de sapin commun Ipinus picca)

— de noix {jugions regia)

— de tournesol {helianthus onnuus)

— de chènevis [cannabis saliva)

— de julienne des jardins [hesperis mutronalis).

— • de pin sauvage ipinus sylvestris)

— de iin {linum usitalissimum)

— de gaude {réséda luteola)

— de fusain {evonymus eurofceus)

— de ricin {rxcinns communis)

HUILES FIXES OU GRASSES

différentes densités; la soude caustique, d’une densité 1,340; l’acide phosphorique sirupeux; l’acide nitrique et la soude; l’eau régale et la soude, par application successive. Ce dernier réactif paraît donner les résultats les plus nets.

Les réactions que Calve7-t a observées de cette manière, avec un certain nombre d’huiles, sont consignées dans le tableau que nous donnons à la page suivante.

Pour montrer l’usage qu’on peut faire de ce tableau, supposons un échantillon d’huile de colza altérée par une autre huile : on emploie d’abord la liqueur alcaline qui, donnant une masse blanche, prouve l’absence des huiles de poisson, ainsi que des huiles de lin et de chènevis; l’échantillon en question ne donnant aucune réaction nette avec les trois acides sulfuriques et les trois acides nitriques, on élimine les huiles d’œillette et de sésame, qui auraient rougi; il ne reste donc plus à rechercher que les huiles de pied de bœuf, de saindoux, d’arachide, d’olive et de ricin. Pour découvrir laquelle de ces huiles est mélangée avec l’huile suspecte, on en agite une partie d'abord avec l’acide nitrique (densité = 1,300), puis avec la soude caustique. Ces deux actions réunies excluent les huiles de pied de bœuf, d’arachide et de ricin, l’échantillonne donnant pas, dans ce cas, une masse fluide demi-saponiliée. En appliquant l’acide phosphorique sirupeux, on n’obtient pas de coloration verte ; l’huile d’olive se trouve éliminée. Quant à l’huile de saindoux, on reconnaît sa présence en ajoutant de la soude caustique à l’huile préalablement traitée par l’eau régale ; l’huile de colza seule fournit une masse jaunâtre demi-saponifiée, tandis que l’huile de saindoux donne une masse rose fluide (C. Calvert).

Procédé Cailletet. — En 1859, M. Cailletet (de Charleville) présenta quatre procédés basés sur des colorations souvent assez caractéristiques pour décider de la pureté d’une huile. On doit dire qu’ils sont d’une application assez restreinte, et d'une manipulation très-minutieuse et délicate; mais ils donnent quelques réactions très-exactes.

Le premier procédé consiste â faire réagir sur les huiles, pendant 30 secondes, un mélange d’acide sulfurique concentré à 66® (D = 1,84) et d’acide azotique à 40® Baumé, et à observer les colorations obtenues avec l’huile et l’acide, à des températures comprises entre -)- 7® et -j- 24®. On fait varier le volume d’acide sulfurique employé avec la température. {Voy. le tableau géné?'al.)

Dans le deuxième procédé, on examine les colorations que prennent les huiles sous l'influence de l’acide azotique saturé de vapeurs nitreuses. On prépare ce dernier réactif en dissolvant à froid, 1®® de mercure dans 99®® d'acide azotique du commerce. Après une demi-heure on ajoute 3®® de ce réactif â 4®® d’huile, et on agite le mélange pendant 5 secondes. {Voy. le tableau yé7ié?'al.)

Le troisième procédé consiste à mesurer le temps nécessaire â la solidification des huiles, en faisant agir sur ces dernières l’acide hypoazotique pendant 0 minutes et à la température de -f- 100®.

Dans le quatrième procédé, on traite 1®® de mercure par 12®® d’acide azotique à 40® Baumé en présence de 4®® d’huile, le tout dans un tube à essai ou dans un verre, à-f- 12® : la coloration de la mousse qui se produit et celle de l’huile qu’elle recouvre donnent des caractères assez distinctifs.

Procédé Chateau. — En 1861, M. Chateau a formulé, pour l’analyse des huiles, une série d’essais méthodiques qui, employés successivement, lui permettent d’établir des divisions et subdivisions comme dans un tableau dicho-

HUILES FIXES OU GRASSES

tomique, et d’éliminer par conséquent au fur et à mesure un certain nombre d’huiles par lesquelles il faudrait passer, si l’on n’était guidé par sa méthode. De cette manière, on arrive à n’avoir qu’un nombre très-restreint d’huiles à examiner.

rt-

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eD-

CD

Pé

CD

HUILES FIXES OU GRASSES

Les réactions générales dont il se sert pour arriver à ce but sont :

1“ L’emploi du bisulfure de calcium donnant un savon jaune restant coloré ou se décolorant ;

2“ Les colorations produites à fi'oid et à chaud par V acide phosphorique sirupeux;

3® Les colorations données par le chlorure de zinc sirupeux ;

4“ Les colorations engendrées par Y acide sulfurique ordinaire ;

5“ Les colorations que forme le nitrate acide de mercure (azotate mercurique) employé séparément et conjointement avec Y acide sulfurique ;

6® Les colorations développées par l’emploi du bichlorure d’étain fumant;

7® L’emploi du gaz chlo7'e qui établit une séparation entre les huiles végétales et les huiles animales.

Ces réactions générales sont complétées par la mise en œuvre de plusieurs autres réactifs, joo^asse, ammoniaque, acide azotique, etc.

Tous ces réactifs s’emploient en en versant quelques gouttes (4 ou 5) sur l'huile placée dans un verre de montre et occupant environ la surface d’une pièce de un franc. Le verre de montre doit reposer sur une feuille de papier blanc.

Tableaux méthodiques des réactions des huiles {Th. Chateau).

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