‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 246 sur 470 · HUILE DE NAVETTE · texte numérisé non relu

HUILE DE NAVETTE

procédé Calvert au moyen de la soude caustique, après l’action de l’acide azotique, fera reconnaître cette dernière. Quand elle contient de l’Aîu'/e rfe joofsson, elle noircit par le chlore. L’huile de colza y est décelée par les procédés Cailletet et Van Kirckhoff. (Voy. Huile de colza.)

On l’a quelquefois falsifiée par l’addition àliuile de foie de morue désinfectée. Ce mélange est pratiqué surtout pour l’huile destinée àla préparation de l’encre d’imprimerie. On le reconnaît en agitant dans un tube à essai 10 parties d’huile avec 3 parties d’acide azotique du commerce : après quelque temps de repos, les deux liquides se séparent. Si l’huile examinée est pure, elle devient, pendant l’agitation, d’une couleur vert d’eau, et plus tard, d’un jaune verdâtre sale, tandis que l’acide séparé garde une brillante couleur jaune clair. Si elle contient de l’huile de foie de morue, la couche huileuse, après un long repos, prend une couleur qui varie du brun foncé au brun noirâtre, tandis que la couche inférieure de l’acide reste colorée en jaune orangé ou en jaune foncé suivant la proportion d’huile étrangère que contiendra l’huile de lin.

HUILE DE MARRON D’INDE. — Elle est extraite par M. Génevoix du 'fruit du marronnier d’Inde [Æsculus hippocastamon), de la famille des Hippocastanées. Lorsqu’elle est récente, elle a une couleur verdâtre, une odeur empyreumatique et une saveur amère; mais elle brunit peu à peu et prend l’odeur des marrons d’Inde. Elle rancit difficilement. D’après M. CItaleau, la potasse caustique la transforme en un savon mou, jaune pâle, qui passe au ton chair clair; l’ammoniaque y produit un savon épais, caillebotté, jaune-serin.

Faisifleations. — M. Fr. Chatin (1) a eu l’occasion d’analyser un échantillon de cette huile, lequel renfermait de la vét'atrine, qu'il a pu isoler au moyen de la méthode de Stas.

HUILE DE NAPHTE. --V. Pétrole.

HUILE DE NAVETTE. — L’huile de navette s’extrait des semences des Brassica rapa et iiapiis, qui en fournissent 30 à 36 p. 100 de leur poids. Elle est jaune, visqueuse, d’une saveur agréable et douce; d'une odeur particulière, analogue à celle des Crucifères. Elle se congèle à — 3°, 73 et se prend en une masse jaunâtre.

On l’obtient dans le nord de la France.

Usages. — Elle est principalement employée pour l’éclairage et la fabrication des savons verts, dans le foulage des étoffes de laine et la préparation des cuirs. Elle entre aussi pour une faible quantité dans la composition du savon ordinaire.

Falsifications. — L’huile de navette est falsifiée avec des huiles de graines d’un prix inférieur, telles que les huiles de cameline, de moutarde, ^'œillette, de lin; et par Vhuile de baleine, Vhuile de suif (acide oléique).

Ces fraudes sont découvertes par l’ammoniaque, l’acide hyponitrique préparé, le chlore gazeux, l’acide sulfurique, Voléomètre de Lefebvre. (Voy. art. Huiles.)

L’ammoniaque forme un savon mou, blanc jaunâtre, avec l’huile de navette impure, et blanc de lait avec l’huile pure.

(1) Essai des huiles. Thèse. École de pharmacie. 1872.

HUILE d’œufs. 569

L’acide hyponitrique la concrète après huit jours de contact; la présence d’huiles étrangères retarde beaucoup cette solidification.

Le chlore gazeux n’altère pas sensiblement sa couleur lorsqu’elle est pure, et la colore promptement en brun noirâtre si elle contient une huile animale.

L’huile de suif est décelée par son odeur, par sa réaction acide au papier de tournesol, par la différence de coloration avec l’acide sulfurique et la densité à l’oléomètre.

HUILE D’ŒILLETTE. — Cette huile, nommée encoi'e huile blanche, est la partie grasse et fluide que renferme Vœülette, autrement dit la semence du Papaver somniferum (Papavéracées).

Elle est blanche ou 7'ousse suivant la nature des graines ou suivant qu’elle est de première ou de deuxième expression. Elle est peu colorée, de saveur et d’odeur douces et agréables. Sa densité à -|- 15° est de 0,9249. Un froid de — 18° la solidifie. Elle est très-siccative. La lumière la décolore promptement. L’alcool froid en dissout la 26° partie de son poids, l’alcool bouillant en prend 1/6. L’éther s’y mélange en toutes proportions.

Usagées. — Elle est employée directement pour l’alimentation et pour la peinture. On la mélange aux huiles d’olive et d’amandes douces.

Falsifications. — On lui ajoute des huiles de sésame et de faîne. On peut d’abord constater sa pureté à l’aide des réactifs généraux. (Yoy. aux tableaux précédents.)

D’après M. Chatin, on y reconnaîtra V huile de sésame : l°par le procédé Hcydenreich, qui colore l’huile d’œillette en jaune serin et l’huile de sésame en rouge vif ;

2° Parle premier procédé Cailletet, qui, à -)- 16°, donne à l’huile d’œillette la couleur saumon sans colorer l’acide, et à cette même huile mélangée de sésame, la coloration rouge en colorant l’acide en jaune safran ;

3° Parle réactif Behrens, qui colore l’huile d’œillette en rouge brique et celle de sésame en vert-pré foncé.

La présence de X'huile de faîne sera décelée : 1° par le réactif qui colore

cette dernière en rose et celle d’œillette en jaune clair;

2° Par le premier réactif Cailletet, qui colore l’huile de faîne en rouge plus ou moins foncé sans colorer l’acide.

HUILE D’ŒUFS. — Cette huile, extraite des jaunes d’œufs, est semi-solide et semi-liquide à la température ordinaire, d’une belle couleur jaune foncé. Elle a une odeur agréable, une saveur douce et très- prononcée de jaune d’œuf. Elle commence à se figer entre -|-8et-)- 10°. Elle rancit très-aisément et se décolore par le temps.

Usagées. — L’huile d’œufs est employée en médecine pour panser les gerçures aux seins; on l’applique aussi sur les boutons de petite vérole.

Altérations. — L’huile d’œufs se rancit assez rapidement. Son odeur et la décoloration qu’elle éprouve indiquent son mauvais état de conservation. Lorsqu’elle a été préparée à l’aide de l’éther non rectifié, elle en garde la mauvaise odeur, et de plus elle contient l’acide qui s’y trouvait, ce qui la rend irritante au plus haut degré. On devra donc l’essayer avant de l’employer, et s’assurer qu’elle ne rougit pas la teinture de tournesol.

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