‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 253 sur 470 · HUILE DE PALME · texte numérisé non relu

HUILE DE PALME

après vingt-quatre heures un liquide opaque soit par réflexion, soit par transparence (1).

11 est évident qu’en dehors de toutes les indications précédentes pour la recherche d’une huile étrangère dans l’huile d’olive, on pourra encore recourir à celles qui sont données dans les tableaux des essais par les procédés Calvert, Caillelet, Château, etc. M. Massie a classé, dans son Etude sur les huiles grasses, toutes les réactions qui conviennent à l’huile d’olive falsifiée et les a résumées dans un tableau spécial. ( Voh- le travail original.)

On trouve dans le commerce une huile d'olive verte, dite de Malaga. M. Cailletet a constaté qu’elle n’est que de l'huile d’arachide colorée par de très-faibles proportions d’acétate de cuivre. Voici l’essai qu’il conseille d’en faire : on agite 10'' de l’huile à essayer avec 5" d’éther à 65' et 1 décigramme d’acide pyrogallique. En opérant dans un flacon allongé bouché à l’émeri, on voit l’huile se colorer en brun et déposer, après repos suffisant, du pyrogallate de cuivre. Cette coloration n’a pas lieu avec des huiles pures privées de cuivre.

HUILE DE PALME. — Cette huile, appelée aussi beurre de palme, s’extrait du fruit des palmiers {Cocos nucifera. Cocos butyracea. Fiais guianensis, etc.) (2). Elle est hutyreuse, d’un jaune orangé, et répand une odeur de violette. Elle rancit facilement et prend, en vieillissant, une couleur blanchâtre. Elle est plus légère que l’eau. Elle est un peu soluble à froid dans l’alcool à 36' Baumé, soluble en toutes proportions dans l’éther, l’éther acétique. Elle donne des savons colorés : son point de fusion varie de 27 à 37°. On en connaît plusieurs sortes commerciales : 1' V huile de Lagor, qui est de couleur jaune orangé ; Vhuile de Cochin, d'un jaune brun,' et une autre qui est jaune verdâtre {P. Guyot).

L’huile de palme est composée, d’après M. Fremy, d'acide pabniticque, de palmitine, d'acide oléique, de glycérine, d’une matière colorante, d’une matière aromatique.

Usages. — Elle est employée à la préparation des savons, surtout en Angleterre, où elle fait partie des savons de résine jaune, dits anglais. Elle est l’objet d’un commerce important sur les côtes de l’Afrique. En 1836, l'Angleterre en reçut 17,500,600 kilogrammes. En France, la consommation de cette huile est, encore aujourd’hui, bien moins considérable que chez nos voisins d’outremer (3).

Falsifications. — L’huilc de palme a été mêlée ou faite de toutes pièces avec de la cire jaune, de Vaxonge et du suif de mouton, colorée avec du curcuma, et aromatisée par la poudre d'iris, afin de lui donner l’odeur balsamique de l’huile véritable.

En traitant l’huile suspecte par l’éther acétique, les substances étrangères seules ne sont pas dissoutes. Par la saponification, elle ne change pas de couleur si elle est pure, tandis que l’huile mélangée ou fausse prend une teinte rougeâtre, due à l’action de l’alcali sur le curcuma.

(1) Nous ne rapportons pas ici les notes de M. Vimniec, de M. Langlies et de M. Latil, sur l'huile d’olive falsifiée.

(2) Suivant M. P. Gmjat, on ne. doit pas confondre l'huile de palme avec VUuile de coco. Cette dernière comprend, dans le commerce, onze espèces distinctes. Toutes ces espèces et les trois sortes d’huiles de palme se comportent de façons un peu différentes avec les divers réactifs.

(3) L’huile de palme vaut I fr. le kilogramme.

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