‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 257 sur 470 · HYDRATE DE CHLORAL · texte numérisé non relu

HYDRATE DE CHLORAL

Suivant quelques auteurs {Zuckert, Frank), il paraîtrait que surtout en Hollande, les huîtres vertes (l), dites à'Ostende, sont quelquefois colot'ées d'une manière factice, ou avec du vert-de-gris.

HYDRATE DE CHLORAL : G'-HCPO^; 2 aq. — Le c/doral pur est un liquide incolore, oléagineux, à odeur vive et pénétrante, d’une saveur Acre et brûlante. A -{- 18°, sa densité est de 1,502. 11 est entièrement volatil et son point d’ébullition est à 99°. Il fume légèrement à l’air humide, sous l’influence duquel il passe peu à peu à l’état d’hydrate de chloral qui cristallise sur les parois du vase. 11 est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool, liquides avec lesquels il se combine.

L’hydrate de chloral, qui est particulièrement employé en pharmacie, et qui se forme directement au contact du chloral et de l’eau, se présente en cristaux lamelleux ou en une masse blanche et compacte, déliquescente, possédant l’odeur et la saveur du chloral lui-même. Fusible vers 47®, il distille entièrement vers 97®. 11 est très-soluble dans l’eau qui en dissout près de quatre fois son poids (/. Regnauld). 11 est un peu moins soluble dans l’alcool. Sa solution ne rougit pas le tournesol ; elle ne trouble pas l’azotate d'argent. Les alcalis dissous (potasse, soude) le décomposent, sans le colorer, en formiate alcalin et en chloroforme, en produisant 72,2 p. 100 de ce dernier.

Usages. — 11 est employé en médecine comme sédatif et hypnotique.

Aliératioiis. — L’hydrate de chloral contient quelquefois de Vacide chlorhydrique provenant d’une purification incomplète.

11 peut également retenir du chlore libre et des composés chlorés oléagineux mal définis. Enfin, on connaît un alcoolate de chloral, c’est-à-dire une combinaison de chloral et d’alcool : G'^HCPO^, G^H®0'^, qui le remplace quelquefois.

L’acide chlorhydrique libre se reconnaît aux fumées blanches qu’il répand dans l’air, surtout à l’approche d’un bouchon mouillé d’ammoniaque : de plus, il rougit le tournesol bleu ; la solution de cecbloral trouble alors l’azotate d’argent. 11 en est de même s’il contient du chlore libre ; mais alors il colore en bleu le papier ioduré amidonné. Quand il renferme des huiles chlorées, il brunit par son agitation avec de l’acide sulfurique concentré, ainsi qu’avec une solution alcaline.

A l’état d’alcoolate, il fond à -|- 50° et bout à -f- 1 1 3®, 5 ; sa densité est de 1 ,3286. Ghauffé doucement sur une lame de platine, il prend feu et brûle avec une flamme bleue, ce que ne fait pas l’hydrate [Faithorne). Agité avec une solution de potasse, il se décompose en ne donnant que 61,7 de chloroforme. Enfin, chauffé avec de l’acide azotique, il donne des vapeurs rutilantes, ce que l’hydrate de chloral ne produit pas.

M. Mueller conseille de déterminer la pureté d’un chloral hydraté en le titrant, c’est-à-dire en cherchant la proportion de chloroforme qu’il peut produire. Pour cela, on en décompose 23 grammes dans un tube gradué, par une solution de potasse caustique en léger excès, en ayant soin de la faire agir à

(1) La couleur verte ciui se produit quelquefois dans les huîtres, par suite d'une modification de la bile ('?), se trouve sur les (juatre branchies et dans l'intérieur de tout le canal intestinal. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'cther. Son caractère distinctif est de devenir bleue au contact des acides ; ce changement de couleur s'opère lentement à froid, et très-rapidement à chaud. L'ammoniaque rétablit la couleur verte {Valmciiomes).

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froid : le chloroforme se rassemble au fond du tube. En multipliant son volume par sa densité, on a son poids : il doit être de 72,2 p. 100 (1).

Dans sa décomposition par un alcali, Thydrate de cbloral sature un équivalent de base, à l’aide d’un équivalent d’acide formique produit : C^CPHO^ ; 2 aq. -j- NaO, HO = CHICF + C^HNaO'* 2 aq. Donc, un équivalent de cbloral hydraté, égal à 165,5, saturera 51 grammes de soude anhydre. On peut par conséquent, avec une solution titrée de soude caustique mise en excès, décomposer un poids déterminé de cbloral et chercher ensuite, à l’aide d’un acide titré, la quantité de soude restée libre, ce qui revient à faire un essai alcalimétrique {Meyer et Haffler).

Dans certains échantillons d’hydrate de cbloral, on a trouvé quelques traces d'un sel de plomb provenant sans doute des bassins dans lesquels on l’avait fait cristalliser. Leur solution noircissait par l’acide sulfbydrique et donnait un trouble jaunâtre au contact de l’iodure de potassium.

HYDROLATS. — V. Eaux distillées.

HYPOCHLORITES. — Sous le nom û.' hypochlorites ou de chlorwes d’oxydes, chlorures désinfectants et décolorants, on désigne trois sortes de composés dont la médecine et surtout l'industrie font une grande consommation :

1“ \ihypocldorite de potasse, ou chlorure de potasse, ou eau de Javelle (Voy. plus loin : Eau de Javelle) ;

2° hypochlorite de soude, ou chlorure de soude, liqueur de Laharraque, liquide incolore, ayant une odeur et une saveur très-prononcées de chlore ;

3® \j’hypochlorite de chaux, ou chlorure de chaux, ow chlorure d'oxyde de calcium : il est solide ou liquide.

Le chlorure de chaux sec ou solide, appelé aussi poudre de Tennant ou de Knox, chaux à blanchir, poudre de blanchiment, est blanc, pulvérulent, d'une saveur âcre et piquante, possédant une faible odeur de chlore ; il est en partie soluble dans l'eau ; c’est un mélange d’hydrate de chaux, d’hypochlorite calcique et de chlorure de calcium.

Le chlorure de chaux liquide est incolore et répand une faible odeur de chlore.

Les hypochlorites blanchissent et détruisent les couleurs végétales, par la double action du chlore et de l’oxygène.

Ils sont décomposés par tous les acides, môme par l’acide carbonique.

Usagées. — Les hypochlorites servent dans le blanchiment des toiles écrues, de la pâte de papier, du vieux linge destiné à faire de la charpie ; on les emploie pour les enlevages dans les fabriques d’indiennes, pour les essais d’indigo. Ils sont recherchés soit pour assainir les hôpitaux, les salles de spectacle, les casernes, les prisons, les amphithéâtres, les boyauderies, les salles de dissection, les urinoirs publics, et généralement tous les lieux où l’air est vicié par la réunion d’un grand nombre d’individus. Ils sont employés comme désinfectants pour purifier l’air des endroits dans lesquels des matières animales, plus ou moins disposées à la putréfaction, sont travaillées ou conservées ; ils reçoivent le même usage dans une foule d’opérations où il y a un grand déga-

(1) Il faut faire intervenir la potasse avec lenteur, car autrement elle pourrait agir aussi sur le chloroforine, et le détruire en partie.

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gement de gaz délétères émanés de matières organiques quelconques en décomposition.

Les hypochlorites servent aussi à désinfecter les plaies ulcéreuses ou cancéreuses, à empêcher le développement de la gangrène. Le chlorure de soude, le plus employé de tous en médecine comme désinfectant, sert en injections, lotions, compresses, gargarismes. Le chlorure de soude s’emploie aussi, dans l’industrie, à blanchir le poivre noir en grains.

Les hypochlorites servent encore à prévenir les asphyxies dues aux émanations méphitiques qui se produisent dans la vidange des fosses, dans le curage des égouts, ou à atténuer les effets des épidémies et des contagions. On les emploie également pour assainir les écuries, les étables, les bergeries, porcheries, magnaneries, etc. ; dans la médecine vétérinaire, on les applique contre les tumeurs charbonneuses, le farcin, la morve, etc.

On trouve quelquefois, dans le commerce, des hypochlorites (particulièrement celui de chaux), qui n’ont pas un degré de force suffisant, soit que le chlorure ait été mal préparé, soit que, par le temps et une conservation vicieuse, ou par suite d’une sophistication , il ait subi une décomposition partielle. Comme le chlore est le seul principe actif contenu dans un hypochlorite, sous forme d’acide hypochloreux, il est important de connaître la quantité de chlore actif que renferme un poids donné d’hypochlorite. Pour atteindre ce but, on a proposé un grand nombre de procédés ou méthodes d’analyse dont l’ensemble forme la chlorométrie . Les divers appareils servant à mettre ces méthodes en pratique constituent l’instrument nommé c/«/o?-omè^re.

Chioroméirie. — Parmi les moyens proposés pour reconnaître la force d’un hypochlorite, les plus employés dans l’industrie sont ceux de Gay-Limac, de Penot et de Forclos et Gélis. Nous décrirons également celui qui a été proposé autrefois par Lassaiyne.

Descroizilles imagina, le premier, d’employer Vindicjo comme agent chlorométrique. Ce procédé, qui a été perfectionné par Gay-Lussac, est fondé sur ce fait, qu’un volume de chlore (1 litre, par exemple) décolore des quantités égales de solution d’indigo, soit qu’on l’emploie dissous dans l’eau, ou combiné à l’état d'hypochlorite de chaux, de potasse ou de soude.

On prépare donc une dissolution sulfurique d’indigo avec 1 p. de bon indigo pulvérisé et 9 p. d’acide sulfurique à 66" ; on détermine, par un essai préalable, la quantité d’eau qu’il faut ajouter à cette solution (dite teinture ou liqueur d'épreuve, liqueur d'essai), pour que 1 volume de chlore gazeux pur et sec à 0" et à 0”,76 de pression, puisse en décolorer exactement 10 volumes. Mais comme les résultats obtenus par ce procédé peuvent varier par suite de la facile altérabilité de la liqueur d’épreuve, surtout au contact de la lumière, et suivant qu’on verse le chlorure dans la solution d’indigo, ou celle-ci dans le chlorure, Gay- Lussac a remplacé l’indigo par d’autres agents chlorom étriqués [acide arsénieux, cyanure jaune, nitrate de protoxyde de mercio'e) non susceptibles d’altération.

Le procédé chlorométrique par l’acide arsénieux, auquel on donne généralement la préférence, est fondé sur ce que le chlore transforme l’acide arsénieux, en présence de l’eau, en acides arsénique et chlorhydrique : AsO'^ -)- îi(HO) -(- 2C1 = AsQ5-f 2(HC1).

Cette suroxydation de l’acide arsénieux par le chlore s’opère avec une rapidité telle, que si la réaction se fait au contact de matières colorantes organiques faci-

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lement destructibles par l’action du chlore (indigo par exemple), celles-ci ne sont complètement décolorées que lorsque tout l’acide arsénieux a subi sa transformation en acide arsénique : la décoloration instantanée qui suit cette réaction indique le terme de l’opération.

On prépare la liqueur d’épreuve, ou liqueur normale d’acide arsénieux, de manière à ce qu’un litre de chlore à 0“ et à 0“,76 de pression, dissous dans un litre d’eau, transforme complètement en acide arsénique tout l’acide arsénieux d’un litre de solution arsenicale ; l’expérience a appris qu’on arrivait à ce résultat en dissolvant 4®'', 399 d’acide arsénieux dans 32 grammes d’acide chlorhydrique pur (1).

On étend celui-ci de son volume d’eau, et on le fait réagir sur l’acide arsénieux

préalablement porphyrisé et desséché, en favorisant la dissolution àl’aide d'une douce chaleur (30 à 33°), afin de ne pas volatiliser le chlorure d’arsenic qui se forme dans ces circonstances. Le produit une fois dissous, on lui ajoute assez d’eau distillée pour en faire un volume de I litre à-|- 13°.

D’autre part, on prend 10 grammes d’un échantillon moyen de chlorure de chaux, c’est-à-dire qu’on a puisé en divers endroits d’une même masse; on les hroie avec un peu d’eau dans un mortier de verre, puis on délaye le mélange dans une plus grande quantité de liquide; après repos, on filtre, ou mieux on décante celui-ci dans le hallon de 1 litre, on triture le résidu avec une nouvelle quantité d’eau qui se décante encore, et on répète cette opération de manière à obtenir un litre de solution, le dépôt de chaux hydratée compris.

On introduit dans un vase à précipités (fig. 119) 10°° de solution arsénieuse, qu’on a puisés à l’aide d’une pipette de 10°° (fig. 120), et qu’on colore faiblement par quelques gouttes d'une solution sulfurique d’indigo (2); puis, avec la main droite, on verse goutte à goutte la solution d’hypochlorite contenue dans une

(1) D après M. Ch. Tonneau, la quantité calculée d’acide arsénieux à dissoudre serait de 4®', 392. (Voy. : Ihèsc sur les chlorures décolorants. École de pharmacie de Paris, 18G9.) Ce nombre est trop faible; il faut exactement 4*'', 399 et non 4®'', 44, chiffres que donnent la plupart des auteurs.

(2) La dissolution d’indigo doit être telle que 6 à 8 gouttes de cette liqueur soient décolorées par une goutte d une solution d’hypochlorite marquant 100" chlorométriques.

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burette graduée en dixièmes de centimètre cube (fig. 1:2!), en ayant soin d’agiter avec une baguette de verre le liquide dans lequel elle tombe, ou bien en imprimant avec la main gauche un monvement giratoire au vase à précipités que l’on place sur une feuille de papier blanc étendue sur une table, afin de mieux apprécier la décoloration. On ajoute de temps à autre une goutte de solution d’indigo, lorsque la teinte paraît trop faible, et l’on observe le moment de la décoloration; arrivé à ce point, on note la proportion de solution d’hypocblorite que l’on a employée : moins elle est considérable, plus la solution renferme de chlore.

On recommence l’essai sans addition d’indigo jusqu’au moment où l’on sait qu’on approche de la saturation; alors on ajoute au liquide quelques gouttes de cette matière colorante, et l’on continue l’opération jusqu’à décoloration : celle-ci n’ayant porté que sur une très- faible dose d’indigo, l’essai est alors plus exact.

Lorsqu’on a ainsi déterminé exactement le nombre de divisions de la liqueur chlorée qu’absorbent les 10'“ de liqueur arsénieuse (soit ici Mo divisions de la burette graduée = 11", 5), pour arriver jusqu’à la décoloration de la liqueur, on fait ensuite le calcul suivant :

Les I l",o représententévidemment 10““de chlore, c’est-à-dire un volume de ce gaz égal au volume de liqueur arsénieuse employé ; combien donc 1,000" l'ig. 12G.- Pipette Fig. 121.— Burette — 1 ijtpe (Je la solutioii d’hypocliloritc, renfer-

mesurantlO cen- grailuée en 10®* de *1 i i i o

timètres cubes. centimètre cube. niGnt-llS (iG CIllOrG ?

11",5 : 10 :: 1000 : x; d’où x = — — — =869", 5.

Ur, si 10 grammes d’hypochlorite contiennent 869", o de chlore, 1 kilogramme, c’est-à-dire 10 X 100 en renfermera 100 fois plus, soit 869",5 X 100 = tS0‘“,950. En un mot, le chiffre que donne la proportion inverse posée plus haut, étant multiplié par 100, puis divisé par 1,000, ou tout simplement, ce chiffre étant divisé par 10, exprime le nombre de litres de chlore (mesuré à 0° et à 0“,76), contenus dans 1 kilogramme d’hypochlorite. En multipliant ce nombre de litres par 3^’‘,lo49, poids du litre de chlore pur, on a le poids total de celui que renferme ce même hypochlorite (1).

(I) Il faut avoir soin de faire cet essai clilorométrique à l'abri des rayons directs du soleil. M. Vautier et M. Caron ont observé, en effet, que, lorsqu'on laissait la solution d’hypochloritu exposée quelque temps à la lumière directe du soleil, le titre de ce sel s’élevait rapidement à 280°, 30a°, et jusqu’à l’infini. Ils ont reconnu que la solution aqueuse d'bypochlorite éprouvait, dans ce cas, une transformation qui lui ôtait la propriété de convertir l’acide arsénieux en acide arsenique; d’où il résultait que la première goutte d’une solution ainsi altérée n’agissait plus que sur l’indigo ajouté à la liqueur d’épreuve et la décolorait immédiatement, ou bien qu’il ne fallait

IIYPOCHLOUITES

La table suivante, construite par Gay-Lussac, indique le titre correspondant à chaque volume d’hypochlorite employé pour détruire la mesure constante de dissolution arsénieuse :

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