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HYPOSULFITE DE SOUDE.
phosphate, ou du carbonate de soude. On reprendra ce résidu par l’eau et on y recherchera le sulfate de soude par un sel de baryte, le phosphate par le nitrate d’argent qui le précipitera en jaune, et le carbonate par un acide avec lequel il fera effervescence. Si l’hypophosphite de soude avait été préparé à l’aide de l’hypophosphite de baryte mis en excès, sa solution précipiterait alors par un sulfate soluble.
HYPOSULFITE DE SOUDE : S^O^, NaO ; o aq. — L’hyposulfite de soude, appelé autrefois sulfite sulfuré de soude, cristallise facilement en prismes rhomboïdaux obliques, incolores, transparents, inodores, d’une saveur salée et sulfureuse, très-solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool.
Traité par un acide, l’hyposulfite de soude se décompose en soufre, qui se dépose avec une apparence laiteuse, et en acide sulfureux qui se dégage.
Usages. — Ce sel est peu employé en médecine, mais on en fait un fréquent usage dans la photographie.
ititérations. — Les hyposulfltes de soude du commerce renferment des sulfates, de petites quantités de sulfites (1), et quelquefois aussi du chloru?-e de sodium.
Pour y reconnaître ce dernier sel, il faut dissoudre l’hyposulfite, le traiter par l’acide azotique à une chaleur modérée, jusqu’à ce qu’il ait perdu toute odeur d’acide sulfureux. On filtre la liqueur qu’on essaye ensuite par l’azotate d’argent : s’il y a un chlorure, on obtient alors un précipité blanc, caillebotté; entièrement soluble dans l’ammoniaque.
La portion de sulfate est facilement appréciée au moyen d’une liqueur titrée de chlorure de baryum, que l’on verse avec une burette graduée dans la solution d’un poids déterminé d’hyposulfite sec, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité de sulfate de baryte ; le nombre de divisions employées de la burette indique le poids du chlorure de baryum correspondant à celui de l’acide sulfurique du sulfate, et par conséquent le poids de l’acide sulfurique qui se trouvait à l’état de sulfate de soude dans le mélange : en retranchant ce poids de celui des trois sels, la différence donne le poids du sulfite et de l’hyposulfite.
On prend un nouveau poids d’hyposulfite desséché avec soin, mais non pas déshydraté, et on détermine la proportion de sulfite d’après le procédé suivant indiqué par M. Schlagdenhauffen :
L’hyposulfite est dissous dans l’eau de manière à avoir 10 grammes de ce sel dans 50" d’eau. Dans cette solution maintenue à 60“ environ, on verse, à l’aide de la burette, une liqueur titrée d’acide sulfurique jusqu'à ce que le sulfite et l’hyposulfite soient entièrement décomposés, c’est-à dire jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’acide sulfureux, et qu’il ne se fasse plus de dépôt de soufre. Dès qu’un papier amidonné et iodaté (2) introduit dans la liqueur reste incolore, l’opération est terminée; l’hyposulfite et le sulfite sont transformés en sulfate ; le nombre de divisions de la burette employées indique le poids de l’acide sulfurique nécessaire pour former le sulfate de soude, et par suite le poids de la soude unie à cet acide sulfurique.
(1) Les liyposulfites du commerce renferment depuis 5 jusqu'à 13 et môme 15 p. 100 de sulfate, et2 à8 p. 100 de sulfite {Schlagdenhauffen).
(2) C’est un papier imprégné d’une solution mixte d’acide indique et d’amidon.
Chevallier et Baudrimont, 5' édit.
IIYPOSULFITE DE SOUDE.
Soient donc x le poids du sulfite et y celui de l’hyposulfite, on a d'abord X y = V, P étant le poids connu des deux sels. En désignant par x' et y’ le poids de la soude contenue dans les quantités x de sulfite et y d’iiyposulfite, le poids P' de toute la soude sera : = x' y' \ l’équivalent de la soude étant re-
présenté par e, l’équivalent du sulfite de soude par a, et celui de l'hyposulfite de soude par b, on pose les proportions :
a e : X x' Qi b e \ y •. y' .
On a :
, ex ^ , ey ,, , ex , ey
X = — etw = -f, d’où P = h -T-
A l’aide de cette équation et de la première x y = V, on tire facilement les valeurs de x et de y, c’est-à-dire les quantités de sulfite et d’hyposulfite qui se trouvent dans le mélange.
On a donc \ x — V D’où y =
— y et P' =
b (P'g — Pe) e [a — b)
e[^ — y) , ey a é ’
et Æ =
a (Pe — P'é) e{a — b)
Si l’hyposulfite renferme du sulfate, il faut avoir soin de retrancher du poids P le poids du sulfate de soude déterminé préalablement par la liqueur titrée de chlorure de baryum.
MM. Foi'dus et Gélis ont imaginé un procédé assez élégant pour titrer l’hyposulfite de soude contenant du sulfite et du sulfate de la même base. On commence par déterminer la proportion de sulfate qu’il contient. Pour cela on en dissout 4 ou 5 grammes dans de l’eau distillée, et on précipite la solution par un excès de chlorure de baryum. On recueille le précipité sur un filtre; on le lave à l’eau bouillante, puis ensuite à l’eau acidulée par l'acide chlorhydrique ; on achève par l’eau bouillante. On sèche le précipité, on le calcine et on le pèse : lOO parties de sulfate de baryte correspondent à 138,2 de sulfate de soude à 10 équivalents d’eau.
On dissout une nouvelle dose d’hyposulfite de soude, 2 grammes par exemple ; on y ajoute environ O^^oO de carbonate de magnésie pur, et on y verse goutte à goutte, à l’aide d’une burette graduée, une solution titrée d’iode, jusqu’à ce que la décoloration, qui a lieu tout d’abord, cesse de se produire, c'està-dire jusqu’à ce que la liqueur prenne une légère teinte jaune, ou encore qu’elle garde une teinte bleuâtre, si préalablement on lui a ajouté un peu d’eau amidonnée. Si la solution d’iode est au 100® (10 grammes d’iode et 15 grammes d’iodure de potassium, le tout dans assez d’eau distillée pour égaler 1 litre), il sera facile de savoir combien il en a été employé pour la réaction, en lisant, sur la burette (1), à quelle division on s’est arrêté, à partir du 0°. Or,
^ une partie de cet iode a servi à transformer le sulfite de soude en sulfate; l’autre a agi sur deux équivalents d’hyposulfite pour le changer en tétrathionate de ■^oude. Si donc on fait un nouveau dosage du sulfate en versant dans toute la liqueur qui a reçu l’iode, un excès de chlorure de baryum, avec tous les soins
(1) La burette doit être graduée, comme toujours, eu dixièmes de centimètre cube.
INDIGO
voulus, et si on retranche du poids du sulfate de baryte total, celui qui correspond au sulfate de soude qui préexistait dans le sel (ce que l’on sait d’après le premier dosage à l’aide du chlorure barytique), on aura le poids du sulfate fourni aux dépens du sulfite alcalin. Or, 100 parties de sulfate de baryte correspondent à 131,3 parties de sulfite de soude cristallisé, à 109 parties d’iode employées à transformer le sulfite en sulfate. Si parle calcul on retranche de l’iode total dépensé celui dont on vient de trouver la proportion, le reste de ce métalloïde pourra servir à calculer le poids de l’byposulfite analysé, sachant que 127 d’iode correspondent à 248 d’hyposulfite de soude cristallisé à 3 équivalents d’eau.
ICHTHYOCOLLE. — V. CoLLE de poisson.
INDIGO. — L’indigo est une matière colorante bleue que l’on extrait, par fermentation, des feuilles de diverses plantes des genres hidigofera, Isatis et Neriurn; on le trouve aussi dans les feuilles du Polygonum tinctorium^ plante de la famille des Polygonées ; dans celles de VAsclepias tingens (Asclépiadées), de V Eupatorium tinctorium (Composées), etc.
L’indigo est en pains cubiques ou en morceaux irréguliers, d’un bleu violacé plus ou moins beau, secs, fermes, faciles à rompre, d’une cassure nette, sans brillant ; inodores, à moins qu’ils n’aient subi une altération par l’humidité et la chaleur. Ils prennent un aspect cuivré par le frottement de l’ongle ou d’un corps dur et poli.
Le bel indigo jouit de la propriété de flotter à la surface de l’eau. Sa cassure fraîche a une couleur qui varie du bleu foncé et velouté au bleu noirâtre, en passant par le bleu violet, le bleu clair, le bleu cuivré et les nuances intermédiaires.
La pâte est fine et homogène dans les qualités supérieures, grossière dans les qualités inférieures, et pouvant contenir des grains de sable, des matières terreuses.
Variétés commerciales. — Dans le commerce, on distingue diflérentes sortes d’indigos d’après le pays où ils ont été préparés ; ces sortes sont ensuite classées d’après leur couleur, leur consistance et leur pâte, leur porosité, leur homogénéité, et les accidents particuliers de la fabrication (1).
Les indigos se divisent d’abord en trois grandes classes : les indigos de l’Inde, ceux d’Amérique et ceux d’Afrique.
\ “ Les indigos de l’Inde sont : les indigos du Bengale, d’Oude ou de Coromandel, de Mad7'as, de Manille, de Java (2).
(1) Nous ne pouvons indiquer ici que les principales classifications.
(2) Calcutta est l'entrepôt général des indigos de l’Inde ; ils y arrivent des diverses factoreries où on les fabrique ; les pierres ou carreaux d'indigo, à l'état encore humide, sont revêtus d’une marque ou estampille, portant les initiales des noms des planteurs ou des propriétaires des factoreries, et souvent aussi le nom de la province ou du district dans lequel est situé l'établissement.
INDIGO
\j' indigo du Bengale présente beaucoup de variétés; on en distingue quatre : le bleu pur, le violet, le r'ouge et le cuivré; ces nuances sont ensuite soumises à de nombreuses subdivisions. La qualité supérieure est le surfin bleu ou bleu flottant, bleu léger ; il est en parallélipipèdes ou en cubes légers, d’une belle couleur bleue, friables, doux au toucher, se cassant facilement, adhérant à la langue, très-spongieux, prenant une belle teinte cuivrée par le frottement d’un corps dur. Sa pâte est très-homogène.
h'indigo de Coromandel, inférieur en qualité à celui du Bengale, est le plus difficile à casser de tous les indigos du commerce, ce qui paraît dû à la quantité considérable de chaux qai\ contient. On le classe en violet, cuivré, ordinaire.
\Cindigo de Madras est en carreaux cubiques, â cassure grenue, rugueuse. On en distingue trois sortes : le fin bleu, le bleu violet mélangé, Yordinaire. La première sorte se rapproche le plus de l’indigo du Bengale ; elle a de la légèreté, mais moins que le bleu flottant du Bengale.
Ij'indigode Manille est en pierres cubiques, en carreaux plats et allongés, un peu poreux et légers. Les premières sortes sont le fin bleu et le fin violet, mais elles sont inférieures à celles de l’indigo du Bengale.
Uindigo de Java, le premier qui ait été importé en Europe, est en carreaux plats, quelquefois en trocbisques. Il ne donne pas de reflet cuivré parle frottement de l’ongle.
2° Les indigos d‘ Amérique sont: les indigos de Guatimala, de Caraque, du Mexique, du Brésil, de la Caroline, de la Louisiane, des Antilles.
Les diverses sortes A'indigo de Guatimala sont évaluées d’après le rang des couches précipitées au fond des cuves. Les couches supérieures donnent l’indigo /7or; les suivantes, l’indigo soôre, et les couches inférieures, l’indigo Ces
sortes se subdivisent elles-mêmes en plusieurs nuances: flor supérieur . flor ordinaire, petit for; sobre supérieur , sobre bon, sobr^e ordinaire; corte supérieur, corte bon, corte ordinaire, corte bas. L’indigo flor est en pierres régulières, d’une trèsbelle couleur bleue ; la pâte est fine et légère, donne un beau reflet violet et une nuance dorée par le frottement de l’ongle.
V indigo Caraque, rangé après celui de Guatimala, est en morceaux irréguliers, tantôt d’un beau bleu, tantôt d’un bleu violet ; la pâte est parsemée de petitstrous.
Vindigo du Mexique est intermédiaire aux indigos de Guatimala et de Caraque.
Vindigo du Bi'ésil est en petits parallélipipèdes rectangulaires ou en petits morceaux irréguliers, d’un gris verdâtre à l’extérieur, d’une pâte ferme à cassure nette, d’un rouge cuivré plus ou moins vif.
h'indigo delà Caroline est en petits carreaux, d’un cuivré violacé. Les qualités communes sont rarement cuivrées et presque toujours d’un bleu verdâtre.
Yi'indigo de la Louisiane est en carreaux très-cuivrés.
3® Les indigos d’Afrique sont ceux à' Égypte, du Sénégal, de Yîle de France.
V indigo d'Égypte est en carreaux plus plats que ceux du Bengale ; leur pâte est assez légère et pas très-fine : les qualités supérieures sont des surf ns et fns violets-bleus. Souvent cet indigo contient du sable.
\L indigo du 5étté^a/ contient plus de matières terreuses que les autres indigos du commerce.
L'indigo de l’île de France est en petits carreaux allongés, d’un bleu sombre à la surface, d’un rouge fortement cuivré à l’intérieur. 11 est d’assez mauvaise qualité.
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Les indigos les plus estimés dans le commerce sont Vindigo Bengale bleu flottant, celui de Java et Vindigo Guatirnala flor.
Propriété». — Une petite quantité d’indigo en poudre, projetée sur des charbons ardents, ou chauffée en couche mince dans un têt, émet une grande quantité de vapeurs pourpres, analogues à celles de l’iode, et dégage en même temps une odeur particulière désagréable ; il reste un charbon très-volumineux. Ces vapeurs se condensent, à la surface de la couche d’indigo, en petits prismes droits rectangulaires aplatis, d’une teinte pourpre foncé, et constituent l’indigo bleu pur ou indigotine.
Vindigoline, C‘®H^AzO^, est volatile sans résidu, non altérée par l’air et l’oxygène, entièrement insoluble dans l’eau, dans l’éther et les corps gras. L’alcool bouillant en dissout quelques traces et se colore en bleu. Le chloroforme, la benzine, le phénol en dissolvent à l’ébullition des proportions un peu plus fortes que les véhicules précédents. L’alcool amylique, le chloral et surtout l’aniline donnent avec elle des dissolutions encore plus chargées. En général, l’indigotine se dissout en proportion d’autant plus grande, et la solution prend une coloration rouge d’autant plus intense que le point d’ébullition du dissolvant est plus élevé.
L’indigotine est décolorée par le chlore, qui la transforme par oxydation en isatine, C'^H^AzO*. Mélangé avec elle, l’acide nitrique concentré la décolore également en donnant naissance aux acides indigotique (ac. nitrosalicylique) et picrique. Elle est soluble sans décoloration dans l’acide sulfurique concentré et dans l'acide fumant de Nordhausen.
L’indigo bleu est réduit et transformé en indigo blanc ou indigo hydrogéné incolore {indigogène, C®2jji2A220*) en présence d’une matière alcaline, telle que la potasse, l’ammoniaque, la chaux, et d’une substance avide d’oxygène, telle que le sulfate de protoxyde de fer, le protochlorure d’étain, le sulfure d’arsenic. Cet indigogène, en présence de l’air humide, régénère de l’indigotine par absorption d’oxygène et perte d’hydrogène.
Composition. — D’après M. Chevreul, l’indigo Guatirnala renferme : indigotine, 45 ; ammoniaque, matière verte, extractif et gommes, i 2 ; résine rouge, 36 ; carbonate de chaux, 2 ; oxyde rouge de fer et alumine, 2 ; silice, 3.
Suivant Berzelius, l’indigo du commerce contient, outre l’indigotine, trois matières distinctes, savoir; une matière particulière, dite gluten d'indigo ; une matière brune, ou brun d'indigo ; une matière rouge, dite rouge d'indigo ou résine rouge de l'indigo.
Voici, d’après MM. Girardin et P7'eisser, la composition de l’indigo Bengale cuivré, bon ordinaire, et celle de l’indigo du polygonum :
Indigo Indigo
Bengale. du polygonum.
Eau 5,7 6,8
Gluten ou matière azotée 1,5 1,8
Brun d’indigo 4,6 8,5
Résine rouge 7,2 15,6
Matières minérales 1!),6 14,8
Indigotine (I) 6!, 4 49,1
Matière colorante rouge, soluble dans l’eau. « 3,4
Totaux 100,0 100,0
(1) Les proportions d'indigotine varient beaucoup dans les différentes sortes d'indigos.
INDIGO
Les indig^os du commerce séchés à + 100® perdent, en général, 3 à 5,5 p. 100 ; ils donnent ordinairement 7 à 9,5 p. 100 de cendres [Chevreul) : les proportions minima et maxima, qui ne se pi'ésentent que rarement, sont 3,92 à 5 p. 100, et 18 à 21 p. 100.
Usages. — L’indigo est une des matières tinctoriales les plus employées.
Altérations. — On trouve dans le commerce des indigos de qualité inférieure caractérisés par une teinte bleu sale tirant sur le vert, par une pâte grossière, nonhomogène et dure. Ilsne happent pas à la langue et ne se cuivrent pas parle frottement. Ils sont très-pauvres en indigotine. Il en est d’autres qui présentent quelquefois des défauts plus ou moins graves, provenant d’accidents divers survenus pendant leur préparation, ou de causes qui ont agi sur les indigos déjà préparés. Ces défauts sont caractérisés dans le commerce par les expressions suivantes :
Grand cassé, mauvais 'pierrage : carreaux d’indigo réduits, par accident, en morceaux plus ou moins gros ;
Demi-pierré : carreaux accidentellement cassés en deux ;
Grabeaux : carreaux réduits en fragments irréguliers, et assez petits pour être passés au crible ;
Écartelés : carreaux réguliers, mais présentant des crevasses qui pénètrent jusqu’au centre ;
Éventés, venteux : carreaux présentant, dans l’intérieur de la cassure, une espèce de moisissure blanche;
Piquetés : intérieur parsemé de points blancs ou de petites cavités blanches donnant aux pierres d’indigo l’apparence du granit. Lorsque ces points blancs sont fréquents, l’indigo est dit sableux ;
Rubanés : couches superposées de diverses nuances de bleu dans les mêmes carreaux ;
Crasseux : pierres présentant à leur surface une croûte noirâtre ou verdâtre et ridée ;
Brûlés .-carreaux présentant, dans leur cassure, des places noirâtres ou d’une mauvaise couleur ;
Pierrés ou sablés : carreaux dans l’intérieur desquels on aperçoit des parcelles brillantes de sable ou des pierres ;
Enfin l’indigo est dit so/nô?-e lorsqu’il a un aspect peu brillant; dur, seri'é, lorsque sa pâte est fine, serrée et difficile à rompre ; sec, lorsqu’il se sépare en petits fragments ou se réduit en poussière.
Appréciation de la richesse des indig^os. — Non-seulement les indigOS SOnt fraudés à l’aide de substances étrangères, mais leur richesse en indigotine dépend de leur mode de préparation, de leur provenance, etc. Il est donc nécessaire de les examiner au point de vue chimique et de tenir compte de leurs qualités physiques. La cassure fine et d’une pâte homogène dans toute l’étendue d’un même carreau, la po?'osité qu’on mesure par l’adhérence plus ou moins forte à la langue mouillée, la densité déterminée par la méthode du flacon, la teinte cuivrée que prend l’indigo qu’on frotte avec l’ongle, sont autant de caractères utiles pour en apprécier la valeur.
On peut avoir recours ensuite à un essai au colorimètre. Celui de Duboscq convient parfaitement pour ce genre d’expérience.
Colorimètre de M. Duboscq. — Cet instrument se distingue des colori-
INDIGO
mètres imaginés jusqu’à présent en ce qu’il offre à la Yue, non pas deux images •sMccessûtes, mais bien les images simultanées des deux liquides dont on compare les intensités de coloration. Ces deux images sont, comme dans le saccharimètre, représentées par deux demi-disques contigus, dont l’œil embrasse la circonférence totale, et dont il apprécie facilement l’inégalité ou l’égalité de teintes.
Ce colorimètre se compose de deux godets C et C'(flg. 122 et 123), dans lesquels SC meuvent à volonté deux tubes T et T' qu’on peut élever ou abaisser, chacun
Fig. 122. — Colorimètre de M. Duhoscq. Fig. 123. — Disposition des diirérentes pièces
du colorimètre de M. Duhoscq.
isolément, à l’aide de deux vis à crémaillère situées derrière le colorimètre et dont le parcours est mesuré par une échelle fixe graduée en millimètres. Les vis qui soulèvent ou descendent les tubes, portent elles-mêmes un vernier qui peut donner exactement des dixièmes de millimètre.
Les godets C, C' et les tubes T, T' sont fermés à leur base par des opercules de verre, de manière à leur laisser une transparence parfaite ; de telle sorte qu’en faisant mouvoir le miroir M pour les éclairer de tous les rayons réfléchis qu’il leur transmet, il en résulte deux images lumineuses qui subissent la réflexion totale sur les deux prismes P et P', de manière à offrir à la lunette placée en A l’image des deux demi-disques contigus déjà indiqués.
Si, dans le godet C, on ajoute un liquicle coloré (teinture de tournesol ou autre), on n’en voit pas la couleur en regardant par la lunette A, tant que le
INDIGO
fond du tube T repose sur celui du godet G; mais si on fait marcher la vis qui correspond au tube T, de manière à le soulever plus ou moins, le liquide coloré s’interpose entre les deux fonds G et T, et l’on voit alors le demi-disque de sens opposé se colorer d’autant plus vivement que le tube T a été plus relevé : supposons-le à une hauteur de 10 millimètres. Si alors, dans le godet G', on vient à ajouter le même liquide, en soulevant en même temps le tube T', les images des deux demi-disques ne jouiront de la même intensité que si les deux tubes sont à des hauteurs égales (soit 10 millimètres) ; autrement, c’est que l’instrument ne serait pas bien réglé. Si le godet G' ne reçoit au contraire que le même liquide coloré, mais étendu de son volume d’eau, alors, son intensité devenant moitié moindre, on observera que les deux demi-disques ne seront égaux en coloration que lorsque le tube T' sera à une hauteur double de celle du tube T (soit 20 millimètres); ce qui prouve que les intensités de coloration de deux liquides sont en raison inverse de la hauteur des tubes, ou, en d’autres termes, pour deux liquides de même nature, elles sont proportionnelles aux quantités de matière colorante dissoute.
Il est facile, d’après cela, de déterminer le pouvoir colorant d’un produit quelconque, en le comparant à un type pris pour unité de pureté. Soit à établir, par exemple, la valeur d’un indigo : on prend 1 gramme de l'échantillon à examiner; on le chauffe pendant une heure avec 10 grammes d’acide sulfurique fumant (ou acide sulfurique de Nordhausen), à + 10 ou 50°. La dissolution étant complète, on l’étend d’assez d’eau pour en faire un litre de liquide.
On prépare d’autre part une solution du même genre à l’aide d’un indigo type (1), en employant les mêmes proportions des diverses substances et en opérant dans les mêmes conditions. Gette dernière solution étant versée dans l’un des godets de façon à produire une teinte déterminée pour une hauteur également déterminée, on ajoute dans le deuxième godet l’autre solution de l’indigo à titrer; puis, en faisant mouvoir la vis qui correspond au tube qui y plonge, on arrive à obtenir l’égalité de teinte des deux demi-disques vus à travers la lunette A. En comparant les hauteurs auxquelles sont fixés maintenant les tubes T et T', les intensités de coloration des liquides dans lesquels ils sont plongés seront en raison inverse de ces hauteurs. Supposons, par exemple, que la hauteur du tube T, correspondant à l’indigo type, pris pour unité, soit de 10 millimètres, tandis que celle du tube T' correspondant à l’indigo à titrer soit de 23“"’, 7 ; on posera la proportion :
d'où æ = 0,42, ce qui signifie que la puissance colorante de l’indigo soumis à l’essai n’est que les 42 centièmes de celle de l’indigo type ou, en d’autres termes ■(en divisant 100 par 42), qu’il en faudrait 2'’, 38 pour colorer autant que le ferait une seule partie de l’indigo type.
Après cet essai colorimétrique, on procède à l’incinération d’un poids donné d’indigo, pour déterminer la proportion des matières minérales qui s’y trouvent contenues. Enfin, on passe aux essais chimiques propres au dosage de l’indigotine.
Titragre de l’indig^o. — Ge titrage peut être établi par des procédés très-diffé-
(I) Il serait préférable d’agir sur de V indigotine pure.
INDIGO
rents ; mais ils peuvent être ramenés à quatre méthodes distinctes : 1“ méthode par oxydation (chlore, chlorate, hichrômate, permanganate) ; 2“ méthode par réduction (alcalis et sulfate de fer, ou glucose, ou sel d’étain ; hydrosulfite de soude) ; 3® méthode indirecte par oxydation (mesure de l’oxygène absorbé) ; 4® méthode directe, consistant à isoler l’indigotine et à la doser.
A propos de la plupart de ces procédés, M. Erdmann a prétendu que ceux qui sont fondés sur la destruction de l'indigo par voie d’oxydation, devaient être rejetés, parce qu’en brûlant d’autres matières que l’indigotine de l’indigo, ils accusent dans celui-ci plus de matière colorante utile qu’il n’en contient réellement. Selon ce chimiste, la méthode qui consiste à doser le principe colorant par voie de réduction, serait la seule recommandable.
En général, l’essai d’un indigo devrait comprendre trois opérations : 1® le dosage de la matière colorante ; 2° celui des cendres ou matières inorganiques, 3® l’essai au colorimètre.
Méthodes par oxydation. — i® M. Chevreut a donné, pour l’essai des indigos, un procédé qui se compose de quatre épreuves :
1" épreuve. On calcine dans une petite capsule de platine 1 gramme d’indigo, préalablement séché à 100®, afin de déterminer la proportion de matières inorganiques qu’il contient.
2“ épreuve. On chauffe pendant deux heures, au bain-marie, 5 grammes d’indigo avec 43 grammes d’acide sulfuriqoe concentré et pur ; on laisse refroidir, et l’on ajoute 200 grammes d’eau. On détermine ensuite ta quantité de chlorure de chaux nécessaire pour décolorer 1 centimètre cube de cette dissolution, additionnée de 31 centimètres cubes d’eau.
3® épreuve. On tient plongés, pendant dix heures, 1 gramme de soie et 1 gramme de laine dans 1 centimètre cube de la dissolution précédente, étendue de 30 centimètres cubes d’eau; on répète l’expérience avec 1 gramme de nouvelle soie et 1 gramme de nouvelle laine, et ainsi de suite jusqu’à l’épuisement complet de la matière colorante. Le meilleur indigo est celui qui peut teindre le plus d’étoffe, et qui donne la couleur la plus haute et la plus brillante.
4® épreuve. On désoxygène l’indigo par le sulfate de fer, sous l’influence de la potasse, et l’on y teint ensuite de la soie et de la laine, comme dans la troisième épreuve.
2® Le chore libre ou celui dégagé soit des hypochlorites {Schlumberger), soit des chlorates {Lindelaub, Bolley), peut servir à titrer un indigo; mais ces procédés ont de graves inconvénients. En effet, le chlore agit non-seulemeut sur l’indigotine, mais aussi sur les autres matières colorantes de l’indigo ; de telle sorte qu'on obtient des résultats trop forts. Voici cependant le procédé Lindelaub :
On prépare trois solutions : 1® i gramme d’indigo finement pulvérisé, chauffé au bain-marie avec 10 grammes d’acide sulfurique fumant; on laisse refroidir et on ajoute de l’eau, de manière à avoir 2(!0 centimètres cubes de liqueur ; 2® une dissolution de sulfite de soude, préparée en faisant traverser à refus par le gaz acide sulfureux une solution de 100 grammes de carbonate de soude cristallisé, dans 500 grammes d’eau; 3® une solution aqueuse de 4 grammes de chlorate de potasse, étendue de manière à avoir 400 centimètres cubes de liqueur.
INDIGO
On chauffe à 50“, 50 centimètres cubes de la dissolution sulfurique d’indigo, additionnée de 200 centimètres cubes d’eau, puis on verse 500 centimètres cubes de la dissolution de sulfite de soude et, à l’aide d’une pipette graduée, on ajoute goutte à goutte la solution titrée de chlorate de potasse, jusqu’à ce que la décoloration soit complète. La qualité de l’indigo soumis à l’essai est exprimée en degrés, dont le nombre correspond à celui des divisions de la pipette qu’il a fallu employer pour la décoloration. M. Lindenlauh a ainsi obtenu :
36° pour l'indigo Java, bonne qualité ;
37°, 6 pour l'indigo Bengale.
3“ D’autres modes d’essai par oxydation ont été imaginés : par M. Penny ^ qui fait usage du bichrômate de potasse, en présence de l’acide chlorhydrique; par M. Moh7', qui se sert du caméléon violet.
Pour exécuter le procédé de titrage de ce dernier chimiste, on dissout 1 gramme d’indigo en poudre très-fine et parfaitement sec dans 15 grammes d’acide sulfurique de Nordhausen. A cet effet, on met les deux substances dans un flacon à l’émeri; on y ajoute quelques menus fragments de quartz et l’on agite de temps en temps, pendant six à huit heures. Lorsque la dissolution est complète, on la verse dans un vase de 1 litre; on lave le vase et les fragments de quartz à l’eau distillée, en ajoutant les eaux de lavage à la première liqueur ; et l’on complète ensuite par de nouvelle eau le volume de 1 litre. On en prend 100", qu’on étend encore de 200 à SCO" d’eau, et on y laisse tomber goutte à goutte une solution titrée de im^rnanganate de potasse, jusqu’à ce que la couleur bleue, puis verte, ait été remplacée par une teinte jaune sale. On .ne doit pas pousser l’opération plus loin, parce qu’on brûlerait les matières organiques étrangères à l’indigotine. Ayant titré le caméléon à l’aide de cette matière colorante pure, une simple proportion donnera la richesse de l’indigo en indigotine elle-même.
Méthodes par réduction. — 1° D’après on réduit 30 grammes d’indigo à l’aide d'un mélange de sulfates de fer et de chaux; on prélève ensuite un volume déterminé de la liqueur claire, laquelle, par oxydation à l’air, abandonne de l’indigotine insoluble qu’on recueille, qu’on lave, qu’on sèche et qu’on pèse.
Friztsche préfère comme agent réducteur une solution alcoolique de glucose qu’on additionne de potasse caustique.
Ces moyens sont lents et n’offrent pas de garantie suffisante.
2“ Un moyen qui semble très-pratique est celui qu’emploie M. Ullgrenn. On prépare d’abord trois liqueurs. La première est une solution de 1 gramme d’indigotine pure dans 10 grammes d’acide sulfurique concentré. Lorsqu’elle est achevée, on en fait un litre de liqueur A. On en prélève 10" qu’on étend également de 1 litre d’eau : celle-ci, désignée par la lettre B, renferme 10 milligrammes d’indigotine. De plus, elle a une teinte bleue qui servira de type à celle qu’on préparera bientôt avec l’indigo à essayer.
La deuxième liqueur est une solution de carbonate de soude pur saturée à froid. Enfin la troisième, ou liqueur d’épreuve G, est obtenue en dissolvant 22',5H5 de ferricyanw'e de potassium {zyosixxve. rouge) dans 1 litre d’eau : 2 centimètres cubes de cette dissolution décolorent 1 milligramme d’indigotine.
INDIGO
On en fait l’essai en prenant 10" de la liqueur A. On les étend de 1 litre d’eau; on y ajoute 20" de la solution saturée de carbonate de soude; le mélange étant placé dans une capsule en porcelaine bien blanche, on y verse goutte à goutte, à l'aide d’une burette, la liqueur d’épreuve au cyanure rouge jusqu’à décoloration complète.
On répète cette opération en s’y prenant exactement de la même manière sur l’indigo soumis à l’essai. Mais il faut préalablement en dissoudre 1 gramme dans un mélange d’acide sulfurique fumant et d’acide sulfurique monohydraté à parties égales, à une température qui ne doit pas dépasser 50“ : on étend d’eau de façon à en faire un litre. On en prend 10““ qu’on additionne d’assez d’eau pour que la teinte bleue soit égale en intensité à celle de la liqueur B. On y ajoute 20" de solution de carbonate de soude, on décolore ensuite par la liqueur d’épreuve G : la richesse de l’indigo en indigotine sera proportionnelle à
Fig. 124, — Appareil servant au titrage de l’indigo par l’hydrosulfite de soude.
la dépense de cette dernière, c’est-à-dire que si, au lieu d’en dépenser 2", on en emploie 1",5, le titre de l’indigo sera 2 : 100 ;; 1, 3 : æ = 73 p. 100.
3“ En 1873, M. Muller a proposé de doser l’indigotine d’un indigo quelcon- ([ue, au moyen de l’hydrosulfite de soude. On titre d’abord ce dernier sel en employant du sulfate de cuivre ammoniacal, comme il a été dit à propos du dosage de l’oxygène dissous dans l’eau potable (page 333). Seulement on fait
INDIGO
usage pour cela d’une solution renfermant par litre 1®'',9Ü4 de sulfate de cuivre pur et cristallisé, additionné d’un excès d’ammoniaque. C’est la proportion de sulfate de cuivre qui correspond à 1 gramme d’indigotine pure. Dans ces conditions, ces deux substances exigent le môme volume d’hydrosulfite pour être décolorées. D’autre part, on dissout 1 gramme de l’indigo à essayer dans une suffisante quantité d’acide sulfurique fumant, et on étend le liquide d’eau distillée pour faire 1 litre de solution. On en prélève 50" qu’on porte à l’ébullition pour en chasser l'air dans le ballon même où l’on fera tomber la solution d’hydrosulfite (fig. 124), puis on monte l’appareil et on dégage du flacon D du gaz carbonique pour balayer l’air du ballon B, et enfin on ouvre le robinet du tube hydrosulfite A, pour que, goutte à goutte, la solution qu’il contient se mêle à la liqueur du ballon jusqu’à décoloration, ou tout au moins jusqu’à ce qu’elle ne soit plus que jaune clair. Il ne reste plus qu’à poser la proportion entre la dépense de liquide pour l’indigotine pure et celle qu’on a faite pour l’indigo soumis à l’essai (1).
Quelques indigos, titrés par ce procédé, ont donné :
Bengale 69,4
Guatimala 00,3
Karpoli 51,6
Indigotine 100,0
Méthode indirecte par oxydation. — MM. Müenzweig et Leuchs ont proposé de déterminer la richesse d’un indigo en indigotine en mesurant le volume d’oxygène que celle-ci absorbe lorsqu’elle est réduite à l'état d’indigo blanc : l gramme de celui ci, pour se réoxyder, exige en effet 45" d’oxygène.
Une autre méthode proposée par M. Leuchs consiste à réduire l’indigo hleu en indigo blanc par le sulfate de fer et un lait de chaux, puis à réoxyder l’indigo hlanc, qui en résulte, par une solution titrée d’alun de fer acidulée. On déterminera ensuite la proportion de sel ferreux qui a pris naissance, en employant les méthodes connues (caméléon violet, chrômate de potasse, etc.).
Méthodes directes. — Le procédé Berzelius consiste dans la purification de l’indigo qu’on épuise successivement par l’eau, l’alcool, les alcalis et les acides étendus, pour éliminer les matières rouge et brune, ainsi que le gluten que l'indigo contient. On pèse l’indigotine qui reste.
Stem dose l’indigotine d’un indigo en épuisant celui-ci à l’ébullition à l’aide de l’huile de goudron employée à plusieurs reprises (1 : 100). Cette huile dissout l’indigotine qu’elle abandonne ensuite lorsqu’on la mélange au double de son volume d’éther. On peut alors la recueillir, la sécher et la peser. La partie insoluble dans l’huile bouillante représente le gluten d’indigo et les matières minérales ; on en prend le poids ; on calcine ensuite et l’on pèse de nouveau les cendres restantes. Ce poids soustrait du précédent donne, comme différence, celui du gluten d’indigo.
De tous les procédés décrits plus haut, ceux de Ullgrenn et de Muller paraissent devoir être préférés.
(1) Ce procédé est la reproduction de celui que M. Stamm a donné pour l’essai des couleurs d’aniline. (Voy. ce nr.ot.) Il exige les mêmes manipulations accompagnées des mêmes précautions.
INDIGO
Poids spécifique. — La Considération du poids spécifique d’un indigo aurait, suivant M. Leuchs, une certaine valeur. D’après ce chimiste, les proportions de l’indigotine correspondraient assez exactement à des densités particulières. Voici le tableau qui indique ces rapports :
Densités
Indigotine
Densités
Indigotine
de l'indigo.
de l’indigo.
Falsifications. — L’indigo a été quelquefois falsifié avec V amidon^ la crasse de plomb [sous-oxyde), la laque de campêche, Yargile calcaire, Yiodure d'amidon (1), le bleu de Prusse.
L’indigo allongé d'amidon est un peu pâle, n’a pas la densité, la cassure de l’indigo véritable, dont il se distingue par l’espèce de colle qu’il forme avec l’eau bouillante. De plus, décoloré par le chlore et essayé ensuite par l’iodure de potassium, on obtient une belle coloration bleue d’iodure d’amidon. Si l’on se contente de décolorer l’indigo par le chlore, on peut recueillir l’amidon sur un filtre, le laver, le sécher et en prendre le poids [Persoz],
Pour retrouver la crasse de plomb mêlée à l’indigo, on broie ce dernier avec de l’eau, on lave, on décante à plusieurs reprises, afin d’obtenir le résidu pesant, pulvérulent, fusible et susceptible d’acquérir l’éclat métallique par le frottement. Ou bien on calcine dans un creuset 10 grammes d’indigo; après l’opération, on trouve un petit culot de plomb métallique au fond du creuset.
L’indigo altéré par la laque de campêche et Yargile calcaire a une couleur violacée, terne, sans reflet cuivré : traité par l’acide sulfurique, il donne un liquide brun ou rosé, et il reste en solution du sulfate acide d’alumine, d'où l’ammoniaque en excès précipite l’alumine.
Par la calcination dans un creuset de platine, on a un résidu volumineux formé de silice et de chaux.
Pour reconnaître Yiodure damidon dans l’indigo, on traite la poudre d’indigo par une solution de potasse caustique étendue; on filtre : le liquide filtré doit contenir l’iode, s’il y en a dans l’indigo, et il donne toutes les réactions caractéristiques de l’iodure de potassium.
Le bleu de Prusse, qui, par ses caractères physiques, ressemble assez à l’indigo au premier abord, s’en distingue facilement par ses propriétés chimiques : le chlore décolore l’indigo et n’attaque pas le bleu de Prusse ; seulement ce dernier devient blanc, puis passe au bleu par une addition d’eau.
Calciné dans un têt, l’indigo donne des vapeurs pourpres, un sublimé en aiguilles rouge-pourpre, et un résidu charbonneux ; le bleu de Prusse, dans les mêmes conditions, émet une odeur assez désagréable, et laisse un résidu rougeâtre de peroxyde de fer.
On devra remarquer que les quantités de cendres laissées à l’incinération par les indigos du commerce ne sont pas toujours un moyen suffisant de juger de
(1) Cette falsiflcation a été signalée par MM. Magonty, Boucherie, Fauré et Guimard.
IODE
la plus ou moins grande pureté de ceux-ci, puisqu’ils peuvent être fraudés par des matières organiques.
Liqueur d’indigo, Sulfate d’indigo. — Lorsque l’indigo est en dissolution dans l’acide sulfurique, il forme une belle liqueur d’un bleu très-foncé, dont on se sert très-communément pour azurer le linge lessivé. Cette liqueur reste encore d’un beau bleu intense après qu’elle a été étendue de beaucoup d’eau. Elle est fortement acide, fait effervescence avec les carbonates, rougit le tournesol et trouble fortement la solution de baryte. Elle est facilement décolorée par le chlore, par la potasse caustique, par l’acide azotique, etc.
On lui a substitué quelquefois le bleu de Prusse dissous dans l’acide oxalique. Cette solution, quoique possédant quelques-unes des propriétés du sulfate d’indigo, peut en être facilement distinguée. D’abord la solution du bleu de Prusse dans l’acide oxalique ne trouble pas les sels de baryte, tandis qu’elle précipite abondamment par l'eau de chaux ou par un sel calcaire. Ensuite, elle n’est pas décolorée par le chlore; si elle l’est par la potasse, c’est pour donner une liqueur dans laquelle, après fdtration, un sel ferrique reproduira du bleu de Prusse {Er. B.). Enfin, d’après M. Pohl, la liqueur au bleu de Prusse, étendue d’eau et vue à travers un verre à réactif placé entre l’œil et une bougie, paraît d’un bleu virant tout au plus au violet, tandis que la solution d’indigo, vue dans les mêmes conditions, paraît d’un beau violet pourpre.
IODE : I = 127. — L’iode est un métalloïde, découvert en 181 1 par Bernard Courtois, dans les eaux mères des soudes de varechs. 11 se présente sous la forme de paillettes ou d'écailles d’un noir bleuâtre, et pourvues d’une espèce d’éclat métallique. 11 cristallise en octaèdres allongés ou en lames rhomboïdales, à cassure lamelleuse ; son aspect est graphitoïde. Il est friable. Son odeur forte rappelle celle du chlore ; sa saveur est âcre et désagréable. Il tache la peau en jaune; la tache disparaît à l’air par l’évaporation de l’iode. Il fond â 107°, bout et se volatilise entre 179 et 180’; sa vapeur est violette, de là le nom qu’il porte (du grec îcoSkiç, violet). Sa densité est 4,948.
L’iode est très-peu soluble dans l’eau, à laquelle il communique une couleur rousse; il est très-soluble dans l’alcool et l’éther, qu’il colore en brun noirâtre; 30 grammes d’alcool à 32° Baumé dissolvent complètement, en quelques secondes, 1 gramme d’iode pur trituré avec ce véhicule.
Ce métalloïde est très-soluble dans une eau alcaline, par exemple dans une solution de potasse caustique, au contact de laquelle il se convertit en iodure de potassium et en iodate de potasse, en se décolorant. Il se dissout très-facilement dans l’iodure de potassium sans changer de nature et en lui communiquant une forte teinte hrune.
Il colore l’amidon ou la fécule de pomme de terre en bleu, et la dextrine impure en violet.
L’iode est soluble dans le chloroforme, dans la benzine et surtout dans le sulfure de carbone. Cette dernière substance permet de constater aisément la présence d’un milligramme d’iode dans quatre litres d’eau. Le sulfure de carbone, en effet, dissout cet élément chimique en prenant une couleur d’un beau violet, dont l’intensité est en rapport avec la quantité d’iode en présence. Si on instille quelques gouttes d’acide hypoazotique dans un liquide contenant un
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iodure alcalin et qu’on y ajoute â à 3 grammes de sulfure de cai'bone, celui-ci en entraînant l’iode, après une forte agitation, descend bientôt, coloré en violet, au fond du liquide.
La benzine donnerait les mêmes résultats.
Usagées. — L’iode est un puissant emménagogue. 11 fait la base d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques administrées contre le goitre, et appliquées au traitement des maladies scrofuleuses et des affections tuberculeuses. On en fait un grand usage en photographie.
Altérations. — Quelquefois l’iode dégage une forte odeur de chlore, ou plutôt de chlorure d’iode, parce qu’il contient des chlorures dont la présence altère l’iodure de potassium préparé avec ce corps. On le purifie par la sublimation.
Pour rechercher si l’iode renferme du chlore, on en chauffe quelques grammes avec une solution de potasse caustique, jusqu’à décoloration. On évapore le résidu à sec et on le calcine dans un creuset d’argent. On dissout le sel fondu dans l’eau distillée, on ajoute à la solution un e.xcès d’azotate d’argent ; on recueille le pi’écipité sur un filtre ; on le lave un peu ; puis on le met' en digestion dans un excès d’ammoniaque caustique ; on filtre de nouveau, et on additionne le liquide clair d’un excès d’acide azotique : si alors on obtient un dépôt blanc caillebotté, noircissant à la lumière, c’est du chlorure d’argent résultant du chlore que renfermait l’iode.
M. F. Meyer, de Hanovre, a examiné un échantillon d’iode altéré par la présence de V iodure de cyanogène, qui peutprendre naissance pendant l’action de l’acide sulfurique sur le cyanure de potassium des eaux mères. Cet iode était sous la forme de petites paillettes brillantes, parmi lesquelles on distinguait à la loupe des cristaux blancs, isolés, aciculaircs.
Si l’on sépare quelques-uns de ces petits cristaux et qu’on les porte au fond d’un verre de montre dans une ou deux gouttes de sulfhydrate d’ammoniaque, aussitôt une vive réaction se manifeste. Si alors on évapore à une douce chaleur le liquide jusqu’à siccité, et si on touche le résidu sec avec une goutte de perchlorure de fer, on voit apparaître immédiatement la coloration rouge, preuve de l’existence d’un sulfocyanure (1) [O. Henry fils et Humbert).
Falsifications. — Le prix élevé de l’iode, à de certaines époques, a porté les falsificateurs à le mélanger avec plusieurs substances, telles que le charbon en ■poudre fine, le sable, la houille, V ardoise pilée, le peroxyde de manganèse, le sulfure de plomb. Va plombagine on graphite [^), les battitures de fer, V iodure de soufre, le chlorure de calcium, le chlorure de magnésium, le bitartrate de potqsse. Veau (3).
Toutes ces substances, sauf l’eau, sont reconnues dans l’iode au moyen de la
(1) MM. O. Henry fils et Humbert ont obtenu par ce procédé une coloration très-sensible avec une seule aiguille microscopique d'iodure de cyanogène.
(î) M. Herberger a trouvé jusqu’à 51 p. 100 de plombagine dans un échantillon d’iode qu’il eut à examiner.
(3) On a prétendu aussi que l'iode avait été falsifié avec le sulfure d’antimoine. Mais cette fraude n'est guère praticable; car, d’après les expériences d’O. Henry et Garrot, l’iode et le sulfure d’antimoine réagissent l’un sur l’autre, même à la température ordinaire, en produisant une combinaison triple {sulfo-iodure d’antimoine), de couleur rouge, qui communiquerait au mélange frauduleux une teinte différente de celle que présente chacun de ses composants. On ne pourrait expliquer cette falsification que par l’ignorance du fraudeur, quelquefois poussée à tel point, que l’on a eu l’exemple d’un vendeur de produits chimiques qui faillit s’asphyxier en essayant de mêler de la limaille de fer à de l’iode.
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chaleur, de l’alcool bouillant ou de l’éther, d’une dissolution faible de potasse caustique, ou d’iodure de potassium.
L’iode pur, exposé à la chaleur, se sublime entièrement ; l’iode mélangé laisse pour résidu, après sa sublimation, toutes les substances qui, parmi les précédentes, sont fixes et indécomposables par la chaleur. Si l’iode, avant l’opération, a été pesé avec soin, le poids du résidu fait connaître la proportion du mélange frauduleux.
L’alcool bouillant, ou une solution de potasse faible, ou mieux encore une dissolution d’iodure de potassium, dissout entièrement l’iode et laisse pour résidu les substances étrangères. La solution alcaline que Ton emploie doit être étendue, car autrement l’iodate de potasse, peu soluble, se dépose sous forme de poudre blanche.
On peut remplacer avantageusement l’alcool par l’éther ; l’iode est alors dissous très-rapidement; si ensuite on ajoute un peu d’eau à la solution, aussitôt l’éther vient à la partie supérieure du liquide, tandis que l’eau quires te au-dessous de celui-ci, étant incolore, permet d’observer s’il existe quelque dépôt, mieux qu’avec l’alcool, dont la teinte foncée, lorsqu’il a dissous l’iode, rend l’observation plus difficile et plus douteuse {Acar).
On peut encore employer une dissolution concentrée d’acide sulfureux qui, dissolvant l’iode en donnant naissance à de l’acide sulfurique et à de l’acide iodhydrique, laisse pour résidu les substances étrangères, telles que la plombagine, l’ardoise pilée, le charbon en poudre, le sulfure de plomb [Lepage).
La falsification de l’iode par le chlorure de calcium, signalée par Giovanni Righini, et la présence du chlorure de magnésium dans l’iode, indiquée pai M. Hei'zog, sont faciles à constater en agitant le produit suspecté avec de l’eau distillée, dont on chasse ensuite l’iode dissous en le volatilisant à l'aide de la chaleur ; la solution est soumise après cela à l’action des réactifs pouvant déceler le chlore (nitrate d’argent), la magnésie (phosphate de soude ammoniacal) et la chaux (oxalate d’ammoniaque).
La falsification de l’iode par le hitnrlrate de potasse, signalée également par M. Herzog, est facilement reconnue par l’insolubilité de ce sel dans l’alcool.
Souvent on livre au commerce de l’iode à l’état humide, contenant 10 à 12 p. 100 d’eaw, et même plus (1). On pèse une certaine quantité d’iode, et on la comprime fortement entre des feuilles de papier non collé, préalablement séchées. Le poids de l’iode, après la dessiccation, fait connaître la quantité d’eau contenue primitivement. Ce moyen ne comporte pas une grande précision.
Titr.i^e rte l’iorte. — On a imaginé un assez grand nombre de procédés pour titrer un iode humide, comme le sont les iodes bruts qu’on trouve dans le commerce avant leur sublimation : celui de Bunsen par Vacide sulfureux, celui de Mohr par Varsénite de soude, celui de Fordos et Gélis par Vhyposulfite de soude donnent de bons résultats. Comme ils ont tous une certaine analogie entre eux, on peut les remplacer parla méthode volumétrique proposée par M. Bobierre pour
(1) hohiquet a signalé la présence de 15 à 20 p. 100 d'eau dans de Tiode venu d'Angleterre. M. Leroy, de Bruxelles, a trouvé, dans un échantillon, 25 p. d'eau; et M. Townsend-Harris, professeur de chimie au collège médical de New-Yoïk, jusqu'à 40 p. 100 d'eau. Ces proportions d'eau ne se rencontrent que dans l'iode brut du commerce ; au milieu de l'iode cristallisé, l'eau resterait fluide et par conséquent visible {L. Patrouillard).
IODE. f>09
le titrage de U iode commercial : elle consiste dans l’emploi de Vai'sénite de soude en présence de la benzine.
On dissout 4®*', 95 d’acide arsénieux au moyen de 14-'‘,5 de carbonate de soude cristallisé et pur dans 1 litre d’eau. On prépare, de plus, une solution concentrée de bicarbonate de soude. On introduit ensuite de la solution arsénieuse et 5" de celle du bicarbonate, dans un flacon à large ouverture, boucbé à l’émeri, et d’une capacité de 12o®°. Le tout est additionné de 4*^® de benzine incolore.
D’autre part, on pèse une quantité quelconque d’iode pur (environ 1 gramme) qu’on dissout dans l’eau à l’aide du double de son poids d’iodure de potassium, en faisant du tout un volume de 100®®. On en remplit une burette graduée, puis on fait tomber cette liqueur goutte à goutte dans le flacon en agitant à chaque fois. La coloration de l’iode disparaît en présence de l’arsénite alcalin ; mais au moment où celui-ci est totalement converti en arséniate, une goutte de plus de liqueur iodée donne à la benzine une belle coloration rosée indiquant la fin de la réaction. On sait alors quel est le titre de la liqueur arsénieuse par rapport à l’iode pur.
Il suffit de répéter l’expérience sur l’iode humide pour établir sa richesse; en effet, les volumes des dissolutions employées sont inversement proportionnels à celle-ci. Supposons que les I0®° de solution arsénieuse correspondent à0®,127 d’iode pur réparti dans 100 divisions de la burette : si, dans les mêmes circonstances, on fait une dépense de 137 divisions delà liqueur qui tient en dissolution l’iode soumis à l’essai, on dira : 137 : 100 : : 100 : x — 72,9. L’iode essayé est donc riche à 72,9 p. 100.
M. Gaston Tissandier indique la marche suivante pour les essais d’iode :
V° Pesée de l’iode. — Gomme il est volatil et qu’il corrode le métal des balances, on doit en peser 4 ou 3 grammes dans un tube à essais clos par un bouchon. Quand on veut le titrer, on fait glisser une partie de cet iode dans le vase où on va l’attaquer; puis on pèse de nouveau le tube muni de son bouchon : la différence de poids donne celui de l’iode qui va être mis en expérience.
2® Dosage de l’iode. — On a fait tomber l’iode dans un vase contenant 40®“ d’une solution récente et saturée de gaz acide sulfureux. Lorsqu’il y a disparu et que la liqueur est devenue incolore, on lui ajoute un demi-litre d’eau bouillante, puis on la sature par un excès d’ammoniaque. On y verse enfin un excès d’azotate d’argent dissous (au 10“®) ; il se précipite de Yiodure d'argent insoluble dans l’ammoniaque. Après une vive agitation on le laisse se déposer, on le recueille, on le lave et on le sèche à 110® pour le peser ensuite : 100 parties d’iodure d’argent correspondent à 34,04 d'iode pur.
3® Dosage du chlore. — La liqueur mère de l’iodure d’argent et les eaux de lavage retiennent le chlore à l’état de chlorure d’argent soluble dans l’ammoniaque, mais insoluble dans l’acide azotique. Si donc on les sursature par ce dernier, elles abandonnent ce chlorure d’argent (s’il y en a), qu’on lave, qu’on sèche à 110® et qu’on pèse : 100 parties de chlorure d’argent correspondent à 24,73 de chlore.
4® Dosage des cendres. — En chauffant un poids connu d’iode de façon à le volatiliser complètement, les substances fixes qu’il pouvait contenir restent dans la capsule où l’on a fait l’opération : on les pèse. ' ,
3® Dosage de l’eau. — M. Tissandier se contente du moyen suivant; il dissout' Chevallieh et Baudiumont, 5' édit. 39
lODURES DE MERCURE.
un gramme d'iode dans 20" de sulfure de carbone, mis dans un tube gradué. On abandonne le tout pendant trois heures dans un endroit tiède; l’eau surnage la solution violette d’iode dans le sulfure de carbone ; on lit sur l’échelle du tube le nombre de divisions qu’elle y occupe : chaque division équivaut à un dixième de centimètre cube, c'est-à-dire à un décigramme d’eau.
lODURE DE CUIVRE (Proto-) : Cu2I,HO. — C’est une poudre grise insoluble dans l’eau, que la chaleur déshydrate facilement et qui fond au rouge en devenant verdâtre. 11 est facilement réduit par le zinc, l’étain, et abandonne tout son iode lorsqu’on le traite par le bioxyde de manganèse et l’acide sulfurique.
L’iodure cuivreux obtenu au Chili avec les nitrates de soude commence à arriver en Europe en quantité notable. On peut le doser de la manière suivante :
Avant de l’avoir bien lavé pour lui enlever son chlorure, on en pèse 0«',50 et, l’ayant délayé dans l’eau, on lui ajoute de zinc en poudre. Il se fait de
l’iodure de zinc soluble et du cuivre réduit. On filtre, on lave le dépôt, et les liqueurs réunies sont additionnées d’une goutte de bichrômate de potasse dissous, puis titrées avec une solution titrée d’azotate d’argent. Le terme de la réaction est indiqué par l’apparition du chrômate rouge d’argent.
On pourrait en isoler l’iode par le perchlorure de fer à chaud et doser ensuite ce métalloïde; le procédé précédent est préférable.
lODURES DE MERCURE. — Il existe deux combinaisons d’iode et de mercure : le pi'otoiodure et le biiodure de mercure.
Le protoiodure, Hg^I, est jaune verdâtre. 11 est volatil, rougit quand on le sublime, et redevient jaune par le refroidissement ; il est insoluble dans l’eau et dans l'alcool.
Le büodu7-e, Hgl, est d’une belle couleur rouge vif ; au feu, il devient jaune, puis il fond, se sublime et se condense en belles lames rhomboïdales d’un jaune d’or, qui deviennent d'un rouge éclatant par le refroidissement. Il est insipide, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, plus à chaud qu’à froid, très-soluhle dans l’iodure de potassium.
Usages. — Les iodures de mercure sont employés, en médecine, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, contre les maladies vénériennes et scrofuleuses.
En raison de sa belle couleur, le biiodure commence à être emploj'é comme matière tinctoriale dans la fabrication des toiles peintes.
Altérations. — Le pi'otoiodure de mercure contient souvent du biiodure ; on s’en assure en le traitant par l’alcool bouillant qui dissout ce dernier, qu’on obtient ensuite par évaporation. Le protoiodure est souvent altéré par la lumière qui le transforme en un mélange de biiodure et de mercure métallique ; en le traitant par l’alcool bouillant, le résidu insoluble, au lieu de rester vert, devient gris noirâtre.
Faisiflcatioiis. — Le protoiodure a été falsifié avec le sulfate de baryte. Cette fraude se reconnaît facilement par l’application de la chaleur: le protoiodure seul est volatil.
Le biiodure de mercure a été falsifié avec le cinabre, le minium et le stdfate de baryte. Si l’on chauffe cet iodure ainsi altéré, il se sublime et laisse pour résidu les substances étrangères, y compris le cinabre, qui est moins volatil. En outre,
lODÜRE DE POTASSIUM.
l’iodure mêlé de cinabre, chauffé au contact de l’air, brûle partiellement avec une flamme bleue, en donnant l’odeur de l’acide sulfureux, ce qui n’a jamais lieu avec le biiodure à l’état de pureté.
On peut enfin essayer le biiodure au moyen de l’alcool chaud, ou mieux encore par une solution d iodure de potassium, qui le dissolvent sans toucher aux substances qui servent à le falsifier.
IODURE DE PLOMB : Pbl. — Ce sel est ordinairement en poudre ou en trochisques d’un beau jaune vif. Il se dissout dans 1235 parties d’eau froide et dans 192 parties d’eau bouillante, d’où il se précipite par le refroidissement en paillettes micacées et brillantes comme de l’or. La lumière l’altère. Il noircit au contact de l’acide sulfhydrique.
Usages. — Il est employé en pommade comme résolutif.
Altérations. — Lorsque ce composé a été préparé à l’aide d’un acétate de plomb un peu basique, il est alors plus pâle et renferme de l’oxyiodure de plomb. On y constate la présence de ce dernier composé en lui ajoutant de l’acide acétique, qui avive la couleur du produit essayé. D'après M. Ca?'les, on peut même y doser l’oxyiodure, en épuisant le mélange par l’eau bouillante qui finit par laisser celui-ci, en dissolvant seulement l’iodure de plomb.
IODURE DE POTASSIUM : KL — L’iodure de potassium ou hydy'iodale, iodhydrate de potasse, est un sel blanc, inodore, cristallisé en cubes (I) qui ne retiennent pas d’eau de cristallisation ; sa saveur est âcre et piquante ; il est déliquescent, très-^luble dans l’eau, moins soluble dans l’alcool ; fusible, altérable par l’oxygène de l’air {ozone), qui déplace une portion de l’iode, et par suite lui communique une légère teinte jaunâtre ; il répand en même temps une odeur d’iode très-sensible. L’iodure de potassium doit donc être conservé dans des flacons bien secs, bouchés à l’émeri, afin de le mettre à l’abri du contact de l’air et de l’humidité qui viennent le modifier dans sa constitution.
L’iodure solide, chauffé avec un peu de bisulfate de potasse, dans un tube fermé, donne lieu à un dégagement d'acide sulfureux et de vapeur d’iode.
L’iodure en solution est décomposé par le chlore, le perchlorure de fer, l’acide nitrique, le bichrômate de potasse mélangé d’acides oxalique, ou sulfurique, ou chlorhydrique {John Horsley), qui en séparent de l’iode.
Caractères. — Voir page 19.
Usages. — Ce sel est très-employé en médecine pour le traitement des maladies scrofuleuses; on l’administre sous forme de pommade, de solution, de bain, de collyre; il sert à la préparation de divers iodures métalliques. On l’emploie aussi dans la photographie.
Altérations et Falsifications. — L’iodure de potassium est souvent altéré paf des sels étrangers dont la présence est due à une mauvaise préparation ; tels sont : le chlorure et le brômure de potassium, Viodate, le carbonate et le sulfate de potasse. Mais, en raison de son prix élevé (2) et de la grande consommation qu’on en fait aujourd’hui, il est souvent adultéré par l’addition An chlorure de potassium,
(1) M. Kane a observé de l'iodure de potassium, chimiquement pur, cristallisé en longs prismes rectangulaires et transparents, terminés par un pointement à quatre faces ou par une seule face.
(2) Il a valu, il y a quelques années, jusqu'à 150 fr. le kilog.
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de chlorure de sodium (1), des chlorures de calcium et de magnésium, du carbonate de potasse, du bromure de potassium, du nitrate de soude, du sulfate de potasse, de Veau et du bicarbonate de soude.
Les chlorures de potassium et de sodium, dont la présence a été signalée, en premier lieu, par Robiquet, se reconnaissent à l’aide de procédés certains et nombreux.
Celui de Sérullas repose sur l’insolubilité de l’iodure d’argent dans l’ammoniaque, et sur la solubilité du chlorure d’argent dans le même réactif. On dissout dans l’eau distillée un poids connu d’iodure de potassium sec, et on verse dans la liqueur un très-léger excès de nitrate d’argent; il se forme un précipité qu’on traite par l’ammoniaque liquide, on agite, et on laisse déposer. On décante le liquide ammoniacal, que l’on remplace par une nouvelle quantité d’ammoniaque; on réitère ce traitement jusqu’à ce que cet alcali ne donne plus de précipité par l’addition d’un excès d’acide nitrique. Le résidu insoluble, exclusivement formé d’iodure d’argent (2), est recueilli, séché et pesé, et de sa quantité on déduit, par le calcul, le poids d’iodure de potassium correspondant, sachant que 100 p. de ce dernier sel, à l’état de pureté, doivent fournir 141,4 p. d'iodure d’argent. S’il y a une perte, celle-ci représente le poids du chlorure ; d’ailleurs, en réunissant les liqueurs ammoniacales et en les sursaturant par l’acide nitrique, le chlorure d’argent se dépose, et de son poids on déduit, par le calcul, celui du chlorure de sodium ou de potassium dont l’iodure était mélangé ; sachant que 100 p. de chlorure d’argent représentent 40,89 p. de chlorure de sodium et 27,28 p. de chlorure de potassium (3).
On décèle aussi la présence d’un chlorure dans l’iodure de pol^ssium, en versant du nitrate de palladium en léger excès dans la solution d’un poids donné d’iodure ; on chauffe doucement, on filtre, on lave le précipité et on traite le liquide filtré par le nitrate d’argent, qui donne un précipité de chlorure d’argent dont le poids indique celui du chlore et, par suite, celui du chlorure alcalin.
La base alcaline des chlorures ajoutés à l’iodure se détermine à l’aide des réactifs qui servent à distinguer la potasse de la soude (chlorure de platine, acide perchlorique, acides tartrique et picrique ; antimoniale de potasse).
Quant aux chlorw'es de magnésium et de calcium, qui rendent les iodures de potassium plus déliquescents, ils ne peuvent s’y trouver qu’en petite quantité, et se reconnaîtraient d’ailleurs par les principaux réactifs des sels de magnésie et de chaux.
La présence du carbonate de potasse dans l'iodure de potassium est plus fréquente que celle des chlorures alcalins (4); mais elle n’est pas toujours une preuve de sophistication, car les iodures du commerce, sous l’influence de ce carbonate, cristallisent mieux et leurs cristaux prennent alors une opacité qui est recherchée par les consommateurs. Ainsi, la présence de 1 à 3 p. 100 de
(1) Christison a trouvé 10 p. 100 de chlorure de sodium dans de l'iodure de potassium. .
(2) L’iodure d’argent exige, pour se dissoudre, au moins 2500 fois son poids d’ammoniaque.
(3) Pour que ce genre d’essai soit exact, il faut que l’iodure soit exempt de bromure.
(4) Christison dit avoir trouvé des échantillons d’iodure contenant 10, 15, 20 et jusqu’à 90 p. 100 de carbonate do potasse.
Sur trois échantillons d'iodure de potassium examinés par M. Townseml-Harris, l’un d’eux renfermait 36 p. 100 de chlorure de potassium ; le second, 30 p. 100 de chlorure de potassium et de. carbonate de potasse ; le troisième, 65 p. 100 de chlorures de potassium et de sodium.
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carbonate dans l’iodure ne doit pas être considérée comme le résultat d’un mélange frauduleux, mais plutôt d’une fabrication défectueuse.
Un excès de carbonate se reconnaît en décomposant la solution d’iodure par le chlorure de baryum, qui fournit un précipité faisant effervescence au contact des acides ; par l’eau de chaux, le chlorure de calcium, qui donnent un précipité blanc, soluble dans un acide avec effervescence : par le sulfate de protoxyde de fer, qui forme un précipité verdâtre, passant au jaune rougeâtre; par le sirop d’iodure de fer que les carbonates précipitent en blanc verdâtre et les iodates en rouge-brique [Copney).
L’iodure mêlé de carbonate en quantité assez forte, fait effervescence au contact des acides étendus ; il rougit le curcuma et ramène au bleu le papier de tournesol rougi ; il se présente sous forme de petits cristaux, promptement déliquescents au contact de l’air. Porté à l’ébullition avec 3 ou 4 p. d’alcool concentré, il laisse au fond du vase le carbonate sous forme d’une masse compacte ou d’un liquide très-dense.
Le brômure de potassium a été assez fréquemment mélangé et même substitué entièrement à l’iodure, surtout lorsque le prix de ce dernier sel était très-élevé. Une méthode très-simple, indiquée par M. J. Personne pour reconnaître ce genre de fraude, consiste dans l’emploi du sulfate de cuivre et de l’acide sulfureux (1). On mélange la dissolution d’iodure suspect avec un excès de sulfate de cuivre, et on y fait passer un courant d’acide sulfureux, qui précipite tout l’iode à l’état de protoiodure de cuivre, tandis que le brômure reste dissous. Le protoiodure recueilli sur un filtre, lavé, séché et pesé, fait connaître le poids de l’iode. La liqueur filtrée, mélangée avec une nouvelle portion de sulfate de cuivre et d’acide sulfureux, et portée ensuite à l’ébullition, donne alors un précipité de protobrômure de cuivre, qui peut être dosé comme le protoiodure.
Quand on veut simplement se borner à constater la présence du brôme, il suffit, après avoir séparé le protoiodure de cuivre par le filtre, de mettre le liquide dans un tube, d’y verser un peu d’éther et d’eau chlorée, puis d’agiter : par le repos, l’étber vient nager à la surface en entraînant tout le brôme, qui le colore en jaune rougeâtre.
M. Lepage préfère précipiter l’iode par un léger excès de bichlorure de mercure, et agiter ensuite la liqueur filtrée avec de l’éther et du chlore pour isoler le brôme.
Si l’iodure était mêlé de brômure en quantité notable, on pourrait le reconnaître par le procédé de M. Alvaro Beynoso, fondé sur la décomposition de l’acide iodhydrique ou brômhydrique par l’eau oxygénée, sans avoir aucune action sur l’iode ou le brôme mis en liberté. On met, dans un tube fermé par un bout, l’iodure avec un morceau de bioxyde de baryum ; on ajoute de l’eau distillée, de l’acide chlorhydrique et un excès d’empois d’amidon et d’éther : l’iode se combine avec l’amidon, et le brôme, se dissolvant dans l’éther, vient à la surface. De cette manière, on a une coloration bleue en bas et une teinte jaune en haut.
L’iodure de potassium est souvent mêlé d'iodate de potasse. La présence de ce sel provient presque toujours du procédé mis en usage pour obtenir
(I) Cette réaction, due à M. Dufîos, avait été déjà appliquée à la recherche du chlorure de potassium dans l’iodure.
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l’iodure; elle est importante à constater ; car non-seulement l’iodate de potasse ne possède pas les propriétés médicales de l’iodure de potassium, mais encore il paraîtrait que ce dernier, ainsi mélangé, peut constituer un médicament dangereux, et même, dans diverses circonstances, donner lieu à des accidents graves (1).
En traitant l’iodure de potassium par suffisante quantité d’alcool à 90®, il s’y dissout totalement, tandis quel’iodate dépotasse qu'il peut renfermer résiste à ce véhicule. En recueillant ce sel insoluble, on constate sa nature : 1“ en le chauffant au rouge dans un tube à essais : on en dégage ainsi de l’oxygène ; 2® en le dissolvant dans l’eau et lui ajoutant de l’acide sulfureux; on en précipite tout l’iode, etc.
M. Leroy, de Bruxelles, a proposé de verser dans la solution aqueuse de l’iodure suspect quelques gouttes d’un acide très-étendu (vinaigre distillé ; acides sulfurique, nitrique ou chlorhydrique étendus) (2). Si l’iodure renferme de l’iodate de potasse, même des traces, il y a production d’acide iodhydrique et d’acide indique libres ; ces deux acides, mis en présence, réagissent l’un sur l’autre et mettent en liberté de l’iode, qui donne au liquide une couleur rouge vineux, rouge foncé et même noire ; cette coloration est d’autant plus intense que l’iodate est plus abondant; dans ce dernier cas, il peut se former un précipité d’iode (3).
Si l’on expose à une haute température de l’iodure de potassium renfermant de l’iodate, celui-ci se convertit en iodure, avec dégagement d’oxygène; il en résulte que l’excès d’iodure constaté par l’analyse, après l’opération, permet de déterminer la quantité réelle d'iodate de potasse qui était contenue dans l’iodure avant l’essai {H. Bonneioyn).
M. Leudet a signalé la présence du nitrate de soude dans un iodure de potassium du commerce. Les cristaux de nitrate, étant plus transparents, ont pu être séparés à la main et soumis à l’action des réactifs caractéristiques des nitrates.
L’iodure de potassium contient souvent des traces de sulfate de potasse, dont la présence est due uniquement au mode de préparation ; mais si ce sel a été ajouté par fraude, il est accusé par le précipité notable, insoluble dans l’acide nitrique, que la dissolution d’iodure ainsi adultéré donne avec un sel de baryte.
Enfin, si l’iodure contient de l’eau (4), celle-ci est indiquée par la différence de poids de l’iodure avant et après sa dessiccation.
M. Erdmann a signalé la présence du bicarbonate de soude dans un iodure de potassium du commerce. Ce dernier, traité par l’eau, laissa déposer une assez grande quantité de fragments cristallins, insolubles dans l’alcool, faisant
(1) M. Leroxj, de Bruxelles, a cite plusieurs exemples d’accidents dus, suivant lui, à l’usage d’iodure de potassium môle d’iodate de potasse. Il attribue en partie à la présence de ce sel les notables différences que l’on remarque dans la manière d’ôtre et d’agir de l’iodure de potassium.
(2) Il faut préférer à l’acide clüorbydrique, lequel peut contenir du chlore libre, une simple solution d’acide tartrique.
(.I) Ces colorations ne ressemblent nullement aux couleurs paille ou ambrées, que certains iodures do potassium, exempts d’iodate, mais altérés sous l’influence de l’air et de l’humidité, peuvent prendre au contact des acides étendus.
(4) On peut y tolérer 2 p. 100 d’eau.
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elfervescence au contact des acides, et exigeant 13 à 14 parties d'eau pour se dissoudre.
Titrage de l’iodure de potassium. — Pour reconnaître la pureté des iodures de potassium du commerce, M. Berthet a proposé un procédé iodométrique qui est basé sur la réaction que produit un iodate alcalin sur l’iodure de potassium en présence de l’acide sulfurique ; il y a décomposition des deux sels et précipitation de tout l’iode.
M. Berthet emploie une liqueur normale d’iodate de soude (1), qu’il verse goutte à goutte dans la dissolution d’iodure, jusqu’à ce que la liqueur, qui brunit d’abord et se trouble, ne se colore plus par l’addition d’une goutte d’iodate. La solution d’iodure a été préalablement introduite dans un petit ballon à large col, qu’on cbauffe de temps en temps, pendant l’essai, pour en chasser l’iode à mesure qu’il devient libre.
50 centimètres cubes de liqueur normale d’iodate, ou 100 divisions de la burette alcalimétrique (correspondant à 50 centimètres cubes), détruisent complètement 100 centimètres cubes de solution d’iodure de potassium contenant 1 gramme de ce sel. Par conséquent, chaque division de laiaurette, employée en moins, accuse 1 p. 100 de matières étrangères, et chaque goutte représente sensiblement 2 millièmes.
Les résultats obtenus n’éprouvent aucune variation sensible par des mélanges de sulfates, chlorures, brômures, même dans des proportions de 30 à 40 p. 100.
Les sels sulfurés seuls nuisent à l’opération, mais on en reconnaît facilement la présence à l’apparition du trouble blanc laiteux que produit l’addition des premières gouttes de solution titrée d’iodate de soude {Berthet).
Ce procédé présente un inconvénient : c’est qu’on dose l’iode de l’iodate, qui peut exister dans l’iodure, aussi bien que l’iode de ce dernier.
Les procédés de dosage des iodures de Bunsen, de Dupré, de de Luca, de Lepage, etc., peuvent être également employés.
D’après M. Marozeau, on peut faire l’essai de l’iodure de potassium à l’aide d’une solution titrée de bichlorm'e de mercure. En effet, deux équivalents d’iodure de potassium en présence d’un équivalent de bichlorurede mercure, tous deux dissous, donnent d’abord un précipité rouge de biiodure de mercure ; mais celui-ci se redissout en présence du deuxième équivalent d’iodure alcalin pour former un sel double (Kl, Hgl) très-soluble, réaction sur laquelle le bromure de potassium en solution étendue n’a aucune influence. M. Marozeau prend 1 gramme d’iodure de potassium qu’il dissout dans 1 litre d’eau. 11 ajoute cette liqueur à 0^^421 de bicblorure de mercure pur dissous également dans 1 litre d’eau. Par leur mélange, il ne doit pas se déposer d’iodure rouge de mercure, si l’iodure de potassium est bien pur.
Ce procédé, qu’on a accusé d’inexactitude, peut être au contraire très-avantageusement employé, à la condition d’éliminer les carbonates et iodates alcalins que peut contenir l’iodure de potassium, en les précipitant par du chlorure de baryum. On prend un poids connu d’iodure de potassium bien desséché (l gramme) ; on le dissout dans 50" d’eau distillée; on y instille peu à peu une solution de chlorure de baryum tant qu’il se produit un précipité, on ajoute de
(I) Cette liqueur est préparée avec 4“'',7 80 d’iodate de soude très-pur, 15 grammes d’acide sulfurique pur, et une quantité d’eau distillée suffisante pour avoir un litre de liquide.