JALAP
dit jalap de Tampico. D’autres y arrivent de temps en temps, entre autres une magnifique racine pyriforme, noire, légèrement striée, à zones intérieures concentriques jaunes et brunes. Elle a donné à V analyse 14 p. 100 de résine {Er. B.). Quant au jalap de Tampico, M. Andouard n’y a dosé, en général, que 4 à 5 p. 100 de résine. Il renferme de 14 à 15 p. 100 de sucre fermentescible. Ce jalap est napiforme, brun, ridé, terminé en pointe à ses deux extrémités. D’après D. Hanbury on doit le rapporter à une nouvelle convolvulacée, Ylpotnæa simulans. On ne saurait le substituer au jalap officinal, car non-seulement il est bien moins riche que lui en résine, mais, d’après M. Sprigatis, celle qu’il contient en différerait par sa nature chimique (Tampicine).
Composition. — D’après l’analyse de M. Gei’èerla racine de jalap contient : résine dure; résine molle ; convolvuline eX jalapine ; extractif un peu âcre ; extrait gommeux ; matière colorante; sucre incnstallisahle ; gomme ; mucilage végétal ; albumine végétale ; amidon; ligneux {V).
Usagées. — La racine de jalap est employée en médecine comme purgatif drastique, sous forme de poudre, d’extrait, de teinture, etc. On s’en sert aussi dans la médecine vétérinaire.
Altérations. — Le jalap est très-sujet a.\x\ piqûres de larves d‘ insectes ; comme, ces animaux laissent la résine intacte, on ne doit employer les racines ainsi altérées que pour l’extraction de celle-ci.
Pour faire la poudre et les préparations de jalap, on doit choisir cette racine saine, non piquée, en morceaux assez gros, noirâtres, compactes, lourds et sans poussière, marqués d'une multitude dépeints brillants ; d’une odeur nauséeuse, d’une saveur âcre et d’une belle cassure résineuse. 11 faut laver et brosser quelques-uns de ces morceaux, afin de s’assurer si les piqûres d’insectes n’ont pas été masquées, comme cela se pratique quelquefois, au moyen de poudre de jalap et d’un mucilage de gomme arabique ou de colle de pâte. De plus, la fraude se reconnaît à la légèreté de la racine et à la cassure dans laquelle on aperçoit l'insecte ou la partie creuse dans laquelle il a séjourné. Le jalap mâle desséché est noir à l’intérieur.
Le meilleur procédé pour reconnaître la valeur d’un jalap consiste à en extraire la résine en épuisant cette racine par l’alcool. Un jalap de bonne qualité doit donner de 10 à 13 p. 100 de résine; le jalap sain en donne 9,6 p. 100; le jalap léger, 12 p. 100, et le jalap piqué, 14,4 p. 100 {Henry) (2).
Falsifications. — On connaît un certain nombre de faux jalaps:
1“ Le faux jalap rouge ou rayonné décrit par Guibourt: il provient des excroissances qui se développent sur le goyavier {Jourdannet). 11 est tubériforme, gris brunâtre ou rougeâtre, à surface rugueuse. A l’intérieur il présente des stries concentriques et radiaires d’une grande régularité. Traité par l’eau, il donne une belle liqueur rouge que les sels de fer précipitent en vert noirâtre ;
2° Le faux jalap à odeur de rose : il est à tubercules ovoïdes marqués de sillons profonds et noirâtres, â coupe poreuse et blanchâtre. Il exhale une odeur de rose assez marquée.
(1) Dans le jalap il y a des sels minéy'ciux dont les proportions paraissent être en raison inverse de celles des matières résineuses {Ër. B.).
(2) D'après M. Andouard, les petites racines de jalap sont généralement plus riches en résine que les gros tubercules de la môme plante. (Thèse sur les Convolvulacées purijatives. École de pharmacie, 1864.)