‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 268 sur 470 · DEGRÉS DE DÉVIATION · texte numérisé non relu

DEGRÉS DE DÉVIATION

PUUETÉ du liquide.

1/2 eau.

3/4 EAU

Solution de sucre

Sérum coagulé naturellement

— artificiellement

Us ont observé, en outre, que la déviation de la dextrine est trois à quatre fois plus considérable que celle du sucre de lait ; or, l’addition de la dextrine au lait, faite dans le but de rendre à ce liquide la saveur sucrée que l’introduction de l’eau lui a fait perdre, est et doit être telle que sa présence est immédiatement signalée par le polarimètre. Voici donc le procédé pratique que Vernois et A. Becquerel ont employé pour apprécier la falsification du lait par addition d’eau : on coagule rapidement le lait, on introduit le sérum dans le tube et on examine la déviation produite soit à la lumière du jour, soit à celle d’une bou-

(1) On coupe un rhomboèdre de spath d islande par un plan perpendiculaire aux grandes diagonales des bases et passant par les sommets obtus les plus rapprochés l’un de l’autre, puis on rejoint les deux moitiés dans le même ordre avec du baume de Canada.

(2) La section principale des prismes est le plan perpendiculaire à la face antérieure et postérieure de chaque prisme, et qui contient l’axe de double réfraction.

(3) L’extinction de la seule image visible est plus facile à saisir que l’identité de nuance des deux couleurs (comme dans le polarimètre de M. Soient), qui peut ne pas être trouvée la même par tous les observateurs.

Chevalliek et Baudrimont, 5' édit.

LAIT

gie ; puis, d’après la table suivante, on détermine immédiatement la quantité de sucre, et, par suite, la proportion d’eau :

Degrés.

Valeur en sucre (1).

11 grammes

' sur 1 ,000 grammes de lait.

Par exemple, si l’instrument accuse 3“,5, on multiplie 3“ par il grammes, et ' on ajoute la valeur de la moitié, ce qui donne 33®*'-|-3S'',50 = 388'',50 sur 1,000 grammes de lait.

M. Poggiale a proposé de déterminer la richesse du lait ; 1“ en dosant le sucre de lait par le réactif cupro-potassique ; 2“ en le dosant à l'aide du saccbarimètre.

Saccharimètre. — M. Poggiale dose le sucre de lait au moyen du saccbari- 1

mètre de M. Soleil; on prépare d'abord le petit-lait, on y ajoute quelques |

gouttes d’acétate de plomb, qui détermine la précipitation de l’albumine ; en fil- i

trant, on a un liquide très-transparent, que l’on introduit dans un tube d’obser- |

vation de 0“,20 de longueur, placé sur l’appareil. )

M. Poggiale a dressé une table, depuis 1“ jusqu’à 100®, qui fait connaître la J

quantité de sucre contenue dans un litre de petit-lait, d’après le nombre de de- >'

grés que l’on obtient avec le saccharimètre. Voici quelques-uns de ces chiffres :

Degrés trouvés.

Qantité de sucre dans

Degrés trouvés.

Quantité de sucre, dans

un litre de petit-lait.

un litre de petit-lait.

A défaut de cette table, la proportion suivante permet d’arriver au même résultat : 100° : 201®"',90 n : a;. 100° est la déviation produite par un litre d’eau pure contenant en dissolution 201^'', 90 de sucre de lait ; d, le nombre de degrés marqués par le saccharimètre ; x, la quantité de sucre de lait contenue dans

1,000 grammes de petit-lait ; si, par exemple, 25°, on a : a:

ÏÜÜ

50®'',475 ; c’est-à-dire, que 1,000 grammes de petit-lait marquant 25° au saccharimètre renferment 5Qs'^,475 de sucre de lait.

D’après les observations de M. Poggiale, le lait vendu dans le commerce ne marque au saccharimètre que de 19° à 23°, ce qui représente 38®'’,35 à46®'',44 de

(1) La valeur en sucre est un peu au-dessous de la vérité, parce qu’on n’a pas tenu compte des 2'', 54 d’albumine p. 1000 que renferme le sérum du lait préparé par coagulation rapide, et qui a un pouvoir rotatoire à gauche ; mais cette différence peut-être négligée sans erre^jr sensible. D'ailleurs, on débarrasse le sérum de son albumine, en le faisant bouillir pendant wnemînMfe et en le filtrant avant de l’examiner au polarimètre {Vei'nois et A. Becquerel).

lait. 059

sucre de lait par litre de petit-lait. Tout lait qui ne marque pas 20“ doit être considéré comme additionné d’eau.

Réactif eupro-potassique. — La quantité de sucre de tait est donnée par la proportion de sel de cuivre que ce sucre peut réduire. La liqueur d’épreuve, semblable à celle qu’employait Barreswü dans son procédé d’essai des sucres (Voy. art. Sucres), est faite dans les proportions suivantes :

Sulfate de cuivre cristallisé 10 grammes.

Bitartrate de potasse cristallisé 10 —

Potasse caustique 30 —

Eau distillée 200 —

Le liquide étant filtré est limpide et d’un bleu intense ; 20““ de cette liqueur correspondent à 0®“,20 de sucre de lait.

On prépare d’abord le petit-lait en ajoutant quelques gouttes d’acide acétique à 50 ou 60 grammes de lait, qu’on chauffe ensuite à 40“ ou 50“, puis qu’on filtre ; on remplit de la liqueur transparente une burette dont chaque division égale 1/5 de centimètre cube. D’un autre côté, on introduit dans un petit ballon 20““ de liqueur d’épreuve ; on porte à l’ébullition, puis, avec la burette, on fait tomber le petit-lait goutte à goutte dans la liqueur, en l’agitant continuellement et en la chauffant après chaque addition de petit-lait (fig. 136). On continue jusqu’il ce que la teinte bleue ait complètement disparu ; il se forme un précipité jaune de protoxyde de cuivre hydraté, qui ne tarde pas à devenir rouge et à se précipiter au fond du ballon. L’opération terminée, on lit sur la burette la quantité de petit-lait qui a été employée, et, au moyen d’une proportion, on détermine le poids du sucre de lait contenu dans 1,01)0 grammes de petit-lait ; sachant, d’après les expériences de M. que 1,000 grammes de lait renferment 52®“, 7 de sucre de lait, et fournissent 923 grammes de petit-lait ; d’où 1,000 grammes de petit-lait renferment environ 67 grammes de sucre.

MM. Boussingault et F. Boudet ont cherché à rendre le dosage du sucre de lait encore plus rapide en faisant agir directement le lait pur sur le réactif cupro- potassique, comme cela se pratique dans le procédé Rosenthal. M. Poggiale reproche à ce moyen direct la lenteur avec laquelle se dépose l’oxyde de cuivre réduit.

Procédé Rosenthal. — Lactinomètre. — Le docteur Rosenthal a présenté un procédé analogue à celui de M. Poggiale ; \\ opère sur le lait lui-même; sa liqueur d’essai, alcaline et à base de tartrate de cuivre, est composée de la manière suivante :

Sulfate de cuivre cristallisé 40 grammes.

Tartrate neutre de potasse 160 — dissous dans un peu d’eau.

Lessive de soude d’une densité 1,12. 600 à 700 centimètres cubes.

Fig. 136. — Réduction de la liqueur cupropotassique par le sucre de lait.

LAIT

Le tout est étendu d’eau distillée, de manière à obtenir 1154'=', 4 de dissolution.

Un centigramme de lactine suffit pour réduire le cuivre contenu dans de liqueur d’épreuve.

Pour faire l’essai, on mesure 5*=' de lait, on y ajoute 20'='= d’eau, on agite et on verse le liquide dans une burette ou lactinom'etre (1), que M. Rosenlhal a rendue plus portative que la burette ordinaire de Gay-Lussac en rendant mobile la petite branche (fig. 137). D’autre part, on mesure 2'='= de liqueur d’épreuve, que l’on étend de 10'='= d’eau, puis le mélange est introduit dans un tube où on le porte à l’ébullition. On y fait tomber, goutte à goutte, le liquide de la burette, et on s’arrête au moment où la dernière goutte décolore complètement la liqueur d’épreuve; il s’est formé un précipité rouge de protoxyde de cuivre, qui reste quelquefois volumineux, longtemps suspendu, et ne se sépare complètement qu’après vingtquatre heures : c’est un signe d’altération du lait.

Généralement, avec le lait pur, il ne faut que 1'='=,2, et 1"=,4 au maximum, pour précipiter tout le cuivre de la liqueur d’épreuve ; cette quantité s’élève ordinairement jusqu’à 2'='= pour le lait livré à la consommation (2).

L’un ou l’autre des instruments ou procédés dont nous venons de parler, ou tous concurremment, suivant les circonstances, peuvent être utilement mis à profit pour déterminer la richesse relative de plusieurs espèces de lait. Mais il n’existe pas d’instrument qui permette de reconnaître d’une manière positive la falsification du lait par l’eau.

Comme complément, on fait entrer la dégustation au nombre des moyens d’essai (3).

Méthode de MM. Chevallier et Réveil. — MM. Chevallier et Réveil ont recommandé l’essai du lait en déterminant : 1® la proportion de sucre qu’il contient; 2® sa densité réelle au galactomètre centésimal ; 3® la proportion de crème qu’il renferme. Pour doser le sucre, ils emploient un procédé tout à fait analogue à celui de M. Poggiale, c’est-à-dire fondé sur l’action réductrice que le

(1) La fixité de la proportion de lactine est un fait qui se remarque non-seulement à Paris et dans ses environs, mais aussi dans des localités très-distantes, comme Pesth (en Hongrie) Vienne, (en Autriche).

(2) A Bruxelles, à Anvers, des agents de police, examinent au moyen de lactomètres (pèse-lait) la nature du lait, et requièrent la saisie de ce liquide altéré ou allongé d’eau.

(3) Dans quelques villes d’Allemagne, on essaye, dit-on, le lait à l’aide d’un instrument en fer poli ayant la forme d’un pilon; on juge de la pureté de ce liquide à la manière dont il humidifie l’instrument. Si le lait est reconnu impur ou allongé, on laisse tomber cette sorte de pilon dans le vase en terre qui renferme le liquide ; justice est faite : le vase est brisé et le lait répandu sur le sol !

On doit proscrire l’instrument en maillecliort, connu sous le nom de galactomètre selon Cadet de Vaux, et qui se trouve entre les mains d’un grand nombre de commissaires de police. C’est tin instrument inexact et variable dans les résultats qu’il fournit. En outre, les appareils de ce genre, construits en métal, sont sujets à s’user, à se bossuer ; le lest formé, par du plomb fondu, peut se détacher, se briser ; finstrument est faussé ; il en est de même, si la soudure de la tige à la boule vient à s’user; le liquide s’introduit dans cette dernière et fait enfoncer l’instrument. En général, on doit préférer les galactomètres en verre, qui ne sont pas sujets à ces causes d’erreur.

Fig. 137. — LacUnomètre de Bosenthaî. t, lube gradué ; b, bouchon pour y joindre la branche mobile e.

LAIT

sucre de lait exerce sur les dissolutions de cuivre. Ils ont adopté comme liqueur saccharimétrique celle de Fehling, qui diffère un peu de la liqueur du docteur Rosenthal; elle a la composition suivante :

Sulfate de cuivre pur et cristallisé 40 grammes.

Eau distillée ICO —

Soude caustique 150 —

Potasse caustique *. 100 —

Eau distillée 500 —

Tartrate neutre de potasse 160 —

Enfin, eau distillée, Q. S., de manière à obtenir H55"de dissolution à 15“ (1).

0®'',134 de sucre de lait suffisent pour réduire le cuivre contenu dans 20“° de liqueur d’épreuve.

Après avoir agité légèrement le lait à essayer, afin d’obtenir un liquide bien homogène, on en fait bouillir 80 grammes environ dans une petite capsule de porcelaine, et on le coagule avec 3 à 4 gouttes d’acide sulfurique étendu ; on filtre, et on ramène le petit-lait à-f- 13“ en plongeant dans l’eau fraîche le crémomètre qui le renferme.

On mesure dans une burette- saccharimétrique 20°' de liqueur d’épreuve, que l’on verse ensuite dans un petit hallon ; on mesure dans la même burette 20°° d’eau, on agite pour laver la burette, et on ajoute cette eau à la liqueur d’épreuve contenue dans le ballon.

Après avoir lavé la burette saccharimétrique avec un peu de petit-lait, on y mesure 20°° de petit-lait et 20°° d’eau ; le tout estversé dans une capsule, de manière à avoir un mélange à volumes égaux d’eau et de petit-lait (2). On prend ensuite 20°° de ce mélange, que l’on verse, goutte à goutte, avec la burette, dans la liqueur d’épreuve, préalablement portée à l’ébullition à l’aide d’une lampe à alcool. On s’arrête lorsque la liqueur a pris une belle teinte rouge-brique, et qu’elle ne présente plus de coloration bleue ou violette; par un repos de quelques minutes, lè précipité de protoxyde de cuivre se sépare, et le liquide surnageantes! incolore ou légèrement jaunâtre. Arrivé à ce point, on lit sur la burette la quantité de petit-lait employée pour réduire les 20°° de liqueur d’épreuve, chaque division de la burette correspondant à I gramme de sucre de lait par litre. Par exemple, si on a versé jusqu’au trait 42 du mélange de petit-lait et d’eau, c’est que le petit-lait contient 42 grammes de sucre de lait par litre de petit-lait, ce qui correspond à un lait renfermant 23 p. 100 d’eau, d’après le tableau suivant, qui indique les proportions d’eau ajoutées au lait, d’après la quantité de sucre trouvée :

(1) Cette liqueur d'épreuve se conserve pendant des années entières, sans altération ; lorsqu’elle est bien préparée, sa composition est invariable et a toujours le même titre.

(2) On étend d’eau le petit-lait, à cause des écarts trop grands qu'une seule goutte de liquide peut amener dans les résultats définitifs, et pour permettre aux divisions de la burette d’être assez espacées pour qu’on puisse apprécier des cinquièmes et des dixièmes de degré.

TABLEAU

LAIT

LAIT

SUCRE

EAU

LAIT

SUCRE

EAU

LAIT

SUCRE

■ lO'^C

La quantité de sucre contenue dans le lait étant connue, on détermine la densité de celui-ci avec le galactomètre, en ayant soin de placer préalablement un thermomètre dans la rainure de l’éprouvette, et on ramène le degré apparent au degré réel, à 15®, au moyen de tables de correction établies pour cet usage (1). On évalue ensuite la quantité de crème avec le crémomètre.

On doit considérer comme falsifié : tout lait qui donne moins de 49 p. 1000 de sucre de lait, ou dont le petit-lait contient moins de 53 p. 1000 de sucre; tout lait qui donne au galactomètre un degré réel inférieur ii 100®, et moins de 8 au crémomètre.

Examen pratique du lait. — M. Dirr., commissaire de police de Pontoise, a publié un excellent opuscule intitulé : Guide pratique pour constater la falsification du lait : il a voulu mettre à la portée de tous les moyens de s’assurer de la valeur de ce précieux aliment.

M. Dirr recommande tout d’abord, pour faire l’essai de ce liquide nourricier : 1® d’examiner avec soin sa couleur; 2“ d’agiter le lait et de le déguster pour s’assurer de sa saveur : on apprécie en même temps son opacité.

Il faut ensuite recourir à l’emploi du pèse-lait ou lacto-densimètre do Quevenne. Si un lait marquait une densité inférieure à 1029, en ayant égard à la température, il y aurait lieu de le présumer falsifié.

Pour procéder avec certitude à la vérification du lait, l’auteur recommande l’emploi, non-seulement d’un pèse-lait, mais aussi d’un crémomètre et d’un thermomètre. Ce dernier instrument est indispensable pour calculer le degré vrai que le lait marquerait à -j- 15® au lacto-densimètre, si la température était au delà ou en deçà de ce point. Une table très- étendue permet d’établir facilement ce genre de correction.

Quant à l’usage du crémomètre, il reste facultatif.

Ce petit livre résume d’une façon très-intelligente les essais que toute personne peut tenter en dehors d’un vrai laboratoire.

Analyse complète du lait. — Lorsqu’on veut établir la composition d’un lait avec une rigoureuse exactitude, il faut avoir recours à l’analyse chimique proprement dite, qu’aucun instrument ne peut remplacer, et qui fait connaître la proportion des éléments contenus dans le lait, savoir : l’eau, le beurre, la caséine, le sucre de lait et les sels solubles.

Plusieurs méthodes ont été successivement proposées; nous les indiquerons brièvement.

(l) Journal de chimie médicale, 4® série, t. II, p. 402-416.

L'instruction de MM. Chevallier et Réveil, ainsi que les instruments nécessaires pour faire l’essai du lait, se trouvent chez M. Salleron, fabricant d’instruments de précision à Paris.

LAIT

Celle de M. Péligot consiste à évaporer au bain-marie une certaine quantité (le lait (un décilitre ou un demi-décilitre) ; lorsque le résidu cesse de perdre de son poids, on le pèse, puis on le traite par un mélange d’alcool et d’éther qui enlève toute la matière grasse; le résidu, insoluble dans l’étber, est desséché et pesé; la différence des deux poids fait connaître celui du beurre (1). Ce dernier résidu est soumis à des lavages à l’eau froide, qui laissent la caséine et dissolvent le sucre de lait et les sels solubles, que l’on peut séparer ensuite à l'aide de l’alcool, dans lequel le sucre de lait est insoluble.

La méthode de M. Péligot laisse à désirer sous plusieurs rapports. En effet, on sait aujourd'hui, d'après les recherches de yi.Magnie^' de la Source, que la dessiccation du lait à 100“ lui fait perdre 3 p. 100 de plus qu’il n’y a d’eau libre. En outre, Gerber a prouvé que l’éther n’épuise jamais complètement le résidu d’évaporation du lait; il faut, pour y arriver, le maintenir divisé à l’aide d’un poids connu de sable tin et pur et, de plus, pratiquer l’épuisement de ce résidu dans un petit appareil à déplacement tout spécial que Gerber a imaginé. Enfin, le dosage des autres produits reste approximatif.

Suivant la méthode de Lecanu, on coagule le lait par l’alcool faible ; le caséum, ainsi séparé, est débarrassé de toute matière grasse au moyen de l’éther. La liqueur évaporée (2) fournit le sucre de lait et les sels, que l’on sépare à l’aide de l’eau froide et de l’alcool. Pour doser le caséum, on peut Scaturer le lait de sel marin et le filtrer : la liqueur limpide, coagulée par l’acide acétique ou par l’alcool, fournit le caséum.

Ce procédé mérite la même critique que le précédent.

M. J. Haidlen a proposé un procédé d’analyse qui repose sur l’emploi d’une quantité convenable de sulfate de chaux pour coaguler le lait. On agite ce liquide avec 1/5 de son poids de plâtre hydraté et réduit en poudre fine, et on chauffe à 10ܰ ; le lait se coagule complètement. En évaporant à siccité au bainmarie, on obtient une masse facile à réduire en poudre fine, dont le poids donne celui des matières solides, déduction faite du poids du plâtre employé. On épuise cette masse successivement par l’éther pour extraire le beurre, et par l’alcool à 0,85 pour enlever le sucre de lait et les sels solubles. Le résidu inso-= lubie renferme la caséine à l’état de caséate de chaux èt l’excès de plâtre. En défalquant du poids de ce résidu celui du sulfate de chaux employé, on a la proportion de caséine. Par l’évaporation et la combustion du résidu d’une nouvelle portion du même lait, on obtient la somme des sels ; on les sépare, au moyen de l’eau, en sels solubles et en sels insolubles.

Au lieu de sulfate de chaux hydraté, Wicke recommande l’emploi du sulfate de baryte; Otto et Brunner,o,e\\xi du sable fin et pur, auquel Baumhauer recourt également. Le sable, en effet, est d’un très-bon usage pour bien maintenir les matières albuminoïdes et le beurre dans un grand état de division, état qui permet aux divers dissolvants d’agir plus efficacement et d’une manière plus complète. Brunner a démontré que le charbon de bois bien lavé présente tous ces avantages.

(1) On peut doser directement le beurre en abandonnant la solution éthéro-alcoolique de matière grasse à l’évaporation spontanée; le résidu est fondu et séché à 100 ou 110°; son poids indique la proportion de matière grasse ou de beurre que contient le lait essayé.

(2) L’évaporation doit être faite dans le vide sec, afin d’avoir un résidu tout à fait incolore {Dumas}.

LAIT

Bien des méthodes proposées pour l’analyse complète du lait se confondent plus ou moins avec les précédentes : celles de MM. Chevallier et O. Henry, de Simon, de Douchardat et Quevenne, de Becquerel et Vernois, de M. Adrian (t), en sont des exemples.

Les procédés de MM. Doxj'ere, Baumhauer, Filhol &iJolly, Millon et Commaille, Gerber, etc., sont un peu plus compliqués, parce qu’ils tendent à déterminer tous les principes du lait : or, pour une analyse commerciale, il suffit de doser l’eau, le beurre, le sucre et les sels minéraux, la caséine et ses analogues s’obtenant par différence. Donc, l’évaporation de 10 ou 20 grammes de lait avec son poids de sable sec et pur donnera le poids de l’eau et celui des matières fixes (2). Le traitement de ce résidu par l’éther avec évaporation finale de celuici fournira le beurre. L’incinération de ce résidu épuisé par l’éther donnera le poids des sels fixes, en en déduisant celui du sable qu’on a primitivement employé. Le sucre enfin sera dosé par la liqueur cupro-potassique. On obtiendra même le poids de la caséine, en la coagulant par un acide et en la débarrassant de toute matière grasse, à l’aide de l’éther, ou bien en employant le procédé Monier.

Procédé Monier. — Il repose sur l’action réductrice que la caséine et l’albumine exercent sur une solution titrée de permanganate de potasse ou caméléon violet, alors que ni le beurre ni le sucre de lait n’agissent sur ce réactif.

On titre d’abord la solution de caméléon à l’aide d’une liqueur contenant 2 p. 100 de caséine ou d’albumine pure, M. Monier ayant reconnu qu’un même poids de ces deux substances décolorait un même volume de caméléon. Cela fait, on chauffe à 43" ou 50" un volume de 10"" de lait pur, qu’on additionne d’une goutte d’acide acétique qui coagule la caséine sans précipiter l’albumine. On filtre, on lave le précipité; puis les liqueurs réunies sont acidulées d’un peu d’acide chlorhydrique et titrées au caméléon. Soit V' la dépense.

Si l’on fait ensuite la même opération sur le lait non coagulé, en retranchant le volume de caméléon V', correspondant à l’albumine, du volume de caméléon V, correspondant à la somme d’action de celle-ci et de la caséine, on a V — V' = V" pour la caséine.

Le précipité de caséine resté sur le filtre dans le deuxième essai retient le beurre. En lavant, séchant et pesant ce filtre taré d’avance, on a le poids de la caséine et celui du beurre. Ce dernier est alors obtenu en en retranchant le poids de la caséine fournie par l’analyse.

Si à cette série de dosages on joint les épreuves faites à l’aide du lacto-densimètre, du butyromètre et du lactinomètre, il est évident qu’on sera largement renseigné sur la valeur commerciale de l’échantillon de lait soumis à l’analyse.

En présence d’exigences plus grandes, on pourrait recourir aux nombreux procédés connus '3), -entre autres à celui de M. Magnier de la Source (4), à cela près du mode de dosage du beurre par le butyromètre, moyen qui laisse à désirer. (Voy. Petiï-L.mt.)

(1) Adrian, Recherches sur le lait. Thèse. École de pharmacie, 1859.

(2) On devra ajouter au poids du résidu sec, 3 p. 100 du poids du lait analysé représentant l'eau de cristallisation perdue par ce résidu.

(3) Notice sur le lait. Chevallier et fiéveil. Journ. chim. médicale, 1856.

Instruction sur l’essai du lait. Bouclm'dat et Quevenne. Répertoire de pharmacie, 1856-57.

(4) Répertoire de pharmacie, 1876, p. 518.

LAUDANUMS.

LAQUE CARMINÉE. — La laque carminée ou laque de cochenille résulte de la combinaison d’une partie de la matière animale et du principe colorant de la cochenille avec l’alumine.

Usages. — Elle est employée en peinture.

Falsifications. — On a mélangé certaines variétés de laque carminée avec des laques de bois colorants.

Les acides concentrés convertissent la majeure partie de la laque carminée en une matière rouge poisseuse. Les laques de bois rouges ne présentent rien de semblable.

Les laques carminées et celles de bois colorants délayées dans une petite quantité d’eau distillée bouillante donnent des liqueurs d’un rouge vif, que le perchlorure de fer fait virer au rouge-brun sale.

Si l’on fait bouillir ces laques avec quelques cristaux d’acide oxalique, les premières reprennent leur couleur rouge primitive, tandis que les secondes passent au jaune foncé.

Si l’on a affaire à un mélange de ces deux espèces de laques, la solution, après le traitement par l’acide oxalique, prend une teinte rouge verdâtre d’autant moins vive que les laques de bois colorants existaient en plus grande quantité (/. Lefort).

LAQUE DE GARANCE. — La laque de garance est une combinaison de la matière colorante de la garance avec l’alumine; elle se trouve dans le commerce à l’état rose, rouge, brun.

Sous le nom de laque de Smyrne, on vend des produits remarquables par leur éclat, leur transparence, leur solidité ; il y en a de roses, de rouges, de pourpres, de brunes, de jaunes, avec toutes les nuances intermédiaires.

Les plus belles laques nous viennent d’Italie.

Us.ij'cs. — Les laques de garance s’emploient à l’eau et à l’huile, principalement pour la peinture en miniature et pour la fabrication des crayons dé pastel.

Falsifications. — Les laques de garance sont quelquefois falsifiées avec la laque du bois de Brésil, ou bien rehaussées avec du carmin et de la laque carminée.

Pour déceler ces mélanges, on porphyrise à sec une certaine quantité de laque, on en jette une pincée dans un demi-verre d’eau claire et chaude; si elle est falsifiée avec une laque du Brésil, l’eau reste teinte de la couleur de cette laque. Si la laque est mélangée de carmin et de laque carminée, on jette une pincée de laque suspecte dans un peu d’ammoniaque liquide ou de potasse caustique; le principe colorant de la cochenille reste en dissolution dans ces alcalis ( Watin).

LAUDANUMS. — Il y a deux sortes de laudanums :

Le laudanum de Sydenham ou vin d'opium composé, vin d'opium aromatique, préparé avec l’opium de Smyrne, le safran, la cannelle, le girofle et le vin de Malaga ;

Le laudanum de Rousseau ou vin d’opium par fermentation, préparé avec l’opium de Smyrne, le miel blanc, l’eau tiède, l’alcool à 60® et la levûre de bière fraîche.

LAUDANUMS.

Laudanum de Sydenham. — D’après Guibourt, il doit peser 1060 et marquer 8“ à 9" à l’aréomètre de Baumé ; il doit être assez foncé en couleur, avoir une odeur safranée, une saveur très-amère, et fournir par l’ammoniaque un abondant précipité de morphine. Il colore la peau en jaune ; exposé à la lumière, il se décolore avec le temps, sans cependant perdre beaucoup de ses propriétés médicamenteuses. D’après Soubeiran, un laudanum de Sydenham bien préparé présente les caractères suivants :

« Couleur d’un brun jaune en masse, donnant aux parois des vases qui le contiennent une coloration jaune d’or qui persiste assez longtemps ; odeur vireuse dans laquelle domine l’arome du safran. Densité, 1075 (10° Baumé). Bichesse alcoométrique, 17 à 18 p. 100 ; quantité d’extrait fournie par l’évaporation, 20 p. 100; 1 partie de laudanum, étendue de 50,000 parties d’eau, donne une liqueur dont la teinte jaune est encore très-appréciable. »

Toutefois, ces indications ne sont pas absolues; des expériences de M. </. lie- . (jnauld ont établi que la densité du laudanum varie avec celle du vin qui lui sert de véhicule. Il en est de même pour le titre alcoolique, qui varie dans le même sens. D'après l’opinionjde ce savant, tous ces chiffres, qui, pris isolément, ne sauraient offrir une bien grande certitude relativement à la valeur d’un laudanum, constituent au contraire, dans leur ensemble, un moyen d’analyse assez précis. C’est ce qui résulte également des expériences et observations faites par M. L. Buttin, pharmacien à Yverdon.

4 grammes de laudanum de Sydenham correspondent très-sensiblement à 0®‘‘,50 d’opium, ou à 0='',25 d’extrait d’opium, lequel doit être titré à 10 p. 100 de morphine.

Laudanum de Rousseau. — Il pèse de 1046 à 1052 et marque de 6® à 7® à l'aréomètre de Baumé. 11 doit être brun foncé et peu visqueux, avoir une odeur vireuse d’opium, et fournir avec l’ammoniaque un magma blanchâtre, soluble d’abord par l’agitation, puis reparaissant par une addition d'eau.

4 grammes de ce laudanum représentent 1 gramme d’opium, ou 0®^ 50 de son extrait.

Si à 4 grammes d’eau distillée l’on ajoute 24 à 30 gouttes de laudanum de Sydenham ou bien 12 à 15 gouttes de laudanum de Rousseau, puis 7 à 8 gouttes d’une solution d’acide iodique au 6®, et qu’on agite le tout dans un tube à essais avec 2 ou 3 grammes de sulfure de carbone, celui-ci se colore en rose violacé, en raison de la réduction en iode que l’acide iodique éprouve de la part de la morphine.

Il paraîtrait, d’après les recherches de M. Bihot, que le laudanum de Sydenham, en vieillissant, laisse déposer, outre la matière colorante du safran {polychroïtë), la majeure partie de lanarcotine qu’il contient.

Usages. — Les laudanums sont des médicaments souvent employés en médecine.

Falsifications. — On trouve souvent des laudanums mal préparés (I) ; par

(I) Le laudanum est un médicament dont les propriétés varient beaucoup, parce que l’opium employé à sa préparation est loin d’avoir toujours la même richesse en morphine, et parce qu’on ne se sert pas de la môme qualité de vin comme véhicule.

A Londres, la Commission sanitaire a fait acheter du laudanum (teinture alcoolique d’opium) chez vingt et un droguistes des plus renommés, et pas un seul échantillon n’a présenté réunies toutes les conditions d’une préparation conforme au Codex anglais.

Page 1