‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 269 sur 470 · LEVURE DE BIÈRE · texte numérisé non relu

LEVURE DE BIÈRE

exemple, des laudanums de Sydenham, marquant de 2“ à 3“, au lieu de 8° à 9", à l’aréomètre de Baumé, ce qui indique que le médicament n’est pas préparé avec du vin de Malaga (1), et qu’il ne renferme pas les proportions voulues d’opium et de safran. D’autres fois la fraude est poussée plus loin ; le laudanum est préparé soit avec de Vopium d’Egypte ou de Constantinople, et un liquide coloré par les fleurs de carthame; soit avec un mélange d'eau, de suci'e et d'alcool, soit avec du vin blanc ordinaire, édulcoré d’une suffisante quantité de sirop de sucre, ou avec des vins blancs du midi de la France; soit enfin avec des opiums extrêmement humides.

Dans le laudanum de Rousseau, le miel doit être complètement détruit par la fermentation, et comme il pourrait marquer le degré voulu, de G® à 7“ (Baumé),

l’aide d’une addition de miel non fermenté ou de toute autre substance, il est indispensable d’essayer ce laudanum avec l’ammoniaque. Lorsque la fermentation est incomplète, ce laudanum peut marquer 11°, 15° et même plus, à l’aréomètre de Baumé.

M. Stanislas Martin a indiqué un moyen pour reconnaître si le laudanum de Sydenham a été bien préparé. 11 consiste à faire évaporer ce médicament au bain-marie jusqu’à consistance de sirop épais, et à l’abandonner plusieurs jours à lui-même : s’il a été préparé avec de l’eau alcoolisée et du sucre ou avec du vin sucré, il se forme des cristaux de sucre candi ; tandis que le résidu de l’évaporation du laudanum préparé avec du vin de Malaga reste sous forme de magma souvent grumelé.

Le laudanum préparé avec des vins blancs du Midi non additionnés de sucre est comparé avec un autre laudanum parfaitement fait, et on voit qu’il est moins onctueux, plus limpide, moins coloré et plus fluide que celui qui n’est pas falsifié.

Le véritable mode d’essai des laudanums consiste dans la détermination de leur richesse en morphine, ce à quoi on arrive facilement à l’aide du procédé d’essai des opiums par les méthodes de Guillermond, de Fordos, ou de la Pharmacie centrale des hôpitaux. (Voy. Opium.)

D’après M. Barret (2), il est nécessaire, pour ces essais, de porter la dose d’alcool marquant 70°, à 150 grammes au lieu de 100 grammes, parce que la quantité d’extrait laissée par 80 grammes de laudanum de Sydenham, correspondant à 10 grammes d’opium, en se dissolvant en totalité dans cet alcool, rend les liqueurs trop denses pour que les cristaux de morphine et de narcotine puissent s’y déposer facilement. Pour le reste, on suivra de point en point les procédés indiqués pour le titrage de l’opium lui-même.

LEVURE DE BIÈRE. — ^.Matière organisée, qui se produit pendant la fermentation de la bière. Elle est formée de globules ou corpuscules légèrement ovoïdes, de 1/100 de millimètre de] diamètre. C’est une espèce de végétal globuliforme, le mycoderma vini ou cerevisiœ, se développant et se reproduisant, comme par boutures, au sein de la bière en fermentation (3).

(1) Le vin de Malaga, q\ii sert d’excipient au laudanum de Sydenham, aune densité de 1,022 à 1,040 et marque de 4“ à 6“ à l’aréomètre de Baumé ; l’opium et le safran augmentent sa densité [Guibourt).

(2) Études sur les préparations galéniques de l’Opium. Thèse. École de pharmacie, 1860.

(3) Voir les nombreux travaux publiés sur la levure par MM. Pasteur, Béchamp, Trécul, Pouchet, Engel, etc.

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