‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 280 sur 470 · MANNE · texte numérisé non relu

MANNE

se constate par la perte que la calcination au rouge fait éprouver à un poids déterminé de magnésie (10 grammes, par exemple) (1) ; mais il faut, pour que ce résultat soit valable, que la magnésie ne soit pas carbonatée.

MANNE. — La manne est un produit solide, d’une saveur fade, douce et sucrée, qui découle naturellement ou par incision de plusieurs espèces de frênes, et principalement des Fraxinus ornus et rotundifolia (Jasminées), qui croissent surtout dans la partie méridionale de l’Italie et de la Sicile (2).

Le commerce fournit trois espèces différentes de manne :

La manne en larmes, la plus estimée, se présente en morceaux allongés, légers, irréguliers, rugueux, friables, souvent convexes d’un côté et concaves de l’autre, d’un blanc légèrement jaunâtre, d’une saveur douce, sucrée, un peu fade.

La manne en sorte constitue deux variétés : la manne geracy qui vient de la Sicile, et la manne capacy que nous envoie la Calabre. Elle est en petites larmes ou fragments agglutinés, adhérents à des parties molles, visqueuses, amorphes, d’une couleur rousse, qu’on appelle marrons (3).

La manne grasse résulte de l’altération de la manne en sorte. Elle est en masses molles, poisseuses, jaunâtres ou d’un brun rougeâtre, contenant beaucoup d’impuretés, telles que des débris végétaux, de la terre, du bois, du sable, etc. ; elle vient, dit-on, de la Calabre.

Composition. — D’après les analyses de M. Leuchtweiss, les mannes du corn-

merce ont la composition suivante :

Manne

Manne

Manne

en larmes.

en sorte.

grasse.

Eau

Matières insolubles

Sucre

Mannite

Substance mucilagineuse

Résine, acide organique

Matières azotées

Cendres

Les savants travaux de Buignet ont prouvé que le sucre qui existe dans la manne est un mélange de suci'e cristalUsable et de suc7'e intei^verti dont les pouvoirs rotatoires se neutralisent réciproquement. Quant à la substance mucilagineuse si abondante dans la manne, Buignet en a reconnu la nature chimique : c’est de la dextrine dont la proportion est toujours de deux équivalents pour un seul de sucre interverti ; de telle sorte que ces deux corps seraient reliés l’un à l’autre par un rapport invariable. La manne est donc principalement composée de mannite, de siiax interverti, de dextrine et de sucre cntallisahle.

(1) Une fois, dit-on, on a trouvé de la magnésie calcinée, mélangée de farine. Une portion de cette magnésie, traitée par l’acide sulfurique étendu, laissa un résidu indissous; calcinée dans un creuset, elle donna une matière charbonneuse. Une autre portion prit une couleur bleue avec l’eau iodée ; formée en pâte avec l’eau et malaxée, elle fournit une petite quantité de gluten.

(2) On a aussi donné le nom de mannes à un certain nombre de produits sucrés sécrétés par divers végétaux. Telles sont ; la manne de Briançon, qui exsude du Larix europæa; la manne (FAl'iagi (de X’Alhagi Maurorum) \ le téréniabin ou manne liquide; la manne du Sinai, qui découle du Tamarix mannifera ; la manne de la Nouvelle-Hollande, fournie par V Eucalyptus mannifera, etc.

(3) D’après Daniel Hanbury, la manne de Calabre aurait disparu complètement du commerce.

Page 1