‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 282 sur 470 · MÉLILOT · texte numérisé non relu

MÉLILOT

Dans un remarquable travail présenté à l’Académie des sciences (1868), M. Vétillard a tracé les caractères qui permettent de distinguer les filaments végétaux employés dans l’industrie. Voici l’analyse de ses observations très-importantes, lesquelles viennent s’ajouter aux caractères décrits plus haut :

Lin. — Tubes transparents à cavité intérieure très-petite. Extrémités en pointes fines et allongées. Ces tubes présentent dans leur longueur de nombreuses rides ou fissures obliques. Leur section transversale, très-importante à considérer chez toutes les matières textiles, offre, sous un grossissement suffisant, des agglomérations de polygones à angles saillants occupés, au centre, par un canal arrondi et très-petit.

Chanvre. — Les fibres sont semblables à celles du lin, un peu aplaties et à stries longitudinales plus profondes, jamais obliques. Diamètre variable d’un point à un autre. Sommets terminés en pointes aplaties, très-variables de forme. Coupes transversales irrégulières, variées, à canal central irrégulier.

Jute. — Cellules fibreuses à parois très-minces, à surface lisse. Bords des fibres souvent dentelés. Sommets à pointes aiguës, arrondies ou irrégulières et dans lesquelles le canal interne est visible. Coupe transversale à polygones dont le centre présente un canal très-grand, arrondi, à bords lisses.

Phormium tenax. — Cellules fibreuses d’un diamètre uniforme, remarquable, l'ointes des sommets toujours semblables, amincies graduellement. Canal central très-large. Coupe transversale à polygones assez distincts, isolés, ce qui n’a pas lieu dans le jute.

China-grass {Urtica nivea). — Cellules fibreuses se séparant facilement les unes des autres, ce qui n’a pas lieu dans le chanvre, d’une longueur double de celles de ce dernier. Surface à cannelures longitudinales formant parfois des fibrilles distinctes du corps de la cellule. Fissures obliques comme dans le lin. Pointes lancéolées plus fines que dans le chanvre. Coupes irrégulières contournées, (juelquefois plates et larges.

Coton. — C’est un poil creux, aminci vers la pointe, à parois affaissées l’une sur l’autre. Les fils sont plats et tortillés sur eux-mêmes; membrane très-mince par rapport à la cavité. Coupe transversale réniforme.

A ces descriptions microscopiques très-nettes, M. Vétillard ajoute les caractères suivants : par l’application successive à ces tissus d’une dissolution étendue d’iode et d’acide sulfui’ique convenablement additionné d’eau et de glycérine, on voit les fibres de jute et de phormium tenax [Monocotylédonée^) devenir jaunes, tandis que celles du lin, du chanvre, du coton et |du china-grass {Dico- Ujlédonées) deviennent bleues ou violettes. Ces deux réactions sont générales pour les fibres de ces deux groupes de végétaux (1).

MÉLASSES. — V. Sucres.

MÉLILOT. — On substitue très-souvent dans le commerce les sommités fleuries du Melilotus arvensis à celles du M. offîcinalis [Chatin). Les caractères distinctifs de ces deux espèces sont cependant bien faciles à saisir : le dernier croît sur le bord des fossés et des bois, au milieu des prairies cultivées un peu humides. Il a des tiges droites à rameaux dressés. Ses fleurs sont jaunes, petites.

(1) Études sur les Fibres végétales textiles. Vétillard, 1 vol. in-8".

MÉNYANTHE.

pendantes, en grappes unilatérales, à corolle dont les diverses parties ont même longueur; ses jeunes ovaires sont presque linéaires à 2 ovules ; ses fruits sont atténués vers le haut, recouverts de poils opprimés, soyeux. Mis en bottes, celles-ci sont propres, longues de 30 à 33 centimètres, fortement odorantes.

Le M. arvensis croît au contraire dans les lieux secs, dans les champs incultes et au milieu des moissons. Ses tiges sont étalées, diffuses, à rameaux géniculés, divergents. Ses ovaires sont obovales, à 6 ou 8 ovules. A l’état de fruit ils sont [comme enflés , '^glabres et terminés par un style mucroné. Ce mélilot est en bottes assez courtes, de 20 à 25 centimètres, présentant de grosses tiges ligneuses à ramifications nombreuses, géniculées et presque capillaires. Elles sont accompagnées d’un grand nombre de plantes étrangères qui doivent surtout en faire rejeter l’emploi.

M. Ménière (d’Angers) a fait remarquer dans une note publiée récemment qu’un certain nombre d’espèces du genre Melilotus, qu’on pourrait considérer comme de simples variétés du Melilotus offtcinalis, jouissent des mêmes propriétés et sont indifféremment employées en France par les ■ parfumeurs [M. altissima, parviflora, Kochinia, etc.).

MELLITE DE ROSES ROUGES. — V. Miel rosat.

MENTHE POIVRÉE. — La menthe poivrée ou Mentha piper ita (Labiées) est une plante qu’on cultive en France et surtout en Angleterre pour extraire de ses feuilles et de ses sommités fleuries l’essence qu’elles renferment.

Sa tige droite, rameuse, rougeâtre, est carrée; ses feuilles sont vertes, joeïfoléés^ ovales-aiguës et dentées en scie. Les fleurs, qui sont purpurines, sont réunies à l’extrémité des tiges en épis obtus interrompus à la base. Toute la plante exhale une odeur suave caractéristique, et possède une saveur brûlante.

On substitue quelquefois à la menthe poivrée la menthe sauvage {M. sylvestris) et la menthe verte {M. vù'idis) ; mais toutes deux s’en distinguent par leurs feuilles sessiles, la première ayant de plus toutes ses parties cotonneuses.

On a constaté tout récemment en Suisse, l’emploi de menthe sèche qu’on avait imprégnée d’essence de menthe, pour lui donner l’odeur de la menthe récemment récoltée. En la mettant en macération dans l’eau pendant 24 heures et en agitant ensuite la solution avec quelques grammes d’éther dans un flacon fermé à l’aide d’une plaque de verre, celle-ci a pris bientôt l’odeur de l’éther et de l’essence, ce qui n’a pas lieu avec la plante récemment récoltée.

MÉNYANTHE (Feuilles de). — LeMenyanthes trifoliata (Gentianées) ou ti'èfle d‘eau est une plante vivace qui croît dans les marais et sur le bord des rivières, à souche émettant des feuilles engainantes à 3 folioles ovales, glabres, d’un vert foncé, et disposées d’une façon très-caractéristique. Les fleurs, légèrement rosées, forment une grappe pluriflore au sommet d’un pédoncule.

Usages. — Les feuilles sont amères, toniques, fébrifuges et fondantes. Elles entrent dans la préparation du sirop antiscorbutique.

FalsiMcations. — On leur a substitué quelquefois les feuilles du Ranunculus bulbosus (Hcnonculacées) ; mais celles-ci se reconnaissent, lorsqu’elles sont radicales, à leur pétiole élargi, à leur limbe partagé en trois parties, à segments trifides, incisés, dentés, celui du milieu comme pétiolé. Les fleurs sont jaunes, solitaires. La plante est bulbeuse (Massé).

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