‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 285 sur 470 · MIEL ROSAT · texte numérisé non relu

MIEL ROSAT

de sucre incristallisable du miel a été dissoute dans la plus petite quantité possible d’eau, et une goutte de ces deux solutions'a été placée sur une même lame de verre : par son exposition à l’air sec à 20®, le sucre de miel n’a pas tardé à cristalliser en petits mamelons blancs, tandis que le sucre de fécule a pris, au bout du même temps, la forme d’une masse visqueuse et grenue (1).

h'eau peut être appréciée par la perte de poids que le miel éprouvera dans une étuve chauffée à 120®, ou bien par un titrage de la matière sucrée. (Voy. Sucres.)

La mélasse^ qui est toujours riche en principes minéraux, laissera ceux-ci par la calcination. En prenant le poids de la cendre et en l’essayant par l’eau et l’azotate d’argent, on obtiendra un précipité de chlorure d’argent que ne donnerait pas le miel pur. On peut, du reste, faire alors un dosage de sucre cristallisahle par le réactif cupro-potassique ou par le saccharimètre.

La recherche du sable dans le miel est des plus simples ; il est insoluble dans l’eau et la fait craquer sous la dent. Celle de la craie, du jMtre, de la terre de pipe se ferait au moyen de l’eau, qui ne dissoudrait pas ces corps : on les examinerait ensuite chimiquement.

La chapelure ou croûte de pain grillée résiste à la première action de l’eau. Recueillie et essayée par] l’eau iodée, elle prend une teinte violette caractéristique. Mise sur les charbons ardents, elle produit une odeur de pain grillé. M. Ménière suppose qu’elle est introduite dans le miel pour le colorer.

MIEL ROSAT. — Le mellite de roses rouges ou miel rosat est un sirop préparé avec les pétales secs de roses rouges ou roses de Provins, du miel blanc et de Veau bouillante.

Il a une odeur semblable à celle des roses qui entrent dans sa composition : sa couleur est le brun jaunâtre tirant sur le verdâtre. 11 a une saveur sucrée, un peu astringente.

Usagées. — Il est usité en médecine comme astringent; on l’emploie surtout sous forme de gargarisme.

Falsifications. — Il y en a de deux sortes : ou bien elles portent sur la proportion des substances employées à cette préparation, dont on a diminué volontairement la dose ; ou bien elles sont dues à la substitution de principes astringents ou colorants à la rose de Provins. Ainsi on a quelquefois préparé le miel rosat avec de Veau de rose colorée artificiellement ; puis on a fait usage d’une décoction d'écorce de chêne mêlée à une infusion de roses pâles et colorée artificiellement. On en a fabriqué avec une infusion de coquelicots ou de roses trémiêres additionnée de tannin et parfumée avec de l’eau de rose ou avec de l’essence de géranium, etc.

L’eau de rose colorée artificiellement et sans tannin se reconnaît, non-seulement à l’odeur du mellite, mais encore à ce que les sels de peroxyde de fer n’affectent pas sa couleur, tandis que ce sel noircit fortement le miel rosat préparé suivant le Codex; déplus, celui-ci est troublé par une solution de gélatine, ce qui n’a pas lieu pour le premier.

(1) On a aussi vendu du miel blanc du Nord ou de l’Ouest pour du miel du Midi, qui est plus estimé. Cette fraude se commet en coulant le miel de qualité inférieure sur du romarin, afin de lui donner le parfum qui caractérise le miel du Midi : elle peut être décelée par la présence des débris de romarin qui se trouvent quelquefois dans ce miel falsifié.

MINIUM

Les mellites artificiellement obtenus à l’aide de substances astringentes dont on colore ensuite l’infusion, changent notablement de couleur sous l’influence du carbonate de potasse, tandis que cet agent ne modifie que très-légèrement celle du vrai miel rosat. Si après cela on sature ce sel par un acide, la couleur rouge reparaît chez la première, tandis que, chez le mellite pur, la teinte primitive ne peut plus être rétablie et reste jaunâtre.

D’après M. Patel, on devra considérer comme falsifié ou comme ne contenant pas la quantité de roses prescrite :

\° Tout mellite de roses qui, additionné de quatre gouttes d’acide sulfurique pour 4 grammes de mellite, ne donnera pas, après deux ou trois minutes, une gelée consistante, limpide, de belle couleur framboise ; 2“ tout mellite de roses qui, additionné de 4 gouttes de nitrate acide de mercure pour 4 grammes de mellite, ne donnera pas instantanément un coagulum de couleur brun sale et trèsconsistant.

MINIUM : Pb®0*. — Le minium est un oxyde de plomb intermédiaire, composé de protoxyde et de bioxyde de plomb ou oxyde puce ; c’est un plombate de plomb 2(Pb0),Pb02 {Dumas). Il est en poudre d’un beau rouge vif, insipide, inodore. Sa densité est de 8,940. L’acide nitrique détruit le minium en s’emparant du protoxyde et mettant le bioxyde en liberté. [Dans ces circonstances si caractéristiques, le minium perd sa couleur rouge pour devenir d’un brun puce. Au feu réducteur du chalumeau il laisse un globule de plomb métallique.

Le minium se distingue par les dénominations de minium à un, deux, trois... feux, suivant qu’il a subi ce nombre de fois l’action de la chaleur.

La variété la plus pure de minium est la mine orange ou mine anglaise, que l’on obtient en soumettant la céruse à une calcination prolongée au contact de l’air. Elle conserve toujours une teinte orangée plus vive que celle du minium, teinte que l’on attribue généralement à une ténuité plus grande de sa poussière cristalline. Mais cette différence du ton dans la nuance n’implique pas une variation sensible dans la composition de ces deux produits. La mine orange renferme du carbonate de plomb, perceptible au microscope.

Pour titrer le minium, on le traite par l’acide nitrique, qui le convertit en azotate de plomb soluble et en oxyde puce. Plus la proportion de ce dernier est considérable, plus le minium est pur.

Composition. — Les miniums purs du commerce sont essentiellement composés de: protoxyde de plomb, 63,1 ; bioxyde de plomb, 34,9. Ils renferment ordinairement de 40 à 50 p. 100 de massicot ou protoxyde de plomb, non combiné et visible au microscope ; le plus pur en retient 5 à G p. 100 {Dumas).

Le tableau suivant indique la composition de différents miniums du commerce, d’après les analyses de M. Dumas en 1832, et celles de M. Jacquelain en 1830 :

TABLEAU

MINIUM

Rapports de PbO^ à PbO

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