‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 292 sur 470 · MUSCADE · texte numérisé non relu

MUSCADE

facilement les globules sanguins. Ce même musc, épuisé par l’eau distillée froide, lui abandonnera de l’albumine que la chaleur et l’acide azotique coagulent facilement.

Mêmes facilités pour y découvrir la chair musculaire, les membranes étrangères, la gélatine, la colle de peau. Ces deux dernières substances donneront à l’eau une consistance tremblotante ; la solution précipitera fortement par l’alcool, par le tannin, ce que ne fait pas celle du musc pur.

La cire se retrouvera au moyen de l’essence de térébenthine après l’épuisement du musc par l’eau. Il en sera de même de Yasphalte, qui sera enlevée par le sulfure de carbone, et qui donne d’ailleurs au musc une cassure luisante.

C’est toujours après avoir épuisé le musc par l’eau qu’on y recherchera le plus facilement le benjoin, le styj'ax, les l'ésines, à l’aide de l’alcool fort et bouillant qui les dissoudra. L’eau précipitera ensuite ces matières de leur solution alcoolique, laquelle retiendra seulement les acides benzoïque et cinnamique des deux premiers baumes. L’éther s’emparera des co7'ps gras.

Le musc dans lequel on aurait introduit du tabac à priser présenterait une couleur brune très-foncée et une odeur caractéristique, surtout par la combustion. De plus, on pourrait en extraire de la nicotine en recourant à la méthode de Stas.

En thèse générale, on reconnaît la présence de la résine, des baumes, de la cire, du tabac dans le musc, par l’odeur produite lorsqu’on le touche avec un fer rougi au feu.

Le marc de café sera caractérisé, au microscope, parles cellules allongées du tégument argentin de cette semence.

Le no»' a?n>na/ laissera, après une complète incinération, un résidu abondant de phosphate de chaux. Une lévigation ménagée isolera le sable, etc., etc.

M. Martimj a décrit autrefois les caractères offerts par des poches artificielles contenant un faux musc. Selon lui, la peau de ces poches avait été prise sur l’un des animaux du genre Mosclius, dépourvus, dit-on, de poches mosebifères, et qu’on trouve dans les Indes orientales {Moschus Javanicus, Kanctiil, niemhma, pygmus) (I).

L’intérieur des poches était rempli d’une matière végétale solide, d’un brun clair, ayant une odeur faible et une forte saveur astringente ; elle n’était soluble ni dans l’eau, ni dans l’éther ; mais elle se dissolvait en partie dans l’alcool et dans l’acide chlorhydrique. La solution alcoolique, d’un brun clair, devenait noire par l’addition du perchlorure de fer ; une solution de potasse caustique dissolvait ce faux musc et donnait une liqueur dont la coloration en rouge brunâtre foncé était détruite par une addition d’acide nitrique.

MUSCADE. — La muscade ou noix muscade est le fruit du muscadier [Myj'istica moschata, seu fi-agj'ans, aromatica, officmalis), arbre de la famille des Myristicées, originaire des îles de Banda et d’Amboine, dans l’archipel indien, et qui croît également aux îles Moluques, auxîles de France et de Bourbon.

La muscade proprement dite est une amande onctueuse, à surface creusée de sillons anastomosés, blanche extérieurement, jaunâtre et marbrée de rouge

(I) Les formes si distinctes des poches qui fournissent les muscs Tonquin, Yun-nan, Kabardin, du Bengale, etc., ne peuvent évidemment pas être rapportées à une seule et même espèce de Moschus.

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