NITROBENZINE
quelquefois sous le nom de myrbane ou essence de myrhane^ est un liquide un peu onctueux, légèrement jaunâtre, d’une odeur forte et désagréable quoique rappelant celle de l’essence d’amandes amères, d’une saveur douce et tenace. Sa densité est égale à 1,209 à -|- La nitrobenzine se solidifie entre 0'^ et 3® ; elle entre en ébullition vers 213“. Sa vapeur détone au delà de 300“. Elle est presque insoluble dans l’eau et très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle se mélange facilement avec la benzine. Les agents réducteurs, notamment l’bydrogène naissant, la transforment en aniline.
Usagées. — Elle est employée, en parfumerie, comme l’essence d’amandes amères qu’elle sert trop souvent à falsifier. Elle est surtout destinée à la préparation de l’aniline.
Altérations. — La nitrobenzine est rarement pure ; le commerce recherche même la nitrobenzine renfermant certains produits étrangers homologues {nürotohtène entre autres) pour la fabrication des couleurs d’aniline. Elle renferme souvent de la benzine non altérée, des vapeurs nitreuses, du nîtrotoluène et quelquefois une huile volatile sulfurée. Il peut s’y trouver quelque peu éi acide picrique et de la nitronaphtaline .
La benzine et Xhuile sulfurée (que la nitrobenzine renferme quelquefois aussi) s’en échappent facilement par l’application de la chaleur, puisque la première bout vers 8S“, tandis qu’une bonne nitrobenzine ne doit rien abandonner avant 200“ au moins.
La présence des vapeurs nitreuses ou de V acide nitrique est constatée par sa
Fig. 163. — Appareil à distillation fractionnée. <, thei momètre ; n, ifase plein d’eau pour alimenter le réfrigérant r; éprouvettes graduées e, pour recevoir les produits distillés.
réaction acide, et par l’effervescence qu’elle produit en l’agitant avec de l’eau et de la'craie en poudre.
Étant constituées par un mélange de nitrobenzine et de nitrotoluène, les nitrobenzines commerciales ont des densités et des points d’ébullition qui varient (I).
(I) Consulter : Traité des dérivés de la houille, par Girard et de taire, 1873.
NüIR d’engrais ou NOIR DES RAFFINERIES.
(Voy. Benzine^ le tableau de la page 150.) D’après ces variations, M. Th. Chateau les a classées en trois catégories
1® Nilrobenzine légère distillant de 205 à 210“, laissant un résidu noir très-fluide formant de 3 à 5 p. 100 du tout. Elle marque 24“ Baumé. Densité = 1,20. D’odeur très-agréable, elle constitue la véritable essence de mirbane. Elle ne s’émulsionne pas avec l’eau de baryte. Avec l’ammoniaque, elle se trouble, devient laiteuse et quelquefois d’une nuance rosée, tandis que le réactif jaunit.
2“ Nilrobenzine plus lourde. — Elle distille entre 210 et 220“, en donnant 3 à 4 p. 100 de liquide avant 210“ ; de 78 80 p. 100 entre 210 et 220“ ; et 16 p. 100
de résidu noir très-fluide. Elle marque 20“ Baumé. Densité = 1,19. Odeur grasse. Elle fournit avec l’eau de baryte une émulsion peu épaisse, d’un jaune clair. L’ammoniaque jaunit à son contact tandis que la nitrobenzine devient laiteuse.
3“ Nitrobenzine très-lourde. — Elle distille de 222“ à 235“ en donnant à la distillation 10 p. 100 de produit, à -f- 222“ ; puis 70 p. 100, de 222“ à 230“ ; puis 15 p. 100, de 230“ à 235“, en laissant enfin 5 p. 100 de résidu fluide et noir. Elle marque 21“ Baumé faibles; sa densité est de 1,167. Odeur désagréable. Fortement agitée avec de l'eau de baryte, elle produit une émulsion épaisse, jaune orangé. Avec l’ammoniaque, elle se trouble en prenant une teinte jaune verdâtre sale, tandis que le réactif jaunit.
Ce n’est que par des distillations fractionnées répétées qu’on arriverait à séparer plus ou moins bien les diflérents produits nitrés qui constituent, par leur mélange, les nitrobenzines commerciales (fig. 163).
NOIR ANIMAL. — V. Charbon animal.
NOIR D'ENGRAIS ou NOIR DES RAFFINERIES. — Le noir ou résidu des raffineries est une masse d’un noir bleuâtre, dense, légèrement odorante. Il provient du noir d’os (neuf ou révivifié) employé, conjointement avec le sang, pour clarifier le sucre brut dans les raffineries (I).
La boue noire résultant de l’opération même de la clarification est lavée à l’aide d’un courant de vapeur, pour enlever le sirop qu’elle retient en vertu de sa porosité; puis on la jette sur un filtre, et, si elle n’a plus de saveur sucrée, on la soumet à la presse.
Jusqu’en 1820, l’industrie ne tirait aucun parti de cette matière qui encombrait les environs des villes (Marseille, Nantes, le Havre, Paris, etc.) où se trouvent des raffineries de sucre.
A peu près à la môme époque, Payen à Paris, F. Favre à Nantes, reconnurent, par l’expérience, que ce l’ésidu pouvait être employé avantageusement comme engrais.
A la suite d’essais répétés, à Nantes, par Rissel et Jollin, et confirmés, à Paris, sous les auspices de Santerre et Mallet, les monceaux de noir dont les raffineries ne savaient que faire furent bientôt accaparés par la spéculation, et, à partir de 1825, le noir de raffinerie fut employé comme un engrais très-puissant, principalement dans les départements de l’ouest (2).
(1) On emploie pour lOO kilogrammes de sucre brut, 3 à 4 kilogrammes de noir en poudre, et on ajoute 2 litres de sang à 8" de l’arcomètrc.
(2) L’emploi du noir de raffinerie prit même une telle extension, que la production devint insuffisante. Aussi d’habiles manufacturiers ont-ils cherché à fabriquer un engrais semblable ou du moins fort analogue {Noirs animalisés) .