‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 305 sur 470 · NOIR DE FUMÉE · texte numérisé non relu

NOIR DE FUMÉE

cul, on apprécie facilement la proportion de carbonate de chaux à laquelle elle correspond.

On pourrait encore employer, pour le dosage du phosphate de chaux, le procédé indiqué par M. Raewski, celui de E. Cottereau, ou celui de M. Leconte, ou bien encore celui de M. Reynoso, à l’aide de l’étain métallique. On peut aussi recourir à l’emploi de l’azotate de bismuth (Chancel), qui fournit un phosphate de bismuth à peine soluble dans l’acide azotique étendu (Voy. Guano); mais le procédé publié tout récemment par M. Joulie, méritant toute conflance, devra être employé de préférence à tous les autres Ci^oy. Phosphate de chaux fossile).

M. Robierre a depuis longtemps adopté, pour le dosage du phosphate de chaux des noirs d’engrais, la méthode qui consiste à dissoudre leurs cendres dans l’acide azotique et à sursaturer ensuite les liqueurs par de l’ammoniaque caustique. On obtient ainsi un précipité gélatineux de phosphate de chaux qui entraîne avec lui le peu d’alumine et d’oxyde de fer que renferment les noirs, ce qui n’altère pas trop sensiblement les résultats d’une analyse dite commerciale; mais ce moyen ne saurait être appliqué au dosage du phosphate de chaux dans les autres engrais, et notamment dans les phosphates calcaires naturels.

Pour ce chimiste, l’essai commercial d’un noir comprend les opérations suivantes ; 1® pesée des échantillons; 2® incinération; 3® pesée de la cendre; 4» dissolution de celle-ci dans l’acide azotique et filtration; 5® précipitation du liquide par l’ammoniaque et lavage du phosphate; 6® calcination du phosphate; idem du résidu siliceux laissé sur le premier filtre; 7® pesée de chacun d’eux; 8® dosage de l’azote.

NOIR DE FUMÉE. — Le noir de fumée est la matière carbonée solide qui résulte de la combustion incomplète des diverses substances organiques riches en carbone ; c'est le produit noir qui se dépose sur les corps froids plongés dans la flamme ou la fumée des graisses, résines, huiles essentielles, etc., auxquelles on a mis le feu.

Lorsqu’il a été préparé avec soin, il constituerait du carbone pur extrêmement divisé, s’il ne restait imprégné des matières volatiles et empyreumatiques qui prennent naissance avec lui. En le calcinant fortement dans un vase clos, on en chasse les corps étrangers, et ce carbone ne retient plus que quelques (races d’hydrogène. Alors il est noir, pulvérulent, sans odeur, combustible sans résidu, brûlant sans flamme, ne cédant rien ni à l’alcool, ni à l’essence de térébenthine, ni à une solution de potasse caustique. Mais celui du commerce a tous les caractères contraires, à cause des produits hydrocarbonés volatils qu’il retient : il est d’un noir roux, d’odeur de térébenthine ou de suie; brûlant avec flamme et colorant les dissolvants.

Suivant son origine, on en distingue plusieurs sortes commerciales. Le plus pur, nommé non' de lampe, est préparé en brûlant avec soin des huiles ou des graisses communes; le iioir des Landes provient de la demi-combustion des bois résineux; le noir de houille s'obtient pendant la distillation de la houille pour la transformer en coke. C’est le moins estimé des noirs de fumée.

Compoaition. — L'analyse faite par R7'aconnot \ni a donné : carbone, 79,1 ; matière résinoïde, 5,3; matière bitumineuse, 1,7 ; idmine, 0,5; sulfate d' ammoniaque, 3,3; sulfate de potasse, 0,4; sulfate de chaux, 0,8; phosphate de chaux ferrugineux, 0,3; chlorure de potassium, traces; sable quartzeux, 0,6; eau, 0,8. On doit Chevallieh et Baudrimont, 5« édit. 48

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