ONGUENTS MERCURIELS
ONGUENT ÆGYPTIAC. — L’onguent ægyptiac ou meUite d'acétate de cuivre, oxymellite de cuivre, est préparé avec du miel (14 p.), du vinaigre (7 p.), et du sous-acétate de cuivre ou verdet pulvérisé (5 p.). Il doit avoir une belle couleur rouge, une odeur d’acide acétique, une consistance un peu moins forte que celle du miel, et se dissoudre dans l’acide nitrique en ne laissant que quelques flocons.
Usages. — Ce médicament est toujours réservé pour l’usage externe : il est employé comme détersif. On s’en sert surtout dans la médecine vétérinaire.
Falsifications. — Différents corps solides, tels que la brique, les oxydes de fer, les poudres végétales, sont parfois mêlés par fraude à l’onguent ægyptiac. Pour s’en assurer, on fait dissoudre cet onguent dans un excès d’acide nitrique, et on étend d’eau la solution ; la brique et les poudres végétales restent sous forme de résidu insoluble : l’oxyde de fer est précipité en versant dans la liqueur un excès d’ammoniaque liquide.
Quelquefois la solution acide laisse déposer, pendant le refroidissement, une poudre blanche Aq sulfate de chaux, dont on additionne souvent le sous-acétate de cuivre ou verdet du commerce {Norbert Gille.)
ONGUENT CITRIN. — L’onguent citrin, ou pommade citrine, pommade de nitrate de mei'cure, est préparé avec l’huile d’olive (20 p.), l’axonge (20 p.), le mercure (2 p.), et l’acide nitrique à 1,42 (4 p.). Cet onguent a une couleur jaunecitrin.
Il est employé contre les maladies de la peau.
On lui substitue quelquefois la pommade ou onguent nitrique {pommade oxygénée), qui a une couleur analogue, mais qui ne contient pas de mercure.
Pour reconnaître cette substitution, on frotte une pièce d’argent ou de cuivre décapée avec l’onguent suspecté : si rien ne se manifeste, c’est qu’il ne contient pas de mercure; si l’argent est noirci ou le cuivre blanchi, on a affaire à de l’onguent citrin.
On pourrait encore traiter à chaud par l’eau distillée, aiguisée d’acide nitrique, filtrer la solution et y rechercher le mercure à l’aide des réactifs convenables (alcalis, eau de chaux, lame de cuivre, etc.).
Une goutte d’ammoniaque liquide forme une tache noire sur l’onguent citrin ; rien de semblable ne se produit avec la pommade oxygénée.
Voici un procédé simple, exact, et d’une exécution rapide, dû à M. Ad. Bobierre, qui permet de déceler la présence du mercure dans 0®%! d’onguent citrin, préparation dans laquelle il n’entre que 5 à 6 p. 100 de ce métal. Ce procédé est fondé sur l’influence réductrice de l’essence de citron, en présence d’un sel o.xygéné de mercure. L’onguent à essayer est fondu à une douce chaleur dans une petite capsule, puis on instille dans la masse une petite proportion d’essence de citron, et on agite : l’onguent devient gris. On le traite, pendant qu’il est encore fondu, par trois fois son volume d’éther, à deux ou trois reprises différentes, afin d’enlever le corps gras; et le mercure révivifié au fond de la capsule peut être dissous ensuite dans l’acide nitrique et soumis aux réactions analytiques.
ONGUENTS MERCURIELS. — Il y en a de deux sortes : l’onguent ou