PAINS A CHANTER
M. Malapert, de Poitiers, a fait voir que, dans cette ville, on avait vendu des pains à cacheter colorés par le vert métis (arsénite de cuivre), et que ces pains à cacheter, du poids de 0®‘‘,20, contenaient environ de 30 à 33 p. 100 de cette substance vénéneuse.
En 1845, on a trouvé des pains à cacheter colorés par le vert de Schweinfurt (arsénite de cuivre) : un seul de ces pains à cacheter aurait suffi pour empoisonner un enfant.
En 1861, Blondlot, de Nancy, a examiné un certain nombre de pains à cacheter diversement colorés ; il a reconnu que la plupart des matières tinctoriales employées pour en colorer la pâte étaient à base àe plomb : c’est ainsi que les pains de couleur rouge contenaient du minium; les jaunes renfermaient du chrùmate de plomb ; les bleus devaient leur couleur à un mélange A& jaune de chrome et de bleu de Prusse.
Les pains à cacheter en gélatine ont été aussi colorés par des substances minérales, telles que des mélanges de sulfates de cuzvre et de fer.
Ces substances toxiques seraient décelées : Yai^senic, en carbonisant les pains à cacheter, à l’aide de l’acide sulfurique, traitant le charbon par l’eau, filtrant le liquide et l’introduisant dans l’appareil de Marsh ; le minium, par la simple incinération du produit, ou par sa macération dans l’acide azotique : dans le premier cas, on obtient de la litharge jaune rougeâtre avec des globules de plomb métallique ; dans le deuxième, la teinte du minium est transforméeen une couleur pure d’acide plombique et en azotate de plomb qui précipite en jaune vif par l’iodure de potassium. Leur usage prolongé détermine une véritable intoxication saturnine {Docteur Gihert).
Les pains à cacheter au chrômate de plomb donnent aussi du plomb métallique par l’incinération, ainsi que de la litharge et de l’oxyde vert de chrome. Ceux qui contiennent du jaune de chrome et du bleu de Prusse donnent le même résultat ; mais les cendi’es contiennent de plus de l’oxyde rouge de fer que l’acide chlorhydrique dissout facilement, et que le sulfocyanure de potassium colore en rouge de sang, après neutralisation suffisante des liqueurs.
On a trouvé du cinabre dans desjpains à cacheter rouges. Si on les fait bouillir dans l’eau acidulée d’acide sulfurique, l’amidon se change en sucre soluble et le cinabre qui se dépose peut être ensuite recueilli et essayé. Il est volatil, brûle en donnant de l’acide sulfureux et du mercure. Il abandonne également ce métal quand on le calcine dans un tube à essai avec de la chaux vive.
Le fer et le cuivre se reconnaissent en incinérant les pains à cacheter, et en soumettant les cendres aux essais qui servent à caractériser la présence de ces métaux.
Quand les pains à cacheter ne contiennent que des matières colorantes organiques, ils ne laissent pas de résidu à l’incinération. Ceux qui sont jaunes, s’ils sont colorés par la gomme-gutte, rougissent au contact de la potasse et colorent fortement l’alcool.
L’addition de ces divers principes toxiques à la pâte des pains à cacheter, devrait être absolument défendue [Er. B.).
PAINS A CHANTER. — Le nom de pain à chanter, pain azyme (à privatif et ^u[xy), levain; sans levain), a été donné à une pâte incolore analogue à celle des pains à cacheter, préparée avec la farine, et destinée à confectionner les