‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 331 sur 470 · PAIN DE GLUTEN · texte numérisé non relu

PAIN DE GLUTEN

hosties OU à masquer, en pharmacie, la saveur désagréable de certaines substances médicamenteuses (1).

M. l’abbé Rouard de Card, directeur de la maîtrise, à Limoges, a signalé autrefois à ses confrères, dans la confection de certaines hosties, une fraude qui consiste à substituer la fécule à la farine, quand celle-ci est à un prix plus élevé. Voici, d’après Lassaigne, les moyens de distinguer cette substitution : V/iostie de pure fat'ine, plongée dans l’eau froide, se gonfle et conserve sa blancheur et son opacité, même au bout de trente heures ; V hostie de fécule, placée dans les mômes conditions, devient transparente après un même laps de temps, et ressemble à un lambeau d’empois, qui perd peu à peu sa forme en se délayant et en se dissolvant dans l’eau, pour la majeure partie.

Vue au microscope, l’hostie préparée avec la farine présente une matière transparente, fortement striée en différents points par des filaments contournés ; l’hostie faite en fécule offre, au milieu de sa masse, des granules allongés ou ovoïdes de fécule, qu’une faible solution de potasse caustique gonfle et fait dilater.

Le tableau suivant indique les autres réactions qui distinguent les deux sortes d’hosties {Lassaigne) :

Hostie préparée avec la

EAU

ACIDtILÉK

par l’acide nitrique à l’ébullition.

ACIDE

N ITRIQUE

pur,

légèremeut

fumant.

DUSOIDTIO) ACIDE ET MIXTE de nitrate de protoxyde et de bioxyde de mercure à 1 5 ou 20».

ACIDE

CULORHYDIUQUB

pur,

légèrement fumant, à 25 ou 40®.

Dissolution complète, l.iquide trouble, d’où se déposent des flocons blancs.

Pas de coloration.

Coloration

jaune.

Pas de coloration.

Coloration orangée.

Dissol. sans coloration.

Colorât, en violet, puis dissolution de couleur améthyste.

Hostie préparée avec la farine '

PAIN DE GLUTEN. — Ce pain, préparé spécialement pour la nourriture des personnes atteintes de diabète sucré, est composé de gluten presque pur. A l’aide d’un tour de main particulier, on l’obtient avec l’aspect du pain ordinaire, et non boursouflé, friable et sec comme il se présente quelquefois. Il doit être autant que possible exempt d’amidon. Cependant, nous avons analysé quelques échantillons de ce comestible, et tous contenaient une assez forte proportion d’amidon. La quantité maxima de gluten contenue dans l’un d’eux était de 53,33 p. 100. Un autre a donné : gluten, 41; amidon, 35; eau, 12,50; matières solubles, 11,50.

La présence d’une plus ou moins forte proportion d’amidon dans le pain de gluten, constitue un genre de falsification encore indéterminé jusqu’ici, quoi-

(1) Depuis quelque temps, M. Limousin a eu l’idée de préparer, à l’aide du pain azyme, ce qu'il a nommé des cachets médicamenteux. La substance active s'y trouve emprisonnée entre deux lames de pain à chanter, soudées l’une à l’autre, de façon à former une petite boîte close, et à prévenir ainsi le contact du médicament avec l’organe du goût.

PAPIERS

qu’il soit certain qu’un pain préparé au gluten pur ne devrait renfermer que des traces de matière amylacée. D’autre part, il est de ces préparations qui sont faites avec des farines avariées qu’on a enrichies en gluten, en en extrayant une partie de l’amidon. Ces glutens fournissent alors un pain trèscoloré, de pâte un peu visqueuse, ayant mauvaise odeur et mauvais goût.

On ne peut bien apprécier la valeur des préparations de ce genre qu’en pratiquant sur elles un dosage d’azote : 8 p. 100 de ce gaz correspondent à 53,33 de gluten. On y cherchera l’amidon, soit à l’aide du microscope, soit en employant l’eau iodée [Er. B.). (Voy. aussi : Pâtes alimentaires.)

PAPIERS. — On nomme papier' des feuilles minces et flexibles, destinées à recevoir l’écriture ordinaire ou imprimée ; ou bien servant à envelopper une foule d’objets différents.

On prépare des papier's ou feuilles métalliques, en laminant les métaux malléables (argent, étain, fer, or, platine, plomb, etc.); mais \e, papier pr'oprement dit, est le résultat de la solidification et du laminage des pâtes végétales.

Matièr'es premièt'es du papier, — 11 est fabriqué avec des substances filamenteuses provenant de diverses plantes, notamment avec les fibres textiles du chanvre, du lin, du coton, qui, après un long usage, arrivent dans les papeteries sous forme de débris appelés chiffons (Voy. Matières textiles, page 681 ; et les figures 147, 148, 109 et 150) (1). On se sert aussi de chiffons de laine etde soie, pour fabriquer les papiers communs, les papiers d’emballage. On a cherché à remplacer, en partie, les chiffons, dans la fabrication des papiers, par diverses matières {mousses, conferves, varechs, tourbe, vieux cuirs, débris de cort'oierie) : plusieurs essais ont été tentés pour utiliser les écorces de mûrier, de tilleul, de chêne, à' orme, de saule et de peuplier ; le phor'mium tenax, le roseau, le maïs. On a essayé l’introduction des tissus ligneux proprement dits, comme les bois de sapin, de tremble, de bouleau, de coudrier; celle des racines de guimauve et de chiendent; celle de Vorlie, du houblon; celle des feuilles de X artichaut, du chardon, de la bardane, du bananier, etc. (2).

Malgré toutes ces tentatives, quelques pâtes nouvelles seules (3) ont pris place dans la fabrication moderne du papier ; ce sont les pâtes de sparte (4), de paille, de bois chimique et de bois mécanique (5).

Caractères et classification des fibres papetières. — C’est parce que les fibres végétales destinées à cet usage doivent posséder certaines qualités, que

(1) On calcule que Paris seul fournit aux papeteries un produit général de 4,80ü fr. de chifTons par jour, ou 1,752,000 fr. par an.

(2) Au Japon on fait particulièrement usage de l’écorce d’un mûrier, le Brous^onetia papyrifera, pour la fabrication du papier. En Chine, cette écorce est également employée ; mais on utilise aussi les jeunes tiges du Bambou. Ce que les Chinois nomment papier de riz est le produit de la moelle de V Azalea papyrifera, ainsi que de celle de VEschynomene paludosa.

(3) On prépare aujourd'hui, dans nos colonies, une pâte de papier obtenue à l'aide de la bayasse, c’est-à-dire au moyen de la tige de la canne à sucre, après qu’elle a été privée de son suc par expression.

(i) Le sparte ou alfa, qui croît si abondamment en Algérie, est un végétal de la famille des Graminées, le Stipa tenacissima. On en retire une fibre magnifique, plus fine que celle du lin. Cette plante est accaparée presque complètement par l’Angleterre qui la fait entrer dans la confection de la plupart de ses papiers d'impression (fig. 175).

(5) Aimé Girard, Conférence sur la fabrication moderne du papier, 1874.

PAPIERS

le nombre en est encore relativement restreint. En effet, pour qu’une fibrepapeti'ere soit de bonne qualité, elle doit, suivant M. A. Girard, remplir les conditions suivantes :

1® Présenter dans la pâte finie et raffinée, des tronçons de fibres mesurant en longueur de 3/10 de millimètre {raffiné court) à {raffiné

long) ;

2" Elle doit être mince et allongée, c’est-à-dire que le rapport du diamètre de la fibre à sa longueur doit être au moins comme 1 : 50 ;

3® La fibre doit être élastique et doit pouvoir se contourner sur elle-même avec facilité.

La ténacité de la fibre n’a qu’une importance secondaire.

Les principales matières employées à la fabrication du papier peuvent être rangées en cinq classes, d’après leurs caractères micrographiques distinctifs ;

1® Fibres rondes franchement — libres du Slipa tenadssima, vues au microseope.

nervurées : chanvre et lin ;

2® Fibres rondes lisses ou faiblement nervurées : sparte, jute, phormium, palmier nain, houblon, canne à sucre ;

3® Matières (ibro-celluleuses : paille de seigle ou de blé, soumise pendant six " heures à 130-143®, en présence d’une lessive caustique à 4® Baumé ;

4® Fibres plates : coton, agave, mûrier à papier, bambou ; fibres extraites du bois par procédé chimique;

5® Matières imparfaites : pâte obtenue par mouture mécanique du bois.

• Il est difficile, mais non pas impossible de distinguer au microscope la nature des fibres végétales qui ont servi à la fabrication du papier; cela tient à la résistance qu’elles présentent à la déformation, malgré les nombreuses manipulations qu’on leur fait subir. Une simple désagrégation de ces fibres à l’aide d’une digestion suffisamment prolongée de la feuille de papier dans l’eau chaude, permet souvent, par une analyse au microscope, de remonter à l’origine de la plante employée à sa préparation.

11 est inutile d’insister sur les emplois bien connus des papiers, dont la consommation annuelle, en France, est évaluée approximativement à 2 kilogrammes et demi par tête (1).

Variétés commerciales. — Le papier se fait, soit à la main (ou à la forme), soit à la mécanique.

Les principales espèces de papiers sont :

(1) On peut évaluer la production du papier blanc à 80 millions de kilogrammes ; celle des papiers gris, paille, carton, e^c., à environ 70 millions de kilogrammes.

PAPIERS

1“ Les coquilles o\\ 'papiers à letl7'es: ce sont les papiers les plus fins. On en fait de toules nuances et de plusieurs degrés de finesse. Le papier coquille trèsmince prend le nom à.& pelure ;

2“ Le papier écolier ;

3" Les rouleaux pour rimpression de teinture;

4“ Les papiers d‘ hnpression (sans colle) ;

5® 'Lqs, papiers d'emballage;

6® Les papiers pour affiches: ce sont les papiers les plus minces. Ils sont colorés de diverses nuances (bleu, rose, jaune, nankin, vert, aurore, violet, etc.), à l’aide de matières colorantes minérales ou organiques, interposées dans la pâte.

11 y a encore les papiers à fdb'e (sans colle) ; les papiei's pour dessins et laois^ le papier de Chine, et les papiers à l'egisti'es, fabriqués à la forme avec le chanvre et le lin ; le papier Joseph ou papier de soie, le papier broidllard, le papier à calquer ou translucide, dit papier végétal, obtenu avec la filasse de chanvre ou de lin écrus, sans pourrissage ni blanchiment préalable (1) ; puis le papier goudron,

papiers colorés, marbrés, maroquinés ; \q papier de paille, les papiei's de sih'eté, le bristol, \q papier carton, \e, papier parchemin, etc.

Les papiers destinés à recevoir l’écriture sont collés (p. 452, note 3). Les papiers mécaniques sont collés à la l'ésine avec adjonction de fécule; aussi bleuissent-ils sur-le-champ lorsqu’on les touche avec l’eau iodée, réaction que ne présentent jamais les papiers à la forme, collés à la gélatine.

Azurage du papier. — Les papiers blancs pour écriture sont le plus souvent azurés, c’est-à-dire que, pour enlever la légère teinte jaunâtre que conserve toujours le chiffon, même bien blanchi, on ajoute au papier une petite quantité d’une matière colorante bleue ou violette, complémentaire du jaune.

L’azurage se fait avec l’azur proprement dit, ou bleu de cobalt, avec l’outremer artificiel, avec le bleu de Prusse ou les sels de cuivre (sulfate, cendres bleues).

Vazw'age au cobalt se reconnaît en ce que, généralement, la feuille est plus colorée d’un côté que de l’autre, la grande densité du bleu d’azur l’ayant amené en plus grande proportion dans la partie inférieure de la feuille, pendant la fabrication. Ces papiers ne sont décolorés ni par les acides, ni par les alcalis, ni • par l’eau. La cendre de ces papiers, fondue au chalumeau avec un peu de borax calciné, donne un verre d’un beau bleu.

Les papiers azurés à l’outremer se décolorent subitement, avec dégagement d’hydrogène sulfuré, quand on les plonge dans l’acide sulfurique faible.

papie^'s azurés au bleu de Prusse résistent aux acides faibles; mais une dissolution de potasse les décolore tout à coup, et la liqueur filtrée, concentrée et neutralisée, régénère du bleu de Prusse, par l’addition d’un sel de peroxyde de fer.

L’azurage par les sels de cum'e se reconnaît à la teinte pourprée que prennent les papiers, au contact d’une dissolution de cyanure jaune. Leur cendre, dissoute dans l’acide nitrique et additionnée d’un excès d’ammoniaque, donne la belle couleur bleue caractéristique du cuivre.

fl) Les pectates interposés entre les fibres constituent une sorte de colle naturelle qui donne la transparence requise.

PAPIERS

Altérations spontanées. — On sait que Certains papiers, très-blancs au moment de leur fabrication, jaunissent plus tard d’une manière uniforme, avec plus ou moins de rapidité. Il est un autre genre d’altération où l’on voit le papier se couvrir de taches de forme 7'onde, plus ou moins étendues, et qui ont la couleur de la rouille.

MM. Fordos et Gélis ont reconnu que ces taches, qui résistent aux alcalis et non aux acides, sont dues à du peroxyde de fer. Celui-ci proviendrait de l’oxydation lente du protochlorure de fer qui se formerait quand la pâte du papier, mal débarrassée de l’hypochlorite de chaux qui sert à la blanchir, vient à abandonner son chlore, pendant sa dessiccation entre les cylindres de fonte où elle passe. Ceux-ci seraient attaqués par ce chlore ; de là, production de sel ferreux se concentrant dans la pâte, soit par places, soit d’une manière uniforme. Sous l’influence de l’air et de l’humidité, ce sel ferreux passe à l’état de peroxyde et produit ces taches rondes ocracées, ou bien la teinte jaunâtre uniforme lorsque le composé ferrugineux est répandu dans toute la pâte.

Il arrive encore que le papier, blanc avant l’impression, devient jaunâtre et roux après avoir reçu l’empreinte des caractères. 11 se peut alors que sa coloration soit due à l’huile grasse de l’encre d’imprimerie, lorsque celle-ci est mal cuite; elle s’étend alors autour de chaque caractère et le déborde plus ou moins.

Additioiii!) frauduleuses. — Les additions de matières animales, telles que les vieux cmrs, à la pâte des papiers, sont faciles à reconnaître à la proportion d’ammoniaque qu'ils dégagent par la distillation, ainsi qu’à leur solubilité partielle dans la potasse ou la soude caustiques.

Quelques papiers blancs peuvent contenir : du cuivre, du plomb, de Vai'senic, provenant de ce que l’on fait entrer dans la pâte des rognui'es et des débris de papiers, colorés par le minium ou la mine orange, ou par des composés de cuivre et d'arsenic ; enfin, des débris de cai'tes dites porcelaine, préparées, comme on le sait, avec la céruse et le sulfate de plomb (I). Les quantités des métaux qu’on trouve ainsi dans les papiers livrés au commerce, pour envelopper diverses marchandises, sont, à la vérité, très-minimes; mais il est utile que le pharmacien sache que ces substances toxiques peuvent exister dans les papiers qu’il serait appelé à examiner (2).

(1) On en prépare aussi maintenant avec le blanc de zinc.

(2) Il y a une trentaine d’années, on a vendu, à Bruxelles, un papier arsenical, propre à faire mourir les mouches. Il était préparé à l’aide d'une forte dissolution d’arséniate de potasse uni à un peu de gomme et de sucre. Ce papier, dont la vente a été interdite par le gouvernement belge, se préparait et s’est vendu autrefois en France, dans diverses localités.

L’usage des papiers colorés avec des substances minérales cuivreuses, arsenicales, etc., est formellement interdit pour envelopper des bonbons, sucreries, matières alimentaires, pour faire des sacs, des manchettes, des boîtes ou des étiquettes, à tous les marchands ou débitants de denrées ou substances alimentaires quelconques, comme les bouchers, les charcutiers, les marchands de comestibles, de beurre et de fromages, les pâtissiers, les confiseurs, les chocolatiers, les épiciers, les fruitiers, etc.

Une ordonnance de police leur défend d’envelopper directement ou de couler des sucreries dans des papiers blancs lissés ou dorés faux, ou dans des papiers colorés avec des substances minérales, le bleu de Prusse et l’outremer exceptés ; de placer des bonbons dans des boîtes garnies à l’intérieur de papier coloré par des substances minérales ; de les recouvrir de découpures faites avec ces mômes papiers ; de faire entrer aucune préparation fulminante dans la composition de leurs enveloppes.

Il serait aussi à désirer que la défense s’étendit aux jouets d’enfants. En Algérie, on a cité au Chevallier et Baudrimont, 5' édit. 52

PAPIERS

Le cuivre peut se reconnaître par le moyen indiqué ci-dessus pour constater l’azurage du papier par les sels de cuivre.

Le phmh est décelé par un procédé analogue : les cendres du papier sont reprises à chaud par l’acide nitrique faible ; le liquide est filtré, évaporé à siccité ; et le résidu, traité par l’eau distillée, doit, si le papier est plombeux, fournir une solution qui présente toutes les réactions caractéristiques des sels de plomb, avec les réactifs appropriés (sulfate alcalin soluble ou acide sulfurique, iodure de potassium, chrômate de potasse, sulfhydrate d’ammoniaque) (1).

Pour rechercher Xanenic^ on traite le papier par l’acide sulfurique pour le convertir en charbon sulfurique ; on traite ce charbon par l’eau, et ou verse le liquide dans un appareil de Marsh ayant préalablement fonctionné à blanc.

Il y a déjà longtemps, Gmelin a appelé l’attention publique sur les dangers auxquels exposent les papiers verts contenant des composés à'arsenic et de cuivre.

Suivant ce chimiste, les tapisseries de papier jaune, quoique contenant de Xorpiment, n’ont pas donné lieu jusqu’aujourd’hui à des accidents, à moins que ces papiers n’aient été grattés et que des ouvriers n’en aient respiré la poussière ; il n’en est pas de même des papiers verts, de couleur émeraude brillante, dans la fabrication desquels on emploie, depuis trop longtemps, de l’acétate et de l’arsénite de cuivre (2). Les anciens papiers, moins beaux, étaient préparés avec du carbonate de cuivre.

A l’appui de son opinion, Gmelin cite, dans un journal, plusieurs faits, et pense que, sans défendre complètement la tapisserie de papier vert et les vernis de couleur verte, il est prudent de ne les employer que dans les chambres exposées au midi, bien aérées, et régulièrement chauffées, et de s'en éloigner aussitôt qu’on y sent une odeur de souris caractéristique, produite par la fermentation, avec l’arsenic humide, des matières organiques qui ont servi à faire la couleur (3).

trcfois un accident qui eût pu avoir des suites fort graves et dont la cause première était un jouet peint et verni. Un enfant fut pris de coliques et de vomissements après avoir enlevé par une sorte de succion la matière colorante qui avait servi à l’enluminure d’un pantin de carton. Heureusement, on découvrit à temps le principe du mal, et quelques lénitifs administrés rétablirent la santé du jeune malade.

(t) C’est ainsi que, sur trente échantillons de papiers diversement colorés que nous avons eu à examiner et qui étaient destinés à faire des étiquettes pour la chicorée torréfiée, nous avons reconnu que vingt échantillons étaient mauvais et contenaient du plomb.

Aujourd’hui on fabrique des papiers blancs moirés pour garnir les boîtes de bonbons. Ces papiers sont très-dangereux, car ils doivent leur moiré à un sol plombique (.1. Ch.).

(2) La même observation s’applique aussi aux vernis à l’huile des appartements et aux visières des casquettes. Liebig rapporte l’observation d'un homme qui, pendant dos années, eut au front une éruption causée par une visière de casquette. L’éruption disparut avec le changement de coiffure.

(3) D’accord avec Gmelin, Louyet,àc Bruxelles, pense que l’odeur de la combinaison gazeuse qui se dégage dans les chambres tapissées de papier vert est due à un arséniure d’hydrogène particulier, gazeux et odorant.

M. Louijet base son opinion sur ce qu’ayant laissé séjourner dans l’eau de l’arsenic distillé, il a trouvé qu’au bout de quelques jours il s’en exhalait une odeur alliacée repoussante, tout à fait analogue à celle qui règne dans les salles humides tapissées de papier vert. L’eau, selon ce chimiste, est décomposée ; il se forme très-probablement de l’acide arsénieux, et l’hydrogène naissant produit une combinaison gazeuse avec ''arsenic.

Il faut ajouter à tout ceci l’observation très-curieuse faite en 1868 par M. Bretet, alors interne

PAPIERS

Charge des papiers. — Depuis une vingtaine d’années, pour augmenter le poids du papier et lui donner une blancheur mate et opaque, on introduit généralement dans sa fabrication des substances minérales à bon marché. Les matières les plus employées sont d’abord le kaolin, puis le carbonate de chaux, quelquefois le sulfate de chaux sous forme à'albâh'e pulvérisé, enfin le sulfate de baryte et le sulfate de plomb. C’est un usage qu’on devrait proscrire, car de tels papiers sont toujours plus cassants ; mais la suppression de ces matières donnerait lieu à une augmentation de prix que le consommateur subirait difficilement.

Tant que la proportion de ces matières, que l’on appelle généralement charye, ne dépasse pas 10 p. 100, le papier conserve encore ses qualités; mais lorsqu’on arrive à 15, 20, 25 et 30 p. 100, le papier est véritablement altéré^ surtout pour l’impression, et on le considère comme falsifié.

Il est donc utile de connaître le procédé au moyen duquel on peut doser la proportion de charge existant dans les papiers ; nous le donnerons plus loin (I).

Les papiers blancs ou colorés, qui servent à envelopper les produits commerciaux (beurre, sucre, bougies), sont rendus pesants en introduisant dans la pâte, outre le sulfate de baryte, qu’on emploie spécialement à cet usage, d’autres matières, comme le kaolin, la terre de pipe, le plâtre cru, le sable, le grès, des argiles, des ocres ou teintures, et quelquefois encore le sulfate de plomb.

Ces additions constituent une double fraude : elles rendent plus lourd, à surface égale, le papier, qui se vend au poids, et en diminuent beaucoup la ténacité ; elles tournent encore au détriment de l’acheteur, en ce que le poids de ce papier vient s’ajouter à celui des marchandises auxquelles il sert d’enveloppe.

Certains papiers pèsent 36, 41, 46 grammes la feuille ; à une certaine époque, on fabriquait, pour envelopper la chandelle et le sucre, des papiers qui pesaient jusqu’à 523 grammes la feuille pour un pain de 10 kilog.

Des sacs de papier, pour la vente du sucre et du café, pèsent jusqu’à 32 grammes.

En 1846, nous avons fait, avec Payen, des essais sur certains papiers vendus dans le commerce, dont l’administration avait fait opérer la saisie et demandé l’examen. Nous avons reconnu que le papier saisi renfermait 4,3 p. 100 de sul-

cn pharmacie à riiôpital Saintc-Eugdnic : des pilules d’arséniate de soude mêlées de poudre de réglisse, conservées pendant un certain temps dans un flacon bien bouché, y développèrent une odeur alliacée tenace et caractéristique, due bien certainement à la réduction lente du composé arsenical par les matières organiques en présence {Bretet, Dissertation sur l’Arsenic. École de pharmacie, I8t8}.

(1) 11 paraît qu’on n’introduit plus de substances minérales dans les papiers de première qualité. Seulement, dans certaines compositions de pâtes trop chargées de parties mucilagineuses, on incorpore, en proportions très-minimes, certaines substances minérales pour ôter aux papiers une transparence nuisible, et leur donner une douceur favorable à l’impression en taille-douce et à l’impression typographique.

D’après M. Aimé Girard, (loc. cit.), l’emploi des papiers chargés va chaque jour en se développant davantage,, ce qui fait baisser de plus en plus la qualité de ce produit si important. Ainsi, en 1861, sur six journaux anglais, cinq contenaient moins de 3 p. 100 de matières minérales. ,A la même époque, plusieurs journaux français renfermaient de 10 à 16 p. 100 de ces mêmes matières. Or, aujourd’hui, il est de ces mômes journaux anglais qui contiennent jusqu’à 20 p. 100 de kaolin, tandis que, parmi les nôtres, il en est dont les principes minéraux s’élèvent jusqu'à 26 p. 100 [A. Girard). Certains journaux belges en laissent môme jusqu’à 30 p. 100 {Odent).

PAPIERS

fate de plomb provenant des fabriques d’indiennes, et non 35 p. 100, comme cela avait été annoncé. Ce papier contenait, pour 100 parties :

Matières organiques destructibles par la chaleur 45,10

Cendres [sulfate de plomb, matières calcaires) 53,50

Dosage de la charge des papiers. — La présence des substances minérales dans le papier peut se reconnaître par une simple incinération. Pour l’opérer,

on prend un poids déterminé de papier (3 grammes). On le coupe en petits fragments qu’on introduit dans une capsule de platine tarée d’avance. On la place dans la moufle d’un bon fourneau de coupelle (fig. 177) ; ou bien on la chauffe au-dessus d’un bec de gaz, soit à l’air libre, soit en injectant au milieu de la matière un courant de gaz oxygène. (Voy. fig. 51, p. 233.) On remue de temps en temps les cendres avec une spatule en platine, et, lorsqu’elles ne présentent plus de points noirs, lorsqu’elles ont perdu tout le carbone de la matière organique qui les accompagnait, on laisse refroidir la capsule, puis on la pèse très-exactement pour avoir le poids du résidu fixe. Le papier laissant, en moyenne, de 1 à 3 p. 100 de cendres (1), une quantité plus considérable indique un mélange frauduleux, à moins que le papier n’ait été préparé avec des eaux trèschargées de sels calcaires.

Pour reconnaître les sulfates de baryte et de Fig. 1-7. - Fuurneau à n,ou0e pour P^^mb, 011 fait bouülir les ceiidi'es du papier, penl’incinération du papier. dant trois quarts d’iieure, avec du carbonate de

soude, pour opérer une double décomposition (sulfate de soude et carbonate de baryte ou de plomb); on recueille le produit insoluble sur un filtre, on le lave à l’eau distillée ; on le traite par l’acide nitri-

(I) Il n’a pas été posé jusqu'ici do règles bien exactes sur la quantité de cendres que les papiers doivent laisser après leur combustion ; cotte quantité doit varier suivant la nature des eaux et la pureté dos matières premières employées. Sur 14 échantillons de papier que nous avons autrefois examinés, nous avons obtenu les proportions de cendres qui suivent :

Papier raisin 0,80

— sans colle des Vosges 1,10

— tellièro 1,20

— raisin 1,40

— carré collé 1,C0

— raisin 1,80

— coquille d’Angoulème 1,80

Cendres

Papier raisin du Maine 2,20

— Bretagne 3,80

— Jésus sans colle 8,00

— carré collé '. 10,30

— tellière 16,40

— raisin 17,00

— carré 19,90

Ces cendres contenaient du sulfate et du carbonate do chaux, du carbonate de magnésie, des

PAPIERS

que faible, et, lorsque le carbonate est dissous, on fait passer dans la liqueur, qui doit être légèrement acide, un courant d’hydrogène sulfuréf qui précipite le plomb à l’état de sulfure ; celui-ci est lavé et converti par l’acide nitrique en sulfate de plomb dont on détermine le poids ; ou bien, si on s’est assuré préalablement que le papier ne contenait pas de plomb (1), on traite la dissolution nitrique du carbonate insoluble par un petit excès d’acide sulfurique; le sulfate de baryte est recueilli, séché et pesé.

Papiers mélangés de pâte de bois. — En présence de la cherté Croissante des chiffons, de l’augmentation de tous les produits et des frais généraux, les fabricants ont cherché à introduire dans les papiers d’autres substances que les matières minérales : le bois, réduit en pâte mécaniquement, entre aujourd’hui en grande proportion dans beaucoup de papiers, surtou dans les papiers à journaux, et ceux de tenture et de pliage.

La pâte de bois obtenue mécaniquement n’est en réalité qu’une espèce de bouillie sans fibres et sans cohésion ; c’est un remplissage qui ne peut donner aucune solidité au papier, mais qui peut suffire pour obtenir à très-bas prix des papiers très-communs.

La pâte de bois préparée chimiquement semble avoir, au contraire, toutes les propriétés delà pâte de chiffons; seulement, on n’a pu, jusqu’à présent, l’obtenir à un prix qui en permette l’usage suivi dans la fabrication.

La pâte de bois peut être recherchée à l’aide du microscope; mais il faut pour cela un coup d’œil exercé. On peut également avoir recours au procédé chimique basé sur la coloration que les fibres ligneuses de nos principales essences forestières prennent au contact du sulfate d’aniline, réactif qui ne colore pas celles du chanvre, du lin, etc., après qu’elles ont subi le blanchiment. Pour faire l’essai d’un papier, on introduit deux gouttes d’aniline dans un tube à essais ; on y ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique, puis de l’eau, et on chauffe. On laisse ensuite tomber dans ce liquide une lanière du papier à essayer: pour peu que celui-ci contienne du bois, il prendra une belle coloration jaune-citron (2).

chlorures, du sulfate de potasse, de l’alumine, des traces de silice et de fer. Pour les cinq derniers échantillons, il y avait bien certainement addition de charge (A. Ch.).

M. Perrens, de Bordeaux, a trouvé les chiffres suivants indiquant les proportions do cendres

contenues dans 100 parties de divers papiers :

Papier blanc beau et fort ?,5

— à bras, pour timbre 3,0

— bull, pour envelopper la pâtisserie 4,0

— bull, pour journaux 4,0

Chiffon de coton, bien blanc 2,0

— de fll, — (*) 7,0

Papier bull, chargé. .. . 33,0

La charge do ce dernier consistait en kaolin.

(1) On reconnaît qu’un papier contient du sulfate de plomb par l’acide sulfhydrique, qui fournit une tache brune ou noire d’autant plus sensible que le papier contient une plus grande quantité de ce sulfate.

On ne doit pas employer le sulfhydrate d’ammoniaque, par la raison que ce réactif tache en noir le papier renfermant des sols de fer, ou dans la falsification duquel on fait entrer du sulfate d’alumine contenant des sols do fer. On voit donc que cette coloration tromperait l’opérateur.

(2) Le sulfate de naphlylamme donne une coloration encore plus intense.

(•) Le papier de fil serait donc moins pur que eelui de coton.

PAPIERS

En le regardant ensuite à la loupe, on constatera que la coloration s’est développée uniquement sur la partie ligneuse et non sur la pâte de coton ou de chiffon, laquelle conserve toute sa blancheur [Schapringei').

D’après M. Behrend, il est un moyen plus simple et plus sensible encore, qui consiste à toucher le papier avec de l’acide azotique à .36“ Baumé: s’il contient des fibres ligneuses, celles-ci se colorent aussitôt en brun, surtout à chaud.

M. A. Girard propose, pour arriver au même but, l’emploi de l’acide sulfurique concentré, qui ne colore pas la pâte de papier pure, c’est-à-dire la cellulose, tandis qu’il teinte en brun ou en noir toutes les parcelles de pâte de bois qu’il touche, pai'ce qu’il en carbonise la matière incrustante, mesure de la résistance d’un papier. — Il est encore un essai important à faire

pour établir la qualité d’un papier quant à sa solidité. Celle-ci, qui dépend de la composition des pâtes qui le fournissent, peut se mesurer d’une manière satisfaisante, à l’aide de l’appareil fort simple imaginé parM. Aimé Girard. 11 se compose de deux rouleaux en bois, dont l’inférieur est armé d’une chaîne à laquelle on accroche un plateau de balance.

Pour mesurer avec cet appareil la solidité relative d’un papier, on le découpe en bandes de 5 centimètres de largeur sur 60 centimètres de longueur ; on en colle soigneusement les extrémités à la gélatine. Il en résulte un anneau dans lequel on passe les deux rouleaux en bois, dont l’un sert à suspendre l’appareil, l’autre servant à retenir le plateau (fig. 178). On charge ensuite celui-ci progressivement de poids de plus en plus lourds, jusqu’à ce que la rupture du papier se produise.

On tient compte du poids du rouleau, avec la chaîne et le plateau, qu’on ajoute aux poids pro-

Fig. 178. — Appareil fie M. A. Gfraî-d . . i • i

pour apprécier la solidité du papier, prement dits pour avoir un total qui mesure la

résistance du papier à la traction. Voici les résultats obtenus par M. Girard pour quelques essais de ce genre :

kilog.

Mauvais papier à journaux, très-cliargc de matières minérales. . . 8

— non chargé 18

Bon papier d’impression 31

Papier parcheminé 45

Autre papier parcheminé 70 (I).

Papier à filtrer. — Le papier à filtrer est aussi altéré par certaines substances, telles que X oxyde de fer, le carbonate dechaux, de la présence desquelles le chimiste ou le pharmacien doivent s’assurer par l’analyse avant d’en faire usage.

(O D’après M. H. Odent, ce genre d’expériences n’aurait pas toute la valeur qu’on lui prête, la résistance d un papier pouvant varier, non-seulement avec la composition de la pâte, mais encore avec l’épaisseur de sa colle, avec le degré hygrométrique de l’air, etc.

PAPIERS

M. Jacoh a signalé du papier à filtre contenant 13,41 pour 100 de carbonate de chaux. Ce papier produisait une vive efTervescence au contact des licpieurs acides. Souvent, au lieu d’obtenir un liquide clair, on obtient un liquide trouble ou blanchâtre, lorsque l’acide forme un sel insoluble avec la chaux (1).

M. Kruger y a trouvé quelquefois du sulfate de chaux, qui se dissout peu à peu pendant le lavage des filtres et dont la présence peut fausser certains résultats analytiques. M. Wicke a même rencontré du plomb, sans doute à l’état de sulfate, dans un papier à filtrer ; en incinérant ce dernier, et en reprenant les cendres par l’acide azotique, on y décelait facilement la présence d’un sel plombique.

Papiers destinés à la photographie. — On a souvent accusé les fabricants de papiers destinés aux usages photographiques de livrer des produits dont les matières premières avaient été purifiées d’une manière insuffisante, de telle façon qu’elles restaient capables de déterminer peu à peu la détérioration des photographies que ces papiers reçoivent. C’est ainsi que les photographes ont supposé que les piqûres blanches dont se recouvrent certaines épreuves, après un certain laps de temps, étaient dues à l’action lente d’une petite quantité d’hypochlorite de chaux retenue dans la pâte du papier lui-même. Ayant eu à faire une expertise à ce sujet, il nous a été facile de démontrer, par une analyse complète des papiers soumis à notre investigation :

1“ Que ceux-ci ne renfermaient aucune trace d’un hypochlorite quelconque;

2® Que les piqûres blanches qui affectent certaines épreuves sont dues à l’action de l’hyposulfite de soude que les photographes emploient pour faire apparaître l’image positive ; hyposulfite que les lavages, s’ils ne sont pas suffisamment prolongés, n'enlèvent pas toujours complètement, et qui agit alors sur le sel d’argent de la photographie, pour le décolorer.

Pour s’assurer de la nature de ces piqûres, il suffit de les toucher avec une solution d’azotate d’argent au dixième ; en les examinant ensuite à la loupe, on les voit brunir au centre par la réduction que l’hyposulfite fait éprouver à l’azotate d’argent dont on les imbibe [Er. U.).

Papiers colorés. — On fait journellement usage des papiers colorés pour en décorer des boîtes, des carions, pour en faire des enveloppes, des sacs à bonbons, des cornets dits à surprises ; enfin, pour en recouvrir les fioles et bouteilles employées en pharmacie. Ces papiers, suivant leur couleur, sont inoffensifs ou très-dangereux: c’est ainsi que les papiers vert-pomme sont presque tous à hase A'arscnile de cuivre; les papiers rouge oro.ngé, à hase de minium ou sesquioxyde de

(1) Le papier à filtre vendu en France laisse beaucoup trop de cendres ; une feuille de papier donne, après incinération, 0®',20 de résidu. Pour diminuer cette proportion do cendres, il est bon de laver le papier, fouille par feuille, avec de l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique, qui enlève l’oxyde de for et la chaux faisant partie de ces cendres ; on le lave avec de l’eau filtrée, puis avec de l’eau distillée, jusqu’à ce que celle-ci ne précipite plus par le nitrate d’argent.

En Suède, on a établi une fabrique de papier à filtre, dit papier Berzelius, papier suédois; ce papier ne donne, par feuille, qu’une très-faible proportion de cendres, environ 0®',003. On peut se le procurer maintenant, en France, chez les principaux négociants en produits chimiques et pharmaceutiques.

M. Matapret fabrique aussi un papier à filtrer qui paraît réunir les qualités indispensables pour être employé avec sécurité dans les manipulations chimiques.

PAPIERS

plomb, et les papiers d’un beau jaune vif, à base de chrômate de plomb. Il existe aussi des papiers blancs satinés et moirés qui doivent leur bel aspect ü.\xsulfate, au carbonate ou à Vacétate de plomb.

Les papiers vert-pomme, sont particulièrement dangereux surtout entre les mains des enfants, chez qui ils ont déterminé des intoxications sérieuses. On les reconnaît facilement à l’odeur alliacée qu’ils produisent en brûlant et à la couleur bleue qu’ils prennent au contact de l’ammoniaque. D’après Puscher, on conslate aisément la nature d’un papier à l’arséniate de cuivre en le mouillant d’un peu d’ammoniaque, et en recueillant sur un papier blanc la gouttelette bleue qui en résulte : après l’évaporation de l’alcali volatil, la couleur du résidu a changé et est redevenue verte.

Pour distinguer les papiers arsenicaux des verts d’oxyde de chrôme, on les découpe en bandelettes qu’on pose sur le fond d’une assiette en porcelaine, et on recouvre celui-ci d’une solution, saturée à chaud, de chlorate de potasse. On dessèche le tout au bain-marie ; on enflamme ensuite le papier, en le recouvrant immédiatement d’une cloche en verre. Après la combustion, on rince l’assiette et la cloche, et cette eau sert à laver la cendre que laisse la combustion : la solution incolore contient tout l’arsenic à l’état d’arséniate alcalin. On la filtre et on l’acidule légèrement par l’acide sulfurique, puis on l’introduit dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc, qui donne aussitôt après des taches brunes d’arsenic {Kupfferschlager).

La recherche de l’arsenic dans les papiers peints peut encore se faire facilement en suivant le procédé de M. Hager. L’auteur imprègne d’une solution de nitre quelques bandes du papier à essayer; il les place dans une assiette, et après dessiccation, le recouvre d’un peu d’alcool auquel il met le feu. Les cendres obtenues sont alors traitées par un peu d’eau bouillante légèrement alcalinisée par de la potasse; on filtre, on sursature la liqueur d’un peu d’acide sulfurique ; on lui ajoute peu à peu une solution de permanganate de potasse, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de décoloration de ce sel à chaud. On filtre et on introduit à froid le liquide dans un petit ballon avec une lame de zinc et quelques gouttes d’acide sulfurique. En présentant à l’orifice de ce vase deux bandes de papier imprégnées, l’une de nitrate d’argent, et l’autre d’acétate de plomb, celle-ci brunira s'il se dégage de l’acide sulfhydrique, tandis que l’hydrogène arsénié, s’il y en a, noircira le papier d’argent.

Les papiers à base de plomb laissent tous, lorsqu'on les brûle, une cendre jaune ou rougeâtre, soluble en partie dans l’acide azotique, qui fournit ainsi un azotate de plomb dont on reconnaît ensuite les caractères avec certitude.

Papiers peints. — Ils sont employés pour la décoration des appartements. On doit en examiner : la qualité et la force; la nature des matières colorantes, et la charge en sels minéraux. On doit recourir pour cela aux indications données précédemment.

Papiers de verre. — On désigne ordinairement sous le nom de papier de verre du papier enduit de verre pulvérisé, fixé au moyen d’une couche de colle forte; ce papier sert à polir le bois, la corne, l’ivoire, et généralement toutes les matières susceptibles de prendre le poli.

On désigne aussi sous le nom de papier d'émeri, papier émerisé, un papier

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