‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 333 sur 470 · PATE DE GUIMAUVE · texte numérisé non relu

PATE DE GUIMAUVE

de glucose et la gomme par la gélatine. Ainsi une analyse de ces bonbons livrés à bas prix, a donné : sirop de fécule, 60 grammes ; sucre de canne, 10 grammes ; gélatine, 40 giammes [Dorvault). Ils ont alors un goût désagréable; leur intérieur est blanc et terne ; ils s’attachent aux dents et ne sont pas entièrement solubles dans l’eau. La solution qui en résulte se trouble par l’alcool ; elle donne parle tannin un précipité floconneux de tannate de gélatine. Enfin, elle brunit au contact de la potasse à l'ébullition et réduit le réactif de Frommherz.

De son côté,M. Chevallier a constaté (1862) que des boules, dites de gomme, n’étaient qu’un mélange de glucose, de gélatine et diamidon. Ce dernier se reconnaît par son insolubilité dans l'eau, par la teinte bleue que lui communique l’eau iodée, et par son aspect au microscope.

PASTILLES D’IPÉCACUANHA. — Ces pastilles, faites avec de la poudre d’ipécacuanha, du sucre pulvérisé et un mucilage épais de gomme adragante, sont quelquefois falsifiées ; on y l'emplace l’ipécacuanha par X émétique.

Cette adultération se reconnaît en dissolvant dans l’eau quelques-unes de ces pastilles, et en examinant si la solution laisse déposer de l’ipécacuanha. Les pastilles préparées avec l’émétique ne donnent lieu à aucun dépôt; mais la liqueur, filtrée et additionnée de quelques gouttes d’acide sulfbydrique, se colore promptement en rouge orangé (sulfure d’antimoine) (1) ; l’eau de chaux y occasionne un trouble très-prononcé, et par suite un précipité blanc.

PASTILLES DE LACTATE DE FER. — On a quelquefois substitué le sulfate de protoxyde de fer au lactate pour la préparation de ces pastilles. Cette fi'aude est facile à reconnaître. On dissout 5 à 6 pastilles à essayer dans suffisante quantité d’eau distillée ; on filtre et on verse dans la liqueur une solution de chlorure de baryum ; on obtient alors un précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans l’acide chlorhydrique; précipité qu’on peut recueillir, laver, sécher et peser pour établir ainsi la proportion de sulfate de fer que renfermait le médicament.

PATE DE GUIMAUVE. — Cette pâte, préparée avec la gomme, le sucre, les blancs d’œufs et l’eau de fleurs d’oranger, a été trouvée contenir un sel de cuivre, la première fois par M. Alary, pharmacien à Valenciennes, la seconde fois par M. aujourd’hui directeur honoraire de l’École de pharmacie de

Paris. Suivant ces chimistes, le cuivre trouvé dans cette pâte provenait du sucre, azuré par un peu de sulfate de cuivre ; d’autres prétendent que le sulfate est ajouté à la pâte elle-même, pour lui donner un reflet azuré.

La présence d’un sel de cuivre dans la pâte de guimauve peut être recherchée de la manière suivante :

On délaye la pâte dans l’eau, on précipite la gomme par l’alcool à 36“, on filtre et on essaye la liqueur : 1° par le chlorure de baryum ; 2“ par le ferrocyanure de potassium; 3“ par une lame de fer.

On peut encore carboniser et incinérer la pâte, traiter à chaud les cendres par l’acide nitrique, et précipiter par l’ammoniaque en excès.

M. Chevallier a pu constater tout récemment, chez un confiseur, la substi-

(1) Il suffit même de plonger ces pastilles dans un peu d’acide sulfliydrique : elles jaunissent aussitôt, pour rougir ensuite.

Page 1